Le métal-fabricateur (soudeur-monteur) doit maîtriser une gamme complète de procédés de coupe pour préparer, ajuster et finir les pièces métalliques. La coupe ne se limite pas à séparer un matériau : elle conditionne la qualité de l'assemblage, la précision dimensionnelle et la sécurité de l'ensemble de l'opération. Ce chapitre couvre les quatre procédés de coupe thermique principaux (oxycoupage, coupe au plasma, coupe au laser, gougeage à l'arc) ainsi que les procédés mécaniques, leurs paramètres, leurs applications et les normes canadiennes qui les régissent.
Pour l'examen du Sceau rouge, vous devez non seulement connaître les principes théoriques, mais aussi être capable de calculer des paramètres de coupe, de choisir le procédé approprié selon le matériau et l'épaisseur, et d'identifier les dangers spécifiques à chaque méthode.
Oxycoupage (coupe oxyacétylénique)
Principes fondamentaux
L'oxycoupage est un procédé thermique qui utilise la combustion du métal dans un jet d'oxygène pur. Contrairement à une idée reçue, le métal n'est pas fondu par la flamme : il est oxydé (brûlé). Le fer à une température d'ignition d'environ 870 °C (1600 °F), bien inférieure à son point de fusion de 1538 °C (2800 °F). C'est cette différence fondamentale qui rend l'oxycoupage possible.
Le procédé se déroule en trois étapes simultanées :
10.Préchauffage : la flamme oxyacétylénique porte la zone à couper à la température d'ignition (rouge cerise, environ 870 °C).
11.Oxydation : le jet d'oxygène de coupe (pression de 200 à 400 kPa) est dirigé sur le métal préchauffé, provoquant une combustion exothermique.
12.Évacuation : le flux gazeux emporte les oxydes fondus (scories) hors de la saignée.
La réaction chimique principale est : 3Fe + 2O₂ → Fe₃O₄ + chaleur. Cette réaction est exothermique et libère une chaleur considérable qui entretient la combustion. En pratique, environ 70 % de l'énergie nécessaire à la coupe provient de la réaction d'oxydation elle-même, et seulement 30 % de la flamme de préchauffage.
Équipement et gaz
L'équipement d'oxycoupage comprend :
Le chalumeau coupeur avec ses deux détentes (préchauffage et oxygène de coupe)
Les bouteilles d'acétylène (noires, filetage à gauche) et d'oxygène (vertes, filetage à droite)
Les détendeurs avec manomètres haute et basse pression
Les tuyaux (rouge pour acétylène, vert pour oxygène, bleu pour azote selon les conventions)
Les buses (embouts) de différentes tailles selon l'épaisseur du métal
Tableau 1 : Caractéristiques des gaz de coupe
Gaz
Couleur bouteille
Filetage
Pression max. de service
Propriété clé
Acétylène
Noir
Gauche
103 kPa (15 psi)
Instable au-delà de 103 kPa
Oxygène
Vert
Droit
Variable selon détendeur
Favorise la combustion
Propane
Rouge
Droit
200-300 kPa
Préchauffage plus lent
MAPP
Rouge
Droit
200-300 kPa
Alternative à l'acétylène
Règle critique : L'acétylène ne doit jamais être utilisé à une pression supérieure à 103 kPa (15 psi). Au-delà, il devient instable et peut se décomposer explosivement. Cette règle est absolue et fait l'objet de questions fréquentes à l'examen.
Paramètres de coupe
Le choix de la buse et des pressions dépend de l'épaisseur du métal. Le tableau suivant donne les valeurs de référence :
Tableau 2 : Paramètres d'oxycoupage pour acier au carbone
Épaisseur (mm)
Taille de buse (n°)
Oxygène de coupe (kPa)
Acétylène (kPa)
Vitesse de coupe (mm/min)
6
1
200
70
500-600
12
2
250
70
400-500
25
3
300
70
300-400
50
4
350
70
200-250
100
5
400
70
100-150
200
6
400
70
50-80
La vitesse de coupe est un paramètre critique. Une vitesse trop rapide produit une saignée irrégulière, des stries obliques et laisse du métal non coupé en bas de la tôle. Une vitesse trop lente produit une saignée large, des stries verticales et une surchauffe excessive qui peut déformer la pièce.
