Chapitre IX

Restauration, réparation et nettoyage de la maçonnerie

Guide d'étude Red Seal Practice avec schémas.

Restauration, réparation et nettoyage de la maçonnerie

Introduction au chapitre

La restauration, la réparation et le nettoyage de la maçonnerie constituent un volet essentiel du métier de briquetier, particulièrement dans un contexte où le parc immobilier canadien vieillit. Pour l’examen Sceau rouge, vous devez maîtriser non seulement les techniques de construction neuve, mais aussi les méthodes d’intervention sur les ouvrages existants. Ce chapitre couvre les principes fondamentaux, les procédures d’évaluation, les techniques de réparation, les méthodes de nettoyage, ainsi que les normes canadiennes applicables. Une attention particulière est portée aux calculs de dosage, aux compatibilités de matériaux et aux pièges fréquents qui font échouer les candidats.

Évaluation et diagnostic des ouvrages existants

Inspection préliminaire et relevé des conditions

Avant toute intervention, vous devez procéder à une inspection systématique de l’ouvrage. Cette étape détermine la nature et l’étendue des travaux. Examinez les éléments suivants :

Fissures : distinguez les fissures de retrait (fines, superficielles) des fissures structurales (larges, traversantes, avec décalage).
Efflorescence : dépôt blanchâtre en surface, indiquant la migration de sels solubles.
Écaillage et effritement : perte de matière en surface, souvent due au gel-dégel ou à une mauvaise cuisson des briques.
Défauts de jointoiement : joints creusés, désagrégés ou manquants.
Déformation ou bombement : signe de mouvement structural ou de pression interne.
Humidité : présence de taches, de moisissures ou de salpêtre, indiquant une infiltration.

Pour chaque défaut, notez sa localisation, son étendue, sa profondeur et sa progression. Utilisez un carnet de relevé et, si possible, un croquis coté. La mesure de l’ouverture des fissures se fait à l’aide d’un comparateur de fissures (ou fissuromètre) ; notez la largeur en millimètres (mm) et la profondeur approximative.

Essais non destructifs et prélèvements

Les essais non destructifs (END) permettent d’évaluer l’état du mur sans le détériorer :

Marteau de géologue : percussion légère pour détecter les zones creuses ou délaminées (son sourd = vide).
Humidimètre : mesure de la teneur en humidité relative du matériau.
Endoscopie : inspection visuelle des cavités et des cavités internes.

Lorsque nécessaire, effectuez des prélèvements (carottes) pour analyse en laboratoire. Ces analyses déterminent la résistance à la compression des briques, la teneur en sel et la composition du mortier d’origine. Cette dernière information est cruciale pour choisir un mortier de réparation compatible.

Analyse du mortier existant

Le mortier d’origine doit être identifié précisément. Les mortiers anciens sont souvent à base de chaux (aérienne ou hydraulique) et de sable, avec parfois un faible ajout de ciment. L’analyse chimique (titration acide) permet de déterminer le rapport liant/sable et le type de liant. En règle générale, le mortier de réparation doit être plus faible (moins résistant) que la brique, afin de permettre la migration de l’humidité et d’éviter les contraintes internes. Un mortier trop dur emprisonne l’eau et provoque l’éclatement des briques.

Principes de compatibilité des matériaux

Règle de la compatibilité mécanique et physique

La règle d’or de la restauration : le matériau de réparation doit être compatible avec le matériau d’origine. Cela signifie :

Résistance à la compression : le mortier ne doit pas excéder la résistance de la brique. Un mortier plus résistant crée des points de concentration de contraintes.
Module d’élasticité : les déformations sous charge doivent être similaires pour éviter les fissures.
Perméabilité à la vapeur d’eau : le mortier doit laisser évaporer l’humidité. Un mortier imperméable (forte teneur en ciment) bloque l’eau dans le mur.
Coefficient de dilatation thermique : les matériaux doivent se dilater et se contracter à des taux comparables pour éviter les décollements.

