Chapitre I

Pratiques de travail et procédures de sécurité

Guide d'étude Red Seal Practice avec schémas.

Pratiques de travail et procédures de sécurité

Introduction au module

Ce premier chapitre constitue la fondation de votre préparation à l’examen du Sceau rouge pour le métier de technicien de motocyclettes. Les pratiques de travail et les procédures de sécurité ne sont pas un simple préambule : elles représentent environ 10 à 15 % des questions de l’examen interprovincial, et elles conditionnent votre capacité à répondre correctement aux questions des autres blocs (entretien, réparation, diagnostic). Un technicien qui ne maîtrise pas les règles de sécurité est un danger pour lui-même, pour ses collègues et pour le public. Ce chapitre couvre l’ensemble des connaissances exigées par le profil de compétences national, avec les références aux normes canadiennes applicables.


1. Responsabilités légales et déontologiques du technicien

1.1 Obligations générales

En tant que technicien de motocyclettes certifié, vous êtes tenu à des obligations légales et professionnelles :

Devoir de compétence : vous ne devez entreprendre que les travaux pour lesquels vous avez la formation et l’expérience requises.
Devoir d’information : vous devez informer le client de tout défaut ou condition dangereuse découvert, même si ce défaut ne fait pas partie du mandat initial.
Devoir de diligence : vous devez appliquer les procédures du fabricant et les normes en vigueur, sans raccourci.

1.2 Normes canadiennes de référence

Le tableau ci-dessous présente les principales normes auxquelles le technicien de motocyclettes doit se référer :

NormeDésignation complèteApplication principale
**CSA B149.1**Code canadien de l'installation du gaz naturel et du propaneSystèmes de carburant GPL/GNV (conversions)
**CSA B149.2**Code canadien de l'installation du propane en vracRéservoirs de propane pour motocyclettes
**Code canadien de l'électricité, Chapitre V**Code de l'électricité du Canada (CE Code, Partie V)Systèmes électriques 12 V, chargeurs de batterie, soudure
**CSA W47.1**Certification des entreprises de soudageSoudure sur cadres et supports
**CSA W59**Soudage des structures en acierRéparation de cadres (si applicable)
**Norme CAN/ULC-S601**Norme pour les réservoirs d'essenceIntégrité des réservoirs de carburant

> Point d'examen : Le Code canadien de l'électricité, Chapitre V s'applique aux installations électriques dans les ateliers, y compris les circuits d'éclairage, les prises de courant et les équipements de charge de batterie. La règle 8-200 du CE Code traite des calculs de charge des circuits — vous devez savoir qu'un circuit de 15 A à 120 V ne doit pas être chargé à plus de 80 % en continu (12 A).

1.3 Documentation et fiches de données de sécurité (FDS)

La Loi sur les produits dangereux et le SIMDUT 2015 (Système d'information sur les matières dangereuses utilisées au travail) exigent que :

Toutes les FDS soient disponibles et accessibles dans l'atelier.
Les contenants soient étiquetés conformément au SIMDUT (étiquette de fournisseur ou d'atelier).
Le technicien sache interpréter les pictogrammes de danger.

Les 9 pictogrammes SIMDUT que vous devez connaître :

PictogrammeSignificationExemple en atelier
FlammeMatière inflammableEssence, diluant
Flamme sur cercleComburantPeroxyde, oxygène
Bonbonne de gazGaz sous pressionAzote, acétylène
CorrosionMatière corrosiveAcide de batterie, dégraisseur alcalin
Crâne et os croisésToxicité aiguëAntigel (éthylène glycol)
Point d'exclamationDanger pour la santéSolvants, nettoyants
SilhouetteDanger pour la santé (effets chroniques)Amiante (plaquettes de frein)
EnvironnementDanger pour l'environnementHuile usée, liquide de refroidissement
Tête sur poitrineDanger biologiqueMoisissures (rare en atelier)

2. Équipement de protection individuelle (EPI)

2.1 EPI obligatoires en atelier de motocyclettes

Le port des EPI n'est pas une option. L'employeur doit fournir les EPI, et le technicien doit les porter. Les EPI suivants sont exigés :

Lunettes de sécurité avec protection latérale (port obligatoire en tout temps dans la zone de travail).
Protection auditive (bouchons ou coquilles) lorsque le niveau sonore dépasse 85 dB(A) — c'est le cas lors des essais de moteur, du meulage, du sablage.
Chaussures de sécurité à embout d'acier (norme CSA Z195).
Gants de travail résistants aux hydrocarbures (nitrile ou néoprène) pour la manipulation d'huiles et de solvants.
Gants de soudure en cuir pour toute opération de soudage ou de meulage.
Tablier ou vêtement de travail ignifugé pour le soudage.