Qualité de la coupe
Les critères d'une coupe oxyacétylénique de qualité sont :
Arête supérieure : nette, sans bavure ni érosion excessive
Arête inférieure : sans scories adhérentes (ou très peu)
Stries : fines, régulières, perpendiculaires à la surface
Zone affectée thermiquement (ZAT) : minimale
Les défauts courants et leurs causes :
Stries obliques : vitesse trop rapide ou pression d'oxygène trop faible
Stries verticales grossières : vitesse trop lente ou buse trop grande
Surchauffe de l'arête supérieure : préchauffage trop intense ou vitesse trop lente
Scories adhérentes en bas : pression d'oxygène insuffisante ou buse endommagée
Reprise de coupe difficile : préchauffage insuffisant ou angle d'attaque incorrect
Applications et limites
L'oxycoupage s'applique exclusivement à l'acier au carbone et aux aciers faiblement alliés. Il ne convient pas pour :
L'acier inoxydable (l'oxyde de chrome forme une barrière protectrice qui empêche l'oxydation continue)
L'aluminium (température de fusion 660 °C inférieure à la température d'ignition de l'oxyde)
Le cuivre et ses alliages (conductivité thermique trop élevée)
L'épaisseur pratique de coupe varie de 3 mm à 300 mm. Au-delà, d'autres procédés sont plus efficaces.
Coupe au plasma
Principes fondamentaux
La coupe au plasma utilise un arc électrique constricté à travers un orifice (buse) pour créer un jet de gaz ionisé à très haute température (15 000 à 30 000 °C). Ce plasma fond le métal, et le gaz à haute vitesse (600 à 900 m/s) évacue le métal fondu hors de la saignée.
Le principe : un gaz (air comprimé, azote, oxygène, argon-hydrogène) est ionisé par un arc électrique établi entre une électrode (tungstène ou hafnium) et la pièce. La constriction de l'arc par la buse augmente la densité de courant et la température, créant un jet de plasma capable de couper tous les métaux conducteurs.
Équipement et gaz plasmagènes
L'équipement comprend :
La torche plasma avec électrode, buse, et diffuseur
La source de courant (CC, polarité négative à l'électrode)
Le système de gaz (pression et débit contrôlés)
Le système de démarrage (pilotage par haute fréquence ou contact)
Tableau 3 : Gaz plasmagènes et applications
Gaz
Épaisseur
Matériaux
Avantages
Inconvénients
Air comprimé
1-25 mm
Acier au carbone
Économique, disponible
ZAT plus large, électrode courte durée
Azote (N₂)
1-50 mm
Acier inoxydable, aluminium
Coupe propre, bonne qualité
Coût plus élevé
Oxygène (O₂)
1-25 mm
Acier au carbone
Vitesse élevée, coupe nette
Oxydation de l'électrode
Argon-H₂ (65/35 %)
10-100 mm
Acier inoxydable, aluminium
Qualité supérieure, coupe épaisse
Coût très élevé
Mélange H₂/N₂
10-150 mm
Acier inoxydable, aluminium
Très haute qualité
Coût élevé
Paramètres de coupe plasma
Les paramètres essentiels sont :
Intensité du courant (A) : détermine la capacité de coupe
Tension d'arc (V) : fonction de la distance torche-pièce et du gaz
Vitesse de coupe : fonction de l'épaisseur et du courant
Hauteur de torche : généralement 3-6 mm au-dessus de la pièce
Coupe tous les métaux conducteurs (acier, inox, aluminium, cuivre, laiton)
Vitesse de coupe élevée sur les faibles épaisseurs
ZAT plus étroite que l'oxycoupage
Pas de préchauffage nécessaire
Sécurité améliorée (pas de bouteilles de gaz combustibles)
Limites :
Épaisseur maximale limitée (généralement 150 mm pour les systèmes industriels)
Coût d'équipement élevé
Bruit intense (jusqu'à 120 dB)
Rayonnement UV intense
Production de fumées métalliques toxiques
Coupe plasma et sécurité électrique
Le Code canadien de l'électricité, Chapitre V (CSA C22.1-21) s'applique à l'installation des équipements de coupe à l'arc. Les exigences clés incluent :
Règle 8-200 : protection des conducteurs contre les surintensités
Règle 10-100 : mise à la terre des équipements
Règle 14-010 : sectionnement et verrouillage des circuits
La torche plasma fonctionne à des tensions de 100 à 400 V CC. Le circuit de retour doit être solidement fixé à la pièce, à proximité de la zone de coupe, pour éviter le passage du courant par des chemins non intentionnels (roulements, câbles, structures).
