Chapitre VIII

Essais, purge et procédures de détection de fuites

Guide d'étude Red Seal Practice avec schémas.

Essais, purge et procédures de détection de fuites

Introduction au chapitre

Ce chapitre couvre l’un des domaines les plus critiques du métier de gasfitter Class A : la vérification de l’étanchéité, la purge des canalisations et la détection des fuites. Ces procédures sont régies par le Code canadien de l’installation du gaz naturel et du propane (CSA B149.1) , plus précisément par les règles de la Section 5 (essais sous pression) et de la Section 6 (purge). Une erreur dans ces étapes peut entraîner une explosion, une intoxication au monoxyde de carbone ou un incendie. L’examen Red Seal teste non seulement votre capacité à exécuter ces procédures, mais aussi votre compréhension des principes physiques sous-jacents et des exigences réglementaires précises.


1. Principes fondamentaux des essais sous pression

1.1 Objectif des essais

Un essai sous pression a pour but de confirmer qu’une canalisation ou un système est étanche avant sa mise en service. Il ne s’agit pas de tester la résistance mécanique du tuyau (cela relève du calcul d’ingénierie), mais de détecter toute fuite, même microscopique, qui pourrait laisser échapper du gaz dans un espace occupé.

1.2 Fluides d’essai autorisés

Selon la règle CSA B149.1, article 5.4, seuls certains fluides peuvent être utilisés pour l’essai d’étanchéité :

FluideUsageLimites
Air compriméEssai standardPression maximale limitée par la résistance des composants
Azote (N₂)Essai à haute pressionInerte, ne présente aucun risque d’inflammation
Gaz inerte (hélium, argon)Détection de fuites très finesCoût élevé, équipement spécialisé
EauEssai hydrostatiqueInterdit pour les canalisations de gaz (risque de corrosion interne)
Gaz combustibleEssai avec le gaz de service**Interdit** pour l’essai initial (sauf exceptions spécifiques, voir ci-dessous)

> Règle clé : L’essai initial doit être effectué avec de l’air ou un gaz inerte. Le gaz combustible ne peut être introduit qu’après la purge, et uniquement pour la mise en service.

1.3 Pressions d’essai minimales

La pression d’essai minimale est définie à l’article 5.5 du CSA B149.1 :

Systèmes basse pression (pression de service ≤ 7 kPa ou 14 po de colonne d’eau) : essai à 140 kPa (20 psi) pendant au moins 15 minutes.
Systèmes moyenne pression (7 kPa à 400 kPa) : essai à 1,5 fois la pression de service maximale, avec un minimum de 350 kPa (50 psi).
Systèmes haute pression ( > 400 kPa) : essai à 1,5 fois la pression de service, avec un minimum de 700 kPa (100 psi).

Tableau récapitulatif des pressions d’essai (CSA B149.1, Tableau 5.5) :

Type de systèmePression de service (kPa)Pression d’essai minimale (kPa)Durée minimale
Basse pression≤ 714015 min
Moyenne pression7 – 4001,5 × P_service (min. 350)15 min
Haute pression> 4001,5 × P_service (min. 700)15 min

Remarque importante : La durée de 15 minutes est un minimum. Si la pression chute pendant cette période, l’essai est un échec, même si la chute est due à un changement de température ambiante. Il faut attendre la stabilisation thermique avant de commencer le chronométrage.

1.4 Procédure d’essai étape par étape

21.Isolation : Fermer toutes les vannes d’arrêt et obturer les extrémités ouvertes avec des bouchons filetés ou des brides aveugles.
22.Mise sous pression : Connecter la source d’air comprimé ou d’azote à un point de test (généralement une vanne de test ou un té de purge).
23.Montée en pression : Augmenter la pression progressivement (jamais brutalement) jusqu’à la valeur d’essai.
24.Stabilisation : Attendre 5 à 10 minutes pour que la température se stabilise (la compression de l’air génère de la chaleur, ce qui augmente la pression ; il faut laisser le système refroidir).
25.Chronométrage : Fermer la vanne d’alimentation, noter la pression exacte, puis chronométrer 15 minutes.
26.Lecture finale : À la fin du chronométrage, noter la pression. Toute baisse de pression indique une fuite.
27.Détection de la fuite : Si la pression a chuté, appliquer une solution moussante (eau savonneuse) sur tous les joints, raccords et soudures pour localiser la fuite.
28.Réparation et nouvel essai : Réparer la fuite, puis recommencer l’essai complet. Il est interdit de « réparer » une fuite en resserrant un raccord sous pression.

