Chapitre VII

Pompes, compresseurs et systèmes de puissance fluidique

Guide d'étude Red Seal Practice avec schémas.

Pompes, compresseurs et systèmes de puissance fluidique

Introduction au chapitre

Ce chapitre couvre les principes fondamentaux, les procédures d'installation, de diagnostic et d'entretien des pompes, des compresseurs et des systèmes hydrauliques et pneumatiques. Pour l'examen Sceau rouge, vous devez maîtriser non seulement la théorie, mais aussi les calculs de débit, de puissance, les courbes de performance, et les exigences réglementaires canadiennes. Ce chapitre est structuré pour vous préparer directement aux questions à choix multiples de l'examen.


1. Principes fondamentaux de la mécanique des fluides

1.1 Pression, débit et hauteur manométrique

La pression est la force exercée par unité de surface. Elle s'exprime en kilopascals (kPa), en livres par pouce carré (psi) ou en bar. La relation fondamentale est :

P = F / A

Où P = pression (Pa), F = force (N), A = surface (m²).

Le débit (Q) est le volume de fluide déplacé par unité de temps. Il s'exprime en mètres cubes par seconde (m³/s), en litres par minute (L/min) ou en gallons impériaux par minute (GPM imp.). La formule de continuité est :

Q = A × V

Où A = section transversale du conduit (m²), V = vitesse du fluide (m/s).

La hauteur manométrique totale (HMT) est l'énergie totale fournie au fluide par la pompe, exprimée en mètres de colonne de liquide. Elle comprend :

La hauteur d'élévation statique (différence de niveau géométrique)
La hauteur de pression (pression de refoulement)
Les pertes de charge par friction dans les conduites et accessoires

Formule de la HMT :

HMT = (P₂ − P₁) / (ρ × g) + (V₂² − V₁²) / (2 × g) + (Z₂ − Z₁)

Où P = pression, ρ = masse volumique du fluide (kg/m³), g = 9,81 m/s², V = vitesse, Z = élévation.

> Astuce d'examen : Pour l'eau, 1 kPa ≈ 0,102 m de colonne d'eau. Une pression de 100 kPa équivaut à environ 10,2 mètres de hauteur d'eau.

1.2 Théorème de Bernoulli et pertes de charge

Le théorème de Bernoulli stipule que l'énergie totale d'un fluide incompressible en écoulement stationnaire reste constante le long d'une ligne de courant (en négligeant les pertes) :

P₁ + ½ × ρ × V₁² + ρ × g × Z₁ = P₂ + ½ × ρ × V₂² + ρ × g × Z₂

Les pertes de charge (ΔP) sont causées par la friction contre les parois des conduites et par les accessoires (coudes, vannes, raccords). Elles se calculent avec l'équation de Darcy-Weisbach :

ΔP = f × (L / D) × (ρ × V² / 2)

Où f = facteur de friction (sans dimension), L = longueur de la conduite (m), D = diamètre intérieur (m).

Règle pratique : La vitesse d'écoulement recommandée dans les conduites de refoulement est de 1,5 à 3 m/s pour l'eau. Au-delà de 3 m/s, les pertes de charge et l'érosion augmentent considérablement.


2. Pompes centrifuges

Pompes centrifuges — Roue et écoulement (succion/refoulement) Pompes centrifuges — Roue et écoulement (succion/refoulement) ASPIRATION (Suction) REFOULEMENT (Discharge) Roue (Impeller) Arbre (Shaft) Écoulement du fluide (Fluid flow) Entrée (Inlet) Sortie (Outlet) Énergie transmise (Energy transfer) Vitesse → Pression (Velocity → Pressure) Caractéristiques (Characteristics) Débit (Flow rate): 75% Pression (Pressure): 90% Rendement (Efficiency): 65% Point de fonctionnement (Operating point) Débit nominal (Rated flow) Préparation à l'examen Sceau rouge — Normes interprovinciales canadiennes

2.1 Principe de fonctionnement et composants

La pompe centrifuge convertit l'énergie mécanique du moteur en énergie cinétique (vitesse) puis en énergie de pression. Le fluide entre par l'œil de la roue (succion), est accéléré par les aubes de la roue (impulseur), puis ralenti dans la volute ou le diffuseur, ce qui convertit la vitesse en pression.

