Chapitre VI

Systèmes d'alimentation en eau

Guide d'étude Red Seal Practice avec schémas.

Systèmes d'alimentation en eau

Introduction au chapitre

Ce chapitre couvre l'ensemble des connaissances requises pour l'examen Sceau rouge concernant les systèmes d'alimentation en eau potable dans les bâtiments résidentiels, commerciaux et institutionnels. Vous devez maîtriser les principes hydrauliques, les méthodes de dimensionnement, les normes canadiennes applicables et les procédures d'installation. Ce chapitre est structuré pour suivre la logique du métier : de la source d'approvisionnement jusqu'au point d'utilisation, en passant par le calcul des charges, le choix des matériaux et les exigences réglementaires.

Principes fondamentaux de l'hydraulique appliquée

Pression, débit et vitesse

La pression dans un réseau d'alimentation en eau est exprimée en kilopascals (kPa) au Canada. La pression statique est la pression mesurée lorsque l'eau est au repos ; la pression dynamique est celle mesurée en conditions d'écoulement. La relation fondamentale entre pression, débit et vitesse est régie par l'équation de continuité :

Q = A × V

Où Q est le débit (L/s ou m³/s), A est la section transversale du tuyau (m²) et V est la vitesse moyenne de l'eau (m/s).

La pression disponible à un point donné du réseau est la pression statique moins les pertes de charge dues à la friction, aux changements de direction et aux accessoires. La perte de charge totale (ΔP) dans une canalisation se calcule par la formule de Darcy-Weisbach :

ΔP = f × (L/D) × (ρV²/2)

Où f est le facteur de friction, L la longueur du tuyau (m), D le diamètre intérieur (m), ρ la masse volumique de l'eau (1000 kg/m³ à 4 °C) et V la vitesse (m/s).

Pression minimale et maximale réglementaire

Le Code canadien de la plomberie (CCP) exige que la pression d'eau à chaque robinet ou appareil soit d'au moins 150 kPa en conditions de débit maximal simultané. La pression statique maximale admise dans un réseau d'alimentation est de 550 kPa ; au-delà, un détendeur (réducteur de pression) doit être installé. Les pressions supérieures à 550 kPa peuvent causer des coups de bélier, des fuites aux raccords et une usure prématurée des robinets et des clapets.

Vitesse de l'eau dans les canalisations

La vitesse de l'eau dans les tuyaux d'alimentation ne doit pas dépasser 2,4 m/s pour les tuyaux métalliques et 1,8 m/s pour les tuyaux en plastique, afin de prévenir l'érosion, le bruit et les coups de bélier. Pour les canalisations de gros diamètre (100 mm et plus), une vitesse maximale de 3 m/s peut être tolérée, mais cela reste une pratique déconseillée.

Sources d'approvisionnement en eau

Réseau municipal

Le branchement au réseau municipal est la source la plus courante. Le tuyau de service (conduite d'entrée) doit être muni d'un robinet d'arrêt principal accessible, généralement situé près de l'entrée du bâtiment. Une vanne d'arrêt supplémentaire doit être installée à l'intérieur, immédiatement après la pénétration de la conduite dans le bâtiment, pour permettre l'isolement du réseau interne.

Le clapet antirefoulement (ou dispositif anti-refoulement) est obligatoire sur toute conduite d'alimentation en eau potable reliée à une source non potable ou à un système de protection contre les incendies. Le CCP exige la protection contre le refoulement selon le degré de risque : risque élevé (contamination par substances toxiques), risque modéré (contamination par substances non toxiques mais désagréables) ou risque faible (aucun risque de contamination).

Puits privé

Pour un puits privé, la pompe doit être dimensionnée pour fournir le débit maximal simultané du bâtiment. Le réservoir sous pression (ballon hydropneumatique) doit maintenir une pression minimale de 150 kPa et maximale de 550 kPa au point d'utilisation. La pression de coupure (high cut-off) de la pompe est généralement réglée entre 280 et 400 kPa, avec un différentiel de 100 à 140 kPa entre la pression de démarrage et d'arrêt.

Eau non potable (récupération d'eau de pluie, eau grise)

Les systèmes utilisant des eaux non potables pour l'irrigation ou les toilettes doivent être physiquement séparés du réseau d'eau potable. Toute interconnexion est interdite. Les conduites d'eau non potable doivent être identifiées par une couleur distincte (violette ou étiquetées) et les robinets doivent être non interchangeables avec ceux de l'eau potable.

