Chapitre VIII

Gestion des pelouses et des couvre-sols

Guide d'étude Red Seal Practice avec schémas.

Gestion des pelouses et des couvre-sols

Introduction au chapitre

Ce chapitre couvre l'ensemble des compétences requises pour l'examen du Sceau rouge en Landscape Horticulturist concernant l'établissement, l'entretien et la gestion des pelouses et des couvre-sols. Vous devez maîtriser les principes agronomiques, les calculs d'application, les normes de sécurité et les techniques de diagnostic. Les questions d'examen portent autant sur la théorie que sur la pratique — chaque concept présenté ici est susceptible de faire l'objet d'une question à choix multiple ou d'une mise en situation.


1. Caractéristiques botaniques et physiologiques des graminées à gazon

1.1 Anatomie d'une graminée

Anatomie du gazon — Structure et croissance (Turfgrass Anatomy) Anatomie du gazon — Structure et croissance (Turfgrass Anatomy) PLANTE ENTIÈRE Chaume (stem) Limbe (blade) Limbe Gaine (sheath) Nœud (node) Collier (collar) Ligule Stolon Rhizome Racines (roots) Point de croissance COUPE TRANSVERSALE (Cross-section) Épiderme supérieur Épiderme inférieur Stomates X P Xylème / Phloème (xylem / phloem) Cellules bulliformes Tige (stem) — coupe ZONES DE CROISSANCE Zone apicale (apical) Zone intercalaire (intercalary) Méristème (meristem) Zone de maturation CROISSANCE Tonte : ne pas couper plus de 1/3 de la hauteur (rule of 1/3) Ligne de coupe Hauteur : 2,5 – 7,5 cm selon l'espèce Préparation à l'examen Sceau rouge (Red Seal) — Anatomie et croissance du gazon

La graminée (famille des Poacées) se distingue par sa croissance en talles (tillers). Chaque plant émet des talles à partir de la couronne (crown), située au niveau du collet, juste sous la surface du sol. Les parties essentielles à connaître :

Feuille : limbe, gaine, ligule, auricule — critères d'identification.
Tige : chaume (culm), avec nœuds et entre-nœuds.
Système racinaire : fasciculé, fibreux, avec une profondeur typique de 10 à 20 cm pour les espèces de climat frais, jusqu'à 30 cm pour les espèces de climat chaud.
Stolons : tiges horizontales au-dessus du sol (ex. : agrostide stolonifère).
Rhizomes : tiges souterraines (ex. : pâturin des prés).

Point d'examen : La zone de croissance (méristème intercalaire) se situe à la base de la feuille, ce qui explique pourquoi la tonte n'endommage pas le point de croissance tant que la hauteur de coupe reste au-dessus de la couronne. Une tonte trop basse (scalping) endommage la couronne et provoque la mort du plant.

1.2 Espèces de climat frais (saison fraîche — C3)

EspèceType de croissanceTolérance à l'ombreTolérance à la sécheresseUsage typique
Pâturin des prés (*Poa pratensis*)RhizomesFaibleMoyennePelouses ornementales, terrains sportifs
Fétuque rouge traçante (*Festuca rubra rubra*)Rhizomes + stolonsÉlevéeMoyenneMélanges ombragés
Fétuque élevée (*Festuca arundinacea*)Touffue (cespiteuse)MoyenneÉlevéeZones de transition, faible entretien
Agrostide stolonifère (*Agrostis stolonifera*)StolonsFaibleFaibleTerrains de golf (verts)
Ray-grass anglais (*Lolium perenne*)TouffueFaibleFaibleÉtablissement rapide, regarnissage

1.3 Espèces de climat chaud (saison chaude — C4)

Zoysia (Zoysia japonica) : tolérante à la chaleur, croissance lente, brunissement hivernal.
Bermuda (Cynodon dactylon) : très résistante au piétinement, nécessite beaucoup de soleil.
Paspalum (Paspalum vaginatum) : tolérante aux sols salins.

Important pour l'examen : Au Canada, les espèces C4 sont utilisées uniquement dans les régions les plus chaudes (sud de l'Ontario, vallée de l'Okanagan) et sont souvent traitées comme des annuelles ou installées en rouleaux de gazon pré-cultivé.