2.2 EPI spécifiques selon l'opération

OpérationEPI requisJustification
Charge de batterieLunettes, gants en nitrile, tablierRisque d'éclaboussure d'acide sulfurique
Soudage à l'arcCasque de soudeur (teinte 10-13), gants de cuir, vêtements ignifugésRayonnement UV, projections de métal
MeulageLunettes, écran facial, gants, protection auditiveProjections, bruit
Pulvérisation de peintureMasque respiratoire à cartouche (vapeurs organiques), lunettes étanchesInhalation de solvants et d'isocyanates
Essai routierCasque certifié (norme DOT ou SNELL), gants, bottes, vesteProtection en cas de chute

> Piège d'examen : Le port de gants de latex médicaux n'est pas accepté pour la manipulation d'essence ou de solvants — le latex se dissout au contact des hydrocarbures. Utilisez du nitrile ou du néoprène.


3. Sécurité incendie et gestion des matières dangereuses

3.1 Classification des feux et extincteurs

La norme NFPA 10 (adoptée au Canada) classe les feux en cinq catégories. Pour l'atelier de motocyclettes, les classes B (liquides inflammables) et C (équipement électrique) sont les plus pertinentes.

Classe de feuType de combustibleExtincteur approprié
AMatières solides (bois, papier)Eau, ABC
BLiquides inflammables (essence, huile)CO₂, poudre ABC, mousse
CÉquipement électriqueCO₂, poudre ABC
DMétaux combustibles (magnésium, aluminium)Poudre spéciale classe D
KHuiles de cuissonMousse, produit chimique humide

Règle d'or : Ne jamais utiliser d'eau sur un feu de classe B ou C. L'eau propage les liquides inflammables et conduit l'électricité.

3.2 Stockage des liquides inflammables

Le Code national de prévention des incendies (CNPI) exige :

Les liquides inflammables (essence, solvants) doivent être stockés dans des armoires de sécurité certifiées, avec une capacité maximale de 250 L par armoire.
Les contenants portatifs doivent être en métal ou en plastique certifié, avec un bouchon à ressort et un tamis pare-flammes.
Le stockage en vrac (fûts de 200 L) doit être dans un local séparé, ventilé, avec un seuil de rétention.
L'essence ne doit jamais être stockée dans des contenants en verre ou en plastique non certifié.

3.3 Gestion des déchets dangereux

Les déchets suivants sont considérés comme dangereux et doivent être éliminés selon les règlements provinciaux et fédéraux (Loi canadienne sur la protection de l'environnement) :

Huile moteur usée (collecte séparée, jamais dans les égouts).
Liquide de refroidissement (antigel à base d'éthylène glycol — toxique).
Liquide de frein (glycol éther — toxique et inflammable).
Acide de batterie (neutralisation avec bicarbonate de soude avant élimination).
Solvants usés (distillation ou collecte par un transporteur autorisé).
Pneus usés (recyclage obligatoire dans la plupart des provinces).

> Point d'examen : Le liquide de frein DOT 3, DOT 4 et DOT 5.1 est à base de glycol éther et est hygroscopique (absorbe l'humidité). Le DOT 5 est à base de silicone et n'est pas hygroscopique. Ne jamais mélanger DOT 5 avec DOT 3/4/5.1 — incompatibilité totale.


4. Sécurité électrique en atelier

4.1 Principes fondamentaux

Le Code canadien de l'électricité, Chapitre V (CE Code, Partie V) régit les installations électriques dans les établissements industriels et commerciaux, y compris les ateliers de réparation. Les règles clés :

Règle 8-200 : Calcul de la charge des circuits. Un circuit de dérivation ne doit pas être chargé à plus de 80 % de sa capacité nominale pour les charges continues.
Règle 10-204 : Mise à la terre des équipements. Tous les équipements électriques doivent être mis à la terre.
Règle 12-100 : Conducteurs — les fils doivent être protégés contre les dommages mécaniques.
Règle 26-700 : Prises de courant — les prises dans les ateliers doivent être de type verrouillable ou protégées par disjoncteur de fuite à la terre (DFT) lorsqu'elles sont à moins de 1,5 m d'un point d'eau.

