Chapitre II

Principes de mesure et de contrôle

Guide d'étude Red Seal Practice avec schémas.

Principes de mesure et de contrôle

Introduction au chapitre

Ce chapitre couvre les principes fondamentaux de la mesure et du contrôle que tout technicien en instrumentation et contrôle doit maîtriser pour l'examen Sceau rouge. Vous y trouverez les définitions essentielles, les lois physiques applicables, les procédures de calcul, ainsi que les références aux normes canadiennes pertinentes. La maîtrise de ces concepts est indispensable, car ils constituent la base de presque toutes les questions d'examen portant sur les boucles de contrôle, les transmetteurs, les actionneurs et les systèmes de sécurité.

Grandeurs physiques et unités de mesure

Système international d'unités (SI)

Le Canada utilise officiellement le Système international d'unités. Vous devez connaître les sept unités de base et leurs symboles :

GrandeurUnité SISymbole
LongueurMètrem
MasseKilogrammekg
TempsSecondes
Courant électriqueAmpèreA
TempératureKelvinK
Quantité de matièreMolemol
Intensité lumineuseCandelacd

Les unités dérivées les plus courantes en instrumentation incluent le pascal (Pa) pour la pression, le volt (V) pour la tension, l'ohm (Ω) pour la résistance, et le degré Celsius (°C) pour la température. Rappelez-vous que le kelvin et le degré Celsius partagent la même échelle de graduation : une différence de 1 K équivaut à une différence de 1 °C. La conversion s'effectue ainsi : °C = K − 273,15.

Multiples et sous-multiples

Les préfixes SI suivants sont fréquemment utilisés en instrumentation :

PréfixeSymboleFacteur
GigaG10⁹
MégaM10⁶
Kilok10³
Millim10⁻³
Microµ10⁻⁶
Nanon10⁻⁹
Picop10⁻¹²

Piège d'examen : ne confondez pas le symbole M (méga, 10⁶) avec m (milli, 10⁻³). Une erreur de facteur 10⁹ peut avoir des conséquences désastreuses dans un calcul de portée de transmetteur.

Échelles de mesure industrielles

En milieu industriel canadien, certaines unités non-SI restent courantes. Le psi (livre par pouce carré) pour la pression, le °F (degré Fahrenheit) pour la température, et le gallon impérial pour le volume sont encore rencontrés dans les installations existantes. Vous devez être capable d'effectuer les conversions suivantes :

Pression : 1 psi = 6,89476 kPa ; 1 bar = 100 kPa
Température : °F = (°C × 9/5) + 32
Débit : 1 USGPM = 3,785 L/min ; 1 IGPM = 4,546 L/min

Lois fondamentales de l'électricité appliquées à l'instrumentation

Loi d'Ohm

La loi d'Ohm établit la relation entre la tension (V), le courant (I) et la résistance (R) :

V = I × R

Cette loi est omniprésente dans les calculs de boucles de courant 4-20 mA. Par exemple, pour déterminer la tension d'alimentation minimale requise pour une boucle comportant une résistance totale de 500 Ω et un courant maximal de 20 mA :

V = 0,020 A × 500 Ω = 10 V

Procédure de calcul de boucle : additionnez toutes les résistances de la boucle (résistance du transmetteur, résistance des fils, résistance d'entrée du récepteur), puis multipliez par le courant maximal de 20 mA pour obtenir la tension minimale requise. Ajoutez une marge de sécurité de 10 à 15 % pour tenir compte des variations de tension d'alimentation.

Lois de Kirchhoff

La loi des nœuds (première loi) stipule que la somme des courants entrant dans un nœud égale la somme des courants sortants. La loi des mailles (deuxième loi) stipule que la somme algébrique des tensions dans une maille fermée est nulle.

Ces lois s'appliquent directement aux circuits de mesure à plusieurs instruments. Par exemple, dans un circuit avec un transmetteur et deux récepteurs en série, le même courant traverse tous les éléments. Dans un circuit avec récepteurs en parallèle, la tension est commune mais les courants se divisent selon les résistances.