1.4 Mélanges et semences

Un mélange contient plusieurs cultivars d'une même espèce ; un mélange interspécifique contient plusieurs espèces. Les normes de l'ACIA (Agence canadienne d'inspection des aliments) régissent la pureté et le taux de germination des semences. L'étiquette doit indiquer :

Le pourcentage de pureté (minimum 95 % pour les semences de qualité).
Le taux de germination (minimum 80 % pour les espèces principales).
Le pourcentage de semences de mauvaises herbes (maximum 0,5 %).
La date de l'analyse (valide 9 mois).

Calcul d'examen : Taux de semis réel = (taux de semis recommandé) ÷ (pureté × germination). Exemple : taux recommandé 5 kg/100 m², pureté 95 %, germination 85 % → 5 ÷ (0,95 × 0,85) = 5 ÷ 0,8075 = 6,19 kg/100 m².


2. Établissement d'une pelouse

2.1 Préparation du lit de semence

La préparation du sol est l'étape la plus critique. Les étapes obligatoires :

33.Analyse de sol : pH optimal entre 6,0 et 7,0. Prélèvement à 10–15 cm de profondeur, en zigzag, minimum 10 carottes par zone homogène.
34.Drainage : Si le sol est argileux, incorporation de matière organique (compost) à raison de 5 à 10 cm sur la surface, puis incorporation à 15–20 cm de profondeur.
35.Nivellement : Pente minimale de 1 à 2 % (1 à 2 cm par mètre) pour l'évacuation des eaux de surface. Ne jamais créer de cuvettes.
36.Travail du sol : Labour ou rotoculture jusqu'à 15 cm, puis affinage de la couche superficielle (0–5 cm) pour obtenir des mottes de moins de 1 cm.
37.Fertilisation de fond : Application d'un engrais de démarrage (riche en phosphore, ex. 10-20-10) à la dose recommandée par l'analyse de sol, généralement 1 à 2 kg/100 m².

2.2 Semis

Période optimale : Fin août à mi-septembre (sol chaud, humidité automnale, moins de compétition des mauvaises herbes annuelles). Le semis de printemps (mi-avril à mi-juin) est possible mais plus risqué.

Méthodes :

Semis à la volée : à la main ou avec un épandeur centrifuge. Croiser les passages à 90° pour une répartition uniforme.
Semis en lignes : avec un semoir à disques, pour les grandes surfaces.
Hydroensemencement : mélange de semences, eau, mulch de fibre de bois et colle, appliqué sous pression. Utilisé pour les talus et les zones difficiles d'accès.

Profondeur de semis : 0,5 à 1 cm maximum. Une semence enterrée trop profondément ne lèvera pas.

Roulage : Après le semis, un rouleau léger (100–150 kg) assure le contact sol-semence.

2.3 Gazon en plaques (tourbe) et en rouleaux

Poser les plaques en quinconce (comme des briques), joints serrés.
Ne pas étirer les plaques.
Arroser immédiatement après la pose, puis quotidiennement pendant 2 semaines.
La pose peut se faire de mai à octobre, mais idéalement en septembre pour permettre l'enracinement avant l'hiver.

2.4 Irrigation initiale

Première semaine : arrosages légers et fréquents (2 à 3 fois par jour, 5–10 minutes) pour maintenir la surface humide.
Semaines 2 à 4 : réduire la fréquence, augmenter la durée (1 fois par jour, 15–20 minutes).
Après la première tonte : arrosage profond et peu fréquent (2 fois par semaine, 30–45 minutes) pour favoriser l'enracinement profond.

Règle d'examen : La capacité au champ est la quantité d'eau retenue par le sol après drainage gravitaire. L'eau au-delà de la capacité au champ est perdue par percolation. Un sol sableux a une capacité au champ faible (~10 %), un sol argileux élevée (~35 %).


3. Entretien des pelouses établies

3.1 Tonte

ParamètrePelouse ornementaleTerrain sportifPelouse faible entretien
Hauteur de coupe5–7,5 cm2,5–5 cm7,5–10 cm
Fréquence1×/semaine2–3×/semaine1×/2 semaines
Règle du tiersNe jamais couper plus de 1/3 de la hauteur à la foisIdemIdem

Règle du tiers : Si la pelouse atteint 9 cm et que la hauteur de coupe est 6 cm, la coupe est acceptable (3 cm = 1/3). Si elle atteint 12 cm, il faut tondre à 8 cm, puis à nouveau quelques jours plus tard.

