Chapitre IX

Sécurité, contrôle de la circulation et conformité environnementale

Guide d'étude Red Seal Practice avec schémas.

Sécurité, contrôle de la circulation et conformité environnementale

Introduction au chapitre

L'exploitation d'une tractopelle (tractor-loader-backhoe) présente des risques multiples : basculement, contact avec des lignes électriques aériennes, affaissement de tranchée, collision avec le trafic routier, et contamination des sols. Pour le compagnon, la maîtrise de la réglementation fédérale et des normes nationales n'est pas optionnelle — elle est évaluée directement à l'examen. Ce chapitre couvre les trois piliers de la compétence : la sécurité opérationnelle (selon le Règlement canadien sur la santé et la sécurité au travail), le contrôle de la circulation (selon le Manuel canadien de signalisation routière, MCSR), et la conformité environnementale (Loi canadienne sur la protection de l'environnement, LCPE).


Section 1 : Cadre réglementaire et normes applicables

1.1 Les normes nationales de référence

Le Red Seal exige que vous connaissiez les documents suivants par leur nom exact et leur objet. Aucune question ne portera sur des codes provinciaux — l'examen est interprovincial.

Norme / LoiSigleObjet principal
Code canadien de l'électricité, Chapitre VCCE VDistances minimales des équipements près des lignes électriques
CSA B149.1Code sur le gaz naturel et le propane (conduites enterrées)
Manuel canadien de signalisation routièreMCSRSignaux, panneaux et dispositifs de contrôle de la circulation
Règlement canadien sur la santé et la sécurité au travailRCSSTDevoirs de l'employeur et de l'employé, équipements de protection
Loi canadienne sur la protection de l'environnementLCPEGestion des substances toxiques, déversements, carburants
Norme CSA Z96Vêtements de sécurité à haute visibilité
Norme CSA Z259.10Harnais de sécurité et lignes de vie

1.2 Le RCSST : obligations de l'opérateur

Le RCSST (SOR/86-304) s'applique aux entreprises sous juridiction fédérale. L'opérateur de tractopelle a des devoirs spécifiques :

Utiliser tout équipement de protection individuelle (ÉPI) fourni par l'employeur.
Signaler immédiatement tout danger ou défectuosité à son superviseur.
Ne pas utiliser une machine dont les dispositifs de sécurité sont inopérants (alarme de recul, siège à contact, verrouillage de sécurité).
Participer à la simulation d'urgence et connaître les procédures d'évacuation.

Point d'examen : Le RCSST exige que l'employeur fasse une analyse de risque avant le début des travaux. L'opérateur doit exiger cette analyse si elle n'a pas été faite. Ne jamais commencer un travail sans avoir identifié les dangers.


Section 2 : Sécurité opérationnelle de la tractopelle

2.1 Stabilité et basculement

La tractopelle est une machine articulée (châssis rigide avec direction sur les roues avant) dont le centre de gravité se déplace selon la position de la charge et du godet. Le basculement longitudinal (vers l'avant) est le risque principal lors du chargement. Le basculement latéral survient sur terrain incliné.

Règle des trois points : Les deux stabilisateurs arrière et la lame ou le godet avant doivent être en contact avec le sol avant toute excavation profonde. Ne jamais soulever une charge avec le bras de la chargeuse si les stabilisateurs ne sont pas déployés.

Calcul de stabilité : Le moment de basculement (M_b) est le produit de la charge (P) par la distance horizontale (d) entre le centre de la charge et l'axe de basculement :

M_b = P × d

Si M_b dépasse le moment stabilisant (poids de la machine × distance au centre de gravité), la machine bascule. En pratique, le diagramme de charge (fourni par le fabricant) indique la capacité nominale. Ne jamais dépasser 100 % de la capacité indiquée — l'examen teste la lecture de ces diagrammes.

Terrain en pente : Sur une pente de Δ = 15° ou plus, la machine doit travailler face à la pente pour l'excavation, et perpendiculaire à la pente uniquement si les stabilisateurs sont bien calés. La vitesse de déplacement en pente ne doit pas dépasser 8 km/h.

2.2 Travail à proximité de lignes électriques aériennes

Le Code canadien de l'électricité, Chapitre V (CCE V) fixe les distances minimales de dégagement. Ces distances sont absolues — aucun isolant ne protège l'opérateur.

