Panneaux extérieurs et systèmes d'isolation
Introduction au module
Ce chapitre traite des panneaux extérieurs (revêtements rigides) et des systèmes d'isolation thermique appliqués aux murs extérieurs dans le cadre du métier de lather (poseur de systèmes intérieurs). Bien que votre titre de compétence soit axé sur l'intérieur, le Red Seal exige une maîtrise des interfaces entre l'enveloppe du bâtiment et les systèmes intérieurs, notamment pour les cloisons, les plafonds et les gaines techniques. Vous devez comprendre les principes de la barrière d'étanchéité à l'air, du pare-vapeur, du contrôle thermique et de la gestion de l'humidité pour éviter les défaillances qui compromettent les systèmes intérieurs.
Ce chapitre couvre :
Les types de panneaux extérieurs (contreplaqué, OSB, panneaux de fibres, panneaux de ciment, panneaux isolants rigides).
Les systèmes d'isolation extérieure (murs à cavité, murs à isolation continue, EIFS – Enduit isolant sur support).
Les calculs de résistance thermique (RSI) et de coefficient de transmission thermique (U).
Les règles du Code national du bâtiment (CNB) et les normes canadiennes applicables.
Les procédures d'installation, les fixations, les joints, les solins et les détails de pénétration.
1. Rôles et responsabilités du lather dans l'enveloppe du bâtiment
Le lather (interior systems mechanic) intervient souvent avant la pose des panneaux de gypse intérieurs, mais il doit coordonner son travail avec l'installation des panneaux extérieurs, de l'isolant et des barrières. Vous devez :
Vérifier que la surface de support (ossature de bois ou d'acier) est plane, propre et conforme aux tolérances.
Installer les fourrures ou les espaces d'air nécessaires pour les systèmes de murs à cavité.
Assurer la continuité du pare-air et du pare-vapeur au niveau des pénétrations (prises électriques, conduits, tuyauterie).
Poser les panneaux de support pour les enduits extérieurs (EIFS) ou les systèmes de bardage.
Point clé pour l'examen : Le Red Seal teste votre capacité à lire les plans et devis pour identifier le type de système d'enveloppe et les exigences de performance (RSI, perméance à la vapeur, résistance au feu). Vous n'êtes pas responsable de la conception, mais vous devez signaler les non-conformités.
2. Panneaux extérieurs : types, propriétés et usages
2.1 Panneaux dérivés du bois
| Type | Épaisseurs courantes | Usage typique | Norme de référence |
|---|
| Contreplaqué (plywood) | 9,5 mm, 12,5 mm, 15,5 mm | Support de bardage, rigidité diagonale | CSA O121 (contreplaqué de résineux) |
| OSB (panneau de lamelles orientées) | 9,5 mm, 11,1 mm, 12,5 mm | Support de bardage, gaines techniques | CSA O325 |
| Panneau de fibres (hardboard) | 6,0 mm à 12,0 mm | Sous-couche, finition intérieure/extérieure | CSA CAN3-O437 |
Propriétés importantes :
Résistance à l'humidité : Le contreplaqué extérieur (catégorie « Exposure 1 » ou « Exterior ») est traité avec des adhésifs résistants à l'eau. L'OSB est plus sensible à l'humidité sur les chants ; il faut prévoir un jeu de 2 mm entre les panneaux pour permettre la dilatation.
Rigidité : Les panneaux structuraux (contreplaqué, OSB) assurent le contreventement (résistance aux charges latérales). Leur épaisseur minimale est dictée par le CNB (section 9.23) pour les bâtiments de petite hauteur.
Perméance à la vapeur : Un panneau de contreplaqué de 12,5 mm a une perméance d'environ 200 ng/(Pa·s·m²). Il n'agit pas comme pare-vapeur ; il laisse passer la vapeur d'eau.
Règle du CNB (9.23.15.1) : Les panneaux de contreventement doivent être fixés à l'ossature avec des clous ou des vis espacés de 150 mm sur les bords et de 300 mm au centre. Les clous doivent pénétrer d'au moins 32 mm dans l'élément d'ossature.
