Chapitre II

Identification, manutention et préparation des matériaux

Guide d'étude Red Seal Practice avec schémas.

Identification, manutention et préparation des matériaux

Introduction au module

Ce chapitre couvre l'ensemble des connaissances requises pour l'examen Sceau Rouge concernant l'identification des métaux, leur manutention sécuritaire et leur préparation avant soudage ou assemblage. En tant que métallier-monteur (fitter), vous devez non seulement savoir lire les spécifications des matériaux, mais aussi comprendre leurs propriétés physiques et chimiques, les normes qui les régissent, et les procédures de préparation qui garantissent l'intégrité des assemblages. La maîtrise de ce contenu est essentielle : environ 15 à 20 % des questions de l'examen portent sur ce domaine de compétence.


Identification des métaux ferreux

Classification générale des aciers

Les aciers sont des alliages de fer et de carbone, avec une teneur en carbone généralement inférieure à 2,11 %. Au-delà de cette valeur, on parle de fonte. La classification des aciers repose sur leur composition chimique, leur mode de désoxydation et leurs propriétés mécaniques.

Aciers au carbone

Les aciers au carbone sont subdivisés en quatre catégories selon leur teneur en carbone :

CatégorieTeneur en C (%)Applications typiques
Acier extra-doux0,05 – 0,15Tôles, tubes, fils, carrosserie
Acier doux0,15 – 0,30Charpentes, réservoirs, poutres
Acier demi-doux0,30 – 0,50Arbres, engrenages, rails
Acier dur0,50 – 1,10Outils, ressorts, lames

La teneur en carbone influence directement la soudabilité : plus le carbone est élevé, plus le risque de fissuration à froid augmente. Pour évaluer ce risque, on utilise le carbone équivalent (CE) , calculé selon la formule de l'IIW (Institut International de la Soudure) :

CE = C + (Mn/6) + [(Cr + Mo + V)/5] + [(Ni + Cu)/15]

Un CE supérieur à 0,45 % indique un acier difficile à souder sans préchauffage. Par exemple, pour un acier ASTM A36 avec C = 0,25 % et Mn = 1,0 % : CE = 0,25 + (1,0/6) = 0,25 + 0,167 = 0,417 %. Ce matériau est soudable sans préchauffage, mais avec prudence.

Aciers faiblement alliés

Les aciers faiblement alliés contiennent des éléments d'alliage totaux entre 1 % et 5 % en poids. Les éléments courants sont le chrome, le nickel, le molybdène et le vanadium. Ces aciers offrent une meilleure résistance mécanique et une meilleure trempabilité que les aciers au carbone. Les normes CSA G40.20/G40.21 couvrent les aciers de construction à haute résistance faiblement alliés (HSLA) utilisés au Canada.

Aciers inoxydables

Les aciers inoxydables contiennent au moins 10,5 % de chrome, ce qui forme une couche passive d'oxyde de chrome protectrice. On distingue quatre familles principales :

FamilleStructureCaractéristiquesApplications
Austénitique (300)CFCNon magnétique, excellente résistance à la corrosion, soudableÉquipements alimentaires, chimiques
Ferritique (400)CCMagnétique, résistance modérée, moins coûteuxÉchappements, décoratif
Martensitique (400)CC trempéDur, résistant à l'usure, soudable avec précautionsCouteaux, turbines
Duplex (2205)MixteHaute résistance, excellente résistance à la corrosion sous contrainteOffshore, pétrochimie

La désignation AISI/SAE utilise trois chiffres : la série 200 et 300 pour les austénitiques (ex. 304, 316), la série 400 pour les ferritiques et martensitiques (ex. 430, 410). Le 316 contient du molybdène (2-3 %) qui améliore la résistance à la corrosion par piqûres.

Systèmes de désignation des aciers

Normes CSA et ASTM

Au Canada, les aciers de construction sont désignés selon les normes CSA G40.20/G40.21. Les grades courants incluent :

260W : limite d'élasticité minimale de 260 MPa
300W : limite d'élasticité minimale de 300 MPa
350W : limite d'élasticité minimale de 350 MPa (le plus courant pour la charpente)
400W : limite d'élasticité minimale de 400 MPa

La lettre « W » indique un acier soudable. Les normes ASTM (American Society for Testing and Materials) sont également largement utilisées : A36 (acier de construction général), A572 (grade 50, haute résistance), A514 (acier trempé et revenu, 690 MPa).