Types de mortiers de réparation

Le tableau suivant présente les types de mortiers normalisés selon la norme CSA A179 (Mortier et liaison pour la maçonnerie) :

TypeComposition (volume)Résistance à la compression (MPa)Usage recommandé
S1 ciment : 2 chaux : 9 sable2,5 – 5,0Réparation de maçonnerie ancienne, joints historiques
N1 ciment : 1 chaux : 6 sable5,0 – 10,0Maçonnerie extérieure exposée, murs porteurs
O1 ciment : 2 chaux : 9 sable2,5 – 5,0Maçonnerie intérieure, non portante
M1 ciment : 0,25 chaux : 3 sable17,0 – 25,0Maçonnerie en contact avec le sol, charges lourdes

Pour la restauration, on privilégie les types O et S, parfois un mortier de chaux pure (type K, non normalisé au Canada mais reconnu en pratique). Le type N est acceptable pour des briques de bonne qualité. Évitez le type M sauf pour des ouvrages spécifiques (murs de soutènement).

Mortiers de chaux : préparation et mise en œuvre

La chaux utilisée est soit aérienne (CL 80 ou CL 90), soit hydraulique (NHL 2, NHL 3,5 ou NHL 5). La chaux hydraulique naturelle (NHL) durcit en présence d’eau et convient aux joints exposés. La chaux aérienne durcit lentement par carbonatation (absorption du CO₂ de l’air) et nécessite une humidité constante.

Préparation d’un mortier de chaux typique (volume) :

1 part de chaux hydraulique NHL 3,5
3 parts de sable propre et bien gradué
Eau propre, en quantité suffisante pour obtenir une consistance plastique

Le temps de prise est long (plusieurs jours à plusieurs semaines). Protégez les joints frais du gel et du dessèchement rapide. La température idéale est entre 5 °C et 25 °C.

Techniques de réparation

Rejointoiement (pointage)

Le rejointoiement consiste à remplacer le mortier dégradé dans les joints. C’est l’opération la plus courante en restauration. Procédure :

43.Dégarnissage : retirez le mortier ancien sur une profondeur d’au moins 20 mm à 25 mm (ou 2 à 2,5 fois l’épaisseur du joint). Utilisez une meuleuse à disque diamanté ou un burin, en évitant d’endommager les arêtes des briques.
44.Nettoyage : brossez les joints pour enlever la poussière et les particules. Humidifiez légèrement les joints avant l’application du mortier (la brique ne doit pas être saturée).
45.Application : remplissez le joint avec un pistolet à jointoyer ou à la truelle, en comprimant bien le mortier. Le mortier doit être appliqué en couches successives si la profondeur dépasse 10 mm.
46.Finition : après un début de prise (lorsque le mortier laisse une empreinte au doigt), lissez le joint avec un outil adapté (fer à joint, joint creux, joint brossé). Le profil doit correspondre au joint d’origine.
47.Protection : maintenez le joint humide pendant 3 à 7 jours (brumisation) pour permettre une bonne hydratation.

Erreur fréquente : jointoyer par temps chaud et sec sans humidification, ce qui provoque un retrait rapide et des fissures capillaires.

Remplacement de briques

Lorsqu’une brique est trop dégradée (éclatement, gel, fissure traversante), elle doit être remplacée. Procédure :

51.Extraction : découpez les joints autour de la brique à l’aide d’une scie à disque diamanté, puis retirez la brique au burin. Évitez de marteler la brique elle-même pour ne pas endommager les voisines.
52.Préparation du lit : nettoyez la cavité, enlevez tout mortier résiduel et humidifiez légèrement.
53.Pose de la brique neuve : appliquez un lit de mortier (type compatible), posez la brique et ajustez son alignement avec le mur existant. Remplissez les joints latéraux et supérieurs.
54.Finition : jointoyez et lissez comme pour le rejointoiement.

Choix de la brique de remplacement : elle doit avoir des dimensions, une couleur, une texture et une porosité similaires à la brique d’origine. Si la brique d’origine n’est plus fabriquée, cherchez une brique de récupération ou une brique neuve de caractéristiques équivalentes. L’absorption d’eau (en %) doit être comparable (test d’absorption par immersion).