2.2 Panneaux de ciment et de fibres-ciment
| Type | Épaisseurs | Usage | Norme |
|---|
| Panneau de ciment (Durock, HardieBacker) | 12,5 mm, 15,5 mm | Support de carrelage, zones humides | ASTM C1325 |
| Fibres-ciment (panneau de bardage) | 8 mm à 12 mm | Bardage extérieur, soffites | CSA A118.4 |
Caractéristiques :
Incombustible : Classification A (non combustible) selon la norme CAN/ULC-S114.
Résistance à l'humidité : Ne pourrit pas, ne se déforme pas. Idéal pour les murs de fondation, les douches, les saunas.
Coupe : Utiliser une meuleuse avec disque diamanté ou une scie circulaire avec lame carbure. Le port d'un masque antipoussière est obligatoire (silice cristalline).
Piège d'examen : Les panneaux de ciment ne sont pas des panneaux structuraux. Ils ne contribuent pas au contreventement. Ils doivent être posés sur une ossature déjà contreventée.
2.3 Panneaux isolants rigides
| Type | Conductivité thermique (k) en W/(m·K) | RSI par 25 mm | Usage |
|---|
| Polystyrène expansé (PSE) | 0,036 – 0,040 | 0,63 – 0,70 | Isolation continue, sous-sol |
| Polystyrène extrudé (XPS) | 0,029 – 0,033 | 0,76 – 0,88 | Isolation continue, zones humides |
| Polyisocyanurate (PIR) | 0,022 – 0,028 | 0,90 – 1,10 | Toitures, murs, haute performance |
| Laine minérale rigide | 0,034 – 0,040 | 0,63 – 0,74 | Isolation coupe-feu, acoustique |
Règles d'installation :
Les panneaux rigides doivent être posés en deux couches avec joints décalés si l'épaisseur totale dépasse 50 mm (CNB 9.25.2.4).
Les joints doivent être scellés avec un ruban adhésif compatible ou un mastic pour assurer la continuité du pare-air.
Le XPS est résistant à l'humidité et peut être utilisé en contact avec le sol. Le PSE a une absorption d'eau plus élevée ; il doit être protégé par une membrane imperméable.
Le PIR a un vieillissement thermique ; sa valeur RSI diminue avec le temps. Il doit être recouvert d'un parement (feuille d'aluminium) pour minimiser ce phénomène.
Calcul de résistance thermique totale :
Pour un mur composé de plusieurs couches, la résistance thermique totale (RSI_total) est la somme des résistances de chaque couche :
RSI_total = RSI_1 + RSI_2 + ... + RSI_n
Où RSI_i = épaisseur (m) / conductivité thermique (k) de la couche i.
Exemple : Un mur avec 12,5 mm de contreplaqué (k = 0,12 W/(m·K)), 50 mm de PSE (k = 0,038) et 12,5 mm de gypse (k = 0,16).
RSI_contreplaqué = 0,0125 / 0,12 = 0,104
RSI_PSE = 0,050 / 0,038 = 1,316
RSI_gypse = 0,0125 / 0,16 = 0,078
RSI_total = 0,104 + 1,316 + 0,078 = 1,498
Le coefficient U = 1 / RSI_total = 1 / 1,498 = 0,667 W/(m²·K).
Note : Le CNB exige une résistance thermique minimale pour les murs extérieurs selon la zone climatique (voir tableau 9.36.2.6). Pour la zone 4 (Toronto, Montréal), le RSI minimal est de 4,67 pour les murs hors sol. Pour la zone 7 (Whitehorse), il est de 7,04.
3. Systèmes d'isolation extérieure
3.1 Mur à cavité (drainage)
Ce système comprend, de l'intérieur vers l'extérieur :
56.Pare-vapeur (polyéthylène 6 mil ou membrane intelligente).