1.5 Facteurs affectant la lecture de pression

Température : Une baisse de température de 1 °C peut entraîner une chute de pression d’environ 0,35 % (loi de Gay-Lussac : P₁/T₁ = P₂/T₂). Pour un essai à 140 kPa, une baisse de 5 °C peut faire chuter la pression de 2,5 kPa, ce qui peut être confondu avec une fuite.
Volume du système : Plus le volume est grand, plus une petite fuite mettra du temps à provoquer une chute de pression détectable.
Humidité : La condensation peut fausser les lectures sur les manomètres à cadran.

> Astuce d’examen : Si la pression chute légèrement mais que la température a baissé, l’essai peut être valide. Vous devez calculer la pression corrigée en fonction de la température. La formule est : P₂ = P₁ × (T₂ / T₁) où T est en kelvins (K = °C + 273,15).


2. Purge des canalisations

2.1 Définition et objectif

La purge est l’opération qui consiste à remplacer l’air ou le gaz présent dans une canalisation par le gaz de service (ou l’inverse lors d’une mise hors service). L’objectif est d’éviter la formation d’un mélange air-gaz explosif dans la tuyauterie.

2.2 Pourquoi la purge est-elle dangereuse ?

Le gaz naturel a une limite inférieure d’explosivité (LIE) d’environ 4 % et une limite supérieure d’explosivité (LSE) d’environ 15 % dans l’air. Le propane a une LIE de 2,1 % et une LSE de 9,5 %. Tout mélange entre ces deux limites est explosif. La purge doit donc être conçue pour traverser rapidement cette zone dangereuse sans source d’inflammation.

2.3 Méthodes de purge

2.3.1 Purge directe (ou purge par déplacement)

Cette méthode consiste à introduire le gaz de service à une extrémité de la canalisation et à évacuer l’air par l’autre extrémité. Elle est utilisée pour les canalisations de petit diamètre (≤ 50 mm ou 2 po) et de courte longueur (≤ 30 m).

Conditions requises :

La canalisation doit être horizontale ou légèrement inclinée.
Le point d’évacuation doit être le point le plus élevé.
La vitesse du gaz doit être suffisante pour éviter le mélange (≥ 1,5 m/s).

2.3.2 Purge par balayage (ou purge par dilution)

Pour les canalisations de grand diamètre ou de grande longueur, la purge directe est dangereuse car le gaz et l’air peuvent se mélanger. On utilise alors une purge par balayage avec un gaz inerte (azote) :

49.Introduire de l’azote dans la canalisation pour chasser l’air.
50.Vérifier que la teneur en oxygène est inférieure à 1 % à l’extrémité de purge.
51.Introduire ensuite le gaz de service pour chasser l’azote.
52.Vérifier que la teneur en gaz est supérieure à 80 % de la LIE (ou que l’oxygène est toujours < 1 %) avant de mettre le système en service.

2.3.3 Purge par vide (méthode au vide)

Cette méthode est utilisée pour les canalisations souterraines ou inaccessibles. On crée un vide partiel dans la canalisation, puis on introduit le gaz. Elle est rarement utilisée dans la pratique en raison du risque d’implosion sur les canalisations à paroi mince.

2.4 Points de purge

Les points de purge doivent être installés :

À chaque extrémité d’une canalisation.
Aux points hauts et bas du système (pour la purge et le drainage).
Tous les 30 m maximum sur les longues canalisations droites.

2.5 Évacuation du gaz de purge

Le gaz évacué pendant la purge ne doit jamais être rejeté à l’intérieur d’un bâtiment. Il doit être évacué à l’extérieur, à une distance minimale de 3 m de toute ouverture (fenêtre, porte, prise d’air) et de 1,5 m au-dessus du niveau du sol. Un tuyau de purge doit être fixé solidement pour éviter tout mouvement dû à la force du jet.

2.6 Détection de la fin de purge

Pour confirmer que la purge est complète, on utilise un détecteur de gaz (explosimètre) ou un analyseur d’oxygène :

Paramètre mesuréValeur cible pour mise en serviceValeur cible pour mise hors service
Oxygène (O₂)< 1 %> 20,9 % (air ambiant)
Gaz combustible> 80 % de la LIE< 10 % de la LIE

> Piège d’examen : Une canalisation est considérée comme purgée lorsque la teneur en oxygène est inférieure à 1 %, et non lorsque la teneur en gaz est de 100 %. Un mélange à 99 % de gaz et 1 % d’oxygène est encore potentiellement explosif.