Coupe au laser
Principes fondamentaux
La coupe au laser utilise un faisceau lumineux cohérent et monochromatique focalisé sur une très petite surface (0,1 à 0,3 mm de diamètre). La densité de puissance atteint 10⁶ à 10⁹ W/cm², ce qui provoque la fusion ou la vaporisation instantanée du métal. Un gaz d'assistance (oxygène, azote, air) évacue le matériau fondu.
Les trois types de lasers utilisés en fabrication :
91.Laser CO₂ (10,6 μm) : le plus courant pour la coupe de tôles, puissance 1-20 kW
92.Laser à fibre (1,07 μm) : efficacité élevée, qualité de faisceau supérieure, puissance 1-30 kW
93.Laser Nd:YAG (1,06 μm) : pour applications de précision, puissance 0,5-4 kW
Paramètres de coupe laser
Les paramètres critiques sont :
Puissance du laser (W) : détermine la vitesse et l'épaisseur maximale
Vitesse de coupe : optimale pour chaque combinaison matériau/épaisseur
Focalisation : position du point focal par rapport à la surface
Pression du gaz d'assistance : 0,5 à 2 MPa pour l'azote, 0,1 à 0,5 MPa pour l'oxygène
Diamètre de la buse : 1 à 3 mm
Tableau 5 : Paramètres laser CO₂ pour acier au carbone (puissance 4 kW)
Épaisseur (mm)
Gaz
Pression (MPa)
Vitesse (m/min)
Focalisation
1
O₂
0,2
8-10
Surface
3
O₂
0,3
4-5
-1 mm
6
O₂
0,4
2-3
-2 mm
10
N₂
1,0
1,5-2
-3 mm
20
N₂
1,5
0,5-0,8
-4 mm
Avantages et limites du laser
Avantages :
Précision extrême (tolérance ±0,1 mm)
Largeur de saignée très étroite (0,1-0,3 mm)
ZAT minimale (0,1-0,5 mm)
Vitesse de coupe très élevée sur tôles minces
Coupe sans contact (pas d'usure d'outil)
Automatisation facile (CNC)
Limites :
Épaisseur maximale limitée (25-30 mm pour acier au carbone, 15-20 mm pour inox)
Coût d'équipement très élevé
Consommation électrique importante
Exigences de sécurité laser strictes (classe 4)
Réflectivité des matériaux (aluminium, cuivre) problématique pour certains lasers
Normes de sécurité laser
La CSA Z386 (Sécurité des installations laser dans les établissements de santé) ne s'applique pas à la fabrication. Pour les lasers industriels, la norme CSA C22.2 N° 601.1 et la Z434 (Gestion de la sécurité des lasers industriels) s'appliquent. Les exigences clés :
Enceinte de protection avec interverrouillage
Lunettes de protection adaptées à la longueur d'onde
Formation obligatoire des opérateurs
Affichage des avertissements laser classe 4
Gougeage à l'arc (arc-air)
Principes fondamentaux
Le gougeage à l'arc (ou arc-air) est un procédé qui utilise un arc électrique entre une électrode de carbone et la pièce pour fondre le métal, tandis qu'un jet d'air comprimé (400-700 kPa) évacue le métal fondu. Ce procédé est principalement utilisé pour :
Éliminer les soudures défectueuses
Préparer les chanfreins (biseaux) avant soudage
Enlever les attaches de soudage
Ouvrir les racines pour le soudage en pénétration complète
Paramètres de gougeage
Tableau 6 : Paramètres de gougeage arc-air
Diamètre électrode (mm)
Courant (A)
Pression d'air (kPa)
Profondeur de gouge (mm)
6
200-300
400-550
3-5
8
300-400
500-600
5-8
10
400-500
550-700
8-12
13
500-600
600-700
10-15
16
600-800
600-700
15-20
L'angle de l'électrode par rapport à la pièce est généralement de 30° à 45°. Un angle plus faible produit une gouge plus profonde et plus étroite ; un angle plus grand produit une gouge plus large et moins profonde.