4.2 Sécurité lors de la charge des batteries

La charge d'une batterie de motocyclette (généralement 12 V, 5-20 Ah) présente des risques spécifiques :

Dégagement d'hydrogène : La charge produit de l'hydrogène gazeux, explosif dans l'air à des concentrations de 4 à 75 %. Ventiler la zone de charge.
Étincelles : Débrancher la batterie avant de travailler sur le circuit électrique. Toujours débrancher la borne négative en premier, et la rebrancher en dernier.
Acide sulfurique : La batterie contient de l'acide sulfurique (H₂SO₄) à environ 35 %. En cas de contact : rincer abondamment à l'eau pendant 15 minutes, consulter un médecin.

Procédure de charge sécuritaire :

70.Vérifier le niveau d'électrolyte (batteries conventionnelles) — ajouter de l'eau distillée si nécessaire.
71.Connecter le chargeur : borne positive (+) du chargeur à la borne positive (+) de la batterie, puis borne négative (−) à la borne négative (−).
72.Régler le chargeur sur la tension et le courant recommandés (généralement 1/10 de la capacité en Ah pour la charge lente).
73.Ne jamais charger une batterie gelée ou fissurée.
74.Débrancher le chargeur avant de débrancher les câbles de la batterie.

4.3 Soudage et sécurité électrique

Le soudage à l'arc (SMAW, GMAW/MIG, TIG) présente des risques électriques :

La tension à vide d'un poste de soudage peut atteindre 80-100 V — suffisant pour provoquer un choc mortel dans des conditions humides.
Ne jamais souder sur une motocyclette avec la batterie connectée — risque de dommage électronique (ECU, régulateur, etc.).
Toujours débrancher la batterie et déconnecter l'ECU avant tout soudage.
Le retour de courant de soudage ne doit jamais passer par les roulements ou les composants électroniques.

5. Levage et manutention

5.1 Principes de levage sécuritaire

La manutention manuelle est une cause majeure de blessures. Les principes de base :

Position de base : pieds écartés à la largeur des épaules, dos droit, genoux fléchis, charge près du corps.
Limite de levage : pour un homme adulte en bonne condition physique, la limite recommandée est de 25 kg pour un levage occasionnel, 15 kg pour un levage répétitif. Une motocyclette complète pèse entre 120 et 350 kg — ne jamais tenter de la soulever seul.
Technique de levage d'une motocyclette tombée : dos droit, genoux fléchis, saisir le guidon et le cadre, pousser avec les jambes, jamais avec le dos.

5.2 Équipements de levage en atelier

ÉquipementCapacité typiqueUtilisation
Table élévatrice hydraulique450-900 kgLevage de la motocyclette complète
Chèvre de moteur200-500 kgExtraction et installation du moteur
Palan électrique500-2000 kgLevage de moteurs lourds
Béquille centraleSelon modèleMaintien de la roue arrière levée
Support de roue avant50-150 kgMaintien de la roue avant levée

Procédure d'utilisation de la table élévatrice :

91.Vérifier la capacité nominale de la table (ne jamais dépasser).
92.Positionner la motocyclette au centre de la table, béquille latérale relevée.
93.Fixer la motocyclette avec des sangles (avant et arrière) avant de lever.
94.Lever à la hauteur de travail, puis verrouiller mécaniquement la table (ne jamais dépendre uniquement du vérin hydraulique).
95.Avant de descendre, vérifier qu'aucun obstacle ne se trouve sous la table.

> Piège d'examen : La béquille latérale n'est pas un dispositif de maintien pour les travaux sous la motocyclette. Elle peut se replier ou le sol peut céder. Toujours utiliser une table élévatrice ou une béquille centrale avec support.


6. Sécurité routière et essais routiers

6.1 Préparation de la motocyclette pour l'essai routier

Avant tout essai routier, le technicien doit effectuer une vérification pré-essai :

Freins : fonctionnement, niveau de liquide, usure des plaquettes.
Pneus : pression (froid), profondeur de sculpture (minimum légal : 1,5 mm au Canada pour les motocyclettes), état général.
Éclairage : phare (feu de croisement et de route), clignotants, feu stop, feu arrière.
Direction : jeu libre, roulements de direction, alignement.
Suspension : fuites, fonctionnement.
Niveaux : huile moteur, liquide de refroidissement, liquide de frein.
Carburant : niveau suffisant pour l'essai.