3. Détection des fuites

3.1 Méthodes de détection

3.1.1 Solution moussante (eau savonneuse)

La méthode la plus courante et la plus fiable pour localiser une fuite sur un raccord ou un joint. Elle consiste à appliquer une solution d’eau et de détergent sur la surface suspecte et à observer la formation de bulles.

Précautions :

Ne jamais utiliser de flamme pour détecter une fuite.
La solution doit être suffisamment concentrée pour former des bulles stables (environ 1 part de savon pour 10 parts d’eau).
Appliquer sur les filetages, les soudures, les brides, les raccords et les corps de vannes.

3.1.2 Détecteur électronique de gaz

Les détecteurs électroniques (explosimètres, détecteurs à semi-conducteur) sont utilisés pour les fuites très fines ou dans les zones difficiles d’accès. Ils doivent être calibrés selon les recommandations du fabricant, généralement avec un gaz de référence (méthane ou propane).

Limites :

Les détecteurs à fil chaud (pellistor) ne fonctionnent pas en atmosphère appauvrie en oxygène (< 10 %).
Les détecteurs à semi-conducteur peuvent donner de faux positifs en présence d’autres composés organiques volatils.

3.1.3 Test au manomètre (essai de chute de pression)

Pour les fuites très lentes, on peut utiliser un manomètre à liquide (colonne d’eau) ou un manomètre numérique haute précision. On met le système sous pression, on isole, puis on observe la chute de pression sur une période prolongée (1 heure ou plus).

3.2 Zones de contrôle obligatoires

Selon la règle CSA B149.1, article 5.8, les zones suivantes doivent être vérifiées pour les fuites lors de tout essai :

Tous les joints filetés et soudés.
Tous les raccords mécaniques (compression, à emboîtement).
Les corps de vannes et les presse-étoupes.
Les raccords d’appareils (tuyaux flexibles, connecteurs).
Les joints de dilatation.
Les points de test et les tés de purge.

3.3 Procédure de recherche de fuite sur un système en service

91.Inspection visuelle : Rechercher des traces d’huile, de rouille ou de décoloration sur les raccords (indices de fuites anciennes).
92.Test olfactif : Le gaz naturel est odorisé au tétrahydrothiophène (THT) ou au mercaptan. Une odeur de gaz indique une fuite, mais l’odorat humain ne doit jamais être la seule méthode de détection.
93.Application de solution moussante : Sur tous les joints suspectés.
94.Vérification des appareils : Contrôler les raccordements des appareils, les flexibles et les brûleurs.
95.Test de pression statique : Fermer la vanne d’arrêt principale et observer le manomètre pendant 5 minutes. Une chute de pression indique une fuite en amont de la vanne.

3.4 Fuites sur canalisations enterrées

Pour les canalisations souterraines, la détection de fuites est plus complexe :

Barre de sondage : Enfoncer une tige d’acier dans le sol le long de la canalisation pour détecter les poches de gaz.
Détecteur de gaz au sol : Utiliser un détecteur à flamme ionisante ou à semi-conducteur en effectuant des sondages à la surface.
Test de pression prolongé : Mettre la canalisation sous pression et observer la chute sur 24 heures, en tenant compte des variations de température du sol.

> Règle importante : Si une fuite est détectée sur une canalisation enterrée, il est interdit de creuser à la machine sans avoir d’abord localisé précisément la fuite et sans avoir obtenu les autorisations nécessaires (localisation des autres services publics).


4. Mise en service et mise hors service

4.1 Mise en service d’un nouveau système

105.Essai d’étanchéité : Effectuer l’essai sous pression avec de l’air ou de l’azote (Section 1 de ce chapitre).
106.Purge : Purger la canalisation avec le gaz de service (Section 2).
107.Vérification de la purge : Confirmer que la teneur en oxygène est < 1 %.
108.Allumage des appareils : Allumer chaque appareil un par un, en vérifiant la pression d’alimentation au brûleur.
109.Test de fonctionnement : Vérifier que la flamme est bleue et stable, que la combustion est complète (pas de monoxyde de carbone > 100 ppm dans les produits de combustion).
110.Documentation : Remplir le rapport d’essai et le remettre au propriétaire.

4.2 Mise hors service d’un système existant

112.Fermeture de la vanne d’arrêt principale.
113.Purge du gaz résiduel : Évacuer le gaz vers l’extérieur par un point de purge.
114.Vérification : Confirmer que la teneur en gaz est < 10 % de la LIE avant de démonter.
115.Obturation : Boucher toutes les extrémités ouvertes avec des bouchons filetés.
116.Étiquetage : Apposer une étiquette « HORS SERVICE » sur la vanne d’arrêt.