Alternance des directions : Alterner le sens de tonte (nord-sud, est-ouest, diagonales) pour éviter le couchage des brins et la compaction.

Lames : Affûtées — une lame émoussée déchire la feuille, créant une surface blanchâtre et augmentant les risques de maladies.

Gazon issu de semis : Première tonte lorsque la hauteur atteint 8–10 cm, couper à 5–6 cm.

3.2 Fertilisation

Programme type pour climat frais (Ontario, Québec, Maritimes) :

PériodeType d'engraisDose (kg N/100 m²)Commentaire
Avril–maiÀ libération lente (30–50 % N)0,5Reprise de croissance
JuinÀ libération lente0,5Maintien
Août–septembreÀ libération rapide ou lente0,5–0,7Reprise automnale
Octobre–novembreRiche en K, faible en N0,3–0,5Durcissement hivernal

Total annuel : 2 à 3 kg d'azote par 100 m² pour une pelouse ornementale ; 3 à 5 kg pour un terrain sportif intensif.

Calcul d'application : Un sac de 20 kg d'engrais 20-5-10 contient 20 % d'azote = 4 kg de N. Pour appliquer 0,5 kg N/100 m², il faut 0,5 ÷ 0,20 = 2,5 kg d'engrais par 100 m².

Précautions :

Ne jamais appliquer d'engrais sur sol gelé ou enneigé (risque de lessivage et de pollution).
Arroser après l'application d'engrais à libération rapide pour éviter les brûlures.
Balayer les surfaces dures (trottoirs, allées) après épandage.

3.3 Irrigation des pelouses établies

Besoins en eau : 2,5 à 3,8 cm d'eau par semaine en période de croissance active. En période de sécheresse, la pelouse entre en dormance (brunissement) et peut survivre 4 à 6 semaines sans eau.

Calcul de la durée d'arrosage : Si un arroseur délivre 1,2 cm/h, pour appliquer 2,5 cm, il faut 2,5 ÷ 1,2 = 2,08 heures par semaine.

Test des contenants : Placer des contenants (tasses) à différents endroits de la zone arrosée ; mesurer le volume après 30 minutes pour vérifier l'uniformité de distribution.

Heures d'arrosage : Tôt le matin (4 h à 8 h) pour réduire l'évaporation et minimiser la durée d'humidité foliaire (risque de maladies fongiques).

3.4 Aération et décompactage

Aération par carottage (core aeration) : extraction de carottes de sol (5–8 cm de profondeur). À effectuer à l'automne ou au printemps, lorsque la pelouse est en croissance active.
Aération par pointes (spiking) : perforation sans extraction — moins efficace, utilisée pour les sols légèrement compactés.
Fréquence : 1 fois par an pour les pelouses ornementales, 2 à 3 fois pour les terrains sportifs.

Signes de compaction : accumulation de feutre (thatch) > 1,5 cm, flaques d'eau persistantes, croissance racinaire superficielle, mauvaises herbes à feuilles larges (pissenlit, plantain).

3.5 Défeutrage (scarification)

Le feutre (thatch) est une couche de tissus végétaux morts (stolons, rhizomes, gaines) entre le sol et la partie verte. Une couche de 0,5 à 1 cm est bénéfique (isolation, amorti). Au-delà de 1,5 cm, elle retient l'eau, favorise les maladies et empêche la pénétration des racines.

Méthodes :

Scarification (vertical cutting) : lames verticales qui coupent le feutre. À effectuer à l'automne, en deux passages croisés.
Aération + sablage (topdressing) : pour les terrains de golf, apport de sable pour diluer le feutre.

3.6 Regarnissage (overseeding)

Quand : lorsque la densité de la pelouse diminue (< 50 % de couverture), après un stress, ou pour introduire des cultivars plus résistants.
Méthode : tonte basse (3–4 cm), scarification légère, semis à 50 % du taux normal, roulage, arrosage.
Période : fin août à mi-septembre.

