Chapitre XI

Applications commerciales et industrielles du gaz

Guide d'étude Red Seal Practice avec schémas.

Applications commerciales et industrielles du gaz

Introduction au chapitre

Ce chapitre couvre les systèmes à gaz commercial et industriel, un domaine distinct du résidentiel par la pression, le débit, la complexité des appareils et les exigences réglementaires spécifiques. Pour l’examen Sceau rouge, vous devez maîtriser les définitions, les calculs de dimensionnement, les règles du CSA B149.1 (Code canadien d’installation du gaz naturel et du propane) et les particularités des brûleurs, fours, chaudières et systèmes de contrôle. Ce chapitre est structuré pour couvrir tout ce qui est susceptible de paraître à l’examen, avec des exemples chiffrés et des tableaux de référence.


1. Définitions et classifications

1.1 Catégories de bâtiments et d’installations

Le CSA B149.1 distingue trois grandes catégories d’installations :

Installations résidentielles : logements individuels, immeubles d’habitation (≤ 6 logements pour certaines règles).
Installations commerciales : restaurants, immeubles de bureaux, hôtels, écoles, hôpitaux — la charge thermique est généralement supérieure à 400 000 BTU/h (117 kW).
Installations industrielles : usines, ateliers, centrales thermiques, procédés de fabrication — souvent à haute pression (jusqu’à 1 000 kPa ou plus) et avec des systèmes de contrôle avancés.

Point clé pour l’examen : la limite entre commercial et industriel n’est pas toujours définie par la taille, mais par l’usage. Un restaurant avec une cuisine de 500 000 BTU/h est commercial ; une usine de traitement chimique avec le même débit est industrielle. Les exigences de ventilation, de détection de gaz et de contrôle des brûleurs diffèrent.

1.2 Pressions de service

Le CSA B149.1 définit les pressions comme suit :

Basse pression : ≤ 7 pouces de colonne d’eau (1,75 kPa) pour le gaz naturel ; ≤ 11 pouces (2,75 kPa) pour le propane.
Moyenne pression : de 7 à 14 pouces (1,75 à 3,5 kPa) pour le gaz naturel.
Haute pression : au-delà de 14 pouces (3,5 kPa) jusqu’à 1 000 kPa (souvent 150 psi pour les installations industrielles).

Tableau 1 — Pressions typiques par type d’installation

Type d’installationPression d’alimentationPression à l’appareilRégulateur requis
Résidentiel7 po CE (1,75 kPa)7 po CEOui (détente)
Commercial léger7–14 po CE7 po CEOui (2 étages)
Commercial lourd14 po CE – 5 psi7 po CEOui (2 étages)
Industriel5–150 psi7 po CE ou plusOui (multi-étages)

Remarque : En industriel, la pression à l’appareil peut être supérieure à 7 po CE si le brûleur est conçu pour cela (brûleurs à haute pression). Le régulateur doit être dimensionné pour le débit maximal et la chute de pression admissible.

1.3 Appareils et équipements

Les principaux appareils commerciaux et industriels sont :

Chaudières (vapeur ou eau chaude) — puissance de 100 kW à plusieurs MW.
Générateurs d’air chaud (fournaises commerciales) — pour les entrepôts, ateliers.
Brûleurs industriels — à gaz naturel, propane, ou bi-combustible.
Fours de traitement thermique — pour la métallurgie, la céramique.
Séchoirs, étuves, incinérateurs — procédés à haute température.
Cuisines commerciales — appareils de cuisson (rôtissoires, friteuses, grills).

Exigence clé : chaque appareil doit avoir une plaque signalétique indiquant la pression d’alimentation, le débit calorifique (BTU/h ou kW), le type de gaz, et les réglages du brûleur. L’installateur doit vérifier que la pression au manifold correspond aux spécifications.


2. Dimensionnement des canalisations

2.1 Principes généraux

Le dimensionnement des tuyauteries en commercial/industriel suit les mêmes principes qu’en résidentiel, mais avec des débits beaucoup plus élevés et des longueurs de tuyauterie souvent importantes. Le CSA B149.1 fournit des tableaux de dimensionnement (Tableaux A.2 à A.10) basés sur :

Le débit (m³/h ou pi³/h) requis par les appareils.
La longueur équivalente (longueur réelle + pertes par raccords).
La chute de pression admissible (généralement 0,5 po CE pour la basse pression, 10 % de la pression initiale pour la haute pression).
Le type de gaz (gaz naturel ou propane) et la densité relative.