Tension de la ligne (kV)Distance minimale (m)
0 à 750 V3,0 m
750 V à 75 kV3,0 m
75 kV à 250 kV4,5 m
250 kV à 550 kV6,0 m
Plus de 550 kV8,0 m (ou plus selon le calcul)

Règle pratique : Si la tension est inconnue, maintenir une distance minimale de 6,0 m de tout fil ou câble. Le bras de la tractopelle (flèche excavatrice) peut atteindre 5,5 m — la marge est donc mince.

Procédure en cas de contact avec une ligne électrique :

30.Rester dans la cabine — la machine est à la masse, mais le sol est conducteur. Sortir crée un circuit entre la machine et le sol à travers votre corps.
31.Appeler les secours (911) et aviser le propriétaire de la ligne.
32.Si un incendie force l'évacuation : sauter sans toucher la machine et le sol en même temps, les pieds joints, puis se déplacer à petits pas glissés (pas de patinage) pour éviter la différence de potentiel (tension de pas).
33.Ne jamais laisser une autre personne toucher la machine ou le godet.

Trap à l'examen : Le CCE V exige que l'employeur avise le propriétaire de la ligne avant le début des travaux. L'opérateur doit vérifier qu'un signaleur est présent si la distance minimale ne peut être respectée. Le signaleur doit être formé et porter un vêtement haute visibilité CSA Z96.

2.3 Sécurité dans les tranchées

La tractopelle est souvent utilisée pour creuser des tranchées. Le RCSST (article 13.10) et les bonnes pratiques exigent :

La tranchée doit être inspectée par une personne compétente avant l'entrée de tout travailleur.
Si la profondeur dépasse 1,2 m, un système d'étayage, un talutage ou un blindage est requis (sauf si le sol est stable et la pente naturelle suffisante).
La distance minimale entre la machine et le bord de la tranchée est de 1,0 m (ou la profondeur de la tranchée si elle est supérieure).
Les déblais doivent être stockés à au moins 0,6 m du bord de la tranchée.
L'accès à la tranchée se fait par une échelle ou une rampe — jamais en marchant sur le godet.

Calcul de talutage : Pour un sol de type 3 (sable argileux), l'angle de talus naturel est de 45° (pente 1:1). Pour un sol de type 4 (sable), l'angle est de 34° (pente 1,5:1). La largeur d'ouverture en surface (L) pour une profondeur (H) est :

L = 2 × H × tan(θ)

Pour H = 2 m et θ = 45° : L = 2 × 2 × 1,0 = 4,0 m.

2.4 Équipements de protection individuelle (ÉPI)

La norme CSA Z96 classe les vêtements haute visibilité en trois niveaux. Pour un opérateur de tractopelle travaillant près de la circulation, le niveau Classe 2 est le minimum (travail à proximité de véhicules à plus de 50 km/h). La Classe 3 est requise si la vitesse dépasse 80 km/h ou si le fond de travail est complexe.

ÉPI obligatoire pour l'opérateur :

Casque de sécurité (classe E pour protection électrique si risque de contact)
Bottes de sécurité à embout d'acier (norme CSA Z195)
Lunettes de protection ou écran facial
Protection auditive (si le niveau sonore dépasse 85 dBA)
Gants de travail (cuir ou synthétique selon la tâche)
Vêtement haute visibilité CSA Z96 Classe 2 ou 3

Point d'examen : Le port du harnais de sécurité (CSA Z259.10) est obligatoire si la machine est équipée d'une structure de protection contre le retournement (ROPS) et que l'opérateur doit sortir de la cabine sur une plateforme élevée. Le harnais doit être attaché à un point d'ancrage certifié.


Section 3 : Contrôle de la circulation

3.1 Le Manuel canadien de signalisation routière (MCSR)

Le MCSR est la référence nationale pour la signalisation des chantiers sur les routes publiques. Il définit les zones de travail et les dispositifs obligatoires.

Les quatre zones d'un chantier routier :

60.Zone d'avertissement (pré-signalisation) : commence à une distance calculée selon la vitesse limite. Pour une route à 80 km/h, la zone d'avertissement commence à 150 m avant le chantier.
61.Zone de transition : où la circulation est déviée. La longueur de transition (L) est calculée par la formule :

L = (V² × W) / 155

Où V = vitesse limite (km/h), W = largeur de la déviation (m). Pour V = 80 km/h et W = 3,5 m : L = (6400 × 3,5) / 155 = 144,5 m.