Normes CSA pour les tubes et tuyaux

CSA G40.20 : exigences générales pour les profilés et plaques
CSA Z245.1 : tubes d'acier pour canalisations de transport de pétrole et de gaz
ASTM A53 : tubes d'acier noirs et galvanisés, soudés et sans soudure
ASTM A106 : tubes sans soudure pour service à haute température

Marquage et identification des matériaux

Chaque pièce d'acier doit être identifiée par un marquage indiquant le grade, la coulée et le fabricant. Les méthodes de marquage comprennent :

Étiquettes : fixées sur les paquets de tôles ou de profilés
Poinçonnage : marques en relief sur la pièce
Peinture : code couleur selon le grade (varie selon le fabricant)
Étiquettes métalliques : fixées par fil ou soudure

Règle d'or : ne jamais couper ou retirer les marques d'identification avant d'avoir transféré l'information sur les pièces découpées. En cas de doute sur l'identification d'un matériau, effectuer un essai d'étincelage ou utiliser un analyseur XRF (fluorescence X) si disponible.

Essais d'identification rapide

Essai d'étincelage

Cet essai consiste à meuler le métal sur une meuse à haute vitesse et à observer les étincelles produites :

MatériauCaractéristiques des étincelles
Acier douxLongues étincelles jaunes, peu de ramifications
Acier à haute teneur en carboneÉtincelles avec nombreuses ramifications blanches
Acier inoxydableÉtincelles courtes, rouges, sans ramifications
FonteÉtincelles courtes, rouges, avec ramifications en forme de poire

Essai à l'aimant

L'aimant distingue les aciers magnétiques (ferritiques, martensitiques, au carbone) des aciers austénitiques non magnétiques. Attention : l'écrouissage peut rendre certains aciers austénitiques légèrement magnétiques.

Essai de limaille

La réaction de la limaille avec des acides ou des réactifs peut identifier certains alliages. Le test au sulfate de cuivre (solution de CuSO₄) : une déposition de cuivre rouge indique la présence de fer ; une absence de réaction suggère un acier inoxydable ou un alliage non ferreux.


Identification des métaux non ferreux

Aluminium et alliages d'aluminium

L'aluminium a une densité d'environ 2,70 g/cm³ (un tiers de celle de l'acier). Sa résistance à la corrosion est due à une couche d'oxyde naturelle. Les alliages d'aluminium sont désignés par un système à quatre chiffres (norme AA – Aluminum Association) :

SérieÉlément principalCaractéristiques
1xxxAluminium pur (99 %)Excellente conductivité, faible résistance
2xxxCuivreHaute résistance, faible soudabilité
5xxxMagnésiumBonne soudabilité, résistance moyenne
6xxxMagnésium + SiliciumExtrudable, soudable, résistance moyenne
7xxxZincTrès haute résistance, soudabilité limitée

Les alliages 6061-T6 et 6063-T5 sont les plus courants en métallerie. Le suffixe « T6 » indique un traitement thermique de mise en solution suivi d'un vieillissement artificiel.

Cuivre et alliages de cuivre

Le cuivre pur (C11000) est utilisé pour ses excellentes conductivités électrique et thermique. Les principaux alliages :

Laitons : cuivre-zinc (ex. C26000, cartouche 70/30)
Bronzes : cuivre-étain (ex. C51000, bronze phosphoreux)
Cupro-nickels : cuivre-nickel (ex. C70600, 90/10) pour applications marines

Autres métaux non ferreux

Titane : densité 4,51 g/cm³, haute résistance, excellente résistance à la corrosion, utilisé en aérospatiale et chimie
Nickel et alliages : Inconel, Monel, Hastelloy – résistance aux hautes températures et à la corrosion agressive
Zinc : utilisé principalement pour la galvanisation de l'acier
Plomb : densité 11,34 g/cm³, utilisé pour la protection contre les radiations

Manutention et stockage des matériaux

Principes de manutention sécuritaire

La manutention des métaux présente des risques de blessures graves : coupures, écrasements, lombalgies, chutes. Les principes fondamentaux :

68.Évaluation des charges : connaître le poids des pièces avant de les soulever. Pour une plaque d'acier : Poids (kg) = Longueur (m) × Largeur (m) × Épaisseur (mm) × 7,85. Par exemple, une plaque de 2 m × 1 m × 10 mm pèse : 2 × 1 × 10 × 7,85 = 157 kg.
69.Techniques de levage : fléchir les genoux, garder le dos droit, porter la charge près du corps.
70.Équipements de manutention : ponts roulants, palans, chariots élévateurs, pinces de levage magnétiques ou mécaniques.
71.Vérification des élingues : inspecter les élingues synthétiques et en câble d'acier avant chaque utilisation. Ne jamais utiliser une élingue endommagée.