Considérations pratiques
L'électrode de carbone est cuivrée pour améliorer la conductivité et réduire l'usure
Le courant utilisé est du CC avec l'électrode à la polarité négative (DCEN) pour l'acier au carbone
Pour l'acier inoxydable, utiliser DCEN avec une vitesse plus rapide pour minimiser la précipitation des carbures
L'air comprimé doit être sec et propre (sans huile ni humidité)
Le gougeage produit des fumées abondantes et des projections incandescentes : protection complète obligatoire
Défauts et corrections
Défaut
Cause
Correction
Gouge trop profonde
Angle trop faible, vitesse lente
Augmenter l'angle, accélérer
Gouge trop large
Angle trop grand, courant élevé
Réduire l'angle, réduire le courant
Carbone collé
Contact excessif, courant faible
Augmenter le courant, maintenir l'arc
Porosité dans la gouge
Air humide, surface contaminée
Purger l'air, nettoyer la surface
Encoches dans la gouge
Vitesse irrégulière, électrode usée
Maintenir une vitesse constante, changer l'électrode
Procédés mécaniques de coupe
Cisaillage
Le cisaillage est un procédé mécanique qui sépare le métal par déformation plastique et rupture. La lame supérieure descend sur la tôle posée sur la lame inférieure fixe. Le jeu entre les lames est critique : il doit être de 5 à 10 % de l'épaisseur de la tôle.
Règle pratique : Jeu (mm) = 0,05 à 0,10 × épaisseur (mm). Pour une tôle de 6 mm, le jeu sera de 0,3 à 0,6 mm.
Capacités typiques :
Tôles jusqu'à 25 mm (acier au carbone)
Largeur de coupe jusqu'à 6 m
Précision ±0,5 mm
Aucune ZAT, aucune déformation thermique
Limites :
Ligne droite uniquement (avec cisaille guillotine)
Déformation du bord (bavure, arrondi)
Écrouissage du bord coupé
Ne convient pas aux matériaux fragiles
Sciage
Le sciage utilise une lame à dents pour enlever le métal par coupe. Les trois types principaux :
158.Scie à ruban : la plus courante, lame continue, capacité jusqu'à 500 mm
159.Scie alternative : mouvement de va-et-vient, pour tubes et profilés
160.Scie circulaire : lame rotative, pour coupes rapides de barres
Paramètres de sciage :
Vitesse de coupe (m/min) : fonction du matériau et du type de lame
Avance (mm/dent) : 0,02 à 0,15 mm selon le matériau
Lubrification : obligatoire pour l'aluminium, recommandée pour l'acier
Tableau 7 : Vitesses de coupe recommandées pour scie à ruban (lame bimétal)
Matériau
Vitesse (m/min)
Avance (mm/dent)
Lubrification
Acier doux
60-90
0,05-0,10
Recommandée
Acier inoxydable
20-40
0,03-0,06
Obligatoire
Aluminium
100-300
0,08-0,15
Obligatoire
Fonte
15-25
0,05-0,08
Recommandée
Acier à outils
15-30
0,03-0,05
Obligatoire
Perçage
Le perçage est un procédé d'enlèvement de matière par rotation d'un foret. Les paramètres critiques sont :
Vitesse de rotation (tr/min) : N = (V × 1000) / (π × D) où V est la vitesse de coupe en m/min et D le diamètre en mm
Avance (mm/tr) : 0,05 à 0,5 mm selon le diamètre et le matériau
Lubrification : essentielle pour éviter l'écrouissage et la rupture du foret
Exemple de calcul : Pour percer un trou de 12 mm dans de l'acier doux (V = 25 m/min) :
Tableau 8 : Vitesses de coupe pour perçage (foret HSS)
Matériau
Vitesse (m/min)
Lubrification
Acier doux
20-30
Huile de coupe
Acier inoxydable
8-12
Huile sulfureuse
Aluminium
60-100
Kérosène ou air
Fonte
15-20
Air ou sec
Cuivre
30-50
Huile soluble
Choix du procédé de coupe
Critères de sélection
Le choix du procédé dépend de plusieurs facteurs interdépendants :
Tableau 9 : Comparaison des procédés de coupe thermique
Critère
Oxycoupage
Plasma
Laser
Épaisseur max. (acier)
300 mm
150 mm
30 mm
Précision (± mm)
1-2
0,5-1
0,1-0,3
Largeur de saignée (mm)
2-5
1-3
0,1-0,3
ZAT (mm)
2-5
1-3
0,1-0,5
Vitesse (6 mm acier)
400 mm/min
2000 mm/min
4000 mm/min
Coût d'équipement
Faible
Moyen
Très élevé
Coût d'exploitation
Moyen
Moyen
Élevé
Acier inoxydable
Non
Oui
Oui
Aluminium
Non
Oui
Oui
Portabilité
Excellente
Bonne
Faible
Arbre de décision
182.Épaisseur > 50 mm → Oxycoupage (si acier au carbone) ou plasma (si inox/aluminium)
183.Épaisseur 6-50 mm → Plasma (tous métaux) ou oxycoupage (acier seulement)
184.Épaisseur < 6 mm, haute précision → Laser
185.Épaisseur < 6 mm, précision standard → Plasma ou cisaille
186.Coupes droites, production en série → Cisaille
187.Tubes et profilés → Scie à ruban ou coupe thermique
188.Travail sur site, sans électricité → Oxycoupage
Considérations économiques
Le coût total de coupe comprend :
Amortissement de l'équipement
Consommables (buses, électrodes, gaz)
Énergie électrique
Main-d'œuvre (temps de préparation, de coupe, de finition)
Traitement des fumées et ventilation
Perte de matière (largeur de saignée)
Pour une production de 1000 pièces de 6 mm d'acier, le laser est généralement le plus économique malgré son coût d'équipement élevé, en raison de sa vitesse et de sa précision qui réduisent les opérations de finition.
