Systèmes de vitrage et composants
Guide d'étude Red Seal Practice avec schémas.
Systèmes de vitrage et composants
Introduction au chapitre
Ce chapitre couvre l'ensemble des systèmes de vitrage et de leurs composants tels qu'ils sont évalués dans le cadre de l'examen Sceau rouge pour le métier de glazier (vitrier). Vous devez maîtriser la terminologie, les principes de conception, les méthodes d'installation, les calculs de dimensions et les exigences réglementaires canadiennes. Ce chapitre est structuré pour suivre la progression logique du métier : des types de vitrage aux systèmes de fixation, en passant par les calculs de jeu et les tolérances.
Types de vitrage et leurs applications
Verre recuit (verre float)
Le verre recuit est le produit de base obtenu par le procédé float (flottage sur bain d'étain). Il est refroidi lentement pour éliminer les contraintes internes. Sa résistance nominale en flexion est d'environ 41 MPa (6 000 psi), mais cette valeur théorique n'est jamais utilisée dans les calculs pratiques en raison de la présence de micro-fissures en surface. En pratique, on utilise une contrainte admissible de 17 MPa pour le calcul des vitrages sous charge de vent.
Le verre recuit se brise en fragments longs et tranchants. Il ne doit jamais être utilisé dans des applications où il y a un risque de blessure humaine, sauf s'il est trempé ou feuilleté. Son épaisseur nominale varie de 2 mm à 25 mm, les épaisseurs courantes étant 3 mm, 4 mm, 5 mm, 6 mm, 8 mm, 10 mm, 12 mm, 15 mm, 19 mm et 25 mm.
Verre trempé (verre de sécurité)
Le verre trempé est soumis à un traitement thermique (chauffage à environ 650 °C suivi d'un refroidissement brutal par air). Ce processus crée une compression en surface et une tension à l'intérieur. Sa résistance est de 4 à 5 fois supérieure à celle du verre recuit de même épaisseur. La contrainte admissible en flexion est d'environ 68 MPa.
Caractéristiques essentielles :
Verre feuilleté (verre stratifié)
Le verre feuilleté est composé de deux ou plusieurs feuilles de verre (recuit, trempé ou thermodurci) assemblées par un intercalaire en polyvinylbutyral (PVB), en ionomère (SentryGlas®) ou en résine. L'intercalaire maintient les fragments en place lors du bris, empêchant la chute de débris.
Applications typiques :
L'épaisseur standard de l'intercalaire PVB est de 0,38 mm (0,015 po) ou multiples : 0,76 mm, 1,14 mm, 1,52 mm. Pour les garde-corps, on exige généralement un intercalaire de 1,52 mm minimum.
Verre thermodurci (verre durci)
Le verre thermodurci est traité thermiquement mais refroidi plus lentement que le verre trempé. Sa résistance est d'environ 2 fois celle du verre recuit. Il se brise en fragments plus grands que le verre trempé mais reste plus résistant que le verre recuit. Il est utilisé dans les applications où une résistance accrue est nécessaire sans les exigences de sécurité du verre trempé, notamment dans les vitrages isolants de grande dimension.
Verre à couche (verre à contrôle solaire, faible émissivité)
Les verres à couche sont des verres recuits ou trempés sur lesquels on dépose des couches minces de métaux ou d'oxydes métalliques. On distingue :
Les verres faible émissivité (Low-E) réduisent le transfert de chaleur par rayonnement. La valeur d'émissivité typique est de 0,04 à 0,20 (contre 0,84 pour le verre clair). Le facteur solaire (g) et le coefficient de transmission lumineuse (TL) sont des paramètres critiques pour le choix du vitrage.
Verre isolant (double et triple vitrage)
Le verre isolant (V.I.) est composé de deux ou trois feuilles de verre séparées par des espaceurs (entretoises) créant une cavité remplie d'air sec ou de gaz (argon, krypton). La cavité typique est de 12 mm ou 16 mm. Les gaz nobles améliorent la performance thermique :
| Gaz | Conductivité thermique (W/m·K) | Coefficient de convection |
|---|---|---|
| Air | 0,024 | 1,0 |
| Argon | 0,016 | 0,67 |
| Krypton | 0,009 | 0,37 |
La valeur U (coefficient de transmission thermique) d'un vitrage isolant standard (6 mm clair + 12 mm air + 6 mm clair) est d'environ 2,8 W/m²·K. Avec un verre Low-E et de l'argon, on peut atteindre 1,4 W/m²·K. En triple vitrage avec deux couches Low-E et krypton, on descend à 0,7 W/m²·K.
Composants des systèmes de vitrage
Mastic et scellement
Les mastics sont classés selon leur module d'élasticité et leur capacité de mouvement :
| Type de mastic | Mouvement admissible (%) | Durée de vie typique | Applications |
|---|---|---|---|
| Silicone | ±50 % | 20 ans | Joints structuraux, scellement extérieur |
| Polyuréthane | ±25 % | 15 ans | Joints de dilatation, scellement de maçonnerie |
| Polysulfure | ±25 % | 15 ans | Vitrage isolant (scellement primaire) |
| Acrylique | ±10 % | 10 ans | Intérieur, joints non critiques |
| Butyle | ±5 % | 10 ans | Scellement secondaire des V.I. |
Le silicone structural est utilisé pour fixer le verre au cadre sans support mécanique. Il doit être appliqué dans des conditions contrôlées (température entre 5 °C et 40 °C, humidité relative < 80 %). La largeur minimale du joint structural est de 6 mm, la profondeur minimale de 6 mm.
