Chapitre III

Implantation du chantier et coffrage de béton

Guide d'étude Red Seal Practice avec schémas.

Implantation du chantier et coffrage de béton

Coffrage de béton — assemblage et coulée (Formwork Assembly and Concrete Placement) Coffrage de béton — assemblage et coulée (Concrete Formwork) Panneau de coffrage Serre-joint (tie rod) Étai (shoring) Largeur du mur (wall width) Godet de coulée (concrete bucket) Niveau du béton Vibrateur (vibrator) Points clés (Key Points): • Aligner et serrer les panneaux avant coulée • Vérifier l'aplomb et la verticalité des étais • Huiler les panneaux pour faciliter le décoffrage • Vibrer par couches de 300 mm (12 po) max. Sécurité (Safety): • Porter un casque et des gants de protection • Inspecter les étais pour tout dommage • Ne jamais se tenir sous une charge suspendue • Barrer les zones de coulée (exclusion zone) Panneaux de coffrage Vibrateur / godet Dimensions critiques COFFRAGE EN PLACE — COUPE TRANSVERSALE

Introduction

L'implantation du chantier et le coffrage de béton constituent deux étapes critiques de tout projet de construction. L'implantation détermine la position exacte des ouvrages sur le terrain, tandis que le coffrage définit la forme, les dimensions et la qualité de surface du béton coulé. Pour l'examen Sceau rouge, vous devez maîtriser les instruments de mesure, les méthodes de nivellement, les calculs de pentes, les tolérances, ainsi que les principes de conception et d'installation des coffrages. Ce chapitre couvre l'ensemble des connaissances théoriques et pratiques exigées, avec un accent sur les normes canadiennes et les pièges fréquents.


1. Implantation du chantier

1.1 Définitions et principes fondamentaux

L'implantation consiste à reporter sur le terrain, à partir des plans d'ingénierie, les dimensions, les axes, les niveaux et les emplacements exacts des ouvrages à construire. Elle constitue la première étape physique du chantier et conditionne toutes les opérations subséquentes.

Les trois principes fondamentaux de l'implantation sont :

10.Précision : les tolérances d'implantation sont généralement de ±3 mm pour les axes principaux et ±5 mm pour les niveaux finis.
11.Répétabilité : chaque mesure doit être vérifiée par une seconde lecture indépendante.
12.Référencement : toutes les mesures doivent se rapporter à des points de référence fixes et permanents.

1.2 Instruments de mesure et d'alignement

InstrumentUtilisation principalePrécision typiqueAvantage clé
Niveau optiqueNivellement et transfert d'altitude±1 mm à 30 mSimple et fiable
ThéodoliteMesure d'angles horizontaux et verticaux±2 secondes d'arcAngles précis
Station totaleDistance, angle, coordonnées±2 mm + 2 ppmIntégration complète
Niveau laser rotatifAlignement horizontal sur 360°±1,5 mm à 30 mRapidité d'utilisation
Ruban d'acier calibréMesures linéaires±1 mm par 30 mIndépendant de la batterie
GPS (RTK)Coordonnées géographiques±10 mm horizontaleGrandes distances

Règle d'or : le ruban d'acier doit être tendu avec une tension constante (généralement 50 N) et corrigé pour la température. Une variation de 10 °C produit une dilatation d'environ 0,1 mm par mètre sur un ruban d'acier.

1.3 Établissement des points de référence

Les points de repère (benchmarks) sont des points fixes dont l'altitude est connue avec précision. Ils servent de référence pour tous les nivellements du chantier.

Procédure d'installation :

19.Choisir un emplacement stable, hors de la zone de travail et à l'abri du gel.
20.Utiliser un repère permanent (borne de béton, clou de repère, plaque d'acier).
21.Documenter l'altitude exacte par rapport au repère géodésique national (CGVD28 ou CGVD2013).
22.Installer au minimum deux repères indépendants pour permettre la vérification croisée.

Les bornes d'implantation (stakes) marquent les axes et les limites. Elles sont installées à l'extérieur de la zone d'excavation, généralement à 1,5 à 2 m du bord, pour éviter leur déplacement par la machinerie.