Puissance électrique

La puissance dissipée dans un circuit se calcule selon :

P = V × I = I² × R = V² / R

Ce calcul est essentiel pour dimensionner les résistances de précision et vérifier qu'elles ne dépassent pas leur puissance nominale. Par exemple, une résistance de 250 Ω traversée par 20 mA dissipe :

P = (0,020)² × 250 = 0,1 W

Une résistance de 1/8 W (0,125 W) serait donc adéquate, mais une marge de sécurité plus importante est recommandée en pratique.

Signaux de mesure normalisés

Signal 4-20 mA

Le signal 4-20 mA est la norme industrielle pour la transmission analogique des mesures. Le courant de 4 mA représente le zéro d'échelle (valeur minimale) et 20 mA représente le plein fond d'échelle (valeur maximale). Le courant de 4 mA, plutôt que 0 mA, permet de :

Détecter une rupture de fil (courant nul)
Alimenter le transmetteur (2 fils) avec l'énergie du courant de repos
Distinguer un signal valide à zéro d'une panne

Calcul de pourcentage d'échelle : pour une mesure exprimée en pourcentage de la portée (0 à 100 %), le courant se calcule :

I (mA) = 4 + (0,16 × %)

Inversement, pour convertir un courant en pourcentage :

% = (I − 4) / 0,16

Exemple : un transmetteur de pression avec une portée de 0 à 1000 kPa transmet 12 mA. Quel est la pression mesurée ?

% = (12 − 4) / 0,16 = 50 %

Pression = 0 + (50/100) × 1000 = 500 kPa

Autres signaux normalisés

Type de signalPlageUtilisation typique
Courant4-20 mATransmission longue distance
Tension1-5 VCCRécepteurs à haute impédance
Tension0-10 VCCÉquipements de laboratoire
Pneumatique3-15 psiActionneurs à air, zones dangereuses
NumériqueHART, Foundation Fieldbus, ProfibusCommunication bidirectionnelle

Le signal pneumatique 3-15 psi reste utilisé dans les environnements où l'électricité présente un risque d'explosion. Le zéro d'échelle correspond à 3 psi, permettant la détection de rupture de ligne (pression nulle).

Protocole HART

Le protocole HART (Highway Addressable Remote Transducer) superpose un signal numérique de communication sur le signal analogique 4-20 mA. La modulation par déplacement de fréquence (FSK) utilise deux fréquences : 1200 Hz pour le « 1 » logique et 2200 Hz pour le « 0 » logique. La valeur moyenne du signal numérique étant nulle, le signal analogique n'est pas affecté.

Points clés pour l'examen :

HART est un protocole maître-esclave : le maître (configurateur ou système de contrôle) initie la communication
Jusqu'à 15 appareils esclaves peuvent être connectés sur une même paire de fils en mode multidrop
En mode multidrop, le signal analogique est désactivé et chaque appareil communique uniquement en numérique
La distance maximale de câblage est d'environ 3000 mètres avec un câble blindé

Principes de mesure de la pression

Définitions

La pression est définie comme la force exercée par unité de surface : P = F/A. En instrumentation, on distingue :

Pression absolue : mesurée par rapport au vide absolu
Pression relative (manométrique) : mesurée par rapport à la pression atmosphérique
Pression différentielle : différence entre deux pressions

La relation entre ces pressions s'exprime ainsi :

P_absolue = P_relative + P_atmosphérique

Piège d'examen : un transmetteur de pression relative indique 0 psi lorsque la pression appliquée égale la pression atmosphérique. Un transmetteur de pression absolue indique environ 14,7 psi (101,325 kPa) dans les mêmes conditions au niveau de la mer.

Éléments de mesure de pression

Type d'élémentPrincipePortée typique
Tube de BourdonDéformation mécanique0-100 000 kPa
DiaphragmeDéflexion élastique0-1000 kPa
CapsuleDéflexion de deux diaphragmes0-100 kPa
SouffletExpansion axiale0-500 kPa
Capteur piézoélectriqueEffet piézoélectriqueDynamique uniquement
Capteur à jauge de contrainteVariation de résistance0-100 000 kPa

Calcul de pression hydrostatique

La pression exercée par une colonne de liquide se calcule :

P = ρ × g × h

Où ρ est la masse volumique du liquide (kg/m³), g l'accélération gravitationnelle (9,81 m/s²) et h la hauteur de la colonne (m).

Exemple : quel est la pression au fond d'un réservoir contenant 5 m d'eau ?