Réparation des fissures

Le traitement dépend de la nature de la fissure :

Fissures fines (moins de 0,5 mm) : elles sont souvent superficielles et non structurales. Un rejointoiement soigné suffit.
Fissures moyennes (0,5 à 3 mm) : nettoyez la fissure, humidifiez et injectez un coulis de ciment ou un mortier de réparation fluide à l’aide d’une seringue ou d’une pompe. Le coulis doit être compatible (faible résistance).
Fissures larges (plus de 3 mm) : elles indiquent un mouvement structural. Une injection de résine époxy peut être nécessaire, mais cette technique est réservée aux ouvrages où la résistance doit être rétablie. Dans la plupart des cas, consultez un ingénieur en structure.

Note : ne jamais réparer une fissure sans en identifier la cause. Si la cause (tassement, dilatation, humidité) persiste, la fissure se reformera.

Réparation des coins et des arêtes

Les coins éclatés peuvent être réparés avec un mortier de réparation à base de chaux ou un ciment prompt (à prise rapide) pour les petites surfaces. Pour les arêtes, utilisez un gabarit en bois ou en métal pour maintenir le mortier en place pendant la prise. Le mortier doit être appliqué en couches minces (moins de 10 mm) et humidifié régulièrement.

Consolidation des murs

La consolidation est nécessaire lorsque la maçonnerie perd sa cohésion interne. Techniques :

Injection de coulis : pour remplir les vides internes. Le coulis est composé de chaux hydraulique, de sable fin et d’eau, avec parfois un faible ajout de ciment blanc. La pression d’injection doit être faible (moins de 0,1 MPa) pour ne pas endommager le mur.
Tirants et ancrages : pour stabiliser les murs qui se déversent. Les tirants métalliques sont posés à travers le mur et ancrés aux extrémités. Ils doivent être en acier inoxydable ou protégés contre la corrosion.
Reprise en sous-œuvre : pour les fondations défaillantes. Cette opération complexe nécessite un étaiement préalable et l’intervention d’un ingénieur.

Nettoyage de la maçonnerie

Principes généraux

Le nettoyage doit être le moins invasif possible. Un nettoyage trop agressif endommage la surface des briques, augmente la porosité et accélère la dégradation. Avant de choisir une méthode, identifiez :

Le type de salissure : poussière, suie, efflorescence, peinture, graffitis, mousse, lichen.
Le type de brique : argile cuite, béton, silico-calcaire, pierre naturelle.
L’état de surface : saine, écaillée, gélive.

Méthodes de nettoyage

Le tableau suivant compare les principales méthodes :

MéthodePrincipeAvantagesInconvénientsUsage
**Brossage manuel**Brosse en crin ou en nylonDoux, contrôlableLent, inefficace sur les taches tenacesSalissures légères, surfaces fragiles
**Nettoyage à l’eau (basse pression)**Pulvérisation d’eau (moins de 3,5 MPa)Élimine poussière et selsNe retire pas les taches adhérentesPrélavage, rinçage
**Nettoyage à l’eau (haute pression)**Pulvérisation d’eau (3,5 à 10 MPa)Rapide, efficace sur les salissures moyennesRisque d’érosion des joints et des briquesSur briques dures et saines
**Nettoyage chimique**Acide chlorhydrique dilué (5 à 10 %) ou détergent alcalinÉlimine efflorescence, taches de ciment, peintureCorrosif, doit être neutraliséSur briques résistantes, après test
**Nettoyage par projection**Sable, microbilles, coquilles de noixÉlimine les taches tenaces et les peinturesAbrasif, risque de dégradationSur surfaces très résistantes, avec précaution
**Nettoyage à la vapeur**Vapeur d’eau à haute températureDoux, écologiqueLent, ne retire pas les taches chimiquesSur briques anciennes fragiles

