Chapitre VII

Opérations de démolition, d'enlèvement et de récupération

Guide d'étude Red Seal Practice avec schémas.

Opérations de démolition, d'enlèvement et de récupération

Introduction au chapitre

La démolition, l'enlèvement et la récupération constituent une phase critique du cycle de vie d'un projet de construction. Pour le compagnon constructeur de chantier (Construction Craft Worker), cette étape exige une compréhension approfondie des principes structurels, des risques associés aux matériaux existants, et des procédures de tri et de valorisation. Ce chapitre couvre l'ensemble des connaissances requises pour l'examen Sceau Rouge, incluant les méthodes de démolition, les calculs de volumes et de charges, la gestion des matières dangereuses, et les normes canadiennes applicables.

La démolition ne se limite pas à « tout démolir ». Elle implique une séquence logique, des vérifications préalables, et une connaissance précise des charges, des points d'appui et des chemins de chute. Une erreur de calcul ou une omission dans la vérification des services publics peut entraîner des blessures graves, des dommages matériels ou des poursuites judiciaires.


Planification et préparation du chantier de démolition

Évaluation préliminaire du bâtiment

Avant toute activité de démolition, une évaluation structurale complète doit être réalisée. Cette évaluation détermine le type de construction (charpente de bois, béton armé, acier, maçonnerie), l'état des éléments porteurs, et la présence de matériaux dangereux.

Les documents essentiels à consulter incluent :

Les plans d'origine du bâtiment (si disponibles)
Les rapports d'inspection antérieurs
Les permis de construire et les modifications subséquentes
Les relevés des services publics (électricité, gaz, eau, égouts, télécommunications)

Le Code canadien de l'électricité, Chapitre V (C22.1-21) exige que toute installation électrique soit mise hors tension et verrouillée avant le début des travaux de démolition. La procédure de cadenassage (lockout/tagout) doit être conforme à la norme CSA Z460-13 (R2022) « Cadenassage et autres méthodes de maîtrise des énergies dangereuses ».

Séquence de démolition : du haut vers le bas

La règle fondamentale de la démolition manuelle ou mécanisée est de procéder du haut vers le bas (top-down). Cette séquence évite l'effondrement prématuré des murs porteurs et permet un contrôle progressif des débris.

Ordre typique d'intervention :

18.Retrait des éléments non structuraux (portes, fenêtres, cloisons légères, revêtements)
19.Démolition des toitures et des planchers
20.Démolition des murs porteurs (en dernier, section par section)
21.Démolition des fondations

Chaque étage doit être complètement dégagé avant de passer à l'étage inférieur. Les débris ne doivent jamais s'accumuler sur un plancher au-delà de la charge admissible calculée.

Calcul de la charge admissible des planchers

Le compagnon doit être capable d'estimer la charge que peut supporter un plancher existant. La charge admissible (en kN/m²) se calcule à partir de la résistance des poutres et des solives, en tenant compte du facteur de sécurité.

Formule de base pour une poutre simplement appuyée :

Charge admissible (w) = (8 × M_r) / L²

Où :

M_r = moment résistant de la poutre (kN·m)
L = portée libre de la poutre (m)

Exemple de calcul :

Une poutre de bois de 200 mm × 300 mm avec un M_r de 45 kN·m et une portée de 4,5 m :

w = (8 × 45) / (4,5)² = 360 / 20,25 = 17,78 kN/m

Si l'espacement entre les poutres est de 0,6 m, la charge admissible au sol est de :

17,78 / 0,6 = 29,6 kN/m²

Tableau de référence — Charges linéaires approximatives des matériaux de construction :

MatériauMasse volumique (kg/m³)Charge approximative (kN/m³)
Béton non armé2 200 – 2 40022 – 24
Béton armé2 400 – 2 50024 – 25
Acier7 85078,5
Bois (résineux)400 – 6004 – 6
Maçonnerie de brique1 800 – 2 00018 – 20
Bloc de béton1 600 – 2 00016 – 20

Piège d'examen : Ne confondez pas masse volumique (kg/m³) et charge (kN/m³). Multipliez la masse volumique par l'accélération gravitationnelle (9,81 m/s²) pour obtenir la charge en kN/m³.