P = 1000 kg/m³ × 9,81 m/s² × 5 m = 49 050 Pa = 49,05 kPa

Ce calcul est fondamental pour la mesure de niveau par pression hydrostatique et pour la compensation des colonnes humides dans les transmetteurs de pression différentielle.

Principes de mesure de la température

Échelles de température

ÉchellePoint de congélation de l'eauPoint d'ébullition de l'eau
Celsius (°C)0100
Fahrenheit (°F)32212
Kelvin (K)273,15373,15

Types de capteurs de température

Thermocouples : deux métaux différents joints à une extrémité produisent une tension proportionnelle à la différence de température entre la jonction de mesure et la jonction de référence. Les types normalisés selon la norme ASTM E230 / CEI 60584 incluent :

TypeMétauxPlage utileTension typique
JFer / Constantan0 à 750 °C~42 mV à 750 °C
KChromel / Alumel−200 à 1250 °C~41 mV à 1000 °C
TCuivre / Constantan−200 à 350 °C~17 mV à 350 °C
EChromel / Constantan−200 à 900 °C~68 mV à 900 °C
RPlatine / Platine-Rhodium 13 %0 à 1450 °C~17 mV à 1450 °C
SPlatine / Platine-Rhodium 10 %0 à 1450 °C~15 mV à 1450 °C

Piège d'examen : la tension générée par un thermocouple est non linéaire. Les tables de référence doivent être utilisées pour la conversion tension-température. La compensation de jonction froide est obligatoire lorsque la jonction de référence n'est pas maintenue à 0 °C.

RTD (détecteur de température à résistance) : la résistance d'un métal pur varie avec la température. Le platine est le plus utilisé (PT100 : 100 Ω à 0 °C). La relation approximative est :

R(T) = R₀ × (1 + α × T)

Où α = 0,00385 Ω/Ω/°C pour le platine selon la norme CEI 60751. La mesure s'effectue généralement en configuration 3 fils ou 4 fils pour éliminer la résistance des fils de connexion.

Thermistance : résistance semi-conductrice avec un coefficient de température négatif (NTC) très élevé. La plage utile est limitée (−50 à 300 °C) mais la sensibilité est excellente.

Comparaison des capteurs

CritèreThermocoupleRTDThermistance
PlageTrès largeLargeÉtroite
PrécisionMoyenneExcellenteBonne
LinéaritéMédiocreBonneMédiocre
Temps de réponseRapideLentRapide
CoûtFaibleÉlevéFaible
StabilitéMoyenneExcellenteVariable

Principes de mesure du débit

Équation de continuité

Pour un fluide incompressible en écoulement permanent dans un conduit de section variable :

Q = A₁ × v₁ = A₂ × v₂

Où Q est le débit volumique (m³/s), A la section (m²) et v la vitesse (m/s).

Types de débitmètres

Débitmètres à pression différentielle : basés sur l'équation de Bernoulli, ils créent une restriction dans le conduit (plaque à orifice, tube de Venturi, tuyère). Le débit est proportionnel à la racine carrée de la pression différentielle :

Q = K × √(ΔP)

Cette relation quadratique est essentielle : une erreur de 1 % sur la mesure de ΔP entraîne une erreur de 0,5 % sur le débit. La plage de mesure utile est limitée à environ 3:1 en raison de la non-linéarité.

Débitmètres électromagnétiques : basés sur la loi de Faraday. La tension induite dans un fluide conducteur traversant un champ magnétique est proportionnelle à la vitesse :

E = B × L × v

Où E est la tension induite (V), B l'induction magnétique (T), L la distance entre électrodes (m) et v la vitesse (m/s). Ces débitmètres nécessitent un fluide conducteur (conductivité minimale d'environ 5 µS/cm) et ne conviennent pas aux gaz.

Débitmètres à effet Vortex : un obstacle (corps de turbulence) placé dans l'écoulement génère des tourbillons alternés dont la fréquence est proportionnelle à la vitesse du fluide. La fréquence f est donnée par :

f = St × v / d

Où St est le nombre de Strouhal (≈0,2 pour les géométries standard), v la vitesse et d la largeur de l'obstacle.

Débitmètres massiques à effet Coriolis : mesurent directement le débit massique par la déformation d'un tube en vibration soumis à l'écoulement. La différence de phase entre deux points de mesure est proportionnelle au débit massique. Ces instruments offrent la meilleure précision (0,1 % de la lecture) mais présentent une perte de charge significative.