57.Ossature (bois ou acier) avec isolant en cavité (laine minérale, cellulose, mousse).
58.Panneau de revêtement extérieur (contreplaqué, OSB).
59.Espace d'air (≥ 10 mm) pour le drainage et la ventilation.
60.Pare-pluie (membrane résistante à l'eau) ou revêtement extérieur (brique, bardage).
Rôle du lather : Installer les fourrures verticales (lattes) pour créer l'espace d'air. Les fourrures doivent être en bois traité ou en métal galvanisé, fixées à l'ossature à travers le panneau de revêtement. L'espace d'air doit être continu et dégagé pour permettre l'écoulement de l'eau et l'évacuation de la vapeur.
Règle CNB (9.27.2.2) : L'espace d'air doit avoir une largeur minimale de 10 mm, sauf si le revêtement extérieur est un système de bardage ventilé (ex. : déclin de vinyle) qui peut avoir un espace de 6 mm.
3.2 Mur à isolation continue (EIFS – Enduit isolant sur support)
Le système EIFS (Exterior Insulation and Finish System) est un mur multicouche où l'isolant rigide est collé ou fixé mécaniquement sur le support, puis recouvert d'un enduit de finition armé d'un treillis en fibre de verre.
Composants :
Support : Panneau de gypse extérieur (type X) ou panneau de ciment.
Adhésif : Mortier-colle compatible avec l'isolant.
Isolant : PSE ou XPS, généralement en panneaux de 25 à 100 mm.
Treillis : Maille en fibre de verre (maillage 3,5 mm × 3,5 mm) noyée dans la couche de base.
Couche de base : Mortier polymère (3 à 6 mm d'épaisseur).
Couche de finition : Enduit acrylique ou minéral (1,5 à 3 mm).
Procédure d'installation :
73.Vérifier la planéité du support (tolérance : 3 mm sous une règle de 3 m).
74.Appliquer l'adhésif sur l'isolant (méthode du cordon périphérique + plots) ou sur le support (méthode du peigne).
75.Poser l'isolant en joints décalés (au moins 150 mm de décalage entre les rangées).
76.Poncer les panneaux pour éliminer les irrégularités (pas plus de 1,5 mm de différence).
77.Appliquer la couche de base sur une épaisseur de 3 mm, encastrer le treillis, puis appliquer une seconde passe de 2 à 3 mm.
78.Laisser sécher 24 à 48 heures avant d'appliquer la finition.
Piège d'examen : Le treillis doit être chevauché d'au moins 65 mm aux joints. Aux angles, il doit être plié à 45° et remonter d'au moins 150 mm de chaque côté.
Exigences de performance :
Le système EIFS doit avoir un pare-air continu du côté intérieur (ou entre le support et l'isolant).
L'isolant doit être protégé des rayons UV (pas plus de 30 jours d'exposition avant l'application de la couche de base).
Le système doit être drainé : prévoir des larmiers (gouttes d'eau) en bas de mur et des solins aux ouvertures.
3.3 Isolation par l'extérieur (panneaux rigides + bardage)
Ce système est courant pour les rénovations énergétiques. Les panneaux rigides sont fixés à l'extérieur de l'ossature, puis recouverts d'un bardage (vinyle, métal, fibres-ciment).
Fixations :
Clous à tête large (galvanisés) ou vis à rondelle pour panneaux rigides.
Espacement : 300 mm au centre, 150 mm sur les bords.
Les fixations doivent pénétrer d'au moins 25 mm dans l'ossature.
Règle CNB (9.25.2.3) : L'isolant rigide extérieur doit être installé en deux couches si l'épaisseur dépasse 50 mm, avec joints décalés et scellés.
Interface avec le pare-vapeur : Si l'isolant extérieur a une perméance inférieure à 60 ng/(Pa·s·m²), il agit comme un pare-vapeur extérieur. Dans ce cas, le pare-vapeur intérieur doit être variable (membrane intelligente) pour permettre le séchage vers l'intérieur. Cette configuration est appelée « mur à double pare-vapeur » et doit être conçue par un ingénieur.