1.4 Méthodes de nivellement

Nivellement direct (niveau optique)

La méthode de nivellement par visée directe consiste à mesurer la différence d'altitude entre deux points à l'aide d'une mire graduée.

Formule fondamentale :

ΔH = Lecture arrière − Lecture avant

Où :

ΔH = différence d'altitude entre les deux points
Lecture arrière = lecture sur la mire au point connu
Lecture avant = lecture sur la mire au point à déterminer

Exemple : Le point A a une altitude de 102,450 m. La lecture arrière sur A est de 1,245 m. La lecture avant sur B est de 2,310 m.

Altitude de B = 102,450 + 1,245 − 2,310 = 101,385 m

Nivellement indirect (trigonométrique)

Utilisé avec une station totale, le nivellement indirect calcule la différence d'altitude à partir de l'angle vertical et de la distance inclinée :

ΔH = D × sin(α)

Où :

D = distance inclinée mesurée
α = angle vertical (zénithal ou d'élévation)

Nivellement par laser rotatif

Le niveau laser rotatif projette un plan horizontal de référence. La mire électronique détecte le faisceau et affiche la différence de hauteur. Cette méthode est rapide pour les grands surfaces et les coffrages.

1.5 Calcul des pentes et des niveaux

La pente est exprimée en pourcentage (%) ou en rapport (1:50, 1:100, etc.).

Pente (%) = (Différence de hauteur ÷ Distance horizontale) × 100

Exemple : Une conduite d'égout de 25 m de longueur doit avoir une pente de 2 %. La différence de hauteur entre les deux extrémités est :

ΔH = 0,02 × 25 = 0,50 m

Calcul de niveau intermédiaire : Pour une pente uniforme, le niveau à une distance x du point de départ est :

Niveau(x) = Niveau(départ) − (pente × x)

Attention : les pentes de drainage sont exprimées en chute (négative dans le sens de l'écoulement). Une pente positive indique une montée.

1.6 Tolérances et normes d'implantation

Les tolérances acceptables pour l'implantation sont définies par les plans et devis, mais les valeurs courantes sont :

ÉlémentTolérance verticaleTolérance horizontale
Axes de fondation±5 mm±3 mm
Niveaux de fondation±10 mm
Murs de fondation±10 mm±5 mm
Dalles sur sol±10 mm±10 mm
Pentes de drainage±5 mm par 10 m

Piège fréquent : les tolérances d'implantation sont plus strictes que les tolérances de construction. Une erreur d'implantation se propage et s'amplifie dans les étages supérieurs.

1.7 Contrôle et vérification

La vérification croisée est obligatoire. Toute implantation doit être contrôlée par une seconde personne ou une seconde méthode indépendante.

Points de contrôle essentiels :

Vérifier les diagonales des rectangles (théorème de Pythagore : D² = L² + l²)
Vérifier les angles à 90° par la méthode 3-4-5 (triangle rectangle)
Contrôler les niveaux par double nivellement (aller-retour)
Documenter toutes les mesures dans un carnet d'implantation

Méthode 3-4-5 : Sur un côté de l'angle, mesurer 3 m ; sur l'autre côté, mesurer 4 m ; la diagonale doit mesurer exactement 5 m. Cette méthode vérifie la perpendicularité.


2. Coffrage de béton

2.1 Rôle et exigences du coffrage

Le coffrage est un moule temporaire qui donne au béton sa forme, ses dimensions et sa texture de surface. Il doit résister aux pressions du béton frais, maintenir sa géométrie pendant le coulage et permettre un démoulage sans endommager le béton.

Exigences fondamentales :

68.Résistance : supporter le poids du béton frais, les charges de coulage et les vibrations.
69.Étanchéité : empêcher la fuite de la laitance de ciment.
70.Rigidité : limiter la déformation sous charge (flèche maximale de L/360).
71.Planéité : produire une surface conforme aux tolérances.
72.Démoulabilité : permettre le retrait sans dommage.