Règles de levage avec élingues

L'angle d'élingage affecte la charge effective sur chaque brin :

Angle avec la verticaleFacteur de charge par brin
1,00
30°1,15
45°1,41
60°2,00

Attention : à 60° de la verticale, chaque brin supporte le double de la charge. L'angle maximal recommandé est de 60° ; au-delà, le risque de rupture augmente considérablement.

Stockage des matériaux

Plaques et tôles : stocker à plat sur des supports en bois ou en caoutchouc pour éviter la corrosion de contact. Séparer les différents grades.
Profilés (poutres, canaux) : stocker sur des traverses espacées de 1,5 à 2 m, avec des cales pour éviter le basculement.
Tubes et tuyaux : stocker sur des râteliers avec des séparateurs pour éviter le roulement.
Électrodes et fils de soudage : stocker dans un endroit sec, à une température de 10 à 40 °C, avec une humidité relative inférieure à 60 %. Les électrodes à basse teneur en hydrogène (E7018) doivent être conservées dans des fours à électrodes à 120-150 °C.
Aluminium et aciers inoxydables : stocker séparément de l'acier au carbone pour éviter la contamination par les particules de fer (risque de corrosion par piqûres).

Identification des risques liés aux matériaux

Aciers galvanisés : le soudage ou le meulage produit des fumées d'oxyde de zinc qui peuvent causer la « fièvre des métaux » (symptômes grippaux). Utiliser une ventilation adéquate et un masque respiratoire approprié.
Aciers peints au plomb : le meulage ou le chalumeau libère des particules de plomb toxiques.
Aciers inoxydables : le soudage produit du chrome hexavalent (Cr⁶⁺), un cancérigène. Une aspiration à la source est obligatoire.
Béryllium (dans certains alliages de cuivre) : extrêmement toxique par inhalation.

Préparation des surfaces avant soudage

Nettoyage des surfaces

La qualité de la soudure dépend directement de la propreté des surfaces à assembler. Les contaminants courants sont :

ContaminantSourceMéthode d'élimination
Huile, graisseLubrifiants, protection temporaireDégraissage avec solvant, nettoyeur vapeur
Rouille, calamineExposition atmosphérique, laminage à chaudBrossage métallique, meulage, décapage chimique
PeintureMarquage, protectionMeulage, décapage chimique, grenaillage
HumiditéCondensation, stockage extérieurSéchage, préchauffage
Oxyde d'aluminiumExposition naturelleBrossage en acier inoxydable, décapage chimique

Zone de nettoyage : au minimum 25 mm de chaque côté de la soudure, mais 50 mm est recommandé pour les applications critiques.

Préparation des bords (chanfreinage)

Les géométries de préparation des bords sont définies par les normes CSA W59 (acier) et CSA W47.1 (qualification). Les types courants :

TypeSymboleDescriptionÉpaisseur typique
Bord droit (I)IAucune préparation, soudure en bout≤ 3 mm
Simple VVChanfrein à 30-37,5° par côté6 – 20 mm
Double VXChanfrein des deux côtés> 20 mm
Simple UUChanfrein arrondi> 20 mm, accès limité
Double UUUChanfrein arrondi des deux côtés> 30 mm

L'angle total du chanfrein pour un simple V est généralement de 60° (30° de chaque côté). Le talon (racine) mesure 1,5 à 3 mm selon l'application. Le jeu à la racine (espace entre les pièces) est de 2 à 3 mm pour permettre une pénétration complète.

Méthodes de coupe et de préparation

Coupage thermique (oxycoupage)

L'oxycoupage est utilisé pour l'acier au carbone (jusqu'à 300 mm d'épaisseur). Le principe : chauffer l'acier à environ 870-900 °C (température d'inflammation), puis diriger un jet d'oxygène qui oxyde le métal. L'oxyde de fer (scorie) est soufflé hors de la coupe.