4. Barrières d'étanchéité à l'air et pare-vapeur
4.1 Définitions et différences
| Caractéristique | Pare-air | Pare-vapeur |
|---|
| Fonction | Empêcher le passage de l'air (convection) | Empêcher le passage de la vapeur d'eau (diffusion) |
| Unité de mesure | Perméance à l'air (L/(s·m²) à 75 Pa) | Perméance à la vapeur (ng/(Pa·s·m²)) |
| Position dans le mur | Côté chaud ou froid selon le climat | Côté chaud (intérieur en climat froid) |
| Matériaux typiques | Membrane d'étanchéité, ruban, mastic | Polyéthylène 6 mil, membrane intelligente |
Règle CNB (9.25.4.2) : Le pare-vapeur doit être installé du côté chaud de l'isolant. Dans les bâtiments chauffés en hiver, cela signifie du côté intérieur. La perméance maximale du pare-vapeur est de 60 ng/(Pa·s·m²) (moins de 1 perm).
Règle CNB (9.25.3.2) : Le pare-air doit être continu à travers toutes les pénétrations. Il peut être installé de n'importe quel côté de l'isolant, mais il doit être durable et accessible pour inspection.
4.2 Installation du pare-vapeur (polyéthylène)
99.Poser le polyéthylène du côté chaud de l'isolant, avant la pose des panneaux de gypse.
100.Les lés doivent se chevaucher d'au moins 100 mm.
101.Sceller les chevauchements avec du mastic acoustique ou du ruban adhésif compatible.
102.Sceller les pénétrations (boîtes électriques, tuyaux) avec des manchons ou du mastic.
103.Agrafer le polyéthylène à l'ossature tous les 300 mm, sans le déchirer.
Piège d'examen : Le polyéthylène ne doit pas être percé par les vis de fixation des panneaux de gypse. Utiliser des cales ou des fourrures pour maintenir le pare-vapeur en place sans le percer, ou utiliser des attaches à tête large qui percent le polyéthylène mais sont scellées.
4.3 Membranes intelligentes (pare-vapeur variable)
Ces membranes (ex. : CertainTeed MemBrain, Pro Clima) ont une perméance qui varie avec l'humidité relative :
En hiver (HR < 40 %) : perméance faible (< 60 ng/(Pa·s·m²)) – agit comme pare-vapeur.
En été (HR > 60 %) : perméance élevée (> 500 ng/(Pa·s·m²)) – permet le séchage vers l'intérieur.
Usage : Recommandé pour les murs avec isolation extérieure rigide (double pare-vapeur) ou pour les rénovations où le pare-vapeur intérieur n'est pas souhaitable.
5. Calculs et conversions pour l'examen
5.1 Conversion entre RSI et R (valeur impériale)
RSI (m²·K/W) = R (h·ft²·°F/Btu) / 5,678
R (h·ft²·°F/Btu) = RSI × 5,678
Exemple : Une valeur RSI de 3,5 correspond à R = 3,5 × 5,678 = 19,9 (≈ R20).
5.2 Calcul de la charge de chauffage (approximation)
Pour une paroi, la perte de chaleur est :
Q = U × A × ΔT
Où :
Q = perte de chaleur (W)
U = coefficient de transmission thermique (W/(m²·K))
A = surface de la paroi (m²)
ΔT = différence de température intérieure/extérieure (K ou °C)
Exemple : Un mur de 20 m² avec U = 0,30 W/(m²·K), ΔT = 40 °C (intérieur 21 °C, extérieur -19 °C).
Q = 0,30 × 20 × 40 = 240 W.
5.3 Calcul de la résistance thermique d'une cavité avec ponts thermiques
Les montants d'ossature créent des ponts thermiques. La résistance thermique effective d'un mur à cavité est calculée par la méthode de la moyenne pondérée (méthode parallèle) :
RSI_effectif = 1 / [ (f_montant / RSI_montant) + (f_cavité / RSI_cavité) ]
Où f_montant et f_cavité sont les fractions de surface (ex. : montants 16" o.c. = 15 % de la surface).