Risque oculaire majeur (faisceau invisible pour laser CO₂)
Risque d'incendie (faisceau réfléchi)
Fumées de coupe (nanoparticules)
Gougeage arc-air :
Projections incandescentes abondantes
Fumées de carbone et de métal
Bruit élevé
Rayonnement d'arc
Équipement de protection individuelle (EPI)
Protection oculaire : lunettes de sécurité avec écrans latéraux, teinte 5 pour oxycoupage, teinte 8-12 pour plasma et gougeage
Protection faciale : écran facial pour gougeage
Protection auditive : bouchons ou coquilles (obligatoire au-dessus de 85 dB)
Protection respiratoire : masque avec cartouche filtrante pour fumées métalliques
Vêtements : veste en cuir ou en coton ignifugé, gants de soudeur, tablier
Protection des pieds : bottes de sécurité avec guêtres
Ventilation et extraction des fumées
La CSA W117.2 (Sécurité dans le soudage, le coupage et les procédés connexes) est la norme de référence au Canada. Ses exigences clés :
Ventilation générale : minimum 8 renouvellements d'air par heure
Ventilation locale : extraction à la source pour les procédés produisant des fumées abondantes
Limites d'exposition professionnelle (ACGIH) pour les fumées métalliques
Surveillance de la qualité de l'air dans les espaces confinés
Règle pratique : Si la pièce est à moins de 300 mm du visage de l'opérateur, une ventilation locale est requise. Dans un espace confiné, un appareil respiratoire à adduction d'air est obligatoire.
Manipulation des bouteilles de gaz
Stockage : bouteilles verticales, chaînées, à l'écart des sources de chaleur
Séparation : oxygène et combustibles à au moins 6 m ou séparés par un mur coupe-feu
Transport : bouchons de protection en place, chariot adapté
Vérification : fuites avec solution savonneuse (jamais de flamme)
Ouverture : lentement, en se plaçant derrière le détendeur
Normes canadiennes applicables
CSA W117.2 — Sécurité en soudage et coupage
Cette norme est la référence principale pour la sécurité des opérations de coupage. Elle couvre :
Les exigences de formation des opérateurs
Les EPI obligatoires
La ventilation et l'extraction des fumées
La manipulation des gaz comprimés
Les procédures de travail en espaces confinés
Les exigences pour les équipements de coupage
CSA B149.1 — Code sur le gaz naturel et le propane
Cette norme s'applique aux installations de gaz combustibles, y compris l'acétylène et le propane utilisés pour le coupage. Les exigences clés :
Article 5.4 : tuyauterie et flexibles pour gaz combustibles
Article 6.2 : emplacement des bouteilles et réservoirs
Article 7.3 : ventilation des locaux de stockage
Code canadien de l'électricité, Chapitre V (CSA C22.1)
S'applique aux installations électriques des équipements de coupage :
Règle 8-200 : capacité des conducteurs et protection contre les surintensités
Règle 10-100 : mise à la terre des équipements
Règle 14-010 : sectionnement des circuits
Règle 26-100 : installation des équipements de soudage à l'arc
CSA W48 — Fils d'apport et produits connexes
Bien que principalement axée sur les électrodes de soudage, cette norme couvre également les électrodes de carbone pour gougeage arc-air.
Pièges à éviter
262.Confondre fusion et oxydation dans l'oxycoupage : le métal est brûlé (oxydé), pas fondu. C'est la question la plus fréquemment posée sur ce sujet.