2.2 Calcul de la longueur équivalente

La longueur équivalente (Léq) = longueur réelle + somme des pertes des raccords (coudes, tés, vannes). Le tableau suivant donne les équivalences en pieds pour un tuyau d’acier de 1 pouce :

Tableau 2 — Pertes par raccords (en pieds de tuyau équivalent)

RaccordPerte (pi)
Coude 90°2,5
Coude 45°1,5
Té (passage direct)1,0
Té (dérivation)5,0
Vanne à boisseau sphérique1,0
Vanne à soupape15,0

Exemple : Une tuyauterie de 50 pi avec 4 coudes 90°, 2 tés en dérivation et 1 vanne à soupape a une longueur équivalente de 50 + (4 × 2,5) + (2 × 5) + 15 = 50 + 10 + 10 + 15 = 85 pi.

2.3 Dimensionnement en haute pression

Pour les installations à haute pression (au-delà de 14 po CE), le dimensionnement utilise la formule de Renouard (simplifiée) ou les tableaux du CSA B149.1. La formule simplifiée pour le gaz naturel (densité 0,6) est :

Q = 0,007 × d² × √(ΔP × P_moy / (L × S))

Où :

Q = débit (m³/h)
d = diamètre intérieur (mm)
ΔP = chute de pression (Pa)
P_moy = pression moyenne absolue (Pa)
L = longueur équivalente (m)
S = densité relative du gaz (0,6 pour le GN)

Piège d’examen : La pression doit être en pression absolue, pas en pression manométrique. Pour convertir : P_abs = P_mano + 101,3 kPa (pression atmosphérique).

2.4 Règle pratique pour l’examen

Le CSA B149.1, règle 6.4, exige que la tuyauterie soit dimensionnée pour fournir le débit maximal de tous les appareils fonctionnant simultanément, avec une chute de pression ne dépassant pas :

0,5 po CE (125 Pa) pour les systèmes à basse pression (7 po CE).
10 % de la pression initiale pour les systèmes à moyenne et haute pression.

Astuce : Dans les calculs d’examen, on vous donnera souvent un tableau de dimensionnement. Identifiez d’abord la longueur équivalente totale, puis le débit total, puis lisez le diamètre dans le tableau. Ne confondez pas les colonnes « gaz naturel » et « propane » — le propane a une densité plus élevée (1,5) et nécessite des diamètres plus grands pour le même débit.


3. Régulateurs de pression et détente

3.1 Types de régulateurs

En commercial/industriel, on utilise des régulateurs à deux étages ou des régulateurs de service :

Premier étage : réduit la pression d’alimentation (ex. 150 psi) à une pression intermédiaire (ex. 10 psi).
Deuxième étage : réduit la pression intermédiaire à la pression d’utilisation (ex. 7 po CE).

Règle CSA B149.1, règle 6.22 : Chaque régulateur doit être muni d’un évent (vent) dimensionné pour évacuer le gaz en cas de défaillance du diaphragme. L’évent doit être dirigé vers l’extérieur du bâtiment ou dans un endroit sûr, et protégé contre l’entrée d’eau et d’insectes.

3.2 Dimensionnement des évents

Le dimensionnement de l’évent est un point fréquent d’examen. La formule simplifiée est :

A = (0,001 × Q) / √(P)

Où :

A = aire de l’évent (po²)
Q = débit maximal du régulateur (pi³/h)
P = pression d’entrée maximale (psi)

Exemple : Un régulateur avec un débit de 500 pi³/h et une pression d’entrée de 10 psi nécessite un évent de : A = (0,001 × 500) / √10 = 0,5 / 3,16 = 0,158 po². Un tuyau de 1/2 po (aire ≈ 0,196 po²) convient.

Piège : Si l’évent est trop petit, le régulateur peut « respirer » anormalement et la pression de sortie peut fluctuer. Si l’évent est obstrué, le diaphragme peut se rompre.

3.3 Régulateurs de surpression et soupapes de sécurité

En industriel, on installe souvent une soupape de surpression (relief valve) en aval du régulateur pour protéger les appareils contre une surpression. La soupape doit être réglée à une pression inférieure à la pression maximale de l’appareil, mais supérieure à la pression normale de service.