4. Gestion des mauvaises herbes, ravageurs et maladies

4.1 Mauvaises herbes des pelouses

TypeExemplesStratégie de contrôle
Annuelle à feuilles largesStellaire moyenne, chénopodePré-levée (dinitroanilines) ou post-levée précoce
Vivace à feuilles largesPissenlit, plantain, trèfle blancPost-levée (2,4-D, MCPP, dicamba) — application automnale
Graminées annuellesDigitaire (crabgrass)Pré-levée au printemps (quand la température du sol atteint 10–12 °C)
Graminées vivacesChiendent, pâturin annuelContrôle difficile — nécessite souvent un traitement localisé au glyphosate

Règle d'examen : Les herbicides de pré-levée doivent être arrosés (5–10 mm) dans les 24 heures suivant l'application pour être actifs. Les herbicides de post-levée doivent être appliqués par temps calme, sans pluie prévue dans les 24 heures, et à des températures entre 15 et 25 °C.

4.2 Ravageurs principaux

Vers blancs (larves de hannetons) : se nourrissent des racines. Détection : pelouse qui se soulève comme un tapis. Seuil d'intervention : 10 larves par 0,1 m². Contrôle : insecticides (imidaclopride, chlorantraniliprole) appliqués en juillet–août, ou nématodes entomopathogènes.
Pyrale des prés (sod webworm) : larves qui sectionnent les feuilles à la base. Détection : petits monticules de soie et de débris.
Vers gris (cutworms) : sectionnent les jeunes plants au niveau du collet.

4.3 Maladies fongiques

MaladieConditions favorablesSymptômesContrôle
Taches brunes (Rhizoctonia)Chaleur + humiditéAnneaux bruns de 15–60 cmRéduire l'azote, arroser le matin
Fil rouge (Laetisaria)Azote faible, temps frais et humideFilaments rouges sur les feuillesFertilisation azotée
Mildiou poudreuxOmbre, humiditéPoudre blanche sur les feuillesAméliorer la lumière, fongicides
Pourriture hivernale (neige)Couverture neigeuse prolongéePlaques grises ou roses au dégelÉviter l'azote tardif, tondre court à l'automne

Principe clé : La prévention (bonne fertilisation, tonte adaptée, irrigation matinale) est plus efficace que tout fongicide.


5. Gestion des couvre-sols

5.1 Définition et rôles

Un couvre-sol est une plante basse (moins de 60 cm) qui forme un tapis dense, utilisé pour remplacer la pelouse dans les zones où elle est difficile à maintenir : pentes fortes, zones ombragées, sols pauvres, sous les arbres.

Rôles : contrôle de l'érosion, suppression des mauvaises herbes, esthétique, réduction de l'entretien.

5.2 Espèces courantes au Canada

EspèceZone de rusticitéExpositionDistance de plantationCaractéristiques
Vinca mineure (petite pervenche)3–8Ombre à mi-ombre30–45 cmFeuillage persistant, fleurs bleues
Pachysandre terminale4–8Ombre25–30 cmFeuillage persistant, très tolérante
Lierre anglais (*Hedera helix*)4–8Ombre à soleil30–45 cmVigoureux, peut devenir envahissant
Cotoneaster rampant4–7Soleil60–90 cmFeuillage semi-persistant, baies rouges
Thym serpolet4–8Soleil20–30 cmParfumé, tolérant au piétinement
Géranium vivace3–8Soleil à mi-ombre30–40 cmFloraison longue, feuillage coloré

5.3 Établissement des couvre-sols

112.Préparation du sol : désherbage complet (mécanique ou chimique), amendement en matière organique, nivellement.
113.Plantation : en quinconce, à la profondeur du conteneur. Arroser abondamment après plantation.
114.Paillage : 5–8 cm de paillis organique (écorce déchiquetée, copeaux) entre les plants pour réduire les mauvaises herbes et conserver l'humidité.
115.Irrigation : 2 à 3 fois par semaine la première année, puis 1 fois par semaine la deuxième année.
116.Fertilisation : engrais à libération lente (14-14-14) au printemps, à raison de 0,5 kg/100 m².

Point d'examen : La distance de plantation détermine le temps de couverture. Pour une couverture en 2 ans, planter à la distance recommandée. Pour une couverture en 1 an, réduire la distance de 30 %.