263.Utiliser l'oxycoupage sur l'acier inoxydable : impossible en pratique. L'oxyde de chrome empêche la combustion continue. Utiliser plasma ou laser.
264.Oublier la pression maximale de l'acétylène : 103 kPa (15 psi). Au-delà, risque d'explosion. Cette valeur est systématiquement testée.
265.Négliger le jeu des lames de cisaille : un jeu incorrect produit des bavures excessives ou une usure prématurée des lames. Le jeu doit être de 5-10 % de l'épaisseur.
266.Confondre les polarités en gougeage : pour l'acier au carbone, l'électrode de carbone est à la polarité négative (DCEN). Une polarité inversée produit un gougeage irrégulier et une usure rapide de l'électrode.
267.Calculer incorrectement la vitesse de rotation du foret : la formule est N = (V × 1000) / (π × D). Un diamètre plus grand nécessite une vitesse plus lente, pas plus rapide.
268.Oublier la ZAT dans le choix du procédé : pour les pièces soumises à fatigue ou corrosion, la ZAT du plasma ou de l'oxycoupage peut être inacceptable. Le laser ou les procédés mécaniques sont préférables.
269.Ignorer les exigences de ventilation : la CSA W117.2 exige une ventilation locale pour les procédés produisant des fumées abondantes. Un simple masque antipoussière ne suffit pas.
270.Utiliser des pressions de gaz incorrectes : des pressions trop élevées d'oxygène de coupe produisent une saignée large et irrégulière ; des pressions trop faibles laissent des scories adhérentes.
271.Négliger la vérification des flexibles et raccords : les flexibles doivent être vérifiés quotidiennement pour détecter les fuites et l'usure. Un flexible d'oxygène avec de l'huile peut s'enflammer spontanément.
272.Confondre les couleurs des bouteilles : au Canada, l'acétylène est dans des bouteilles noires, l'oxygène dans des bouteilles vertes. Les filetages sont différents (gauche pour acétylène, droit pour oxygène) pour empêcher les connexions croisées.
273.Oublier l'angle d'électrode en gougeage : un angle de 30-45° est optimal. Un angle trop faible crée une gouge trop profonde ; un angle trop grand crée une gouge trop large et peu profonde.
Résumé
Les points essentiels à retenir pour l'examen :
276.Oxycoupage : oxydation du fer à 870 °C, pas de fusion. Uniquement pour acier au carbone. Acétylène limité à 103 kPa. Trois étapes : préchauffage, oxydation, évacuation.
277.Plasma : arc constricté, température 15 000-30 000 °C. Coupe tous les métaux conducteurs. Paramètres clés : courant, vitesse, hauteur de torche, débit de gaz.
278.Laser : précision extrême (±0,1 mm), ZAT minimale. Épaisseur limitée à 30 mm pour l'acier. Coût élevé, sécurité laser classe 4.
279.Gougeage arc-air : électrode de carbone cuivrée, DCEN, air comprimé 400-700 kPa, angle 30-45°. Utilisé pour éliminer les soudures défectueuses et préparer les chanfreins.
280.Procédés mécaniques : cisaille (jeu 5-10 % de l'épaisseur), scie à ruban (vitesse selon matériau), perçage (N = V × 1000 / πD).
281.Sécurité : CSA W117.2 pour la ventilation et les EPI, CSA B149.1 pour les gaz, Code canadien de l'électricité Chapitre V pour les installations électriques.
282.Choix du procédé : épaisseur, matériau, précision requise, coût, portabilité. L'oxycoupage pour les fortes épaisseurs d'acier, le plasma pour la polyvalence, le laser pour la précision.
283.Calculs : vitesse de coupe, vitesse de rotation, jeu de cisaille, pressions de gaz. Maîtrisez les formules et les unités (mm, kPa, m/min).
284.Défauts de coupe : savoir identifier la cause d'un défaut (stries obliques = vitesse trop rapide, scories adhérentes = pression d'oxygène insuffisante) et la correction appropriée.
285.Normes : connaître les numéros de normes et les règles spécifiques (8-200, 10-100, 14-010 du Code canadien de l'électricité) sans entrer dans les détails provinciaux.
La maîtrise des procédés de coupe est essentielle pour le métal-fabricateur. Chaque procédé a ses forces et ses limites, et le choix éclairé du procédé approprié est une compétence clé évaluée à l'examen du Sceau rouge. Entraînez-vous à identifier rapidement le procédé adapté à chaque situation, à calculer les paramètres de coupe, et à appliquer les règles de sécurité de la CSA W117.2.