Tableau 3 — Réglages typiques des soupapes

ApplicationPression de serviceRéglage de la soupape
Brûleur basse pression7 po CE14 po CE
Brûleur moyenne pression2 psi3,5 psi
Chaudière haute pression10 psi15 psi

4. Ventilation et évacuation des produits de combustion

4.1 Exigences de ventilation

Le CSA B149.1, règle 8.2, exige que les locaux contenant des appareils à gaz soient ventilés pour fournir l’air de combustion et la ventilation. Pour les locaux commerciaux et industriels, la ventilation doit être calculée selon :

Appareils à tirage naturel : 1 po² d’ouverture par 1 000 BTU/h (0,5 cm² par kW) pour l’air de combustion.
Appareils à tirage mécanique (ventilateur) : 1 po² par 2 000 BTU/h (0,25 cm² par kW).
Appareils à condensation : ventilation réduite, mais besoin d’un drain pour les condensats.

Règle 8.4 : Les ouvertures de ventilation doivent être situées à moins de 300 mm du plafond pour l’évacuation de l’air vicié, et à moins de 300 mm du plancher pour l’admission d’air frais.

4.2 Évacuation des produits de combustion

Les conduits d’évacuation doivent être dimensionnés selon le tableau 7.2 du CSA B149.1, qui donne les diamètres en fonction de la hauteur du conduit et du débit calorifique. Les règles principales :

Le conduit doit être en acier inoxydable (pour les appareils à condensation) ou en acier noir (pour les appareils à tirage naturel).
La pente du conduit horizontal doit être d’au moins 1/4 po par pied (2 %) vers l’appareil.
Le conduit doit être supporté à des intervalles maximaux de 1,5 m pour les conduits verticaux et 1 m pour les horizontaux.

Piège d’examen : Pour les appareils à condensation, le conduit doit être en matériau résistant aux acides (acier inoxydable 316L ou plastique certifié). L’utilisation d’acier galvanisé est interdite car il se corrode rapidement.

4.3 Ventilation mécanique et détection de gaz

Dans les locaux industriels fermés, on exige souvent une ventilation mécanique avec détection de gaz. Le détecteur doit être installé à :

Hauteur du plafond pour le gaz naturel (plus léger que l’air).
Hauteur du plancher pour le propane (plus lourd que l’air).

Règle 8.10 : Le système de ventilation doit être interverrouillé avec l’alimentation en gaz — si la ventilation tombe en panne, le gaz doit être coupé automatiquement.


5. Brûleurs et systèmes de contrôle

5.1 Types de brûleurs

Les brûleurs commerciaux et industriels se classent en :

Brûleurs atmosphériques : l’air est aspiré par le gaz (effet Venturi). Utilisés pour les petites puissances (< 100 kW).
Brûleurs à air soufflé : un ventilateur fournit l’air de combustion. Utilisés pour les puissances moyennes à élevées.
Brûleurs à haute pression : le gaz est injecté à haute pression, créant une forte turbulence. Utilisés en industrie.

Tableau 4 — Caractéristiques des brûleurs

TypePuissance typiqueExcès d’airContrôleApplications
Atmosphérique< 100 kW50–100 %SimpleChaudières résidentielles
Air soufflé100 kW – 5 MW20–50 %ModuléChaudières commerciales
Haute pression> 1 MW10–20 %PrécisFours industriels

5.2 Systèmes de contrôle de flamme

Le CSA B149.1, règle 5.24, exige que chaque brûleur soit muni d’un système de contrôle de flamme qui coupe le gaz en cas de perte de flamme. Les principaux types de détecteurs :

Thermocouple : génère une tension par différence de température. Utilisé pour les petites veilleuses.
Thermopile : plusieurs thermocouples en série, produit plus de tension. Utilisé pour les veilleuses de plus grande taille.
Détecteur de flamme par ionisation : mesure la conductivité électrique de la flamme. Utilisé pour les brûleurs à air soufflé.
Détecteur ultraviolet (UV) : détecte le rayonnement UV de la flamme. Utilisé pour les brûleurs industriels à haute température.

Temps de réponse exigés :

Thermocouple : coupure en moins de 90 secondes.
Ionisation : coupure en moins de 4 secondes.
UV : coupure en moins de 2 secondes.