Dimensionnement des canalisations d'alimentation

Méthode des unités de plomberie (charge unitaire)

Méthode des unités de plomberie — Dimensionnement des tuyaux Méthode des unités de plomberie (Fixture Unit Method) — Dimensionnement des tuyaux Appareils et unités (FU) Appareil Unités (FU) Lavabo (salle de bain) 1.0 Toilette (réservoir 6 L) 3.0 Baignoire (avec douche) 2.0 Évier de cuisine 1.5 Lave-linge (buanderie) 2.0 Lave-vaisselle 1.5 Total : 11.0 FU Tuyauterie d'alimentation — Exemple Tuyau principal (riser) 25 mm 1.0 3.0 2.0 1.5 2.0 Lave-linge Débit total : 11.0 FU Dimensionnement Charge (FU) Ø tuyau 1 — 2 FU 12 mm 3 — 5 FU 19 mm 6 — 10 FU 25 mm 11 — 20 FU 32 mm 21 — 50 FU 38 mm 51 — 100 FU 50 mm Résultat : 11.0 FU → 32 mm (tuyau de cuivre type L) Code canadien de la plomberie — Méthode des unités de plomberie (FU) pour le dimensionnement des tuyaux d'alimentation Légende Particule de débit (animation) Tuyau (cuivre / PEX) Valeur en unités (FU) Note importante (Red Seal) La méthode des unités de plomberie (FU) attribue une valeur pondérée à chaque appareil selon son débit probable et sa fréquence d'utilisation. Le total des FU détermine le diamètre minimal du tuyau (voir tableau).

Le CCP définit des unités de plomberie (UP) pour chaque appareil sanitaire. Une unité de plomberie équivaut à un débit de 0,063 L/s (environ 1 gpm). Le tableau ci-dessous présente les valeurs courantes :

AppareilUnités de plomberie (UP)
Toilette (réservoir)3
Toilette (chasse à valve)6
Lavabo1
Évier de cuisine1,5
Baignoire2
Douche2
Buanderie (machine à laver)3
Robinet extérieur (1/2 po)3
Robinet extérieur (3/4 po)5

Le débit total probable est déterminé en additionnant les unités de plomberie de tous les appareils desservis par la canalisation, puis en appliquant une courbe de simultanéité. Le CCP fournit des tableaux de conversion (tableau A-2) qui donnent le débit probable en fonction du nombre total d'unités de plomberie. Pour un bâtiment résidentiel de moins de 30 unités, on peut utiliser la formule simplifiée :

Q (L/s) = 0,063 × √(UP totales)

Pour les bâtiments plus importants, la courbe de simultanéité du CCP doit être utilisée.

Dimensionnement des tuyaux

Le diamètre intérieur minimal est déterminé en fonction du débit probable et de la vitesse maximale admissible. La perte de charge par friction est calculée à l'aide de la formule de Hazen-Williams :

ΔP (kPa/m) = 6,05 × 10⁵ × (Q¹,⁸⁵) / (C¹,⁸⁵ × D⁴,⁸⁷)

Où Q est le débit en L/min, C est le coefficient de rugosité (140 pour le cuivre propre, 120 pour l'acier galvanisé, 150 pour le CPVC et le PEX), et D est le diamètre intérieur en mm.

La perte de charge totale doit être soustraite de la pression statique pour obtenir la pression disponible au dernier appareil. Cette pression disponible doit être d'au moins 150 kPa.

Longueur équivalente des accessoires

Chaque raccord, coude, té ou vanne ajoute une résistance équivalente à une certaine longueur de tuyau droit. Le tableau suivant donne les longueurs équivalentes en mètres pour un tuyau de 25 mm (1 po) :

AccessoireLongueur équivalente (m)
Coude 90°0,9
Coude 45°0,5
Té (passage direct)0,6
Té (dérivation)1,8
Vanne à boisseau sphérique (ouverte)0,3
Clapet de retenue2,4
Réduction (25 à 20 mm)0,4

Ces valeurs doivent être multipliées par le facteur de correction pour les autres diamètres (approximativement proportionnel au diamètre).