2.2 Pressions du béton frais sur le coffrage

La pression latérale du béton frais est la charge horizontale exercée sur les parois du coffrage. Elle dépend de plusieurs facteurs :

Hauteur de chute du béton
Vitesse de coulage (m³/h)
Température du béton
Consistance (affaissement)
Densité du béton (généralement 2400 kg/m³)
Présence de vibrateurs

Formule simplifiée pour béton ordinaire (densité 2400 kg/m³) :

P = 23,5 × h

Où :

P = pression latérale (kPa)
h = hauteur de béton frais au-dessus du point considéré (m)

Limitation : la pression maximale ne dépasse généralement pas 100 kPa pour les coffrages conventionnels, quelle que soit la hauteur, en raison de la prise du béton.

Facteurs augmentant la pression :

Coulage rapide (plus de 1,5 m/h)
Béton fluide (affaissement > 100 mm)
Température basse (prise lente)
Vibration excessive

Facteurs diminuant la pression :

Coulage lent
Béton rigide
Température élevée
Adjuvants accélérateurs de prise

2.3 Types de coffrages

TypeMatériauUtilisation typiqueAvantagesInconvénients
Coffrage en boisContreplaqué de 19 mm, 2×4, 2×6Fondations, petits mursPolyvalent, économiqueDurée de vie limitée
Coffrage métalliquePanneaux d'acier ou d'aluminiumMurs répétitifs, colonnesRéutilisable, surface lisseCoût initial élevé
Coffrage isolant (ICF)Polystyrène expanséMurs de fondation, résidentielIsolation intégréeCoût matériau élevé
Coffrage perduCarton, polystyrène, béton préfabriquéColonnes, poutresReste en placeNon réutilisable
Coffrage glissantAcier, hydrauliqueSilos, tours, noyauxCoulage continuComplexe, spécialisé

2.4 Conception d'un coffrage en bois

Étape 1 : Déterminer les charges

Charges verticales (sur les supports) :

Poids du béton : 24 kN/m³
Poids du coffrage : 0,5 à 1,0 kN/m²
Charge de coulage : 2,5 à 5,0 kN/m²
Charge de vibration : 1,0 kN/m²

Charges horizontales (sur les parois) :

Pression latérale du béton frais (calculée ci-dessus)
Pression du vent (pour les coffrages extérieurs)

Étape 2 : Espacement des supports

L'espacement des montants et des étais est déterminé par la résistance et la flèche admissible du contreplaqué et des membrures.

Formule de flèche maximale pour une poutre simplement appuyée :

δ = (5 × w × L⁴) ÷ (384 × E × I)

Où :

δ = flèche (m)
w = charge uniforme (N/m)
L = portée (m)
E = module d'élasticité (Pa)
I = moment d'inertie (m⁴)

Règle pratique : pour un contreplaqué de 19 mm (3/4 po) supporté à 400 mm (16 po) d'entre axe, la flèche est généralement acceptable pour des pressions jusqu'à 60 kPa.

Étape 3 : Ancrage et contreventement

Les coffrages de murs doivent être ancrés pour résister à la poussée du béton. Les tiges d'ancrage (tie rods) traversent le coffrage et sont maintenues par des écrous et des plaques.

Espacement typique des tiges d'ancrage :

Pression de 50 kPa : tiges de 16 mm à 600 mm × 600 mm
Pression de 75 kPa : tiges de 16 mm à 450 mm × 450 mm
Pression de 100 kPa : tiges de 20 mm à 400 mm × 400 mm

Les étais inclinés (braces) contreventent le coffrage verticalement. Un étai à 45° avec un ancrage au sol est le plus efficace.

2.5 Installation du coffrage

Préparation

129.Vérifier que la fondation ou la base est propre et nivelée.
130.Appliquer un agent de démoulage (huile de coffrage) sur les surfaces en contact avec le béton.
131.Vérifier l'équerrage et l'aplomb des panneaux.
132.Installer les écarteurs (spreaders) pour maintenir l'épaisseur du mur.