6.2 Règles de conduite pour l'essai routier

Le technicien doit être titulaire d'un permis de conduire valide de la classe appropriée (classe 6 pour la motocyclette au Canada).
Le port du casque certifié est obligatoire dans toutes les provinces et territoires.
L'essai routier doit se faire sur un parcours prédéfini, dans des conditions de circulation normales.
Pendant l'essai, surveiller : température du moteur, pressions, bruits anormaux, vibrations, comportement de la direction et des freins.
En cas d'anomalie dangereuse (perte de freinage, direction instable), arrêter immédiatement et ramener la motocyclette à l'atelier.

6.3 Essai de freinage

L'essai de freinage sur route doit vérifier :

Frein avant : la motocyclette doit s'arrêter de manière stable, sans plongée excessive ni déviation latérale.
Frein arrière : ne doit pas bloquer la roue (sauf ABS en fonctionnement).
Distance d'arrêt : à 50 km/h sur sol sec, la distance d'arrêt ne doit pas dépasser environ 15 m pour une motocyclette en bon état (avec un pilote expérimenté).

7. Sécurité chimique et ventilation

7.1 Exposition aux substances dangereuses

Le technicien de motocyclettes est exposé à de nombreuses substances dangereuses. Les limites d'exposition professionnelle (LEP) sont définies par le Règlement sur la santé et la sécurité au travail (fédéral) et les règlements provinciaux. Les valeurs clés :

SubstanceLEP (moyenne pondérée sur 8 h)Risque principal
Monoxyde de carbone (CO)25 ppmAsphyxie, intoxication aiguë
Dioxyde de carbone (CO₂)5000 ppmAsphyxie
Benzène (dans l'essence)0,5 ppmLeucémie, cancer
Toluène (dans les solvants)20 ppmNeurotoxicité
Plomb (batteries, soudures)0,05 mg/m³Neurotoxicité, saturnisme
Isocyanates (peintures)0,005 ppmAsthme professionnel
Amiante (plaquettes de frein anciennes)0,1 fibre/cm³Mésothéliome, asbestose

7.2 Ventilation de l'atelier

La ventilation générale doit assurer un renouvellement d'air d'au moins 4 volumes/heure dans un atelier de réparation.
Les zones de charge de batterie et de soudage nécessitent une ventilation locale par aspiration (hotte ou bras extracteur).
Le monoxyde de carbone (CO) produit par les moteurs en marche est un danger mortel. Les essais moteur en atelier doivent se faire avec un système d'extraction des gaz d'échappement branché sur le pot d'échappement.
Un détecteur de CO doit être installé dans l'atelier, avec alarme.

> Point d'examen : Le CO est inodore, incolore et sans saveur. Les symptômes d'intoxication (maux de tête, nausées, confusion) apparaissent à partir de 100 ppm. À 400 ppm, l'intoxication est sévère. À 1200 ppm, le décès peut survenir en moins d'une heure.


8. Procédures de sécurité spécifiques aux systèmes de carburant

8.1 Manipulation de l'essence

L'essence est un liquide extrêmement inflammable (point d'éclair : −43 °C) et explosif (limites d'explosivité : 1,4 à 7,6 % en volume dans l'air). Règles de sécurité :

Travailler dans une zone bien ventilée, loin de toute source d'ignition.
Débrancher la batterie avant toute intervention sur le circuit de carburant.
Dépressuriser le système avant de déconnecter les conduites (retirer le fusible de la pompe à carburant et faire tourner le moteur jusqu'à l'arrêt, ou utiliser la procédure du fabricant).
Utiliser des contenants approuvés pour recueillir le carburant.
Ne jamais fumer, ne jamais utiliser de téléphone portable (risque d'étincelle) dans la zone de travail.
Nettoyer immédiatement toute fuite avec un produit absorbant (pas de sciure de bois — elle est inflammable).

8.2 Systèmes GPL/GNV (conversions)

Si la motocyclette est équipée d'un système au propane (GPL) ou au gaz naturel (GNV), les normes CSA B149.1 et CSA B149.2 s'appliquent :

Le réservoir doit être certifié et porter la marque de certification.
Les conduites doivent être en matériau compatible et protégées contre les dommages mécaniques.
Les raccords doivent être vérifiés pour les fuites avec une solution savonneuse (jamais avec une flamme).
La pression d'épreuve du réservoir est généralement de 1,5 fois la pression de service.
Le technicien doit posséder une certification spécifique pour travailler sur les systèmes GPL/GNV (formation selon la norme CSA B149.1).

