Pose de carreaux muraux
Guide d'étude Red Seal Practice avec schémas.
Pose de carreaux muraux
Introduction au chapitre
La pose de carreaux muraux constitue un domaine distinct de la pose de planchers, avec ses propres exigences structurelles, hydriques et thermiques. Pour l’examen Sceau rouge, vous devez maîtriser non seulement les techniques de pose, mais aussi les calculs de surface, les critères de sélection des substrats, les exigences d’étanchéité et les normes canadiennes applicables. Ce chapitre couvre l’ensemble des compétences évaluées pour l’installation de carreaux sur murs intérieurs et extérieurs, incluant les systèmes de fixation, les mouvements différentiels, les joints de contrôle et les finitions.
2. Substrats et préparation des surfaces
2.1 Types de substrats muraux
Le substrat est la surface sur laquelle les carreaux sont installés. Sa condition détermine la durabilité de l’installation. Les substrats courants pour murs sont :
| Substrat | Caractéristiques | Usage typique |
|---|---|---|
| Plaque de plâtre (gypse) | Surface lisse, faible coût, résistance limitée à l’humidité | Murs intérieurs secs (salon, chambre) |
| Plaque de ciment (ex. : Durock, WonderBoard) | Résistante à l’eau, stable, ne se déforme pas | Douches, bains, murs extérieurs |
| Maçonnerie (bloc de béton, brique) | Surface irrégulière, absorption variable | Murs extérieurs, sous-sols |
| Panneau de mousse rigide (ex. : XPS, polyiso) | Isolation thermique, faible capacité portante | Murs extérieurs (nécessite lattage) |
| Contreplaqué extérieur | Stable si bien fixé, ne convient pas aux zones humides | Murs intérieurs secs, zones à faible humidité |
Exigence clé : Le substrat doit être propre, sec, exempt de poussière, de graisse, de cire et de particules lâches. Une surface contaminée réduit l’adhérence de 50 % ou plus, même avec un mortier-colle de haute qualité.
2.2 Préparation des plaques de plâtre
Les plaques de plâtre (gypse) doivent être installées conformément aux exigences du fabricant et aux normes de construction. Pour les zones humides (douches, baignoires), la plaque de plâtre standard n’est pas acceptable. Utilisez une plaque de ciment ou un panneau de gypse résistant à l’humidité (type X) avec une membrane d’étanchéité.
Procédure de préparation :
2.3 Plaques de ciment
Les plaques de ciment sont le substrat de choix pour les douches et les murs extérieurs. Elles sont composées de ciment Portland, de sable et de fibres de renfort, offrant une excellente résistance à l’humidité et aux chocs.
Installation :
Attention : Les plaques de ciment ne sont pas des membranes d’étanchéité. Elles doivent être recouvertes d’une membrane liquide ou d’une membrane en feuille dans les zones d’exposition directe à l’eau.
2.4 Lattage pour murs extérieurs
Pour les murs extérieurs en maçonnerie ou en panneaux de mousse, un lattage métallique (treillis) est requis pour supporter le mortier. Le lattage doit être fixé avec des attaches résistantes à la corrosion, espacées de 150 mm au centre, avec un chevauchement de 75 mm aux joints.
Types de lattage :
3. Mortiers et adhésifs
3.1 Classification des mortiers-colle
Les mortiers-colle sont classés selon la norme ANSI A118.1 (adoptée au Canada) et le CSA A23.1 pour le béton. Pour l’examen, retenez les types suivants :
| Type | Caractéristiques | Usage |
|---|---|---|
| Mortier-colle mince (thin-set) | Ciment Portland + sable fin + additifs | Carreaux céramiques, porcelaine, pierre naturelle |
| Mortier-colle épais (medium-bed) | Sable plus grossier, épaisseur 6 à 19 mm | Carreaux de grand format, surfaces irrégulières |
| Adhésif organique (mastic) | À base de résine, temps ouvert court | Petits carreaux muraux en zone sèche |
| Mortier de ciment (thick-set) | Sable + ciment, épaisseur 12 à 25 mm | Murs extérieurs, piscines, zones à fort trafic |
Règle pratique : Pour les carreaux de plus de 300 mm de côté, utilisez un mortier-colle à haute performance (classe améliorée) avec une adhérence d’au moins 1,0 MPa après 28 jours.