Composants principaux :

Roue (impulseur) : élément rotatif qui transmet l'énergie au fluide. Types : ouverte, semi-ouverte, fermée.
Volute : corps en spirale qui collecte le fluide et convertit l'énergie cinétique en pression.
Diffuseur : anneau d'aubes fixes qui remplit la même fonction que la volute.
Presse-étoupe ou garniture mécanique : assure l'étanchéité entre l'arbre et le corps de pompe.
Roulement : supporte l'arbre et la roue.
Anneau d'usure : pièce sacrificielle qui protège le corps et la roue contre l'érosion.

2.2 Courbes de performance et point de fonctionnement

La courbe de performance d'une pompe centrifuge montre la relation entre le débit (Q) et la hauteur manométrique (HMT), la puissance absorbée (P), le rendement (η) et la NPSH requise (NPSHr).

Caractéristiques importantes :

La courbe HMT-Q est généralement décroissante : plus le débit augmente, plus la HMT diminue.
Le point de fonctionnement est l'intersection de la courbe de la pompe avec la courbe du système (résistance du circuit).
Le rendement maximal se situe généralement au point de meilleur rendement (BEP — Best Efficiency Point).

Lois de similitude (affinité) :

Pour une même pompe, si la vitesse de rotation change (N₁ → N₂) :

Q₂ = Q₁ × (N₂ / N₁)

H₂ = H₁ × (N₂ / N₁)²

P₂ = P₁ × (N₂ / N₁)³

> Astuce d'examen : Si la vitesse augmente de 10 %, le débit augmente de 10 %, la HMT augmente de 21 % (1,1² = 1,21), et la puissance augmente de 33 % (1,1³ = 1,331). La puissance varie au cube de la vitesse — c'est une question classique.

2.3 NPSH (Net Positive Suction Head)

La NPSH disponible (NPSHa) est la pression absolue au niveau de l'œil de la roue, moins la pression de vapeur du liquide. Elle dépend de l'installation :

NPSHa = P_atm / (ρ × g) + Z_s − h_f − P_vap / (ρ × g)

Où :

P_atm = pression atmosphérique (Pa)
Z_s = hauteur d'aspiration positive ou négative (m) — négative si la pompe est au-dessus du niveau du liquide
h_f = pertes de charge dans la conduite d'aspiration (m)
P_vap = pression de vapeur du liquide à la température de service (Pa)

La NPSH requise (NPSHr) est fournie par le fabricant. Pour éviter la cavitation, il faut que :

NPSHa > NPSHr (avec une marge de sécurité d'au moins 0,5 m)

Cavitation : formation de bulles de vapeur dans la pompe qui implosent violemment, causant l'érosion de la roue, des vibrations et une perte de performance.

> Piège d'examen : La cavitation se produit à l'aspiration, pas au refoulement. Les symptômes incluent un bruit de gravier, des vibrations, une chute de débit et une érosion de la roue.

2.4 Amorçage et installation

Une pompe centrifuge ne peut pas aspirer l'air. Elle doit être amorcée : le corps de pompe et la conduite d'aspiration doivent être remplis de liquide avant le démarrage.

Méthodes d'amorçage :

Amorçage manuel par un orifice de remplissage
Pompe à vide ou éjecteur
Clapet de pied (pied de pompe) avec crépine
Installation en charge (le niveau du liquide est au-dessus de la pompe)

Règles d'installation :

La conduite d'aspiration doit être aussi courte et droite que possible.
La conduite d'aspiration doit avoir une pente ascendante vers la pompe (pas de points hauts où l'air peut s'accumuler).
Un clapet de pied avec crépine est requis si la pompe est au-dessus du niveau du liquide.
La conduite d'aspiration doit être d'un diamètre supérieur ou égal à celui de l'orifice d'aspiration de la pompe.

2.5 Pompage en parallèle et en série

En parallèle : Deux pompes identiques alimentent le même refoulement. Le débit total est la somme des débits individuels à la même HMT. Utilisé pour augmenter le débit ou pour la redondance.