Matériaux de tuyauterie pour l'eau potable

Tuyaux en cuivre

Le cuivre de type M, L et K est utilisé selon la pression de service. Le type M est le plus mince (pression de service 1100 kPa à 65 °C), le type L est intermédiaire (pression de service 1400 kPa) et le type K est le plus épais (pression de service 1900 kPa). Les raccords sont généralement soudés à l'étain (soudure sans plomb obligatoire depuis 2010) ou à l'aide de raccords à compression. Le cuivre est résistant à la corrosion mais peut être sujet à la corrosion par piqûres si le pH de l'eau est inférieur à 6,5 ou supérieur à 8,5.

Tuyaux en CPVC (polychlorure de vinyle chloré)

Le CPVC est un plastique thermodurcissable qui supporte des températures jusqu'à 93 °C et des pressions de 1000 kPa. Les raccords sont collés avec un solvant-ciment spécifique au CPVC. Le CPVC est léger, facile à installer et résistant à la corrosion. Il ne doit pas être utilisé pour l'eau chaude au-delà de 82 °C en continu.

Tuyaux en PEX (polyéthylène réticulé)

Le PEX est disponible en trois types : PEX-A (peroxyde), PEX-B (silane) et PEX-C (irradiation). Le PEX-A est le plus flexible et le plus résistant à la fissuration. Le PEX est installé avec des raccords à sertir, à glissement ou à compression. Il supporte des pressions de 1000 kPa à 82 °C. Le PEX ne doit pas être exposé aux rayons UV directs pendant plus de 30 jours cumulés. Les tuyaux PEX sont généralement utilisés en plomberie résidentielle pour les réseaux d'alimentation, avec des collecteurs (manifolds) qui distribuent l'eau individuellement à chaque appareil.

Tuyaux en acier galvanisé

L'acier galvanisé est encore présent dans les bâtiments anciens mais n'est plus recommandé pour l'eau potable en raison de la corrosion interne qui réduit le diamètre utile et libère des particules de zinc. Le CCP permet son utilisation uniquement pour les canalisations de gros diamètre (75 mm et plus) dans les bâtiments commerciaux.

Comparaison des matériaux

MatériauPression max (kPa)Température max (°C)Coefficient de rugosité (C)Durée de vie estimée (ans)
Cuivre M110010014050+
Cuivre L140010014050+
CPVC10009315040
PEX10008215040
Acier galvanisé10006512030

Règles du Code canadien de la plomberie

Règle 2.6.1.1 — Protection contre le refoulement

Toute installation d'eau potable doit être protégée contre le refoulement par un dispositif anti-refoulement conforme à la norme CSA B64 (dispositifs de protection contre le refoulement). Le choix du dispositif dépend du degré de risque :

Risque élevé : brise-vide à disque (BVD) ou ensemble de disconnexion (ED)
Risque modéré : clapet antirefoulement ou brise-vide atmosphérique
Risque faible : clapet de retenue simple

Règle 2.6.2.1 — Température de l'eau chaude

L'eau chaude sanitaire doit être maintenue à une température d'au moins 60 °C dans le réservoir de stockage pour prévenir la prolifération de la bactérie Legionella pneumophila. Cependant, la température de l'eau distribuée aux robinets ne doit pas dépasser 49 °C dans les bâtiments où des personnes vulnérables (enfants, personnes âgées) peuvent être exposées. Des vannes thermostatiques de mélange doivent être installées pour réduire la température à 49 °C aux points d'utilisation.

Règle 2.6.3.1 — Isolation des canalisations

Les canalisations d'eau chaude doivent être isolées lorsqu'elles traversent des espaces non chauffés ou lorsqu'elles sont encastrées dans une dalle de béton. L'isolant doit avoir une épaisseur minimale de 13 mm pour les tuyaux de diamètre inférieur à 50 mm et de 25 mm pour les diamètres supérieurs. L'isolation réduit les pertes thermiques et prévient la condensation sur les canalisations d'eau froide.

Règle 2.6.4.1 — Supports et ancrages

Les canalisations d'alimentation en eau doivent être supportées à des intervalles maximaux selon le matériau et le diamètre :

Diamètre nominal (mm)Cuivre (m)CPVC (m)PEX (m)Acier (m)
151,20,80,82,4
201,51,01,02,7
251,81,21,23,0
322,11,41,43,6
40 et plus2,41,61,64,2

Règle 2.6.5.1 — Pénétration des murs coupe-feu

Les canalisations qui traversent un mur coupe-feu ou un plancher doivent être scellées avec un produit intumescent certifié. Le scellement doit maintenir l'intégrité du coupe-feu pendant au moins 45 minutes (classification F).