Nettoyage chimique : précautions

L’acide chlorhydrique (acide muriatique) est couramment utilisé pour éliminer les résidus de mortier et les efflorescences. Règles impératives :

Toujours diluer : l’acide concentré doit être versé dans l’eau (jamais l’inverse) à une concentration maximale de 10 % (1 part d’acide pour 9 parts d’eau).
Humidifier la surface avant l’application pour éviter que l’acide ne pénètre dans les pores.
Appliquer au pinceau ou au pulvérisateur basse pression, laisser agir 5 à 10 minutes maximum.
Rincer abondamment à l’eau claire pour neutraliser l’acide. Un rinçage insuffisant laisse des sels qui provoquent des efflorescences ultérieures.
Protéger les éléments métalliques (fenêtres, ancrages) et les briques de parement fragiles.
Porter un EPI complet : gants en caoutchouc, lunettes de protection, vêtements imperméables, protection respiratoire.

Interdiction : ne jamais utiliser d’acide sur des briques silico-calcaires ou des pierres calcaires, car il les dissout.

Nettoyage par projection (sablage)

Le sablage est réservé aux cas extrêmes (peinture épaisse, suie incrustée). Utilisez un abrasif doux (sable de silice très fin, microbilles de verre, coquilles de noix broyées) et une pression faible (moins de 0,3 MPa). Testez toujours sur une zone peu visible. Le sablage enlève la pellicule de cuisson des briques, ce qui augmente leur porosité et les rend vulnérables au gel.

Traitement des efflorescences

Les efflorescences sont des sels blancs qui apparaissent en surface. Elles proviennent de l’évaporation de l’eau contenant des sels dissous. Traitement :

91.Brossage à sec avec une brosse en crin (ne pas mouiller, cela dissout les sels et les fait pénétrer plus profondément).
92.Rinçage à l’eau claire après le brossage, si nécessaire.
93.Application d’un produit hydrofuge uniquement après séchage complet du mur (plusieurs semaines). Le produit doit être perméable à la vapeur d’eau (siloxane ou silane).

Prévention : l’efflorescence est un symptôme. Traitez la cause (infiltration d’eau, remontées capillaires) avant d’appliquer un hydrofuge.

Calculs et dosages

Dosage d’un mortier de réparation

Le dosage se fait en volume (parts) ou en masse (kg). Pour un mortier de type N (1:1:6), les proportions sont :

1 volume de ciment Portland
1 volume de chaux hydraulique
6 volumes de sable

Pour un volume de mortier donné, calculez les quantités :

Exemple : Vous devez produire 0,5 m³ de mortier de type N. Les masses volumiques approximatives sont : ciment = 1 440 kg/m³, chaux = 600 kg/m³, sable = 1 600 kg/m³.

Volume total de parts = 1 + 1 + 6 = 8 parts.

Volume d’une part = 0,5 m³ / 8 = 0,0625 m³.

Ciment : 0,0625 m³ × 1 440 kg/m³ = 90 kg
Chaux : 0,0625 m³ × 600 kg/m³ = 37,5 kg
Sable : 0,0625 m³ × 6 × 1 600 kg/m³ = 600 kg

Eau : ajoutez environ 20 à 25 % de la masse totale des liants (ciment + chaux). Ici, liants = 90 + 37,5 = 127,5 kg. Eau = 0,22 × 127,5 ≈ 28 litres. Ajustez pour obtenir une consistance plastique.

Calcul de la surface de joints à rejointoyer

Pour estimer la quantité de mortier nécessaire, calculez le volume des joints. Pour un mur de surface S (m²) avec des briques de dimensions L × H × E (m) et des joints d’épaisseur j (m) :

Nombre de briques par m² ≈ 1 / [(L + j) × (H + j)]
Volume de mortier par m² ≈ (nombre de briques) × (périmètre d’une brique) × (profondeur du joint) × (largeur du joint)

Exemple simplifié : briques de 200 mm × 100 mm (0,2 m × 0,1 m), joints de 10 mm (0,01 m), profondeur de rejointoiement de 20 mm (0,02 m).