3.2 Temps ouvert et temps de correction
Piège d’examen : Ne dépassez jamais le temps ouvert. Si le mortier forme une peau (film sec), retirez-le et réappliquez. Poser sur un mortier avec peau réduit l’adhérence de 80 %.
3.3 Calcul de la quantité de mortier
La consommation de mortier-colle est exprimée en kg/m². Elle dépend de la taille de la truelle et du format du carreau.
Formule : Quantité (kg) = Surface (m²) × Consommation (kg/m²)
| Format de carreau | Truelle recommandée | Consommation (kg/m²) |
|---|---|---|
| Jusqu’à 100 mm | Truelle 6 mm (V) | 2,5 – 3,0 |
| 100 – 300 mm | Truelle 10 mm (V) | 3,5 – 4,5 |
| 300 – 600 mm | Truelle 12 mm (carrée) | 5,0 – 6,5 |
| Plus de 600 mm | Truelle 15 mm (carrée) | 7,0 – 9,0 |
Exemple de calcul : Pour une douche de 12 m² avec des carreaux de 300 mm, truelle 10 mm, consommation 4,0 kg/m² :
Quantité = 12 m² × 4,0 kg/m² = 48 kg de mortier-colle.
Ajoutez 10 % de perte : 48 × 1,10 = 52,8 kg.
4. Techniques de pose
4.1 Méthode de la truelle (thin-set)
C’est la méthode la plus courante pour les murs intérieurs. Elle consiste à appliquer le mortier sur le substrat avec une truelle crantée, puis à presser le carreau dans le mortier.
Procédure :
Exigence de couverture : Pour les murs intérieurs, la couverture de mortier doit être d’au moins 80 % de la surface du carreau. Pour les zones humides (douches) et les murs extérieurs, la couverture doit être de 95 % ou plus.
4.2 Méthode du lit de mortier (thick-set)
Utilisée pour les murs extérieurs, les piscines et les surfaces très irrégulières. Le mortier est appliqué en couche épaisse (12 à 25 mm) sur un lattage métallique.
Procédure :
Avantage : Ce système permet d’absorber les mouvements du bâtiment et de corriger les défauts de planéité du substrat.
4.3 Pose en diagonale et en chevrons
La pose en diagonale (à 45°) est courante pour les murs décoratifs. Elle nécessite plus de coupes et augmente le temps de pose de 15 à 20 %.
Calcul des coupes : Pour une pose en diagonale, les carreaux de bordure sont coupés en triangles. La longueur de la coupe est égale à la diagonale du carreau : D = L × √2, où L est la longueur du carreau.
Exemple : Carreau de 300 mm × 300 mm. Diagonale = 300 × 1,414 = 424 mm.
4.4 Joints de mouvement
Les joints de mouvement (ou joints de contrôle) sont essentiels pour permettre la dilatation et la contraction thermique et hydrique. Ils doivent être placés :
Largeur des joints : 6 à 12 mm, remplis avec un mastic souple (ex. : silicone) ou un profilé de mouvement.
Règle du Sceau rouge : Les joints de mouvement doivent être prévus dans la conception et ne doivent jamais être recouverts de coulis. Un joint de mouvement manquant est une cause fréquente de décollement et de fissuration.
5. Coulis (jointoiement)
5.1 Types de coulis
| Type | Composition | Largeur de joint | Usage |
|---|---|---|---|
| Coulis de ciment sablé | Ciment + sable | 6 mm et plus | Carreaux de sol et murs extérieurs |
| Coulis de ciment non sablé | Ciment sans sable | 3 mm et moins | Carreaux muraux de petit format |
| Coulis époxy | Résine + durcisseur | Toutes largeurs | Zones chimiques, hôpitaux, comptoirs |
| Coulis à base de furane | Résine noire | Toutes largeurs | Zones industrielles |
Choix pour murs : Pour les murs intérieurs, le coulis de ciment non sablé est courant pour les joints de 2 à 3 mm. Pour les joints de 3 à 6 mm, utilisez un coulis sablé fin.
5.2 Procédure de jointoiement
5.3 Calcul de la quantité de coulis
La quantité de coulis dépend de la largeur et de la profondeur des joints, ainsi que du format des carreaux.
Formule :
Quantité (kg/m²) = (Largeur du joint (mm) × Profondeur du joint (mm) × 1,8) / (Longueur du carreau (mm) + Largeur du carreau (mm))
Exemple : Carreaux de 300 mm × 300 mm, joints de 3 mm de large et 8 mm de profondeur.