Systèmes de protection contre les coups de bélier

Protection contre les coups de bélier — Onde de pression animée Protection contre les coups de bélier — Onde de pression animée 1. Schéma de principe Conduite principale (main supply line) Vanne (valve) Source (source) Anti-bélier (air chamber) Clapet 2. Onde de pression (pressure wave) Onde 3. Effet protecteur L'air comprimé absorbe l'onde de choc (shock wave) et protège la tuyauterie. Pression maximale réduite (pressure surge dampened) Légende Onde de pression Air comprimé Zone protégée Pression Pression dans la conduite Seuil

Causes et effets

Le coup de bélier est une surpression transitoire causée par l'arrêt brusque de l'écoulement (fermeture rapide d'un robinet ou d'une électrovanne). La surpression peut atteindre plusieurs fois la pression statique et provoquer des bruits, des fuites et la rupture des canalisations.

Calcul de la surpression

La surpression maximale (ΔP) lors d'un coup de bélier est estimée par la formule de Joukowski :

ΔP = ρ × a × V

Où a est la célérité de l'onde de pression (environ 1200 m/s pour le cuivre, 300 m/s pour le PEX et le CPVC), ρ est la masse volumique de l'eau (1000 kg/m³) et V est la vitesse initiale de l'eau (m/s).

Par exemple, pour une vitesse de 2 m/s dans un tuyau de cuivre : ΔP = 1000 × 1200 × 2 = 2 400 000 Pa = 2400 kPa. Cette surpression est largement supérieure à la pression de service des tuyaux, d'où la nécessité de dispositifs anti-bélier.

Dispositifs anti-bélier

Les amortisseurs de coups de bélier (ou anti-bélier) sont des chambres à air ou des amortisseurs à ressort installés à proximité des robinets à fermeture rapide (lave-vaisselle, machine à laver, toilettes à chasse à valve). Le CCP exige un amortisseur lorsque la vitesse de fermeture du robinet est inférieure à 0,5 seconde. Les amortisseurs doivent être dimensionnés pour absorber le volume d'eau déplacé lors de l'arrêt.

Systèmes de détente et de régulation de pression

Détendeur (réducteur de pression)

Le détendeur est installé lorsque la pression statique dépasse 550 kPa. Il réduit la pression à une valeur réglable, généralement entre 300 et 400 kPa. Le détendeur doit être installé avec une vanne d'arrêt en amont et en aval, ainsi qu'un robinet de purge pour permettre l'entretien. Un clapet de retenue doit être installé en aval du détendeur pour empêcher le refoulement.

Soupape de sûreté

Une soupape de sûreté doit être installée sur tout chauffe-eau ou réservoir sous pression pour évacuer l'excès de pression. La soupape doit être réglée à une pression inférieure à la pression de service maximale du réservoir (généralement 1000 kPa pour un chauffe-eau résidentiel). Le refoulement de la soupape doit être dirigé vers un drain ou à l'extérieur, sans réduction de diamètre.

Chauffe-eau et production d'eau chaude

Types de chauffe-eau

Les chauffe-eau à accumulation (réservoir) sont les plus courants. Leur capacité est déterminée selon le nombre d'occupants et le débit maximal simultané. La formule de dimensionnement est :

Capacité (L) = (Nombre d'occupants × 75 L) / (Facteur de récupération)

Le facteur de récupération dépend de la puissance du brûleur ou de l'élément électrique. Pour un chauffe-eau électrique résidentiel, la puissance est généralement de 3000 à 4500 W, ce qui donne un facteur de récupération d'environ 15 à 20 L/h pour un ΔT de 50 °C.

Chauffe-eau instantanés (sans réservoir)

Les chauffe-eau instantanés fournissent l'eau chaude à la demande. Leur débit maximal est limité par la puissance disponible. Pour un chauffe-eau électrique de 27 kW, le débit maximal est d'environ 7,5 L/min pour une élévation de température de 40 °C. Pour un chauffe-eau au gaz naturel, la puissance est généralement de 150 000 à 200 000 BTU/h (44 à 59 kW), ce qui permet un débit de 15 à 20 L/min.