Nombre de briques par m² = 1 / [(0,2 + 0,01) × (0,1 + 0,01)] = 1 / (0,21 × 0,11) = 1 / 0,0231 ≈ 43,3 briques.

Périmètre d’une brique = 2 × (0,2 + 0,1) = 0,6 m.

Volume de joints par brique = 0,6 m × 0,02 m × 0,01 m = 0,00012 m³.

Volume total par m² = 43,3 × 0,00012 ≈ 0,0052 m³ (5,2 litres).

Ajoutez 10 % de pertes : 5,7 litres par m².

Calcul de la quantité de briques de remplacement

Mesurez la surface de briques à remplacer (en m²) et multipliez par le nombre de briques par m² (calculé ci-dessus). Ajoutez 5 % pour les briques cassées lors de l’extraction.

Normes canadiennes applicables

CSA A179 – Mortier et liaison pour la maçonnerie

Cette norme définit les types de mortier (S, N, O, M), leurs proportions et leurs résistances minimales. Elle s’applique à la maçonnerie neuve et à la réparation. Pour la restauration, référez-vous aux tableaux de l’annexe A qui donnent des recommandations pour les mortiers de réparation.

CSA A371 – Maçonnerie de briques et de blocs

La norme CSA A371 couvre la conception et l’exécution de la maçonnerie. Elle inclut des exigences sur :

La préparation du support
La pose des briques
Les joints de dilatation et de contrôle
Les tolérances dimensionnelles

Pour la réparation, respectez les tolérances d’alignement et d’aplomb (écart maximal de 10 mm sur 3 m).

CSA S304 – Calcul des ouvrages en maçonnerie

Cette norme traite du calcul structural. Elle est pertinente lorsque la réparation affecte la capacité portante du mur. Les valeurs de résistance de calcul des briques et du mortier y sont définies.

Code national du bâtiment du Canada (CNB)

Le CNB, dans sa partie 9 (Logement et petits bâtiments) et sa partie 4 (Calcul des structures), impose des exigences sur la durabilité et la protection contre l’humidité. Pour la restauration, assurez-vous que les travaux respectent les exigences de résistance au gel (briques classées F1, F2 ou F3 selon leur absorption) et de protection contre l’infiltration d’eau.

Autres normes pertinentes

CSA A82 – Briques d’argile cuites (classification, absorption, résistance).
CSA A3001 – Ciments hydrauliques (types GU, MS, HE, etc.).
CSA A3002 – Chaux hydrauliques et aériennes.

Sécurité et protection

Équipement de protection individuelle (EPI)

Lunettes de sécurité ou écran facial lors de la découpe, du burinage et du nettoyage chimique.
Gants : en cuir pour la manipulation des briques, en caoutchouc nitrile pour les produits chimiques.
Protection respiratoire : masque anti-poussière (N95) pour le meulage, cartouche filtrante pour les vapeurs acides.
Casque de sécurité sur les chantiers avec risque de chute d’objets.
Chaussures de sécurité à embout d’acier.

Gestion des risques

Travail en hauteur : utilisez des échafaudages conformes à la norme CSA S269.2 (Échafaudages). Vérifiez la stabilité et les garde-corps.
Produits chimiques : lisez les fiches de données de sécurité (FDS) avant utilisation. Stockez les acides dans des contenants étiquetés, à l’écart des bases.
Poussière de silice cristalline : le meulage et le sablage génèrent de la silice, un cancérogène reconnu. Utilisez des outils avec aspiration à la source et portez un masque adapté.
Amiante : dans les bâtiments anciens (avant 1990), les mortiers et enduits peuvent contenir de l’amiante. En cas de doute, faites analyser un échantillon avant tout travaux.