Facteurs de correction

Pour les débitmètres à pression différentielle, les conditions de service diffèrent souvent des conditions de référence. Les corrections suivantes s'appliquent :

Densité du fluide : Q_actuel = Q_mesuré × √(ρ_réf / ρ_actuel)
Température : expansion thermique de la plaque à orifice
Pression : compressibilité des gaz

Principes de mesure du niveau

Méthodes de mesure

Mesure par pression hydrostatique : la pression au fond d'un réservoir ouvert est proportionnelle au niveau :

P = ρ × g × h

Pour un réservoir fermé sous pression, un transmetteur de pression différentielle mesure la différence entre la pression au fond et la pression dans la partie supérieure du réservoir.

Calcul de la portée d'un transmetteur de niveau : pour un réservoir de 3 m de hauteur contenant un liquide de densité relative 0,9 :

Portée = ρ × g × h = 900 kg/m³ × 9,81 m/s² × 3 m = 26 487 Pa ≈ 26,5 kPa

Mesure par flotteur et déplacement : le flotteur suit la surface du liquide ; le déplaceur (plongeur) subit une poussée d'Archimède proportionnelle au niveau. La poussée d'Archimède se calcule :

F = ρ_liquide × V_immergé × g

Mesure par radar : le temps de vol d'une onde électromagnétique réfléchie par la surface du liquide donne la distance. La distance se calcule :

d = (c × t) / 2

Où c est la vitesse de la lumière (3 × 10⁸ m/s) et t le temps de vol. Le niveau est obtenu en soustrayant la distance mesurée de la hauteur totale du réservoir.

Mesure par ultrason : même principe que le radar mais avec des ondes sonores. La vitesse du son dans l'air varie avec la température (environ 331 m/s à 0 °C, augmentant de 0,6 m/s par °C). Une compensation de température est nécessaire.

Comparaison des méthodes

MéthodeContactPrécisionApplication typique
Pression hydrostatiqueOui±0,5 %Liquides, réservoirs ouverts et fermés
FlotteurOui±1 %Réservoirs de stockage
DéplaceurOui±0,5 %Interfaces, réservoirs sous pression
RadarNon±2 mmTous liquides, hautes températures
UltrasonNon±0,25 %Liquides et solides, réservoirs ouverts

Boucles de contrôle

Éléments d'une boucle de contrôle

Une boucle de contrôle fermée comprend quatre éléments essentiels :

127.Élément de mesure (capteur + transmetteur) : mesure la variable contrôlée
128.Contrôleur : compare la mesure à la consigne et calcule l'écart
129.Élément final de commande (vanne de contrôle, variateur) : agit sur le procédé
130.Procédé : le système physique à contrôler

Modes de contrôle

Contrôle tout-ou-rien (ON/OFF) : la sortie est soit à 100 %, soit à 0 %. L'hystérésis est nécessaire pour éviter les oscillations rapides. Application : contrôle de niveau avec pompe.

Contrôle proportionnel (P) : la sortie est proportionnelle à l'écart (erreur) :

Sortie = Kp × e + Biais

Où Kp est le gain proportionnel et e l'écart (consigne − mesure). Le contrôle proportionnel laisse toujours une erreur résiduelle (offset) en régime permanent.

Contrôle proportionnel-intégral (PI) : l'action intégrale élimine l'erreur résiduelle en intégrant l'écart dans le temps :

Sortie = Kp × e + Ki × ∫e dt

L'action intégrale augmente le risque d'oscillation si le gain est trop élevé. Le phénomène de windup (saturation de l'intégrateur) se produit lorsque l'actionneur atteint sa limite et que l'intégrale continue d'accumuler.

Contrôle proportionnel-intégral-dérivé (PID) : l'action dérivée anticipe les variations de l'écart :

Sortie = Kp × e + Ki × ∫e dt + Kd × de/dt

L'action dérivée améliore la réponse transitoire mais amplifie le bruit de mesure. Elle ne doit jamais être utilisée sur une mesure bruitée.