Piège d’examen : Le délai de coupure est plus long pour les thermocouples car ils doivent refroidir. Pour les brûleurs industriels, on exige des délais courts pour éviter l’accumulation de gaz non brûlé.

5.3 Purge et pré-purge

Avant l’allumage d’un brûleur industriel, le CSA B149.1, règle 5.25, exige une pré-purge de la chambre de combustion :

Durée minimale : 4 renouvellements d’air de la chambre, ou 30 secondes minimum.
Débit de purge : au moins 100 % du débit d’air de combustion maximal.

Exemple : Une chambre de combustion de 10 m³ avec un débit d’air de 100 m³/h nécessite une pré-purge de (10 × 4) / 100 = 0,4 heure = 24 minutes. C’est long — en pratique, on utilise des débits plus élevés pour la purge.

Règle pratique : La pré-purge doit être interverrouillée avec le ventilateur — si le ventilateur tombe en panne, la séquence d’allumage doit s’arrêter.


6. Exigences spécifiques du CSA B149.1

6.1 Règle 5.22 — Appareils à gaz dans les locaux industriels

Cette règle exige que les appareils soient installés de manière à permettre l’accès pour l’entretien, avec un dégagement minimal de :

600 mm devant l’appareil.
150 mm sur les côtés et à l’arrière (sauf indication contraire du fabricant).

6.2 Règle 6.20 — Tuyauterie dans les bâtiments industriels

La tuyauterie doit être :

Supportée à des intervalles maximaux de 3 m pour les tuyaux de 1/2 po à 1 po, et de 4 m pour les tuyaux de plus grand diamètre.
Protégée contre les dommages mécaniques (passage de véhicules, chariots élévateurs) — protection par des barrières ou des gaines.
Identifiée par une étiquette ou une peinture jaune (selon les normes de l’entreprise).

6.3 Règle 8.200 — Détection de fuites

Le CSA B149.1, règle 8.200, exige un test d’étanchéité de toute tuyauterie avant mise en service. Le test se fait à :

1,5 fois la pression de service pour les systèmes à basse pression (minimum 3 psi).
1,5 fois la pression de service pour les systèmes à haute pression, avec un minimum de 50 psi.

Durée du test : 30 minutes minimum pour les systèmes commerciaux, 60 minutes pour les systèmes industriels. La pression ne doit pas chuter de plus de 0,5 psi pendant le test.

Piège d’examen : Le test se fait avec de l’air comprimé ou du gaz inerte (azote), jamais avec de l’oxygène ou du gaz combustible. L’oxygène peut réagir avec les résidus d’huile dans la tuyauterie et provoquer une explosion.


7. Calculs de charge thermique et de débit

7.1 Conversion d’unités

Les examens utilisent souvent les unités impériales (BTU/h, pi³/h) et métriques (kW, m³/h). Les conversions essentielles :

1 kW = 3 412 BTU/h
1 m³ de gaz naturel ≈ 37,3 MJ (10,4 kWh) — pouvoir calorifique supérieur (PCS)
1 pi³ de gaz naturel ≈ 1 000 BTU
1 m³ de propane ≈ 93,2 MJ (25,9 kWh)
1 pi³ de propane ≈ 2 500 BTU

Tableau 5 — Pouvoirs calorifiques

GazPCS (MJ/m³)PCS (BTU/pi³)Densité relative
Gaz naturel37,31 0000,6
Propane93,22 5001,5

7.2 Calcul du débit requis

Le débit volumétrique (Q) en m³/h est donné par :

Q = P / PCS

Où P est la puissance requise (kW) et PCS le pouvoir calorifique supérieur (kWh/m³).

Exemple : Une chaudière de 500 kW au gaz naturel (PCS = 10,4 kWh/m³) nécessite un débit de 500 / 10,4 = 48,1 m³/h.

En unités impériales : Une chaudière de 1 700 000 BTU/h (500 kW) nécessite 1 700 000 / 1 000 = 1 700 pi³/h.

7.3 Facteur de simultanéité

En commercial/industriel, on applique un facteur de simultanéité (diversity factor) pour dimensionner la tuyauterie principale. Ce facteur tient compte du fait que tous les appareils ne fonctionnent pas à pleine charge en même temps.