Paramètres clés :

Pression d'oxygène : 200-400 kPa (selon l'épaisseur)
Pression de gaz combustible (acétylène, propane, MAPP) : 20-100 kPa
Vitesse de coupe : 300-600 mm/min pour l'acier doux de 10 mm

Qualité de coupe : une bonne coupe présente des stries verticales régulières, une arête supérieure nette sans bavure, et une arête inférieure sans scorie adhérente.

Coupage plasma

Le plasma utilise un arc électrique pour ioniser un gaz (air, argon, azote) qui atteint des températures de 15 000 à 30 000 °C. Il coupe tous les métaux conducteurs, y compris l'aluminium et l'acier inoxydable. La zone affectée thermiquement (ZAT) est plus petite qu'avec l'oxycoupage.

Coupage au jet d'eau

Le jet d'eau abrasif coupe sans chaleur (pas de ZAT), idéal pour les matériaux sensibles à la chaleur. Utilisé pour l'aluminium, les composites et les aciers spéciaux.

Nettoyage après coupe

Après le coupage thermique, les surfaces doivent être nettoyées pour éliminer :

Les scories et les bavures (meulage)
La calamine (brossage métallique)
L'oxyde de coupe (meulage léger)

Pour les soudures de qualité, la surface de coupe doit être meulée pour obtenir une surface lisse et exempte d'oxydes.


Traitements thermiques de préparation

Préchauffage

Le préchauffage est appliqué pour :

119.Ralentir le refroidissement de la soudure et de la ZAT
120.Permettre la diffusion de l'hydrogène hors de la zone soudée
121.Réduire les contraintes thermiques
122.Éviter la formation de martensite dans les aciers trempants

La température de préchauffage dépend du carbone équivalent, de l'épaisseur et de la température ambiante. Les valeurs typiques :

CE (%)Épaisseur (mm)Préchauffage minimal
< 0,35< 20Aucun (si T > 5 °C)
0,35 – 0,4520 – 4050 – 100 °C
0,45 – 0,60> 40100 – 150 °C
> 0,60Toute150 – 250 °C

La vérification de la température de préchauffage se fait avec des crayons thermiques (température de fusion calibrée), des thermocouples ou des pyromètres infrarouges. La température doit être mesurée à 75 mm du joint de soudure.

Traitement thermique après soudage (TTAS)

Le TTAS (ou détensionnement) est appliqué pour :

Réduire les contraintes résiduelles
Améliorer la microstructure de la ZAT
Restaurer la ductilité

Les températures typiques : 600-650 °C pour les aciers au carbone, avec une vitesse de chauffe et de refroidissement contrôlée (généralement 200 °C/h maximum).


Normes canadiennes applicables

CSA W59 – Soudage des structures en acier

Cette norme est la référence principale pour le soudage des charpentes en acier au Canada. Elle couvre :

Les exigences de qualification des procédés de soudage (WPS/PQR)
Les critères d'acceptation des soudures
Les tolérances dimensionnelles
Les exigences d'inspection

CSA W47.1 – Qualification des entreprises de soudage

Cette norme exige que les entreprises de soudage soient certifiées selon leur catégorie (division 1, 2, 3) en fonction des procédés et des matériaux utilisés. Le métallier-monteur doit vérifier que l'entreprise possède la certification appropriée pour le travail à effectuer.

CSA G40.20/G40.21 – Aciers de construction

Cette norme définit les exigences pour les plaques, profilés et barres d'acier de construction. Elle spécifie les propriétés mécaniques, la composition chimique et les tolérances dimensionnelles.

CSA B149.1 – Code canadien du gaz naturel et du propane

Cette norme s'applique aux canalisations de gaz. Pour les travaux de soudage sur ces canalisations, des exigences supplémentaires s'appliquent concernant la qualification des soudeurs et les procédures.

Code canadien de l'électricité, Chapitre V

Ce code s'applique aux travaux effectués à proximité de lignes électriques. La règle 8-200 exige une distance minimale de 3 m entre l'équipement et les lignes de moins de 75 kV, et de 5 m pour les lignes de plus de 75 kV. Une demande de mise hors tension ou de déplacement de la ligne doit être faite si ces distances ne peuvent être respectées.