Réglage des contrôleurs

Les méthodes de réglage de Ziegler-Nichols sont les plus connues :

Méthode de la boucle ouverte : on applique un échelon au procédé et on relève la courbe de réponse. On détermine le temps mort (L) et la constante de temps (T). Les paramètres recommandés sont :

ModeKpTiTd
PT/(L × K)
PI0,9 × T/(L × K)3,33 × L
PID1,2 × T/(L × K)2 × L0,5 × L

Méthode du gain ultime (boucle fermée) : on augmente le gain proportionnel jusqu'à obtenir des oscillations soutenues. On note le gain ultime (Ku) et la période ultime (Pu). Les paramètres recommandés sont :

ModeKpTiTd
P0,5 × Ku
PI0,45 × KuPu/1,2
PID0,6 × KuPu/2Pu/8

Piège d'examen : les méthodes de Ziegler-Nichols donnent des points de départ agressifs. Un réglage fin est toujours nécessaire en pratique. Ne confondez pas le temps mort (L) avec la constante de temps (T) dans la méthode de la boucle ouverte.

Normes canadiennes applicables

Code canadien de l'électricité

Le Code canadien de l'électricité, Chapitre V (CCE, Chapitre V) régit l'installation électrique dans les emplacements dangereux. Les règles pertinentes pour l'instrumentation incluent :

Règle 18-002 : classification des emplacements dangereux (Classe I, II, III ; Zones 0, 1, 2 ou Divisions 1, 2)
Règle 18-100 : exigences générales pour le câblage dans les emplacements de Classe I
Règle 18-150 : circuits de sécurité intrinsèque

La sécurité intrinsèque (règle 18-150) est une méthode de protection où l'énergie électrique disponible dans le circuit est limitée à un niveau incapable d'enflammer l'atmosphère dangereuse. Les barrières de sécurité intrinsèque (Zener ou galvaniques) sont des équipements certifiés qui limitent la tension et le courant.

CSA B149.1

Le CSA B149.1 (Code canadien sur le gaz naturel et le propane) s'applique aux installations de gaz. Les techniciens en instrumentation peuvent être appelés à travailler sur des systèmes de brûleurs, des vannes de sécurité et des régulateurs de pression couverts par cette norme. Les exigences clés incluent :

Section 5 : tuyauterie et raccordement des appareils
Section 6 : ventilation et évacuation des produits de combustion
Section 7 : contrôles de sécurité des brûleurs

Autres normes pertinentes

CSA C22.2 : normes de sécurité pour les équipements électriques
CEI 60584 : thermocouples — tables de référence
CEI 60751 : sondes à résistance de platine
CEI 61508 / CEI 61511 : sécurité fonctionnelle des systèmes instrumentés de sécurité

Procédures d'étalonnage

Étalonnage d'un transmetteur de pression

Procédure type :

169.Vérifier que l'instrument est isolé du procédé et dépressurisé
170.Connecter une source de pression étalon (piston deadweight tester ou calibrateur) à l'entrée du transmetteur
171.Connecter un multimètre de précision en série dans la boucle 4-20 mA
172.Appliquer 0 % de la portée (0 kPa) et ajuster le zéro jusqu'à obtenir 4,00 mA
173.Appliquer 100 % de la portée (valeur maximale) et ajuster le span jusqu'à obtenir 20,00 mA
174.Répéter les étapes 4 et 5 jusqu'à ce que les deux points soient stables
175.Effectuer un balayage en 5 points (0 %, 25 %, 50 %, 75 %, 100 %) et noter les écarts
176.Vérifier l'hystérésis en montant puis en descendant
177.Remplir le certificat d'étalonnage avec les résultats

Critères d'acceptation : l'erreur maximale tolérée est généralement de ±0,1 % de la portée pour un transmetteur intelligent, ±0,5 % pour un transmetteur analogique. L'hystérésis ne doit pas dépasser la moitié de l'erreur maximale tolérée.