Procédure d'installation

134.Installer les panneaux d'un côté du mur, alignés et nivelés.
135.Installer les tiges d'ancrage à travers le premier panneau.
136.Installer les écarteurs à la position des tiges.
137.Installer les panneaux du côté opposé.
138.Serrer les écrous des tiges d'ancrage progressivement.
139.Installer les étais inclinés et les contreventements.
140.Vérifier l'aplomb (niveau à bulle ou fil à plomb) et l'alignement.
141.Vérifier les dimensions intérieures avec un ruban.

Tolérances d'installation des coffrages :

Aplomb : ±5 mm par 3 m de hauteur
Alignement horizontal : ±10 mm sur 10 m
Dimensions intérieures : +10 mm / −5 mm
Niveau de la face supérieure : ±5 mm

2.6 Coffrage des éléments spécifiques

Semelles et fondations

Les coffrages de semelles sont généralement simples : des planches de 2×8 ou 2×10 maintenues par des piquets. La face supérieure du coffrage sert de guide pour le nivellement du béton.

Piège : les piquets doivent être enfoncés sous la ligne de gel ou ancrés suffisamment profondément pour résister à la poussée du béton.

Murs de fondation

Les coffrages de murs doivent résister à la pression latérale complète du béton. Les panneaux sont généralement de 1,2 m × 2,4 m (4 pi × 8 pi) en contreplaqué de 19 mm avec des membrures verticales de 2×4 à 300 mm d'entre axe.

Points critiques :

Les tiges d'ancrage doivent être serrées uniformément.
Les écarteurs doivent être retirés au fur et à mesure du coulage.
Les ouvertures (portes, fenêtres) nécessitent des coffrages supplémentaires et des renforts.

Colonnes

Les coffrages de colonnes sont soumis à une pression latérale élevée en raison de la hauteur de chute du béton. Des colliers de serrage (column clamps) sont espacés de 300 mm à la base à 600 mm au sommet.

Règle : la pression est maximale à la base de la colonne. Pour une colonne de 3 m, la pression à la base est d'environ 70 kPa.

Dalles et poutres

Les coffrages de dalles comprennent :

Panneaux de coffrage (contreplaqué)
Poutrelles (joists) supportant les panneaux
Poutres maîtresses (stringers)
Étais (shores) verticaux

Espacement typique :

Poutrelles : 300 à 400 mm d'entre axe
Poutres maîtresses : 1,2 à 1,8 m d'entre axe
Étais : 1,2 à 2,4 m d'entre axe

Flèche admissible : L/360 pour les surfaces visibles, L/240 pour les surfaces cachées.

2.7 Démoulage et entretien

Le démoulage (stripping) ne doit être effectué que lorsque le béton a atteint une résistance suffisante pour supporter son propre poids et les charges de construction.

Résistance minimale recommandée :

Côtés de coffrage (murs, colonnes) : 2 MPa (généralement 12 à 24 heures)
Dessous de dalles et poutres : 70 % de la résistance spécifiée (généralement 7 à 14 jours)
Étais de reprise : selon les plans d'ingénierie

Facteurs influençant le temps de démoulage :

Température ambiante (le béton durcit plus lentement par temps froid)
Type de ciment (ciment à haute résistance initiale durcit plus vite)
Adjuvants (accélérateurs ou retardateurs)
Épaisseur de l'élément

Règle empirique : pour chaque 10 °C d'augmentation de température, la vitesse de prise double environ.

Entretien des coffrages :

Nettoyer les panneaux après chaque usage
Retirer les clous et les débris
Réparer les surfaces endommagées
Réappliquer l'agent de démoulage
Stocker à plat, à l'abri des intempéries

2.8 Normes et codes applicables

Les coffrages au Canada sont régis par plusieurs normes :

CSA A23.1/A23.2 : Béton — Constituants et exécution des travaux / Méthodes d'essai et pratiques normalisées pour le béton
CSA S269.1 : Coffrage pour béton (anciennement CAN/CSA-S269.1)
Code national du bâtiment du Canada (CNB) : exigences structurelles et de sécurité
Règlement sur les normes du travail : sécurité des travailleurs sur les échafaudages et les coffrages

Exigences clés de la CSA S269.1 :

Les coffrages doivent être conçus pour résister à toutes les charges prévues
La flèche maximale ne doit pas dépasser L/360
Les tolérances dimensionnelles sont spécifiées
Les matériaux doivent être conformes aux normes applicables

2.9 Sécurité sur les chantiers de coffrage

La sécurité est une priorité absolue. Les accidents de coffrage sont souvent mortels.