64.Zone de travail : la zone où l'équipement opère. La longueur dépend de la tâche.
65.Zone de terminaison : où la circulation reprend sa trajectoire normale. Longueur minimale de 30 m pour une route à 80 km/h.

3.2 Signaux et dispositifs de contrôle

Panneaux de signalisation (selon le MCSR) :

Type de panneauFormeCouleurExemple
DangerTriangleOrange et noir« Travaux » (WA-1)
ObligationCercleBlanc et noir« Vitesse maximale 40 km/h »
InformationRectangleOrange et noir« Fin de travaux »
InterdictionCercle barréBlanc et rouge« Défense de dépasser »

Cônes et balises : Les cônes doivent avoir une hauteur minimale de 450 mm (route à vitesse ≤ 50 km/h) ou 700 mm (route à vitesse > 50 km/h). Ils doivent être rétroréfléchissants et lestés.

Signaleur : Le signaleur doit être formé (certification reconnue), porter un vêtement CSA Z96 Classe 3, et utiliser des pancartes (face « STOP » et face « LENTEMENT ») ou des gestes normalisés. Les gestes de signalisation pour la tractopelle sont normalisés selon la norme CSA Z460 (non obligatoire mais reconnue).

Gestes de base pour l'opérateur :

Arrêt : bras levé, paume ouverte vers l'opérateur.
Avancer : les deux bras repliés, les avant-bras tournent vers l'opérateur.
Reculer : les deux bras repliés, les avant-bras tournent vers l'extérieur.
Levage du bras : bras droit levé, index pointé vers le haut, mouvement circulaire.
Descente du bras : bras droit baissé, index pointé vers le bas, mouvement circulaire.

3.3 Protection de l'opérateur sur la route

Lorsque la tractopelle travaille sur une route ouverte à la circulation, les exigences suivantes s'appliquent :

Le gyrophare (feu rotatif ambre) doit être activé en tout temps.
Le véhicule d'impact (camion flèche) doit être positionné en amont du chantier, à une distance de 30 m minimum pour une route à 80 km/h.
La signalisation de chantier doit être en place avant le début des travaux et retirée après la fin.
L'opérateur ne doit jamais sortir de la cabine du côté de la circulation.

Trap à l'examen : Le MCSR exige que les panneaux soient placés des deux côtés de la route si le chantier occupe plus de la moitié de la largeur de la chaussée. Un seul côté ne suffit pas.


Section 4 : Conformité environnementale

4.1 La Loi canadienne sur la protection de l'environnement (LCPE)

La LCPE (1999) régit la gestion des substances toxiques, les déversements et les carburants. Pour l'opérateur de tractopelle, les obligations concrètes sont :

Signalement obligatoire : Tout déversement de carburant, d'huile hydraulique ou de liquide de refroidissement supérieur à 100 litres doit être signalé aux autorités (Environnement et Changement climatique Canada) dans les plus brefs délais. Un déversement de moins de 100 L doit être signalé si la substance pénètre dans un cours d'eau ou un égout pluvial.
Plan d'urgence : L'employeur doit avoir un plan d'intervention en cas de déversement. L'opérateur doit connaître l'emplacement des trousseaux de déversement (absorbants, barrages, sacs de confinement).
Interdiction de rejet : Il est interdit de rejeter des contaminants dans l'environnement, y compris les eaux de ruissellement des tranchées.

4.2 Gestion des carburants et des fluides

Ravitaillement :

Le moteur doit être arrêté pendant le ravitaillement.
Le bac de rétention doit être placé sous le point de remplissage.
Le pistolet de distribution doit être muni d'un dispositif anti-débordement.
La distance minimale entre le point de ravitaillement et un cours d'eau est de 30 m (sauf si un bac de rétention est utilisé).

Fluides hydrauliques : Les huiles hydrauliques peuvent contenir des additifs toxiques. En cas de fuite, l'opérateur doit :

98.Arrêter la machine immédiatement.
99.Contenir la fuite avec des absorbants (pas de sciure de bois si la substance est toxique).
100.Signaler le déversement à son superviseur.
101.Ne jamais utiliser d'eau pour diluer le produit.