9. Gestion des déchets et protection de l'environnement

9.1 Règlements environnementaux

La Loi canadienne sur la protection de l'environnement (LCPE) et les règlements provinciaux imposent :

L'interdiction de déverser des huiles usées, des liquides de refroidissement ou des solvants dans les égouts, les cours d'eau ou le sol.
L'obligation de stocker les déchets dangereux dans des contenants étanches, identifiés et fermés.
L'obligation de tenir un registre des déchets (quantités, dates, transporteur autorisé).
Le recyclage obligatoire des pneus, des batteries et des métaux ferreux et non ferreux.

9.2 Réfrigérants et climatisation

Certaines motocyclettes haut de gamme sont équipées de systèmes de climatisation (rares, mais existantes sur les motos de tourisme). Les réfrigérants (R-134a, R-1234yf) sont des gaz à effet de serre réglementés :

La récupération des réfrigérants est obligatoire (Règlement sur les substances appauvrissant la couche d'ozone).
Le technicien doit être certifié pour manipuler les réfrigérants (formation selon la norme CSA).
Ne jamais ventiler un réfrigérant à l'atmosphère.

10. Premiers soins et situations d'urgence

10.1 Trousse de premiers soins

L'atelier doit disposer d'une trousse de premiers soins complète, conforme aux exigences provinciales. Elle doit contenir au minimum :

Bandages, compresses stériles, sparadrap.
Solution antiseptique (chlorhexidine ou iode).
Gants jetables en nitrile.
Rince-œil stérile (pour les projections chimiques).
Couverture de survie.
Masque de réanimation (bouche-à-bouche).

10.2 Procédures d'urgence spécifiques

SituationAction immédiate
Projection d'acide dans les yeuxRincer à l'eau (ou solution saline) pendant 15 minutes, paupières ouvertes. Consulter un médecin.
Brûlure chimique (peau)Retirer les vêtements contaminés, rincer à l'eau courante pendant 15 minutes.
Brûlure thermiqueRefroidir à l'eau tiède (15-20 °C) pendant 15-20 minutes. Ne pas percer les cloques.
Intoxication au COSortir la victime à l'air frais, appeler les secours, pratiquer la RCR si nécessaire.
IncendieAlarmer, évacuer, utiliser l'extincteur approprié (classe B ou C). Ne jamais combattre un feu important.
Choc électriqueCouper l'alimentation avant de toucher la victime. Appeler les secours. RCR si nécessaire.

10.3 RCR et défibrillateur

Le technicien doit être formé à la RCR (réanimation cardiorespiratoire) et à l'utilisation d'un DEA (défibrillateur externe automatisé).
Le ratio de RCR pour un adulte : 30 compressions pour 2 insufflations, à une fréquence de 100-120 compressions/minute, avec une profondeur de 5-6 cm.
Le DEA doit être utilisé dès que possible — chaque minute de délai réduit les chances de survie de 7 à 10 %.

Résumé

Ce chapitre a couvert les éléments essentiels des pratiques de travail et des procédures de sécurité pour le technicien de motocyclettes. Les points clés à retenir :

179.Responsabilités légales : devoir de compétence, d'information et de diligence. Connaissance des normes canadiennes (CSA B149.1, CE Code Partie V, SIMDUT 2015).
180.EPI : port obligatoire et adapté à chaque opération. Le nitrile pour les hydrocarbures, jamais le latex.
181.Sécurité incendie : classification des feux (A, B, C, D, K), extincteurs appropriés, stockage des liquides inflammables en armoires certifiées.
182.Sécurité électrique : règle 8-200 du CE Code (charge max 80 %), débrancher la borne négative en premier, ventilation lors de la charge des batteries (hydrogène explosif).
183.Levage : limites de 25 kg (occasionnel) et 15 kg (répétitif), verrouillage mécanique des tables élévatrices.
184.Essais routiers : vérification pré-essai complète, permis de conduire valide, casque certifié obligatoire.
185.Sécurité chimique : LEP pour le CO (25 ppm), le benzène (0,5 ppm), ventilation de 4 volumes/heure, extraction des gaz d'échappement.
186.Systèmes de carburant : dépressurisation avant intervention, point d'éclair de l'essence à −43 °C.
187.Environnement : gestion des déchets dangereux selon la LCPE, recyclage obligatoire.
188.Urgences : RCR (30:2, 100-120 compressions/min), DEA, rinçage oculaire 15 minutes pour les projections chimiques.