Étalonnage d'un thermocouple

180.Placer la jonction de mesure dans un bain d'étalonnage ou un four à température stable
181.Comparer la température indiquée avec un thermomètre étalon (RTD de référence)
182.Effectuer des mesures à au moins 3 températures réparties sur la plage d'utilisation
183.Vérifier la compensation de jonction froide en mesurant la température ambiante
184.Documenter les écarts et déterminer si l'instrument est dans les tolérances

Étalonnage d'une vanne de contrôle

186.Vérifier l'alimentation pneumatique (généralement 20 psi ou 3-5 bar)
187.Appliquer un signal de 4 mA (0 %) et vérifier que la vanne est à la position fermée (ou ouverte selon la configuration)
188.Appliquer 12 mA (50 %) et vérifier la position à l'aide d'un indicateur de course
189.Appliquer 20 mA (100 %) et vérifier la course complète
190.Ajuster le positionneur si nécessaire
191.Vérifier l'hystérésis et la linéarité sur 5 points

Pièges à éviter

193.Confusion entre pression absolue et relative : un transmetteur de pression relative indique 0 à pression atmosphérique ; un transmetteur absolu indique environ 101,325 kPa. Vérifiez toujours le type de transmetteur avant d'interpréter une mesure.
194.Oubli de la racine carrée dans les débitmètres à pression différentielle : le débit est proportionnel à √(ΔP), pas à ΔP. Un doublement de la pression différentielle ne double pas le débit.
195.Erreur de calcul de la portée d'un transmetteur de niveau : n'oubliez pas de multiplier par la densité du liquide et par l'accélération gravitationnelle. Une densité relative de 0,9 donne une portée de 90 % de celle d'un réservoir plein d'eau.
196.Confusion entre les bornes de la boucle 4-20 mA : le courant de 4 mA correspond au zéro d'échelle, pas à 0 mA. Une lecture de 0 mA indique une rupture de circuit.
197.Non-respect des règles de câblage dans les zones dangereuses : les circuits de sécurité intrinsèque doivent être séparés physiquement des autres circuits et identifiés par une étiquette bleue.
198.Oubli de la compensation de jonction froide : un thermocouple sans compensation de jonction froide donne une erreur égale à la différence entre la température de la jonction de référence et 0 °C.
199.Confusion entre les méthodes de réglage de Ziegler-Nichols : la méthode de la boucle ouverte utilise le temps mort et la constante de temps ; la méthode du gain ultime utilise le gain et la période ultimes. Ne mélangez pas les formules.
200.Négligence de l'hystérésis lors de l'étalonnage : l'hystérésis est une source d'erreur systématique qui doit être mesurée et documentée.
201.Utilisation d'unités incohérentes dans les calculs : convertissez toutes les unités en SI avant d'effectuer les calculs. Une pression en psi multipliée par un volume en m³ donne un résultat incorrect.
202.Ignorance des conditions de référence : les débitmètres à pression différentielle sont étalonnés pour des conditions spécifiques de température, de pression et de densité. Les écarts par rapport à ces conditions nécessitent des corrections.

Résumé

Les unités SI sont obligatoires au Canada ; les conversions entre systèmes d'unités sont fréquentes dans les examens.
La loi d'Ohm (V = I × R) et les lois de Kirchhoff sont fondamentales pour l'analyse des boucles de mesure.
Le signal 4-20 mA est la norme industrielle : 4 mA = 0 %, 20 mA = 100 %, 0 mA = panne.
La pression se mesure en absolue, relative ou différentielle ; la relation P_abs = P_rel + P_atm est essentielle.
Les thermocouples génèrent une tension non linéaire nécessitant une compensation de jonction froide ; les RTD offrent une meilleure précision mais une plage plus limitée.
Les débitmètres à pression différentielle suivent la relation Q = K × √(ΔP) ; les débitmètres Coriolis mesurent directement le débit massique.
Le niveau se mesure par pression hydrostatique, flotteur, déplaceur, radar ou ultrason ; chaque méthode a ses avantages et limites.
Les boucles de contrôle comprennent mesure, contrôleur et élément final ; les modes P, PI et PID ont chacun leurs caractéristiques.
Le Code canadien de l'électricité, Chapitre V régit les installations dans les emplacements dangereux ; la sécurité intrinsèque est une méthode de protection clé.
L'étalonnage suit une procédure systématique : zéro, span, balayage en 5 points, vérification de l'hystérésis, documentation.

Ce chapitre couvre les principes fondamentaux que vous devez maîtriser pour réussir l'examen Sceau rouge en instrumentation et contrôle. Les concepts présentés ici sont appliqués dans tous les domaines de la profession : pétrole et gaz, pâtes et papiers, chimie, pharmaceutique, production d'énergie et traitement des eaux. Une compréhension approfondie de ces principes, combinée à la pratique des calculs et des procédures, vous préparera efficacement à l'examen.

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