Pièges à éviter

152.Utiliser un mortier trop résistant : un mortier de type M sur des briques anciennes provoque des fissures et des éclatements. Toujours choisir un mortier plus faible que la brique.
153.Nettoyer à l’acide sans humidifier : l’acide pénètre dans les pores et provoque des efflorescences permanentes.
154.Sabler des briques fragiles : le sablage enlève la pellicule de cuisson et accélère la dégradation par le gel.
155.Rejointoyer sans dégarnir suffisamment : un joint de moins de 20 mm de profondeur ne tient pas.
156.Ignorer la cause des fissures : réparer une fissure sans traiter le mouvement structural est inutile.
157.Confondre chaux aérienne et chaux hydraulique : la chaux aérienne ne durcit pas sous l’eau et nécessite un apport de CO₂.
158.Oublier les joints de dilatation : lors d’une réparation, ne pas obstruer les joints de dilatation existants avec du mortier.
159.Négliger la protection hivernale : le mortier frais gèle et perd sa résistance. Protégez les travaux avec des bâches et des chauffages si la température descend sous 5 °C.
160.Ne pas tester le nettoyage sur une zone témoin : chaque méthode de nettoyage doit être testée sur une petite surface avant application générale.
161.Utiliser de l’eau sale ou dure : l’eau de gâchage doit être propre et potable. L’eau dure (calcaire) peut provoquer des efflorescences.

Résumé

Diagnostic : inspectez, mesurez, identifiez les causes avant de réparer.
Compatibilité : le mortier de réparation doit être plus faible que la brique (types O ou S pour la restauration).
Rejointoiement : dégarnissage sur 20 à 25 mm, humidification, application en couches, protection contre le gel.
Remplacement de briques : choisissez des briques de caractéristiques équivalentes (absorption, résistance, dimensions).
Nettoyage : privilégiez les méthodes douces (brossage, eau basse pression). L’acide chlorhydrique dilué (max 10 %) est réservé aux briques résistantes.
Efflorescences : brossage à sec, rinçage, traitement de la cause, hydrofuge après séchage.
Calculs : maîtrisez les dosages en volume et les estimations de surface de joints.
Normes : CSA A179 (mortiers), CSA A371 (exécution), CSA S304 (structure), CNB (durabilité).
Sécurité : EPI complet, gestion de la silice, vigilance sur l’amiante.

Questions d’auto-évaluation

173.Quel type de mortier (S, N, O, M) est le plus approprié pour rejointoyer un mur de briques anciennes de faible résistance ?
174.Quelle est la profondeur minimale de dégarnissage pour un rejointoiement ?
175.Pourquoi ne faut-il jamais verser de l’eau dans de l’acide concentré ?
176.Quelle est la différence entre une chaux aérienne et une chaux hydraulique ?
177.Un mur présente des fissures de 5 mm de large. Quelle est votre démarche ?
178.Calculez le volume de mortier nécessaire pour rejointoyer 25 m² de mur avec des briques de 200 × 100 mm et des joints de 10 mm (profondeur 20 mm).
179.Quelles sont les trois exigences de la norme CSA A179 concernant les mortiers de réparation ?
180.Pourquoi le sablage est-il déconseillé sur des briques anciennes ?
181.Quel est le rôle d’un hydrofuge et quand doit-il être appliqué ?
182.Quels EPI sont obligatoires lors d’un nettoyage à l’acide chlorhydrique ?

Réponses : 1) Type O ou S. 2) 20 à 25 mm. 3) La réaction est exothermique et violente, risque de projections. 4) La chaux aérienne durcit par carbonatation (CO₂), la chaux hydraulique durcit par hydratation (eau). 5) Identifier la cause (structural ?), consulter un ingénieur si nécessaire, injecter un coulis ou une résine après stabilisation. 6) 25 m² × 0,0052 m³/m² ≈ 0,13 m³ (plus pertes). 7) Proportions, résistance minimale, compatibilité avec les éléments de maçonnerie. 8) Il enlève la pellicule de cuisson et augmente la porosité. 9) Il réduit l’absorption d’eau tout en laissant passer la vapeur ; appliquer après séchage complet (plusieurs semaines). 10) Gants en caoutchouc, lunettes étanches, vêtements imperméables, protection respiratoire.

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