Tableau 6 — Facteurs de simultanéité typiques

Type d’installationFacteur
Restaurant (cuisine)0,7
Hôtel (chauffage + eau chaude)0,8
Usine (procédés continus)1,0
École (chauffage intermittent)0,6

Piège d’examen : Le facteur de simultanéité s’applique au débit total pour dimensionner la tuyauterie principale, mais jamais pour dimensionner les branchements individuels vers chaque appareil.


8. Mise en service et essais

8.1 Procédure de mise en service

La mise en service d’un système commercial/industriel comprend :

166.Vérification de la tuyauterie : test d’étanchéité (règle 8.200).
167.Purge de la tuyauterie : évacuation de l’air ou du gaz inerte avant introduction du gaz.
168.Vérification des régulateurs : réglage de la pression de sortie.
169.Allumage des appareils : vérification de la séquence d’allumage, de la flamme et des contrôles.
170.Analyse de combustion : mesure du CO₂, de l’O₂, du CO et de la température des fumées.

8.2 Analyse de combustion

L’analyse de combustion est un point clé de l’examen. Les valeurs typiques pour un brûleur bien réglé :

Tableau 7 — Valeurs de combustion typiques

ParamètreGaz naturelPropane
CO₂ maximal (%)1214
CO₂ optimal (%)9–1010–11
O₂ optimal (%)3–53–5
CO (ppm)< 100< 100
Excès d’air (%)15–2515–25
Température des fumées (°C)150–250150–250

Règle : Un excès d’air trop élevé (plus de 50 %) réduit l’efficacité car la chaleur est perdue dans les fumées. Un excès d’air trop faible (moins de 10 %) produit du CO (monoxyde de carbone) dangereux.

Piège d’examen : Le CO₂ maximal théorique est plus élevé pour le propane (14 %) que pour le gaz naturel (12 %) car le propane a un rapport carbone/hydrogène plus élevé. Ne confondez pas ces valeurs.

8.3 Purge de la tuyauterie

La purge se fait avec du gaz inerte (azote) ou directement avec le gaz combustible, selon la taille du système. Pour les grands systèmes industriels, on utilise souvent une purge à l’azote suivie d’une introduction progressive du gaz.

Règle CSA B149.1, règle 6.30 : La purge doit se faire de manière à éviter la formation d’un mélange explosif. La tuyauterie doit être purgée jusqu’à ce que la teneur en oxygène soit inférieure à 1 % (mesurée à l’extrémité de la tuyauterie).


9. Entretien et inspection

9.1 Fréquences d’inspection

Le CSA B149.1 ne fixe pas de fréquences d’inspection obligatoires (cela relève des codes du travail provinciaux), mais l’examen peut vous demander les pratiques recommandées :

Tableau 8 — Fréquences d’entretien recommandées

ÉquipementFréquenceOpérations
Brûleurs atmosphériquesAnnuelleNettoyage, réglage, vérification des orifices
Brûleurs à air souffléSemestrielleVérification du ventilateur, de la rampe, des électrovannes
RégulateursAnnuelleVérification de la pression de sortie, de l’évent
Détecteurs de flammeTrimestrielleNettoyage, test de réponse
Soupapes de sécuritéAnnuelleTest de fonctionnement, vérification du réglage

9.2 Vérifications spécifiques

Vérification des orifices de brûleur : les orifices doivent être propres et non obstrués. Un orifice obstrué peut causer une flamme jaune (combustion incomplète) et la formation de CO.
Vérification des électrovannes : les électrovannes doivent se fermer hermétiquement. Un test de fuite se fait en mesurant la pression en aval de la vanne fermée.
Vérification des pressostats : les pressostats d’air (air proving switches) doivent être testés pour s’assurer qu’ils coupent le gaz si le ventilateur tombe en panne.

10. Pièges à éviter

Voici les erreurs les plus fréquentes à l’examen Sceau rouge sur ce chapitre :