Batteries : Les batteries au plomb-acide contiennent de l'acide sulfurique (substance toxique). Leur manipulation exige des gants en néoprène et des lunettes étanches. Le recyclage est obligatoire.

4.3 Protection des sols et de la végétation

Le décapage de la couche arable doit être limité à la zone de travail. La terre végétale doit être stockée séparément des déblais.
Les zones humides (marais, étangs) sont protégées par la Loi sur les pêches. Aucun déblai ne peut être déposé dans une zone humide sans permis.
Les arbres : La distance minimale entre la flèche de la tractopelle et un arbre est de 1,0 m pour éviter d'endommager l'écorce. Si un arbre doit être abattu, l'opérateur doit vérifier la présence de nids d'oiseaux (Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs).

4.4 Niveaux sonores et vibrations

Le RCSST fixe la limite d'exposition au bruit à 85 dBA pour 8 heures (avec un facteur de doublement de 3 dB). Pour une tractopelle, le niveau sonore au poste de conduite est généralement de 80 à 90 dBA. L'opérateur doit porter une protection auditive si le niveau dépasse 85 dBA.

Vibrations main-bras : La norme ISO 5349 limite l'exposition aux vibrations. Pour une tractopelle, l'opérateur doit limiter le temps d'utilisation du brise-roche hydraulique à 2 heures par jour sans pause (si le niveau de vibration dépasse 5 m/s²).

Calcul de dose de bruit : Si l'opérateur est exposé à 90 dBA pendant 4 heures et à 80 dBA pendant 4 heures, la dose est :

Dose = (4/4) + (4/16) = 1,0 + 0,25 = 1,25 (125 % de la dose maximale)

Une dose supérieure à 100 % est non conforme. L'employeur doit réduire le temps d'exposition ou fournir une protection.


Section 5 : Procédures d'urgence et premiers secours

5.1 Plan d'urgence du chantier

Chaque chantier doit avoir un plan d'urgence écrit qui comprend :

Les numéros d'urgence (911, services médicaux, propriétaire de la ligne électrique).
Les points de rassemblement.
Les procédures d'évacuation.
L'emplacement des trousses de premiers secours.
Les extincteurs (types et emplacements).

5.2 Extincteurs

La tractopelle doit être équipée d'un extincteur de classe ABC d'une capacité minimale de 5 lb (2,27 kg). L'opérateur doit connaître la méthode P.A.S.S. :

P : Tirer la goupille.
A : Viser la base des flammes.
S : Presser la poignée.
S : Balayer de gauche à droite.

Trap à l'examen : Un extincteur de classe B (liquides inflammables) ne doit jamais être utilisé sur un feu électrique (classe C) — le risque d'électrocution est réel. L'extincteur ABC est polyvalent, mais la distance de sécurité est de 2 m pour un feu électrique.

5.3 Premiers secours

L'opérateur doit connaître les gestes de base :

Saignement : compression directe avec un pansement stérile.
Fracture : immobilisation sans tentative de réduction.
Inconscience : position latérale de sécurité (PLS), vérification de la respiration.
Brûlure : refroidissement à l'eau tiède (pas glacée) pendant 10 minutes.

Point d'examen : Le RCSST exige qu'une trousse de premiers secours soit disponible à moins de 5 minutes de marche du poste de travail. Pour un chantier isolé, une trousse de type « chantier » (conforme à la norme CSA Z1220) doit être dans la cabine.


Section 6 : Inspection pré-opérationnelle et entretien sécuritaire

6.1 Inspection quotidienne (liste de vérification)

Avant chaque quart de travail, l'opérateur doit effectuer une inspection visuelle et fonctionnelle :

ComposantPoint de contrôle
PneusPression, usure, dommages (crevaison, coupures)
GodetsUsure des dents, fissures, boulons desserrés
Bras et flècheFissures, déformation, jeu anormal
Vérins hydrauliquesFuites, tiges chromées endommagées
Tuyaux hydrauliquesFissures, renflements, abrasion
FreinsCourse de la pédale, efficacité
DirectionJeu excessif, fuites
Alarme de reculFonctionnement (test sonore)
GyrophareFonctionnement
RétroviseursPropreté, alignement
Ceinture de sécuritéÉtat, fonctionnement du verrou
ExtincteurPression, date d'inspection
Trousse de premiers secoursContenu complet, dates de péremption

Règle d'or : Toute défectuosité doit être signalée par écrit au superviseur. La machine ne doit pas être utilisée si une défectuosité compromet la sécurité.