Procédures de contrôle et d'inspection

Contrôle dimensionnel

Le métallier-monteur doit vérifier :

Les dimensions des pièces (tolérances selon les plans et les normes)
L'équerrage des assemblages (tolérance : ± 2 mm par mètre)
L'alignement des pièces avant soudage
Le jeu à la racine et l'angle du chanfrein

Contrôle de la température interpasses

La température entre les passes de soudure ne doit pas dépasser la température maximale spécifiée dans la WPS (souvent 250 °C pour les aciers au carbone). Un dépassement peut dégrader les propriétés mécaniques.

Contrôle visuel

Le contrôle visuel est le premier niveau d'inspection. Il vérifie :

La présence de fissures, porosités, manques de fusion
Le profil de la soudure (renforcement, angle de raccordement)
Les dimensions de la soudure (largeur, hauteur)

Résumé

L'identification des métaux repose sur la connaissance des systèmes de désignation (CSA, ASTM, AISI/SAE) et des essais rapides (étincelage, aimant, limaille).
Le carbone équivalent (CE) est un outil essentiel pour évaluer la soudabilité : CE = C + (Mn/6) + [(Cr + Mo + V)/5] + [(Ni + Cu)/15]. Un CE > 0,45 % nécessite un préchauffage.
Les aciers inoxydables austénitiques (300) sont non magnétiques ; les ferritiques et martensitiques (400) sont magnétiques.
La manutention sécuritaire exige de connaître les poids, de vérifier les élingues et de respecter les angles de levage (max 60°).
La préparation des surfaces comprend le dégraissage, le décapage et le meulage sur une zone d'au moins 25 mm de chaque côté du joint.
Les géométries de chanfrein (I, V, X, U) sont choisies selon l'épaisseur et l'accès.
Le préchauffage est obligatoire pour les aciers à CE élevé, les fortes épaisseurs et les basses températures ambiantes.
Les normes CSA W59, W47.1 et G40.20/G40.21 sont les références principales au Canada.
Le Code canadien de l'électricité, Chapitre V (règle 8-200) impose des distances minimales de 3 m (lignes < 75 kV) et 5 m (lignes > 75 kV) pour les travaux à proximité de lignes électriques.

Pièges à éviter

176.Confondre les aciers inoxydables magnétiques et non magnétiques : les austénitiques (304, 316) sont non magnétiques, mais l'écrouissage peut les rendre légèrement magnétiques. Ne pas se fier uniquement à l'aimant.
177.Oublier le facteur d'angle dans les élingues : à 60° de la verticale, chaque brin supporte le double de la charge. Toujours calculer la charge réelle sur chaque brin.
178.Négliger le nettoyage des surfaces : une soudure sur une surface huileuse ou rouillée produira des porosités et des manques de fusion. Le nettoyage n'est pas optionnel.
179.Utiliser le mauvais procédé de coupe : l'oxycoupage ne fonctionne pas sur l'aluminium ou l'acier inoxydable (l'oxyde formé a un point de fusion plus élevé que le métal de base). Utiliser le plasma ou le jet d'eau.
180.Ignorer la température de préchauffage : souder un acier à CE élevé sans préchauffage provoque des fissures à froid qui peuvent apparaître plusieurs heures après le soudage.
181.Confondre les grades d'acier : un acier 350W et un acier 260W ne sont pas interchangeables. Vérifier les marquages avant toute découpe.
182.Retirer les marques d'identification : couper les étiquettes ou poinçons avant d'avoir transféré l'information sur les pièces découpées est une erreur grave.
183.Oublier les risques liés aux fumées : le soudage de l'acier galvanisé produit des fumées d'oxyde de zinc (fièvre des métaux). Une ventilation adéquate est obligatoire.
184.Ne pas vérifier la certification de l'entreprise : selon CSA W47.1, seules les entreprises certifiées peuvent souder des structures porteuses. Vérifier la division et la portée de la certification.
185.Souder à proximité de lignes électriques sans vérifier les distances : la règle 8-200 du Code canadien de l'électricité, Chapitre V impose des distances minimales de 3 m et 5 m selon la tension. Ne jamais approcher l'équipement sans autorisation.
186.Confondre les unités de mesure : les plans peuvent être en millimètres ou en pouces. Vérifier systématiquement les unités avant de prendre des mesures.
187.Négliger le contrôle de la température interpasses : une température trop élevée entre les passes dégrade les propriétés mécaniques de la soudure. Respecter les limites de la WPS.

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