4.3 Remise en service d’un système hors service

Si un système a été hors service pendant plus de 6 mois, il doit être soumis à un essai d’étanchéité complet avant d’être remis en service. Si la période est inférieure à 6 mois, un essai de pression réduit peut être accepté, mais la purge complète reste obligatoire.


5. Équipement de test et de mesure

5.1 Manomètres

TypePlage typiquePrécisionUsage
Manomètre à cadran (Bourdon)0 – 700 kPa± 2 %Essais standard
Manomètre à liquide (colonne d’eau)0 – 7 kPa± 0,1 %Mesures basse pression
Manomètre numérique0 – 1000 kPa± 0,5 %Essais précis, enregistrement
Capteur de pression électroniqueVariable± 0,1 %Essais automatisés

Exigences : Le manomètre doit avoir une échelle graduée telle que la pression d’essai se situe dans le tiers médian de la plage de lecture. Un manomètre de 0 à 700 kPa ne doit pas être utilisé pour mesurer une pression de 140 kPa (la lecture serait dans le premier quart de l’échelle, avec une précision insuffisante).

5.2 Détecteurs de gaz

Explosimètre (détecteur LIE) : Mesure la concentration de gaz combustible en % de la LIE. Doit être calibré pour le gaz spécifique (méthane ou propane).
Analyseur d’oxygène : Mesure la concentration d’O₂ dans l’atmosphère. Utilisé pour vérifier la fin de purge.
Détecteur de monoxyde de carbone (CO) : Utilisé pour vérifier la combustion des appareils (max. 100 ppm dans les produits de combustion non dilués).
Détecteur de gaz combustible à semi-conducteur : Détecte les fuites très fines, mais sensible aux interférences.

5.3 Vannes de test et tés de purge

Té de purge : Raccord en T avec une vanne de purge, installé aux points hauts et bas du système.
Vanne de test : Petite vanne (¼ de tour) installée sur la canalisation pour connecter le manomètre.
Bouchon de test : Bouchon fileté avec un orifice central pour la mesure de pression.

6. Règles de sécurité et réglementation

6.1 Règles CSA B149.1 applicables

ArticleContenu
5.4Fluides d’essai autorisés
5.5Pressions d’essai minimales
5.6Durée de l’essai
5.7Essai des canalisations enterrées
5.8Vérification des fuites
6.1Purge des canalisations
6.2Évacuation du gaz de purge
6.3Purge des appareils
7.1Mise en service
7.2Mise hors service

6.2 Interdictions formelles

Interdiction d’utiliser une flamme pour détecter une fuite (CSA B149.1, article 5.8.2).
Interdiction de purger une canalisation à l’intérieur d’un bâtiment.
Interdiction d’utiliser du gaz combustible pour l’essai d’étanchéité initial.
Interdiction de resserrer un raccord sous pression pour arrêter une fuite.
Interdiction de remettre en service un système sans avoir effectué l’essai d’étanchéité et la purge.

6.3 Responsabilités du gasfitter

Le gasfitter Class A est responsable de :

Effectuer les essais conformément au code.
Documenter les résultats (pression d’essai, durée, résultats).
Signer et dater le rapport d’essai.
Remettre le rapport au propriétaire ou à l’exploitant du système.
Conserver une copie du rapport pour ses dossiers.

7. Calculs pratiques

7.1 Calcul de la pression corrigée en fonction de la température

Formule : P₂ = P₁ × (T₂ / T₁)

Où :

P₁ = pression initiale (kPa)
P₂ = pression finale corrigée (kPa)
T₁ = température initiale (K)
T₂ = température finale (K)

Exemple : Essai à 140 kPa à 20 °C. Après 15 minutes, la température a chuté à 15 °C et la pression affiche 138 kPa. La pression corrigée est :

T₁ = 20 + 273,15 = 293,15 K
T₂ = 15 + 273,15 = 288,15 K
P₂ = 140 × (288,15 / 293,15) = 140 × 0,9829 = 137,6 kPa

La pression mesurée (138 kPa) est supérieure à la pression corrigée (137,6 kPa), donc l’essai est valide (pas de fuite).