Règles de sécurité essentielles :

203.Porter l'équipement de protection individuelle (casque, gants, chaussures de sécurité, lunettes).
204.Installer des garde-corps autour des ouvertures et des bords de dalle.
205.Utiliser des échelles ou des escaliers pour accéder aux zones élevées.
206.Ne jamais se tenir sous une charge suspendue.
207.Vérifier la stabilité des étais avant le coulage.
208.Ne jamais retirer les étais sans autorisation.
209.Signaler immédiatement toute déformation ou tout bruit anormal du coffrage pendant le coulage.

Signes d'alerte pendant le coulage :

Gonflement ou bombement des panneaux
Fuites de laitance entre les panneaux
Craquements ou grincements des membrures
Déplacement des étais ou des tiges d'ancrage

3. Calculs pratiques pour l'examen

3.1 Calcul de volume de béton

Volume (m³) = Longueur (m) × Largeur (m) × Hauteur (m)

Exemple : Une semelle de 12 m × 1,5 m × 0,3 m.

Volume = 12 × 1,5 × 0,3 = 5,4 m³

Perte : ajouter 5 à 10 % pour les pertes et le gaspillage.

3.2 Calcul de la pression latérale

Exemple : Un mur de 3 m de hauteur est coulé à une vitesse de 1,2 m/h. La température du béton est de 20 °C.

Pression maximale = 23,5 × h = 23,5 × 3 = 70,5 kPa

Vérification : la pression maximale pour un béton à prise normale est limitée à environ 100 kPa. Ici, 70,5 kPa est acceptable.

3.3 Calcul de l'espacement des tiges d'ancrage

Exemple : Un coffrage de mur est soumis à une pression de 60 kPa. Les tiges d'ancrage ont une capacité de 50 kN chacune.

Surface supportée par tige = 50 000 N ÷ 60 000 Pa = 0,833 m²

Si l'espacement vertical est de 600 mm, l'espacement horizontal est :

0,833 ÷ 0,6 = 1,39 m → utiliser 1,2 m maximum

3.4 Calcul de la flèche d'un panneau de coffrage

Exemple : Un contreplaqué de 19 mm (E = 10 000 MPa, I = 5,7 × 10⁻⁷ m⁴ par mètre de largeur) supporte une pression de 50 kPa sur une portée de 400 mm.

Charge linéaire w = 50 000 Pa × 0,4 m = 20 000 N/m

δ = (5 × 20 000 × 0,4⁴) ÷ (384 × 10 × 10⁹ × 5,7 × 10⁻⁷)

δ = (5 × 20 000 × 0,0256) ÷ (384 × 10⁹ × 5,7 × 10⁻⁷)

δ = 2560 ÷ 218 880 = 0,0117 m = 11,7 mm

La flèche de 11,7 mm est excessive (L/360 = 400/360 = 1,1 mm). Il faut réduire l'espacement à 200 mm ou utiliser un contreplaqué plus épais.


4. Pièges à éviter

240.Confondre pression latérale et pression verticale : la pression latérale du béton frais est horizontale et agit sur les parois du coffrage, tandis que la pression verticale agit sur la base.
241.Oublier la correction de température : les rubans d'acier mesurent correctement à 20 °C. Par temps froid, le ruban se contracte et les mesures sont trop longues.
242.Négliger la vérification des diagonales : un rectangle peut avoir des côtés corrects mais des angles non droits. Toujours vérifier les diagonales.
243.Utiliser une pente positive pour un drainage : les pentes de drainage sont négatives dans le sens de l'écoulement. Une erreur de signe provoque une contre-pente.
244.Démouler trop tôt : le béton doit atteindre une résistance minimale avant le démoulage. Un démoulage prématuré provoque des fissures et des affaissements.
245.Oublier les écarteurs : sans écarteurs, la pression du béton rapproche les panneaux et réduit l'épaisseur du mur.
246.Serrage excessif des tiges d'ancrage : un serrage excessif déforme le coffrage et crée des surfaces concaves.
247.Ignorer la flèche admissible : la flèche maximale est L/360 pour les surfaces visibles. Une flèche excessive produit des surfaces ondulées.
248.Confondre les repères : les repères d'altitude et les bornes d'implantation sont différents. Ne jamais utiliser un repère d'altitude comme point d'ancrage.
249.Ne pas documenter les mesures : l'implantation sans documentation est inutile. Toutes les mesures doivent être consignées.