Exemple : Montants 38 × 140 mm (RSI_montant = 0,88), cavité avec laine minérale RSI 3,5. Fractions : f_montant = 0,15, f_cavité = 0,85.
RSI_effectif = 1 / [ (0,15 / 0,88) + (0,85 / 3,5) ] = 1 / [0,170 + 0,243] = 1 / 0,413 = 2,42.
Note : Ce calcul est simplifié. La méthode réelle (CNB 9.36.2.11) utilise une moyenne série-parallèle plus précise, mais la méthode parallèle est souvent suffisante pour l'examen.
6. Normes et codes applicables
6.1 Code national du bâtiment (CNB) – Édition 2020
Section 9.23 : Ossature en bois – contreventement, fixations.
Section 9.25 : Isolation thermique, pare-air et pare-vapeur.
Section 9.27 : Revêtements extérieurs – exigences de pose.
Section 9.36 : Efficacité énergétique – valeurs RSI minimales.
6.2 Normes CSA (Association canadienne de normalisation)
CSA O121 : Contreplaqué de résineux.
CSA O325 : Panneaux de lamelles orientées (OSB).
CSA A118.4 : Panneaux de fibres-ciment.
CAN/ULC-S114 : Méthode d'essai de non-combustibilité.
6.3 Autres normes pertinentes
CAN/ULC-S701 : Isolation thermique en polystyrène.
CAN/ULC-S702 : Isolation thermique en laine minérale.
ASTM E2178 : Perméance à l'air des matériaux de pare-air.
ASTM E96 : Transmission de vapeur d'eau.
Règle clé : Le CNB est un code modèle adopté par les provinces et territoires. Vérifiez toujours l'édition en vigueur dans votre juridiction, mais l'examen Red Seal se base sur les principes généraux du CNB.
7. Procédures d'installation détaillées
7.1 Pose des panneaux de contreventement (OSB ou contreplaqué)
154.Alignement : Commencer par le bas du mur, aligner le panneau avec le bord de la semelle.
155.Espacement : Laisser un jeu de 2 mm entre les panneaux (dilatation).
156.Fixation : Clous annelés ou vis à bois, espacés de 150 mm sur les bords et 300 mm au centre.
157.Orientation : Les panneaux doivent être posés perpendiculairement aux montants (le grand côté horizontal).
158.Joints : Les joints verticaux doivent tomber au centre d'un montant. Les joints horizontaux doivent être soutenus par une membrure (blocage) ou un solive de rive.
Tolérance de planéité : La surface finie ne doit pas varier de plus de 6 mm sous une règle de 3 m (CNB 9.23.13.11).
7.2 Pose des panneaux isolants rigides extérieurs
161.Préparation : Nettoyer la surface, vérifier l'absence de clous ou de vis saillants.
162.Première couche : Poser les panneaux en commençant par le bas, joints verticaux décalés d'au moins 150 mm par rapport aux rangées adjacentes.
163.Fixation : Utiliser des vis à rondelle (washered screws) ou des clous à tête large. Espacement : 300 mm au centre, 150 mm sur les bords.
164.Deuxième couche (si épaisseur > 50 mm) : Poser en quinconce (joints décalés d'au moins 150 mm par rapport à la première couche).
165.Scellement des joints : Appliquer un ruban adhésif compatible (ex. : ruban acrylique) sur tous les joints, y compris les intersections et les angles.
166.Pénétrations : Découper l'isolant avec un couteau à isolant ou une scie à guichet. Sceller autour des pénétrations avec du mastic ou de la mousse expansive.
7.3 Pose d'un système EIFS
168.Inspection du support : Vérifier la planéité, l'humidité (moins de 15 % pour le bois), et l'absence de contaminants.