Méthodes de démolition

Démolition manuelle

La démolition manuelle utilise des outils portatifs (marteaux-piqueurs, masses, pinces, burins). Elle est privilégiée pour :

Les travaux de précision (récupération de matériaux)
Les zones à accès restreint
Les bâtiments présentant un risque de dommages aux structures adjacentes

Exigences de sécurité :

Port obligatoire des EPI : casque avec jugulaire, lunettes de protection, gants anti-vibrations, bottes à embout d'acier, protection respiratoire (selon la poussière générée)
Vérification de l'état des outils avant utilisation
Établissement d'un périmètre de sécurité autour de la zone de travail

Démolition mécanisée

Les équipements mécanisés comprennent :

Excavatrices avec mâchoire de démolition (cisailles hydrauliques)
Brise-béton hydrauliques montés sur excavatrice
Boules de démolition (rarement utilisées de nos jours en raison des vibrations)
Pelles mécaniques avec godet de tri

Le choix de l'équipement dépend de la hauteur du bâtiment, de la portée requise, et de la capacité portante du sol d'appui. Une excavatrice de 30 tonnes avec une flèche de 15 m peut démolir un bâtiment de 3 étages sans monter sur les débris.

Tableau de comparaison — Méthodes de démolition :

MéthodeAvantagesInconvénientsApplications typiques
ManuellePrécision, récupération maximaleLente, coûteuse en main-d'œuvreBâtiments patrimoniaux, intérieurs
MécaniséeRapide, efficaceVibrations, bruit, poussièreBâtiments industriels, structures en béton
ImplosionTrès rapide, idéale pour hautes structuresCoûteuse, nécessite expertise spécialiséeTours, cheminées, silos
Découpage thermiquePrécision, coupe de l'acierRisque d'incendie, fumées toxiquesStructures en acier, récupération de poutres

Démolition par implosion

L'implosion est une technique spécialisée qui utilise des explosifs placés stratégiquement pour provoquer l'effondrement du bâtiment sur lui-même. Cette méthode est régie par le Règlement sur les explosifs (DORS/2013-211) de Ressources naturelles Canada.

Exigences clés :

Permis de manipulation d'explosifs délivré par Ressources naturelles Canada
Étude d'ingénierie détaillée des points de rupture
Plan d'évacuation du périmètre (rayon de sécurité d'au moins 300 m pour un bâtiment de 20 étages)
Surveillance sismique des structures adjacentes

Le compagnon constructeur de chantier n'est généralement pas responsable de la conception de l'implosion, mais il doit comprendre les principes de base pour coordonner le chantier et assurer la sécurité du périmètre.


Gestion des matières dangereuses

Amiante

L'amiante est le matériau dangereux le plus fréquemment rencontré lors de démolitions. Il a été utilisé massivement au Canada jusqu'à la fin des années 1980 dans :

Les isolants thermiques (calorifugeage)
Les revêtements de sol (vinyle-amiante)
Les panneaux de plafond et de mur
Les joints et calfeutrages
Les toitures en bardeaux d'amiante-ciment

Le Règlement sur la santé et la sécurité au travail de la partie II du Code canadien du travail exige une évaluation de l'exposition avant le début des travaux. La norme CSA Z94.4-18 « Sélection, utilisation et entretien des appareils de protection respiratoire » précise les exigences pour les respirateurs.

Procédures obligatoires pour l'enlèvement de l'amiante :

77.Identification du type d'amiante (chrysotile, amosite, crocidolite) par analyse en laboratoire
78.Établissement d'une zone de confinement avec pression négative
79.Utilisation de respirateurs à adduction d'air ou à cartouche HEPA
80.Humidification des matériaux pour réduire la poussière
81.Élimination dans des contenants étanches identifiés « DÉCHETS D'AMIANTE »
82.Décontamination des travailleurs dans un sas à trois compartiments

Limite d'exposition professionnelle (LEP) : 0,1 fibre/cm³ pour 8 heures (selon le Règlement sur la santé et la sécurité au travail).

Autres matières dangereuses

MatériauRisque principalMéthode d'identificationÉlimination
Plomb (peinture)Neurotoxique, inhalation de poussièreTest de laboratoire, détecteur XRFDéchets dangereux, site autorisé
Mercure (thermostats, lampes)Toxique, contamination environnementaleInspection visuelleRecyclage spécialisé
PCB (transformateurs, condensateurs)Cancérigène, persistantÉtiquetage, analyse d'huileTransport et élimination réglementés
MoisissuresAllergènes, toxinesInspection visuelle, échantillonnageRetrait des matériaux contaminés
Silice cristalline (béton, brique)Silicose, cancer du poumonPrésence dans les matériauxContrôle de la poussière (aspiration, eau)

Piège d'examen : La silice cristalline n'est pas un « déchet dangereux » au sens réglementaire, mais elle présente un risque d'exposition professionnelle majeur. Les mesures de contrôle de la poussière (aspiration à la source, pulvérisation d'eau) sont obligatoires lors de la coupe du béton ou de la maçonnerie.