5. Conseils pour l'examen

252.Mémorisez les formules de base : pression latérale (P = 23,5 × h), pente (%), flèche (L/360), volume (L × l × h).
253.Connaissez les tolérances : les tolérances d'implantation (±3 mm axes, ±5 mm niveaux) et de coffrage (±5 mm aplomb, +10/−5 mm dimensions).
254.Comprenez les unités : le système métrique est utilisé au Canada. Convertissez correctement les unités (1 kPa = 1000 Pa, 1 kN = 1000 N).
255.Identifiez les facteurs de pression : vitesse de coulage, température, consistance, vibration. La température basse augmente la pression (prise lente).
256.Révisez les normes : CSA A23.1/A23.2 pour le béton, CSA S269.1 pour les coffrages, CNB pour les exigences générales.
257.Pratiquez les calculs : les questions de calcul représentent environ 20 % de l'examen. Entraînez-vous avec des exemples numériques.
258.Lisez les questions attentivement : les questions à choix multiples contiennent souvent des distracteurs qui semblent corrects. Identifiez les mots-clés comme « TOUJOURS », « JAMAIS », « EXCEPTÉ ».

6. Résumé

L'implantation reporte les dimensions des plans sur le terrain avec des tolérances de ±3 mm (axes) et ±5 mm (niveaux).
Les instruments principaux sont le niveau optique, la station totale, le laser rotatif et le ruban d'acier calibré.
Le nivellement direct utilise la formule ΔH = Lecture arrière − Lecture avant.
Les pentes sont exprimées en pourcentage ou en rapport, et les pentes de drainage sont négatives.
Le coffrage doit résister à la pression latérale du béton frais, être étanche, rigide et démoulable.
La pression latérale est calculée par P = 23,5 × h et dépend de la vitesse de coulage, de la température et de la consistance.
Les tiges d'ancrage et les étais assurent la stabilité du coffrage.
Le démoulage ne se fait qu'après que le béton a atteint la résistance requise (2 MPa pour les côtés, 70 % pour les dessous de dalles).
Les normes applicables sont la CSA A23.1/A23.2, la CSA S269.1 et le CNB.
La sécurité est primordiale : EPI, garde-corps, vérification des étais, surveillance pendant le coulage.

7. Questions de révision

273.Quelle est la pression latérale maximale exercée par un béton de 3,5 m de hauteur sur un coffrage ?
274.Un ruban d'acier mesure 30,000 m à 20 °C. Quelle est la longueur réelle à 0 °C ? (coefficient de dilatation = 0,0000112 m/m·°C)
275.Quelle est la flèche maximale admissible pour un panneau de coffrage de 2,4 m de portée ?
276.Quels sont les quatre facteurs principaux qui influencent la pression latérale du béton frais ?
277.Quelle est la résistance minimale du béton avant le démoulage des côtés de coffrage ?
278.Un mur de 8 m de long et 2,5 m de haut est coulé avec un béton ayant une pression latérale de 55 kPa. Si les tiges d'ancrage ont une capacité de 40 kN et sont espacées verticalement de 500 mm, quel est l'espacement horizontal maximal ?
279.Quelle est la différence entre un repère d'altitude et une borne d'implantation ?
280.Pourquoi la température basse augmente-t-elle la pression latérale du béton sur le coffrage ?

Ce chapitre couvre l'ensemble des connaissances essentielles pour l'examen Sceau rouge en charpenterie, section implantation et coffrage. Révisez les formules, les tolérances et les normes, et pratiquez les calculs jusqu'à ce qu'ils deviennent automatiques.

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