169.Application de l'adhésif : Utiliser une truelle crantée (12,7 mm) pour appliquer l'adhésif sur le support, ou la méthode du cordon périphérique sur l'isolant.
170.Pose de l'isolant : Presser fermement, vérifier l'alignement avec un niveau. Les joints doivent être serrés (moins de 3 mm).
171.Ponçage : Utiliser une planche à poncer pour égaliser les surfaces (tolérance : 3 mm sous une règle de 3 m).
172.Couche de base : Appliquer le mortier polymère sur 3 mm, encastrer le treillis en le lissant du centre vers les bords, puis appliquer une seconde passe de 2 mm.
173.Séchage : Laisser sécher 24 heures minimum avant la finition. La température doit être supérieure à 5 °C pendant la pose et le séchage.
174.Finition : Appliquer l'enduit de finition à la truelle, en une couche uniforme de 1,5 à 3 mm. Texturer selon les spécifications.
Conditions météorologiques : Ne pas appliquer l'EIFS par temps de pluie, de gel ou de vent fort. La température minimale est de 5 °C pour l'application et de 4 °C pour le séchage.
8. Détails critiques et solins
8.1 Solins et larmiers
Les solins sont des pièces métalliques (aluminium, acier galvanisé, cuivre) qui dirigent l'eau loin du bâtiment. Points critiques :
Bas de mur : Larmier (drip edge) en bas du bardage, avec un retour d'au moins 10 mm vers l'extérieur.
Ouvertures (portes, fenêtres) : Solin en tête (head flashing) avec un retour de 10 mm et des relevés (end dams) aux extrémités.
Intersections mur-toit : Solin de rive (step flashing) pour les toits en pente, solin continu pour les toits plats.
Règle CNB (9.27.3.4) : Les solins doivent avoir une pente minimale de 60° par rapport à l'horizontale pour évacuer l'eau.
8.2 Pénétrations
Toute pénétration (tuyau, conduit, câble) doit être :
186.Étanche à l'air : Mastic, manchon en caoutchouc, ou ruban.
187.Étanche à l'eau : Solin ou collerette (boot) en caoutchouc ou en métal.
188.Isolée : Remplir l'espace autour de la pénétration avec de la mousse expansive ou de la laine minérale.
Piège d'examen : La mousse expansive (spray foam) n'est pas un pare-air à elle seule. Elle doit être recouverte d'un mastic ou d'un ruban pour assurer l'étanchéité à long terme.
8.3 Joints de dilatation
Les grands murs (plus de 15 m) nécessitent des joints de dilatation pour absorber les mouvements thermiques. Ces joints doivent être :
Étanches à l'air : Membrane extensible (ex. : membrane en caoutchouc butyle).
Étanches à l'eau : Mastic de jointoiement compatible.
Isolés : Bande d'isolant compressible.
9. Sécurité et santé au travail
9.1 Risques spécifiques
Silice cristalline : Coupe des panneaux de ciment et de fibres-ciment – porter un masque N95 ou une ventilation locale.
Isocyanates : Mousses de polyuréthane – porter un appareil respiratoire à cartouche (NIOSH) et des gants.
Travail en hauteur : Échafaudages, plateformes élévatrices – respecter les règles de la juridiction compétente (CCOHS, normes CSA).
Manutention : Les panneaux de gypse et de ciment sont lourds – utiliser des techniques de levage sécuritaires.
9.2 Équipement de protection individuelle (EPI)
Lunettes de sécurité (coupe, ponçage).
Gants de travail (manutention).
Protection auditive (meuleuse, scie circulaire).
Harnais de sécurité (travail en hauteur > 3 m).
10. Pièges à éviter (examen et pratique)
209.Confondre pare-air et pare-vapeur : Le pare-air contrôle l'air, le pare-vapeur contrôle la vapeur. Un matériau peut être les deux (polyéthylène), mais ce n'est pas toujours le cas.
210.Oublier le décalage des joints : Les panneaux isolants rigides doivent avoir des joints décalés d'au moins 150 mm entre les couches.