5.4 Entretien des couvre-sols

Taille : une fois par an, au printemps, pour contrôler la croissance et rajeunir les plants.
Désherbage manuel : nécessaire les 2 premières années, puis le couvre-sol devient auto-suffisant.
Division : tous les 3 à 5 ans pour les espèces vigoureuses (vinca, géranium).
Rajeunissement : pour les espèces ligneuses (cotoneaster), une taille sévère (rabattage à 10–15 cm) tous les 5–7 ans.

6. Normes et sécurité

6.1 Sécurité des équipements

Tondeuses : vérifier les protections (capot, déflecteur), ne jamais retirer les dispositifs de sécurité. Porter des chaussures fermées, des lunettes de protection et des protège-oreilles.
Débroussailleuses : utiliser le harnais, garder les mains et les pieds éloignés de la tête de coupe.
Épandeurs : calibrer avant usage, porter un masque lors de la manipulation d'engrais et de pesticides.

6.2 Pesticides — réglementation fédérale

La Loi sur les produits antiparasitaires (LPA) et le Règlement sur les produits antiparasitaires (RPA) du gouvernement du Canada régissent l'homologation, la vente et l'utilisation des pesticides. Les exigences clés :

Permis d'application : requis pour l'application commerciale de pesticides (sauf produits à usage domestique).
Étiquette : document légal — toute utilisation non conforme à l'étiquette est interdite.
Délai de réentrée : période minimale avant de permettre l'accès à la zone traitée.
Registre d'application : consigner le produit, la dose, la date, la zone, les conditions météo.

Règle d'examen : La dose d'application est exprimée en kg de produit commercial par hectare (kg/ha) ou en L/ha. Conversion : 1 kg/ha = 0,1 g/m².

6.3 Code canadien de l'électricité — Chapitre V

Pour l'installation de systèmes d'irrigation électriques, le Code canadien de l'électricité, Chapitre V (CEC Chapitre V) s'applique. Points pertinents :

Règle 8-200 : Les conducteurs et les équipements doivent être protégés contre les surintensités.
Règle 10-102 : Mise à la terre des équipements de contrôle.
Règle 12-100 : Enfouissement des conducteurs — profondeur minimale de 45 cm pour les conducteurs de commande (24 V) sous une dalle ou un trottoir, 60 cm dans les autres cas.
Règle 68-000 : Exigences spécifiques pour les piscines et les spas (non applicable directement à l'irrigation, mais à connaître pour les zones adjacentes).

Important : Les transformateurs de 24 V pour électrovannes doivent être installés à au moins 3 m des piscines et à 1,5 m au-dessus du sol.

6.4 CSA B149.1 — Gaz naturel et propane

Si le site comporte des conduites de gaz (ex. : pour un chauffage de serre ou un système de dégagement de glace), la norme CSA B149.1 (Code d'installation du gaz naturel et du propane) s'applique. Règle 4.2 : les conduites doivent être identifiées et protégées contre les dommages mécaniques. Règle 5.8 : distance minimale entre les conduites de gaz et les câbles électriques.


7. Calculs pratiques pour l'examen

7.1 Calcul de surface

Rectangle : Longueur × Largeur.
Cercle : π × r² (π ≈ 3,1416).
Triangle : (Base × Hauteur) ÷ 2.
Trapèze : ((Base1 + Base2) ÷ 2) × Hauteur.

Exemple : Pelouse de 25 m × 40 m avec un massif circulaire de 3 m de rayon. Surface de pelouse = (25 × 40) − (π × 3²) = 1000 − 28,27 = 971,73 m².

7.2 Calibration d'un épandeur

Méthode de la bande :

155.Remplir l'épandeur avec une quantité connue (ex. : 5 kg).
156.Ouvrir l'orifice au réglage souhaité.
157.Parcourir une distance de 50 m à vitesse constante.
158.Mesurer la largeur de la bande d'épandage (ex. : 2 m).
159.Surface couverte = 50 m × 2 m = 100 m².
160.Poids restant dans l'épandeur = 3 kg → 2 kg appliqués sur 100 m² = 2 kg/100 m².

7.3 Calcul de dose de pesticide

Formule : Quantité de produit (L ou kg) = (Surface en ha × Dose recommandée en L/ha) ÷ 1.

Exemple : Traiter 2 500 m² avec un fongicide à 1,5 L/ha.