Quantité = (3 × 8 × 1,8) / (300 + 300) = 43,2 / 600 = 0,072 kg/m².
Pour 12 m² : 12 × 0,072 = 0,86 kg de coulis.
6. Étanchéité et protection contre l’humidité
6.1 Membranes d’étanchéité
Les membranes d’étanchéité sont obligatoires dans les zones humides (douches, baignoires, murs extérieurs). Elles empêchent l’eau de pénétrer dans le substrat et de causer des dommages structurels ou de la moisissure.
| Type de membrane | Application | Avantages | Inconvénients |
|---|---|---|---|
| Liquide (ex. : RedGard) | Rouleau ou pinceau | S’adapte aux formes complexes, pas de joints | Nécessite 2 couches, temps de séchage |
| Feuille (ex. : Kerdi, Schluter) | Collée avec mortier-colle | Étanchéité immédiate, épaisseur uniforme | Coût plus élevé, joints à sceller |
| Panneau composite (ex. : Wedi, GoBoard) | Vis + mastic | Isolation intégrée, installation rapide | Coût élevé, nécessite des accessoires spécifiques |
Exigence d’installation :
6.2 Pente et drainage
Dans une douche, le plancher doit avoir une pente de 1,5 % à 2 % (environ 15 à 20 mm par mètre) vers le drain. Les murs doivent être parfaitement verticaux (aplomb), mais le plancher doit être incliné pour éviter l’accumulation d’eau.
Piège d’examen : Une pente insuffisante (< 1 %) cause une stagnation d’eau et des dommages à long terme. Une pente excessive (> 2 %) rend la marche inconfortable et peut faire glisser les carreaux.
7. Normes et codes applicables
7.1 Normes canadiennes
Les normes suivantes sont citées dans l’examen du Sceau rouge :
| Norme | Titre | Application |
|---|---|---|
| CSA A23.1 | Béton : constituants et exécution des travaux | Substrats en béton, mortiers |
| CSA A82 | Carreaux de céramique | Classification des carreaux |
| ANSI A118.1 | Spécifications pour mortiers-colle | Mortiers-colle et adhésifs |
| ANSI A118.4 | Spécifications pour coulis | Coulis de ciment et époxy |
| Code national du bâtiment (CNB) | Exigences structurelles et de sécurité | Conception des murs, charges |
| Code canadien de l’électricité, Chapitre V | Installations électriques | Éclairage, prises dans les zones humides |
Règle 8-200 du Code canadien de l’électricité : Dans les salles de bains, les prises de courant doivent être protégées par un disjoncteur de fuite à la terre (GFCI) et situées à au moins 1 m de la baignoire ou de la douche. Le carreleur doit coordonner l’emplacement des boîtes électriques avec l’électricien.
7.2 Exigences du CNB pour les murs
8. Calculs et mesures
8.1 Calcul de la surface murale
Formule : Surface = Périmètre × Hauteur − Surface des ouvertures
Exemple : Une salle de bain de 2,4 m × 3,0 m, hauteur de mur de 2,4 m, avec une porte de 0,9 m × 2,0 m et une fenêtre de 0,6 m × 0,9 m.
Ajoutez 10 % pour les coupes et les pertes : 23,58 × 1,10 = 25,94 m² de carreaux à commander.
8.2 Nombre de carreaux
Formule : Nombre de carreaux = Surface nette / Surface d’un carreau
Exemple : Carreaux de 300 mm × 300 mm (0,09 m²).
Nombre = 23,58 / 0,09 = 262 carreaux.
Ajoutez 10 % : 262 × 1,10 = 288 carreaux.
8.3 Calcul de la quantité de mortier-colle
Formule : Quantité (kg) = Surface (m²) × Consommation (kg/m²) × 1,10 (perte)
Exemple : Surface de 23,58 m², consommation de 4,5 kg/m².
Quantité = 23,58 × 4,5 × 1,10 = 116,7 kg.
9. Pièges à éviter
10. Résumé
11. Questions d’auto-évaluation
12. Références
Ce chapitre vous prépare aux questions théoriques et aux calculs de l’examen Sceau rouge. Révisez les normes et les formules, et pratiquez les calculs de surface et de matériaux jusqu’à ce qu’ils deviennent automatiques.
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