Profilés et châssis
Les châssis peuvent être en aluminium, en acier, en bois, en PVC ou en matériaux composites. Pour l'examen, vous devez connaître les profils d'aluminium :
Entretoises (espaceurs) pour vitrage isolant
Les entretoises maintiennent l'écart entre les feuilles de verre et contiennent le dessiccant (tamis moléculaire ou gel de silice) qui absorbe l'humidité résiduelle. Types courants :
La largeur de l'entretoise détermine la largeur de la cavité. Les largeurs standard sont 6 mm, 9 mm, 12 mm, 15 mm, 16 mm et 20 mm. La largeur minimale pour une performance thermique acceptable est de 12 mm.
Cales d'appui et cales de stabilisation
Les cales d'appui (setting blocks) supportent le poids du vitrage. Elles sont placées au quart de la largeur du vitrage à partir de chaque bord inférieur. Leur largeur minimale est égale à l'épaisseur du vitrage plus 3 mm, et leur longueur varie de 50 mm à 100 mm selon le poids.
Les cales de stabilisation (location blocks) maintiennent le vitrage en position latérale. Elles sont placées à chaque bord latéral, à environ 150 mm des coins inférieurs. Elles ne doivent jamais supporter le poids du vitrage.
Le matériau des cales doit être compatible avec le mastic et le verre. On utilise généralement du néoprène, de l'EPDM ou du silicone. Le bois et le métal sont interdits car ils provoquent des concentrations de contraintes.
Calculs et dimensions
Calcul du jeu de vitrage (dimensionnement du pourtour)
Le jeu de vitrage est l'espace entre le bord du verre et le fond de la feuillure. Il doit permettre la dilatation thermique du verre et les mouvements du bâtiment. La formule de base :
Jeu minimal = (Coefficient de dilatation thermique du verre) × (Dimension du vitrage) × (ΔT maximale) + Tolérance de fabrication
Le coefficient de dilatation thermique du verre est de 9 × 10⁻⁶ m/m·°C (0,000009 par °C). Pour un vitrage de 1 500 mm avec un ΔT de 50 °C :
Dilatation = 1 500 mm × 0,000009 × 50 °C = 0,675 mm
Le jeu minimal recommandé est de 3 mm par côté pour les vitrages de moins de 1 m², et de 5 mm par côté pour les vitrages plus grands. Pour les vitrages isolants, le jeu doit être augmenté de 1 mm par côté pour compenser la pression interne.
Calcul de la flèche admissible
La flèche (déformation) d'un vitrage sous charge de vent est limitée à L/175 où L est la plus petite dimension du vitrage, avec un maximum de 25 mm. Pour un vitrage de 1 200 mm × 1 500 mm, la flèche maximale est :
Flèche max = 1 200 mm / 175 = 6,86 mm
Cette limite est importante pour éviter la défaillance du vitrage et la perte d'étanchéité.
Calcul de la pression de vent
La pression de vent est calculée selon le Code national du bâtiment du Canada (CNB). La formule simplifiée :
P = q × Ce × Cg × Cp
Où :
Pour l'examen, vous devez savoir que la pression de vent augmente avec la hauteur du bâtiment et que les zones de bordure (coins) subissent des pressions plus élevées que les zones centrales.
Calcul de la résistance du vitrage
La résistance d'un vitrage sous charge de vent est déterminée à partir de la contrainte admissible et du module de section. Pour un vitrage rectangulaire simplement appuyé sur ses quatre côtés :
σ = (k × P × a²) / t²
Où :
Pour le verre recuit, σ doit être ≤ 17 MPa. Pour le verre trempé, σ doit être ≤ 68 MPa.
Normes et codes applicables
Code national du bâtiment du Canada (CNB)
Le CNB (partie 9 pour les petits bâtiments, partie 4 pour les grands bâtiments) impose des exigences sur :
Normes CAN/CGSB
Les normes du Conseil canadien des normes (CGSB) définissent les exigences de fabrication et de performance :
| Norme | Titre | Exigence clé |
|---|---|---|
| CAN/CGSB-12.1 | Verre plat recuit | Épaisseurs, tolérances, qualité optique |
| CAN/CGSB-12.3 | Verre de sécurité trempé | Fragmentation, résistance |
| CAN/CGSB-12.4 | Verre de sécurité feuilleté | Résistance à la pénétration, durabilité |
| CAN/CGSB-12.8 | Vitrages isolants | Étanchéité, point de rosée, durabilité |
| CAN/CGSB-12.10 | Verre à couche | Performance solaire, durabilité des couches |
Norme CSA A440
La norme CSA A440 (Fenêtres) spécifie les exigences de performance pour les fenêtres et les portes-fenêtres. Les classifications sont basées sur :
Pour l'examen, retenez que la classification complète est notée sous la forme A3-B7-C5-D5 (exemple de performance maximale).
Procédures d'installation
Installation d'un vitrage dans un châssis
La procédure standard comprend :
Installation d'un vitrage structural (silicone structural)
Le vitrage structural (structural glazing) fixe le verre au cadre uniquement par le silicone. Les exigences sont :
Installation d'un vitrage isolant
Le vitrage isolant doit être manipulé avec précaution pour ne pas endommager le scellement périphérique. Les règles :
Pièges à éviter
Résumé
Ce chapitre couvre les fondamentaux des systèmes de vitrage. Assurez-vous de maîtriser les calculs de jeu et de flèche, les exigences du CNB et les classifications CSA A440 avant de passer aux chapitres suivants sur les murs-rideaux et les garde-corps.
Prêt à tester ce chapitre ?
Entraînez-vous avec des questions conformes aux examens et des simulations chronométrées.
Commencer à pratiquer gratuitement