211.Négliger le scellement des joints : Un joint non scellé dans un pare-air annule la performance du système.
212.Utiliser des fixations trop longues : Les vis ou clous qui percent le pare-vapeur intérieur créent des fuites d'air.
213.Ignorer les ponts thermiques : Les montants métalliques ont une résistance thermique très faible (RSI ≈ 0,15 pour 38 mm). Prévoir une isolation continue extérieure.
214.Calculer le RSI avec les mauvaises unités : L'épaisseur doit être en mètres, la conductivité en W/(m·K).
215.Penser que l'OSB est résistant à l'eau : L'OSB gonfle et se délite s'il est exposé à l'humidité prolongée. Le protéger rapidement.
216.Appliquer l'EIFS par temps froid : La température minimale est de 5 °C pour l'application et le séchage.
217.Oublier les solins aux ouvertures : Un solin manquant en tête de fenêtre provoque des infiltrations d'eau.
218.Ne pas vérifier la compatibilité des matériaux : Le ruban adhésif doit être compatible avec le pare-air (ex. : ruban acrylique pour polyéthylène).
11. Résumé
Les panneaux extérieurs (contreplaqué, OSB, ciment, fibres-ciment) servent de support, de contreventement ou de protection. Chaque type a des propriétés spécifiques de résistance à l'humidité, de rigidité et de perméance.
Les panneaux isolants rigides (PSE, XPS, PIR, laine minérale) offrent une isolation continue. Leur installation exige des joints décalés, scellés et des fixations appropriées.
Le système EIFS est un mur multicouche avec isolant rigide et enduit armé. La procédure d'installation est stricte : planéité, treillis, chevauchements, conditions météorologiques.
Le pare-air et le pare-vapeur sont deux fonctions distinctes. Le pare-vapeur est installé du côté chaud (intérieur), le pare-air doit être continu.
Les calculs de RSI et U sont essentiels pour vérifier la conformité aux exigences du CNB (section 9.36).
Les solins et larmiers sont critiques pour la gestion de l'eau. Toute pénétrations doit être étanche à l'air et à l'eau.
La sécurité est primordiale : silice, isocyanates, travail en hauteur.
12. Questions de révision (auto-évaluation)
230.Quelle est la différence entre un pare-air et un pare-vapeur ? Donnez un exemple de matériau pour chacun.
231.Calculez le RSI total d'un mur composé de : 12,5 mm de gypse (k = 0,16), 38 × 140 mm de laine minérale (RSI = 3,5), 12,5 mm d'OSB (k = 0,10), 25 mm de XPS (k = 0,029).
232.Quelle est l'épaisseur minimale de l'espace d'air dans un mur à cavité ? Citez la règle du CNB.
233.Quelles sont les conditions météorologiques minimales pour l'application d'un système EIFS ?
234.Pourquoi le polyéthylène 6 mil est-il considéré comme un pare-vapeur ? Quelle est sa perméance typique ?
235.Nommez trois types de panneaux isolants rigides et leur conductivité thermique approximative.
236.Quelle est la tolérance de planéité pour un support de panneaux de gypse ?
237.Qu'est-ce qu'un pont thermique ? Comment le réduire dans un mur à ossature de bois ?
13. Références normatives (pour approfondissement)
Code national du bâtiment du Canada 2020, sections 9.23, 9.25, 9.27, 9.36.
CSA O121-17 (Contreplaqué de résineux).
CSA O325-16 (Panneaux de lamelles orientées).
CAN/ULC-S701-17 (Isolation thermique en polystyrène).
CAN/ULC-S702-17 (Isolation thermique en laine minérale).
ASTM E96/E96M-16 (Transmission de vapeur d'eau).
ASTM E2178-13 (Perméance à l'air des matériaux de pare-air).
Ce chapitre vous prépare aux questions du Red Seal portant sur les panneaux extérieurs et l'isolation. Maîtrisez les calculs, les règles du CNB et les procédures d'installation. Bonne étude.