193.Confondre pression manométrique et pression absolue dans les calculs de dimensionnement. Toujours ajouter 101,3 kPa (14,7 psi) pour obtenir la pression absolue.
194.Utiliser le mauvais tableau de dimensionnement pour le propane vs le gaz naturel. Le propane a une densité de 1,5 et nécessite des diamètres plus grands.
195.Oublier le facteur de simultanéité pour la tuyauterie principale, ou l’appliquer aux branchements individuels (ce qui est interdit).
196.Négliger la longueur équivalente des raccords. Un coude 90° ajoute 2,5 pi de longueur équivalente — sur une longue tuyauterie, cela peut changer le diamètre requis.
197.Confondre les délais de coupure des détecteurs de flamme : thermocouple (90 s), ionisation (4 s), UV (2 s).
198.Installer un détecteur de gaz au mauvais endroit : le gaz naturel se détecte au plafond, le propane au plancher.
199.Oublier l’évent du régulateur ou le dimensionner trop petit. L’évent doit être dirigé vers l’extérieur et protégé.
200.Utiliser de l’oxygène pour le test d’étanchéité — c’est interdit et dangereux. Utiliser de l’air comprimé ou de l’azote.
201.Confondre les valeurs de CO₂ maximal : 12 % pour le gaz naturel, 14 % pour le propane.
202.Ne pas vérifier la plaque signalétique de l’appareil avant de régler la pression. La pression au manifold doit correspondre aux spécifications du fabricant.

11. Résumé

Les installations commerciales et industrielles se distinguent par la pression (jusqu’à 150 psi), le débit (souvent > 1 000 pi³/h) et la complexité des contrôles.
Le dimensionnement des tuyauteries suit le CSA B149.1, avec une chute de pression maximale de 0,5 po CE en basse pression et 10 % en haute pression.
Les régulateurs doivent avoir des évents dimensionnés et dirigés vers l’extérieur. Les soupapes de surpression protègent les appareils.
La ventilation doit fournir l’air de combustion selon les règles 8.2 à 8.10, avec des ouvertures en haut et en bas du local.
Les brûleurs sont contrôlés par des détecteurs de flamme (thermocouple, ionisation, UV) avec des délais de coupure spécifiques.
La pré-purge est obligatoire avant l’allumage des brûleurs industriels : 4 renouvellements d’air minimum.
Les tests d’étanchéité se font à 1,5 fois la pression de service, avec de l’air ou de l’azote, jamais d’oxygène.
L’analyse de combustion vérifie le CO₂, l’O₂, le CO et la température des fumées. Les valeurs optimales sont 9–10 % CO₂ pour le GN, 10–11 % pour le propane.
Les facteurs de simultanéité s’appliquent uniquement à la tuyauterie principale, jamais aux branchements individuels.
La purge de la tuyauterie doit réduire l’oxygène à moins de 1 % avant la mise sous gaz.

12. Questions d’auto-évaluation

217.Quelle est la chute de pression maximale admissible pour un système à basse pression de 7 po CE ?
Réponse : 0,5 po CE (125 Pa).
219.Un régulateur a un débit de 800 pi³/h et une pression d’entrée de 15 psi. Quel est le diamètre minimal de l’évent ?
Réponse : A = (0,001 × 800) / √15 = 0,8 / 3,87 = 0,207 po². Un tuyau de 1/2 po (0,196 po²) est insuffisant ; il faut un tuyau de 3/4 po (0,441 po²).
221.Quelle est la durée minimale de pré-purge pour une chambre de combustion de 20 m³ avec un débit d’air de 200 m³/h ?
Réponse : (20 × 4) / 200 = 0,4 h = 24 minutes.
223.Un détecteur de flamme par ionisation doit couper le gaz en combien de temps ?
Réponse : 4 secondes.
225.Pourquoi ne faut-il jamais utiliser d’oxygène pour un test d’étanchéité ?
Réponse : L’oxygène peut réagir avec les résidus d’huile et provoquer une explosion.

13. Références normatives

CSA B149.1 — Code canadien d’installation du gaz naturel et du propane (règles 5.22, 5.24, 5.25, 6.4, 6.20, 6.22, 6.30, 8.2, 8.4, 8.10, 8.200).
CSA B149.3 — Code sur le contrôle des appareils à combustible (pour les systèmes de contrôle et les brûleurs).
Code canadien de l’électricité, Chapitre V — pour les branchements électriques des appareils à gaz (règle 8-200 pour les sectionneurs).
CSA B149.2 — Code d’installation du propane en vrac (pour les réservoirs et les systèmes de propane).

Note : Le CSA B149.1 est la référence principale pour l’examen Sceau rouge. Les numéros de règles mentionnés ci-dessus correspondent à l’édition 2020 (la plus récente au moment de la rédaction). Vérifiez toujours l’édition en vigueur dans votre province.

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