Récupération et tri des matériaux

Principes de la récupération

La récupération (salvage) consiste à retirer soigneusement les matériaux réutilisables avant la démolition. Cette pratique réduit les coûts d'élimination et génère des revenus. Les matériaux couramment récupérés incluent :

Les poutres et colonnes en acier (vérifier l'absence de fissures et la conformité aux normes)
Les portes et fenêtres en bon état
Les radiateurs et équipements de plomberie
Les briques et pierres de parement
Le bois de charpente de grande section (bois de grange)

Exigence de traçabilité : Les éléments structuraux récupérés (poutres, colonnes) doivent être certifiés par un ingénieur avant leur réutilisation dans un nouveau projet. La norme CSA S16-19 « Règles de calcul des charpentes en acier » précise les critères d'évaluation des éléments d'acier d'occasion.

Tri des débris de démolition

Le tri peut être effectué sur place (tri primaire) ou dans un centre de traitement. Les catégories de tri standard sont :

CatégorieExemplesDestination
Béton et maçonnerieBéton, brique, blocConcassage, réutilisation comme remblai
Métaux ferreuxAcier d'armature, poutresRecyclage en aciérie
Métaux non ferreuxAluminium, cuivre, laitonRecyclage spécialisé
BoisCharpente, coffrageBroyage, compostage, combustible
GypsePanneaux de gypseRecyclage en nouvelle production
Déchets mixtesMatériaux compositesEnfouissement
Matières dangereusesAmiante, peinture au plombÉlimination spécialisée

Calcul du volume de débris :

Le volume de débris après démolition est généralement supérieur au volume initial du bâtiment en raison du foisonnement. Le facteur de foisonnement varie selon le matériau :

MatériauFacteur de foisonnement
Béton1,3 – 1,5
Maçonnerie1,2 – 1,4
Bois1,5 – 2,0
Déchets mixtes1,5 – 2,5

Exemple de calcul :

Un bâtiment de 500 m³ de volume initial en béton armé produira :

500 m³ × 1,4 = 700 m³ de débris foisonnés

Si un conteneur de 12 m³ est utilisé, il faudra :

700 / 12 = 58,3 → 59 conteneurs (arrondir au nombre entier supérieur)

Piège d'examen : Le facteur de foisonnement s'applique au volume initial, pas à la masse. La masse reste constante (la conservation de la masse s'applique), seul le volume change.


Sécurité et protection des structures adjacentes

Établissement du périmètre de sécurité

Le périmètre de sécurité doit être établi à une distance minimale égale à la hauteur du bâtiment à démolir, plus 1,5 m. Pour un bâtiment de 10 m de hauteur, le périmètre est de 11,5 m.

Exigences du périmètre :

Clôture rigide d'une hauteur minimale de 1,8 m
Signalisation claire « DÉFENSE D'ENTRER — ZONE DE DÉMOLITION »
Éclairage de sécurité si les travaux se poursuivent la nuit
Accès contrôlé par un gardien ou un système de verrouillage

Protection des structures adjacentes

Avant le début des travaux, une inspection photographique des bâtiments voisins doit être réalisée pour documenter leur état. Cette inspection sert de référence en cas de réclamation pour dommages.

Les mesures de protection typiques incluent :

Étançonnement (shoring) des murs mitoyens avec des étais en acier ou en bois
Panneaux de protection en contreplaqué ou en métal pour absorber les impacts de débris
Filets de retenue installés sur les échafaudages
Contrôle des vibrations : la norme CSA S850-12 (R2022) « Évaluation des vibrations dans les bâtiments » recommande une limite de 5 mm/s pour les bâtiments sensibles

Gestion de la poussière

La poussière de démolition présente des risques pour la santé des travailleurs et des occupants des bâtiments adjacents. Les mesures de contrôle incluent :

Pulvérisation d'eau à haute pression sur les zones de démolition
Utilisation de brumisateurs (canons à brouillard) pour les grandes surfaces
Aspiration à la source pour les outils électriques
Bâchage des zones de chute des débris

Exigence réglementaire : Les émissions de poussière doivent respecter les limites de la réglementation environnementale provinciale (bien que l'examen Sceau Rouge se concentre sur les normes nationales, la connaissance des principes de contrôle est essentielle).


Calculs de charges et de volumes pour l'évacuation

Calcul de la masse des débris

La masse totale des débris se calcule en multipliant le volume initial par la masse volumique du matériau, puis en appliquant le facteur de foisonnement pour le volume de transport.