Surface en ha = 2500 ÷ 10000 = 0,25 ha.
Quantité = 0,25 × 1,5 = 0,375 L (375 mL).

7.4 Calcul d'irrigation

Débit d'un arroseur : Q (L/min) = Surface arrosée (m²) × Précipitation (mm/h) ÷ 60.

Exemple : Un arroseur couvre 50 m² et délivre 20 mm/h. Débit = 50 × 20 ÷ 60 = 16,7 L/min.


8. Pièges à éviter

171.Confondre les espèces C3 et C4 : Les espèces de climat frais (C3) ont leur croissance optimale entre 15 et 24 °C ; les C4 entre 27 et 35 °C. Une question d'examen peut demander pourquoi une pelouse de fétuque élevée brunit en plein été — c'est la dormance estivale, pas une maladie.
172.Oublier la règle du tiers : Une tonte qui enlève plus de 1/3 de la hauteur de la feuille provoque un choc physiologique. L'examen présente souvent un scénario : « La pelouse mesure 12 cm, la hauteur de coupe est 5 cm » — la réponse correcte est de tondre à 8 cm, puis à nouveau plus tard.
173.Calculer le taux de semis sans tenir compte de la pureté et de la germination : Toujours diviser par le produit pureté × germination.
174.Appliquer un herbicide de pré-levée trop tard : La digitaire germe lorsque la température du sol atteint 10–12 °C. Si l'application est faite après la germination, le produit est inefficace.
175.Confondre aération et défeutrage : L'aération extrait des carottes de sol ; le défeutrage coupe le feutre avec des lames verticales. Les deux sont souvent nécessaires mais à des moments différents.
176.Négliger le pH du sol : Un pH hors de la plage 6,0–7,0 rend les nutriments indisponibles, même si la fertilisation est correcte. L'analyse de sol est la première étape de tout programme.
177.Utiliser un engrais riche en azote à l'automne tardif : Cela favorise une croissance succulente qui augmente les risques de pourriture hivernale. Utiliser un engrais riche en potassium (ex. 0-0-30 ou 5-10-30).
178.Oublier les distances de sécurité électriques : Les transformateurs 24 V doivent être à 3 m des piscines. Le CEC Chapitre V impose des profondeurs d'enfouissement spécifiques.
179.Ne pas calibrer l'épandeur : L'examen peut donner un scénario où l'épandeur est réglé à l'aveugle — la réponse correcte est toujours de calibrer sur une surface test.
180.Confondre les seuils d'intervention : Pour les vers blancs, le seuil est de 10 larves par 0,1 m². En dessous, l'intervention chimique n'est pas justifiée économiquement ni écologiquement.

9. Résumé

Établissement : Analyse de sol, préparation du lit de semence, semis à 0,5–1 cm de profondeur, période optimale fin août–mi-septembre. Taux de semis corrigé par pureté × germination.
Tonte : Règle du tiers, hauteur 5–7,5 cm pour pelouse ornementale, lames affûtées, alternance des directions.
Fertilisation : 2–3 kg N/100 m²/an, répartis en 3–4 applications, avec priorité à l'automne. Éviter l'azote tardif.
Irrigation : 2,5–3,8 cm/semaine, arrosage matinal, profond et peu fréquent.
Aération : 1×/an (ornementale), 2–3×/an (sportif). Défeutrage si feutre > 1,5 cm.
Couvre-sols : Choix selon zone de rusticité et exposition. Paillage 5–8 cm, distance de plantation selon l'espèce.
Sécurité : LPA/RPA pour les pesticides, CEC Chapitre V pour l'électricité, CSA B149.1 pour le gaz.
Calculs : Surfaces (πr², base × hauteur ÷ 2), calibration d'épandeur (méthode de la bande), doses de pesticides (surface en ha × dose/ha), débit d'irrigation (m² × mm/h ÷ 60).

Conseil final pour l'examen : Lisez chaque question deux fois. Les questions du Sceau rouge sont conçues pour tester la compréhension des principes, pas la mémorisation de faits isolés. Si une question présente un scénario, identifiez d'abord le principe sous-jacent (règle du tiers, capacité au champ, seuil d'intervention), puis appliquez le calcul ou la procédure correspondante.

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