Règle 2.6.6.1 — Expansion thermique

Lorsque l'eau est chauffée, elle se dilate. Dans un réseau fermé (avec clapet antirefoulement), cette expansion crée une augmentation de pression. Un réservoir d'expansion (vase d'expansion) doit être installé sur la conduite d'eau froide alimentant le chauffe-eau. Le réservoir d'expansion doit être dimensionné pour absorber l'augmentation de volume :

V = (0,0006 × V_réservoir × ΔT) / (1 - (P_amont / P_aval))

Où V_réservoir est le volume du chauffe-eau (L), ΔT est l'élévation de température (°C), P_amont est la pression d'alimentation (kPa) et P_aval est la pression de tarage de la soupape de sûreté (kPa).

Procédures d'installation et de mise en service

Rincage et désinfection

Avant la mise en service, toutes les canalisations d'eau potable doivent être rincées à l'eau propre pour éliminer les débris de fabrication et d'installation. Ensuite, une désinfection est effectuée selon la procédure de la norme CSA B483 (systèmes de traitement de l'eau potable) : remplissage du réseau avec une solution de chlore à 50 mg/L, maintien en contact pendant 24 heures, puis rinçage abondant jusqu'à élimination complète du chlore.

Essais de pression

Les canalisations d'alimentation en eau doivent subir un essai de pression avant d'être recouvertes ou dissimulées. L'essai est effectué à une pression de 1,5 fois la pression de service maximale, mais jamais inférieure à 1000 kPa, pendant une durée de 2 heures. La pression ne doit pas chuter de plus de 35 kPa pendant l'essai. Les fuites doivent être réparées et l'essai répété.

Identification des canalisations

Les canalisations d'eau potable doivent être identifiées par une étiquette ou une couleur distincte. La couleur bleue est réservée à l'eau potable froide, la couleur rouge à l'eau chaude, et la couleur violette aux eaux non potables. Les étiquettes doivent être apposées à intervalles maximaux de 3 mètres et à chaque pénétration de mur ou de plancher.

Calculs pratiques pour l'examen

Exemple 1 : Dimensionnement d'une conduite principale

Un bâtiment résidentiel de 6 logements possède les appareils suivants par logement : 1 toilette à réservoir, 1 lavabo, 1 évier de cuisine, 1 baignoire, 1 machine à laver. Calculez le débit probable.

Étape 1 : Unités de plomberie par logement :

Toilette : 3 UP
Lavabo : 1 UP
Évier : 1,5 UP
Baignoire : 2 UP
Machine à laver : 3 UP
Total par logement : 10,5 UP

Étape 2 : Total pour 6 logements : 6 × 10,5 = 63 UP

Étape 3 : Débit probable (formule simplifiée) :

Q = 0,063 × √63 = 0,063 × 7,94 = 0,50 L/s

Étape 4 : Diamètre minimal pour une vitesse de 2 m/s :

A = Q / V = 0,0005 m³/s / 2 m/s = 0,00025 m²

D = √(4A/π) = √(4 × 0,00025 / 3,1416) = √0,000318 = 0,0178 m = 17,8 mm

Le diamètre nominal minimal est de 20 mm (3/4 po) .

Exemple 2 : Vérification de la pression disponible

Un bâtiment a une pression statique de 500 kPa. La conduite principale en cuivre de 25 mm a une longueur totale de 30 m (y compris les longueurs équivalentes). Le débit probable est de 0,5 L/s (30 L/min). Calculez la pression disponible au dernier appareil.

Étape 1 : Perte de charge par friction (Hazen-Williams, C = 140) :

ΔP = 6,05 × 10⁵ × (30¹,⁸⁵) / (140¹,⁸⁵ × 25⁴,⁸⁷)

Calculons d'abord les puissances :

30¹,⁸⁵ ≈ 30 × 30⁰,⁸⁵ ≈ 30 × 18,5 ≈ 555

140¹,⁸⁵ ≈ 140 × 140⁰,⁸⁵ ≈ 140 × 63,5 ≈ 8890

25⁴,⁸⁷ ≈ 25⁴ × 25⁰,⁸⁷ ≈ 390625 × 16,2 ≈ 6 328 125

ΔP = 6,05 × 10⁵ × 555 / (8890 × 6 328 125) = 335 775 000 / 56 257 031 250 ≈ 0,006 kPa/m

Étape 2 : Perte de charge totale :

ΔP_total = 0,006 × 30 = 0,18 kPa

Étape 3 : Pression disponible :

P_disponible = 500 - 0,18 = 499,82 kPa

La pression disponible est largement supérieure à 150 kPa, donc le dimensionnement est acceptable.