Formule :

Masse (kg) = Volume initial (m³) × Masse volumique (kg/m³)

Exemple :

Démolition d'un mur de béton non armé de 20 m de longueur, 3 m de hauteur et 0,3 m d'épaisseur.

Volume = 20 × 3 × 0,3 = 18 m³

Masse = 18 m³ × 2 300 kg/m³ = 41 400 kg = 41,4 tonnes

Si un camion à benne a une capacité de 15 tonnes, il faudra :

41,4 / 15 = 2,76 → 3 camions (arrondir au nombre entier supérieur)

Calcul du nombre de conteneurs

Le nombre de conteneurs nécessaires dépend du volume foisonné et de la capacité du conteneur.

Formule :

Nombre de conteneurs = (Volume initial × Facteur de foisonnement) / Capacité du conteneur

Tableau des capacités standard des conteneurs :

Type de conteneurVolume (m³)Capacité de charge (tonnes)
Petit roulant4 – 62 – 3
Moyen8 – 104 – 5
Grand12 – 156 – 8
Roulant à fond ouvrant20 – 3010 – 15
À compaction30 – 4015 – 20

Piège d'examen : Ne dépassez jamais la capacité de charge du conteneur, même si le volume n'est pas plein. Un conteneur de 12 m³ rempli de béton pèserait 12 × 1,4 × 2 300 = 38 640 kg, soit près de 39 tonnes — largement au-dessus de la capacité de 8 tonnes. Le volume doit être limité en conséquence.


Normes et règlements applicables

Normes nationales du Canada

NormeTitreApplication
CSA S850-12 (R2022)Évaluation des vibrations dans les bâtimentsContrôle des vibrations de démolition
CSA Z460-13 (R2022)Cadenassage et maîtrise des énergies dangereusesProcédures de verrouillage
CSA Z94.4-18Sélection, utilisation et entretien des appareils de protection respiratoireProtection respiratoire
CSA Z94.3-15Lunettes et écrans de protectionProtection oculaire
CSA Z259.16-16Systèmes de protection contre les chutesProtection antichute
Code canadien de l'électricité, Chapitre VC22.1-21Mise hors tension des installations électriques
CSA B149.1Code sur le gaz naturel et le propaneCoupure des conduites de gaz
CSA B167-16Ponts roulants et palansInspection des équipements de levage

Règlements fédéraux

Règlement sur la santé et la sécurité au travail (DORS/86-304) — Partie II du Code canadien du travail
Règlement sur les explosifs (DORS/2013-211) — Ressources naturelles Canada
Règlement sur le transport des marchandises dangereuses (DORS/2001-286) — Transport Canada

Exigence clé du Règlement sur le transport des marchandises dangereuses : Les déchets d'amiante doivent être transportés dans des contenants étanches, identifiés avec la classe 9 (matières dangereuses diverses), et accompagnés d'un document d'expédition.


Procédures de coupure des services publics

Séquence de coupure

La coupure des services publics doit être effectuée dans un ordre précis pour éviter les risques d'incendie, d'explosion ou d'électrocution :

164.Électricité : Couper le disjoncteur principal, verrouiller et étiqueter (cadenassage)
165.Gaz naturel : Fermer la vanne d'arrêt principale, purger la conduite (selon CSA B149.1)
166.Eau : Fermer la vanne principale, vidanger les canalisations
167.Égouts : Boucher les conduites pour empêcher les refoulements
168.Télécommunications : Déconnecter les lignes

Exigence CSA B149.1 (article 4.16) : Avant de démolir un bâtiment, le fournisseur de gaz doit être avisé et la conduite de service doit être coupée et scellée au niveau de la vanne d'arrêt principale. Il est interdit de couper une conduite de gaz sans autorisation écrite du fournisseur.

Vérification de l'absence de tension

Après la coupure de l'électricité, une vérification d'absence de tension doit être effectuée à l'aide d'un détecteur de tension calibré. Cette vérification est obligatoire avant toute intervention sur les circuits électriques.