7.2 Calcul du volume d’une canalisation

Formule : V = π × (d/2)² × L

Où :

V = volume (m³)
d = diamètre intérieur (m)
L = longueur (m)
π ≈ 3,1416

Exemple : Canalisation de 50 mm de diamètre intérieur (0,05 m) et de 30 m de longueur :

V = 3,1416 × (0,025)² × 30 = 3,1416 × 0,000625 × 30 = 0,0589 m³

7.3 Calcul du temps de purge

Formule : t = (V × N) / Q

Où :

t = temps de purge (min)
V = volume de la canalisation (m³)
N = nombre de renouvellements d’air (généralement 3 à 5 pour une purge directe)
Q = débit de purge (m³/min)

Exemple : Canalisation de 0,0589 m³, débit de purge de 0,02 m³/min, 3 renouvellements :

t = (0,0589 × 3) / 0,02 = 8,8 minutes

8. Pièges à éviter

184.Confondre pression de service et pression d’essai : La pression d’essai est toujours supérieure à la pression de service (1,5× ou 140 kPa minimum, selon le plus élevé).
185.Oublier la stabilisation thermique : Commencer le chronométrage immédiatement après la mise sous pression conduit à de faux échecs.
186.Utiliser un manomètre inadapté : Un manomètre trop grand pour la pression mesurée donne des lectures imprécises.
187.Purger à l’intérieur : La purge doit toujours se faire vers l’extérieur, à 3 m des ouvertures.
188.Utiliser du gaz de service pour l’essai initial : C’est interdit, sauf cas très spécifiques (systèmes déjà en service).
189.Ignorer la teneur en oxygène : Une purge est complète lorsque O₂ < 1 %, pas lorsque le gaz sent fort.
190.Resserrer un raccord sous pression : Cela peut endommager le filetage et aggraver la fuite.
191.Ne pas documenter l’essai : L’examen Red Seal teste la connaissance des exigences documentaires.
192.Confondre LIE et LSE : La LIE du gaz naturel est de 4 %, la LSE de 15 %. Le propane : LIE 2,1 %, LSE 9,5 %.
193.Oublier de vérifier les appareils : L’essai d’étanchéité ne couvre pas les appareils ; ils doivent être vérifiés séparément.

9. Résumé

L’essai d’étanchéité se fait avec de l’air ou un gaz inerte, jamais avec le gaz de service.
La pression d’essai minimale est de 140 kPa pour les systèmes basse pression, 1,5 × P_service (min. 350 kPa) pour la moyenne pression, et 1,5 × P_service (min. 700 kPa) pour la haute pression.
La durée minimale de l’essai est de 15 minutes, après stabilisation thermique.
La purge a pour but d’éviter la formation d’un mélange explosif (entre LIE et LSE).
La purge est complète lorsque la teneur en oxygène est < 1 %.
La détection des fuites se fait à la solution moussante, au détecteur électronique ou par chute de pression.
Les manomètres doivent être adaptés à la plage de mesure (tiers médian de l’échelle).
Toute mise en service ou hors service doit être documentée.
Les interdictions formelles : flamme pour détecter les fuites, purge à l’intérieur, resserrage sous pression, essai au gaz combustible.

10. Questions d’auto-évaluation

207.Quelle est la pression d’essai minimale pour un système basse pression selon le CSA B149.1 ?
208.Pourquoi utilise-t-on de l’azote plutôt que de l’air pour purger une canalisation de grand diamètre ?
209.Quelle est la teneur en oxygène maximale acceptable à la fin d’une purge ?
210.Un manomètre de 0 à 700 kPa peut-il être utilisé pour un essai à 140 kPa ? Justifiez.
211.Quelle est la distance minimale entre le point d’évacuation de la purge et une ouverture de bâtiment ?
212.Que doit-on faire si la pression chute de 2 kPa pendant un essai mais que la température a baissé de 3 °C ?
213.Quelles sont les valeurs de LIE et LSE du propane ?
214.Quelle est la durée maximale pendant laquelle un système peut rester hors service avant de nécessiter un essai complet ?

11. Références réglementaires

CSA B149.1 : Code canadien de l’installation du gaz naturel et du propane, Section 5 (Essais), Section 6 (Purge), Section 7 (Mise en service).
CSA B149.2 : Code canadien d’installation du propane en vrac (applicable aux systèmes de propane).
CSA B149.3 : Code sur les appareils et accessoires au gaz (vérification des appareils).
Code canadien de l’électricité, Chapitre V : Exigences pour les installations électriques dans les zones classées (applicable lors de l’installation de détecteurs de gaz).

Ce chapitre vous prépare aux questions d’examen portant sur les essais, la purge et la détection de fuites. Maîtrisez les valeurs numériques, les procédures et les interdictions — ce sont les éléments les plus fréquemment testés.

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