Exemple 3 : Dimensionnement d'un détendeur

Un bâtiment a une pression statique de 700 kPa. Le débit maximal simultané est de 1,2 L/s. Déterminez le détendeur nécessaire.

Le détendeur doit réduire la pression de 700 kPa à 400 kPa. Le débit de 1,2 L/s (72 L/min) nécessite un détendeur de 25 mm (1 po) avec un facteur de débit (Cv) d'au moins :

Cv = Q / √(ΔP) = 72 / √(300) = 72 / 17,32 = 4,16

Un détendeur de 25 mm avec un Cv de 5 est suffisant.

Pièges à éviter

138.Confondre pression statique et pression dynamique : La pression dynamique est toujours inférieure à la pression statique en raison des pertes de charge. Utilisez la pression dynamique pour vérifier la pression minimale de 150 kPa.
139.Oublier les longueurs équivalentes : Les accessoires (coudes, tés, vannes) ajoutent une résistance significative. Négliger ces longueurs équivalentes conduit à un sous-dimensionnement des tuyaux.
140.Utiliser le mauvais coefficient de rugosité : Le coefficient C de Hazen-Williams varie selon le matériau. Utiliser C = 100 pour du cuivre neuf est une erreur ; la valeur correcte est 140.
141.Ignorer la température de l'eau : La viscosité de l'eau diminue avec la température, ce qui réduit les pertes de charge. Pour l'eau chaude, les pertes de charge sont environ 20 % inférieures à celles de l'eau froide. Le dimensionnement doit être effectué pour les conditions les plus défavorables (eau froide).
142.Oublier le réservoir d'expansion : Dans un réseau avec clapet antirefoulement, l'expansion thermique de l'eau chaude peut créer des pressions dangereuses. Le réservoir d'expansion est obligatoire.
143.Confondre les unités de plomberie avec les débits réels : Les unités de plomberie sont des valeurs abstraites ; le débit probable est obtenu par la courbe de simultanéité, pas par simple addition des débits individuels.
144.Négliger la protection contre le refoulement : Chaque connexion croisée potentielle doit être protégée. Un robinet de puisage avec un tuyau immergé dans une cuve est un risque élevé.
145.Utiliser du CPVC pour l'eau chaude au-delà de 82 °C : Le CPVC se déforme au-delà de sa température maximale de service. Vérifiez toujours la température réelle de l'eau chaude.
146.Installer une soupape de sûreté sans drain adéquat : Le drain de la soupape doit avoir le même diamètre que la sortie de la soupape et doit se terminer à un endroit visible, sans réduction.
147.Oublier l'essai de pression avant dissimulation : L'essai de pression doit être effectué avant la fermeture des murs ou des tranchées. Un essai après dissimulation est impossible à réaliser correctement.

Résumé

La pression minimale au point d'utilisation est de 150 kPa ; la pression statique maximale est de 550 kPa.
La vitesse de l'eau ne doit pas dépasser 2,4 m/s (métal) et 1,8 m/s (plastique).
Le dimensionnement se fait par la méthode des unités de plomberie avec la courbe de simultanéité du CCP.
Les pertes de charge se calculent avec la formule de Hazen-Williams ; les longueurs équivalentes des accessoires doivent être incluses.
Les matériaux autorisés pour l'eau potable sont le cuivre (types M, L, K), le CPVC, le PEX et l'acier galvanisé (limité).
La protection contre le refoulement est obligatoire selon le degré de risque (CSA B64).
L'eau chaude doit être stockée à 60 °C et distribuée à 49 °C maximum aux points d'utilisation.
Les canalisations doivent être supportées à des intervalles maximaux selon le matériau et le diamètre.
Les essais de pression sont effectués à 1,5 fois la pression de service (minimum 1000 kPa) pendant 2 heures.
La désinfection des canalisations est obligatoire avant mise en service (chlore à 50 mg/L pendant 24 heures).
Le réservoir d'expansion est obligatoire dans les réseaux fermés pour absorber l'expansion thermique.

Maîtrisez ces concepts, refaites les calculs d'exemple sans regarder les solutions, et vous serez bien préparé pour les questions du Sceau rouge sur les systèmes d'alimentation en eau.

Prêt à tester ce chapitre ?

Entraînez-vous avec des questions conformes aux examens et des simulations chronométrées.

Commencer à pratiquer gratuitement