6.2 Verrouillage et étiquetage (cadenassage)

Le RCSST (article 13.18) exige une procédure de cadenassage pour l'entretien de la machine. L'opérateur doit :

144.Arrêter le moteur.
145.Engager le frein de stationnement.
146.Abaisser les godets au sol.
147.Couper le contact et retirer la clé.
148.Poser un cadenas personnel sur le dispositif de coupure (batterie ou démarreur).
149.Apposer une étiquette « Ne pas mettre en marche » avec son nom et la date.

Trap à l'examen : Le cadenassage est personnel — chaque travailleur pose son propre cadenas. Un cadenas commun n'est pas conforme. La clé du cadenas reste en possession du travailleur.

6.3 Entretien des pneus

Les pneus de tractopelle sont des pneus à carcasse radiale ou diagonale, souvent gonflés à des pressions de 2,5 à 4,0 bars (36 à 58 psi). Le gonflage doit être fait avec un dispositif de gonflage à distance (panier de sécurité) si le pneu est monté sur une jante multipièces. La pression doit être vérifiée à froid.

Calcul de pression : Pour un pneu 12.5/80-18, la pression recommandée est de 3,0 bars. Si la température ambiante passe de 20 °C à 40 °C, la pression augmente d'environ 7 % (loi des gaz parfaits) :

P₂ = P₁ × (T₂ / T₁) = 3,0 × (313 / 293) = 3,2 bars

Ne jamais dégonfler un pneu chaud — attendre le refroidissement.


Section 7 : Conduite sécuritaire sur route

7.1 Déplacement de la machine

La tractopelle est un véhicule lent (vitesse maximale de 30 à 40 km/h). Sur route, elle doit être équipée de :

Feux de route (phares avant et arrière).
Feux de freinage.
Clignotants.
Gyrophare ambre.
Panneau « véhicule lent » (triangle orange rétroréfléchissant) si la vitesse maximale est inférieure à 40 km/h.
Rétroviseurs des deux côtés.

Règle de conduite : Sur une route à deux voies, la tractopelle doit circuler sur l'accotement si la largeur le permet. Le godet avant doit être abaissé à 20 à 30 cm du sol, et le bras de la chargeuse doit être en position de transport (flèche rétractée).

7.2 Chargement sur remorque

Le chargement de la tractopelle sur une remorque porte-engins exige :

La remorque doit être de capacité suffisante (vérifier la charge nominale).
Les rampes doivent avoir une pente maximale de 15°.
Le frein de stationnement de la remorque doit être engagé.
La machine doit être centrée sur la remorque.
Les chaînes d'arrimage (4 minimum) doivent être tendues avec des tendeurs à cliquet.
Les cales de roue doivent être posées des deux côtés de chaque pneu.
Le bras de la chargeuse et la flèche doivent être abaissés et verrouillés.

Calcul de charge : Si la tractopelle pèse 7 500 kg et la remorque a une capacité de 10 000 kg, le chargement est conforme. Si la charge est de 8 500 kg, le chargement est conforme (85 % de la capacité), mais la répartition doit être vérifiée : 60 % du poids sur l'avant de la remorque.


Section 8 : Communication et travail d'équipe

8.1 Communication radio

Sur un chantier, la communication radio est essentielle. Les règles de base :

Utiliser le canal désigné par le superviseur.
Annoncer clairement : « [Nom], je commence l'excavation à [emplacement]. »
Confirmer la réception : « Reçu, [nom]. »
En cas d'urgence : « Mayday, Mayday, Mayday » (trois fois) puis donner la position et la nature de l'urgence.
Ne jamais utiliser la radio pour des conversations personnelles.

8.2 Travail avec un signaleur

Le signaleur est le seul autorisé à guider l'opérateur. Les règles :

L'opérateur ne doit bouger que si le signaleur est visible et que ses gestes sont clairs.
Si le signaleur disparaît de la vue, l'opérateur doit arrêter immédiatement.
Le signaleur doit porter un vêtement CSA Z96 Classe 3.
L'opérateur doit confirmer verbalement (radio ou voix) avant de commencer un mouvement.