Pièges à éviter

Voici les erreurs les plus fréquentes commises par les candidats à l'examen du Sceau rouge sur ce sujet :

192.Confondre les classes de feu : Un feu d'essence est de classe B, pas de classe A. Ne jamais utiliser d'eau sur un feu de classe B ou C.
193.Oublier l'ordre de débranchement de la batterie : Toujours débrancher la borne négative en premier et la rebrancher en dernier. L'inverse peut provoquer un court-circuit si l'outil touche le châssis.
194.Négliger le risque d'hydrogène lors de la charge : L'hydrogène est explosif à partir de 4 % dans l'air. Une étincelle suffit. Ventiler impérativement.
195.Confondre DOT 5 et DOT 5.1 : Le DOT 5 est à base de silicone (non hygroscopique), le DOT 5.1 est à base de glycol (hygroscopique). Ils ne sont jamais compatibles entre eux, ni avec DOT 3/4.
196.Utiliser du latex pour les hydrocarbures : Le latex se dissout. Utiliser du nitrile ou du néoprène.
197.Surcharger un circuit électrique : La règle 8-200 du CE Code limite la charge continue à 80 % de la capacité nominale. Un circuit de 15 A ne doit pas dépasser 12 A en continu.
198.Souder avec la batterie connectée : Le courant de soudage peut détruire l'ECU, le régulateur et d'autres composants électroniques. Toujours débrancher la batterie et déconnecter l'ECU.
199.Se fier uniquement au vérin hydraulique : Une table élévatrice doit être verrouillée mécaniquement avant de travailler sous la motocyclette. Le vérin peut céder.
200.Ignorer les limites d'exposition au CO : Le CO est inodore et mortel. La LEP est de 25 ppm sur 8 h. L'extraction des gaz d'échappement est obligatoire lors des essais moteur en atelier.
201.Ne pas dépressuriser le système de carburant : Avant de déconnecter une conduite de carburant, il faut dépressuriser le système (fusible de pompe retiré, moteur tourné jusqu'à l'arrêt). L'essence sous pression peut provoquer des projections dangereuses.
202.Confondre les limites de levage : La limite de 25 kg est pour un levage occasionnel, 15 kg pour un levage répétitif. Une motocyclette complète (120-350 kg) ne se soulève jamais seul.
203.Oublier la vérification pré-essai routier : L'essai routier sans vérification préalable des freins, pneus et éclairage est une faute grave. La profondeur minimale des sculptures est de 1,5 mm au Canada.
204.Négliger le SIMDUT : Les FDS doivent être accessibles. Les pictogrammes doivent être connus. Le pictogramme "flamme" indique un produit inflammable, pas simplement un produit chaud.
205.Utiliser de la sciure de bois pour absorber l'essence : La sciure de bois est inflammable. Utiliser un absorbant inerte (argile, sable, produit commercial).
206.Croire que la béquille latérale suffit : Elle n'est pas un dispositif de maintien sécuritaire pour les travaux sous la motocyclette. Utiliser une table élévatrice ou une béquille centrale avec support.

Questions d'auto-évaluation

Pour vérifier votre maîtrise du chapitre, répondez aux questions suivantes (les réponses se trouvent dans le texte) :

210.Quelle est la limite de charge continue d'un circuit de 15 A selon la règle 8-200 du CE Code ?
211.Quel est le point d'éclair de l'essence ?
212.Quelle est la LEP pour le monoxyde de carbone sur 8 heures ?
213.Quel extincteur utiliser pour un feu d'origine électrique ?
214.Quelle borne de batterie débrancher en premier ?
215.Quelle est la profondeur minimale légale des sculptures de pneus pour une motocyclette au Canada ?
216.Quel type de gants utiliser pour manipuler de l'essence ?
217.Quelle est la limite d'explosivité de l'hydrogène dans l'air ?
218.Quel est le ratio de compressions/insufflations en RCR pour un adulte ?
219.Quelle norme CSA s'applique aux installations de gaz propane sur les véhicules ?

Ce chapitre vous donne les fondations nécessaires pour aborder les chapitres suivants. La sécurité n'est pas un sujet isolé — elle s'intègre dans chaque opération de diagnostic, d'entretien et de réparation. Un technicien qui applique rigoureusement les procédures de sécurité est non seulement conforme à l'examen, mais il est aussi un professionnel fiable et respecté.

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