Procédure :

173.Vérifier le bon fonctionnement du détecteur sur un circuit connu sous tension
174.Tester chaque conducteur (phase, neutre, terre)
175.Revérifier le détecteur après le test pour confirmer son bon fonctionnement

Pièges à éviter

178.Confondre masse volumique et charge : La masse volumique (kg/m³) doit être multipliée par 9,81 m/s² pour obtenir la charge en kN/m³. Un béton de 2 400 kg/m³ exerce une charge de 23,5 kN/m³.
179.Oublier le facteur de foisonnement : Le volume de débris est toujours supérieur au volume initial. Un calcul sans facteur de foisonnement sous-estime le nombre de conteneurs nécessaires.
180.Démolir les murs porteurs avant les planchers : La séquence du haut vers le bas est non négociable. Une démolition des murs porteurs en premier provoque un effondrement prématuré.
181.Négliger la vérification de l'amiante : Toute démolition d'un bâtiment construit avant 1990 doit inclure une évaluation de l'amiante. L'absence de test n'élimine pas le risque.
182.Ignorer la capacité de charge des conteneurs : Un conteneur « plein » en volume peut être excessivement lourd. Vérifiez toujours la masse, pas seulement le volume.
183.Couper le gaz sans autorisation : La coupure du gaz doit être effectuée par le fournisseur ou avec son autorisation écrite. Une intervention non autorisée est une infraction réglementaire.
184.Sous-estimer le périmètre de sécurité : Le périmètre doit être au moins égal à la hauteur du bâtiment plus 1,5 m. Un périmètre trop petit expose les travailleurs et le public.
185.Réutiliser des éléments structuraux sans certification : Les poutres et colonnes récupérées doivent être inspectées et certifiées par un ingénieur avant réutilisation.
186.Confondre les normes provinciales et nationales : L'examen Sceau Rouge se concentre sur les normes nationales (CSA, Code canadien de l'électricité, règlements fédéraux). Les exigences provinciales varient et ne sont pas testées directement.
187.Oublier la documentation photographique : L'inspection préalable des bâtiments adjacents doit être documentée. Sans preuve photographique, toute réclamation pour dommages est difficile à contester.

Résumé

La démolition, l'enlèvement et la récupération sont des opérations à haut risque qui exigent une planification rigoureuse et une exécution méthodique. Les points essentiels à retenir pour l'examen Sceau Rouge :

Évaluation préalable : Inspection structurale, identification des matières dangereuses, vérification des services publics.
Séquence de démolition : Toujours du haut vers le bas, en retirant d'abord les éléments non structuraux.
Calculs : Maîtrisez les formules de charge admissible (w = 8M_r/L²), le facteur de foisonnement, et la conversion masse volumique → charge.
Matières dangereuses : L'amiante (LEP de 0,1 fibre/cm³), le plomb, la silice cristalline et les PCB exigent des procédures spécifiques de protection et d'élimination.
Récupération : Le tri des matériaux (béton, métaux, bois, gypse) réduit les coûts d'enfouissement et génère des revenus.
Normes : CSA S850-12 (vibrations), CSA Z460-13 (cadenassage), CSA B149.1 (gaz), Code canadien de l'électricité Chapitre V, Règlement sur les explosifs.
Sécurité : Périmètre de sécurité (hauteur + 1,5 m), protection des structures adjacentes, contrôle de la poussière, vérification d'absence de tension.

Le compagnon constructeur de chantier certifié Sceau Rouge doit non seulement exécuter les travaux, mais aussi comprendre les principes d'ingénierie sous-jacents, appliquer les normes nationales, et assurer la sécurité de tous les intervenants. La maîtrise de ce chapitre vous prépare à répondre aux questions de l'examen portant sur les aspects techniques, réglementaires et pratiques de la démolition.


Questions d'auto-évaluation

201.Quel est le facteur de foisonnement typique pour le béton armé ?

a) 1,0 – 1,1

b) 1,3 – 1,5

c) 1,8 – 2,0

d) 2,5 – 3,0

206.Quelle est la limite d'exposition professionnelle (LEP) pour l'amiante sur 8 heures ?

a) 0,01 fibre/cm³

b) 0,1 fibre/cm³

c) 1,0 fibre/cm³

d) 10 fibres/cm³

211.Un bâtiment de 8 m de hauteur nécessite un périmètre de sécurité d'au moins :

a) 8 m

b) 9,5 m

c) 10 m

d) 12 m

216.Quelle norme CSA régit le cadenassage et la maîtrise des énergies dangereuses ?

a) CSA S850-12

b) CSA Z460-13

c) CSA Z94.4-18

d) CSA B167-16

221.Un mur de béton armé de 15 m × 2,5 m × 0,25 m est démoli. Quelle est la masse approximative des débris ?

a) 9,4 tonnes

b) 18,8 tonnes

c) 23,4 tonnes

d) 28,1 tonnes

Réponses : 1-b, 2-b, 3-b (8 + 1,5 = 9,5 m), 4-b, 5-c (Volume = 15 × 2,5 × 0,25 = 9,375 m³; Masse = 9,375 × 2 500 = 23 437,5 kg ≈ 23,4 tonnes)

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