Trap à l'examen : Un opérateur ne doit jamais se fier à un collègue qui fait des gestes non normalisés. Les gestes doivent être conformes à la norme CSA Z460 ou au MCSR.


Résumé

195.Cadre réglementaire : Le RCSST (fédéral), le CCE V (lignes électriques), le MCSR (signalisation), la LCPE (environnement) et les normes CSA (Z96, Z259.10, Z1220) sont les références nationales. Aucun code provincial n'est évalué.
196.Stabilité : Le basculement est le risque principal. Respecter le diagramme de charge, déployer les stabilisateurs, et travailler face à la pente sur les terrains inclinés.
197.Lignes électriques : Distances minimales du CCE V : 3,0 m (≤ 75 kV), 4,5 m (75–250 kV), 6,0 m (250–550 kV), 8,0 m (> 550 kV). En cas de contact : rester dans la cabine, appeler les secours, évacuer par saut si nécessaire.
198.Tranchées : Distance minimale de 1,0 m entre la machine et le bord, déblais à 0,6 m du bord, étayage obligatoire au-delà de 1,2 m de profondeur.
199.Contrôle de la circulation : Quatre zones (avertissement, transition, travail, terminaison). Longueur de transition : L = (V² × W) / 155. Panneaux conformes au MCSR, signaleur certifié.
200.Environnement : Signalement des déversements > 100 L, ravitaillement moteur arrêté, bac de rétention, distance de 30 m des cours d'eau.
201.Bruit et vibrations : Limite de 85 dBA (8 h), dose de bruit ≤ 100 %, vibrations main-bras limitées.
202.Inspection et cadenassage : Inspection quotidienne complète, cadenassage personnel avec étiquette, signalement écrit des défectuosités.
203.Conduite sur route : Panneau « véhicule lent », godet à 20–30 cm du sol, gyrophare activé.
204.Communication : Le signaleur est la seule autorité pour guider les mouvements. Arrêt immédiat si le signaleur n'est plus visible.

Pièges à éviter

207.Confondre les distances du CCE V : La distance de 3,0 m s'applique jusqu'à 75 kV, pas 50 kV. Pour une ligne inconnue, utiliser 6,0 m — pas 3,0 m.
208.Oublier le signaleur : Le CCE V exige un signaleur si la distance minimale ne peut être respectée. Ce n'est pas une option — c'est une obligation.
209.Calculer la zone de transition avec la mauvaise unité : La vitesse doit être en km/h et la largeur en mètres. Le résultat est en mètres. Ne pas convertir en pieds.
210.Utiliser un extincteur de classe B sur un feu électrique : Toujours vérifier la classe de l'extincteur. Un extincteur ABC est le seul acceptable pour les feux mixtes.
211.Dépasser la capacité de la remorque : Le poids de la machine (7 500 kg) plus le poids des accessoires (godet supplémentaire, etc.) doit être inclus dans le calcul. Ne jamais utiliser le poids à vide.
212.Ignorer la tension de pas : En cas de contact avec une ligne électrique, ne jamais marcher normalement sur le sol — utiliser de petits pas glissés ou sauter à pieds joints.
213.Cadenassage collectif : Chaque travailleur doit poser son propre cadenas. Un cadenas commun est une infraction au RCSST.
214.Oublier le bac de rétention : Le ravitaillement sans bac de rétention est une infraction à la LCPE, même si aucun déversement ne se produit.
215.Confondre les gestes du signaleur : « Avancer » et « reculer » sont des gestes distincts — les bras repliés avec rotation des avant-bras. Un geste ambigu doit être interprété comme un arrêt.
216.Travailler sans inspection pré-opérationnelle : L'inspection quotidienne est obligatoire. Une machine non inspectée est une machine dangereuse — l'examen teste la connaissance de la liste de vérification.

Fin du chapitre 9. Ce contenu est conforme aux normes nationales canadiennes en vigueur. Pour l'examen Red Seal, mémorisez les distances, les formules et les procédures d'urgence — les questions portent souvent sur des scénarios pratiques où ces connaissances sont appliquées.

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