En série : La sortie d'une pompe alimente l'aspiration de la suivante. La HMT totale est la somme des HMT individuelles au même débit. Utilisé pour augmenter la pression (ex. : stations de surpression).

> Astuce d'examen : En parallèle, le débit total n'est jamais le double du débit d'une seule pompe à cause de l'augmentation des pertes de charge dans le refoulement commun. La courbe du système est plus raide.


3. Pompes volumétriques (à déplacement positif)

3.1 Pompes à pistons et à plongeur

Les pompes volumétriques déplacent un volume fixe de fluide à chaque cycle. Elles fournissent un débit relativement constant indépendamment de la pression de refoulement (dans les limites de la résistance mécanique).

Pompe à piston : Le piston se déplace dans un cylindre, aspirant le fluide à la course de retour et le refoulant à la course d'aller. Équipée de clapets d'aspiration et de refoulement.

Débit théorique :

Q = A × L × N × n

Où A = section du piston (m²), L = course (m), N = vitesse de rotation (tr/s), n = nombre de cylindres.

Pompe à plongeur : Similaire au piston, mais le plongeur est plus long et traverse la garniture. Utilisée pour les pressions très élevées.

3.2 Pompes à engrenages

Les pompes à engrenages utilisent deux engrenages qui s'engrènent pour déplacer le fluide entre les dents et le carter. Elles sont utilisées pour les huiles lubrifiantes et les fluides visqueux.

Débit théorique :

Q = π × D × h × b × N

Où D = diamètre primitif de l'engrenage (m), h = hauteur de dent (m), b = largeur de l'engrenage (m), N = vitesse (tr/s).

Caractéristiques :

Débit pulsatoire (plus lisse avec plus de dents)
Pression de service typique : 1 à 20 MPa (10 à 200 bar)
Ne tolère pas les fluides abrasifs
Doit avoir un jeu minimal entre les engrenages et le carter

3.3 Pompes à lobes et à vis

Pompe à lobes : Deux lobes en forme de "8" tournent en sens inverse. Utilisée pour les fluides contenant des solides en suspension (boues, produits alimentaires). Débit plus lisse que les engrenages.

Pompe à vis (ex. : vis de Archimède, vis excentrée) : Une vis tourne dans un stator en élastomère. Utilisée pour les fluides très visqueux ou contenant des particules. Débit très régulier, faible pulsation.

3.4 Pompes à membrane (diaphragme)

La pompe à membrane utilise une membrane flexible qui oscille, créant une aspiration et un refoulement. Le fluide ne contacte que la membrane et les clapets.

Avantages :

Étanchéité parfaite (pas de garniture d'arbre)
Peut fonctionner à sec sans dommage
Idéale pour les fluides corrosifs, toxiques ou abrasifs
Peut être entraînée pneumatiquement (pas d'électricité)

Inconvénients :

Débit pulsatoire important
Pression limitée (généralement < 1 MPa pour les membranes en élastomère)
Membrane sujette à l'usure

4. Compresseurs

4.1 Classification et principes

Un compresseur augmente la pression d'un gaz en réduisant son volume ou en augmentant sa vitesse. On distingue :

Compresseurs volumétriques (déplacement positif) :

À pistons (alternatifs)
À vis (rotatifs)
À palettes
À lobes (soufflantes)

Compresseurs dynamiques (turbocompresseurs) :

Centrifuges
Axiaux

Paramètres clés :

Rapport de compression : P₂ / P₁ (pression absolue)
Débit volumétrique : m³/min ou L/s (aux conditions d'aspiration)
Puissance absorbée : kW
Rendement isotherme et adiabatique

4.2 Compresseurs à pistons

Le compresseur à piston fonctionne sur le même principe qu'une pompe à piston, mais pour les gaz. Le cycle comprend quatre phases : aspiration, compression, refoulement, détente du gaz résiduel.

Volume balayé :

V = A × L × N

Où A = section du cylindre (m²), L = course (m), N = vitesse (tr/s).

Rendement volumétrique (η_v) :

η_v = Volume réellement aspiré / Volume balayé

Le rendement volumétrique diminue avec le rapport de compression à cause du jeu nuisible (espace mort entre le piston et la culasse au point mort haut).

Compression en plusieurs étages : Pour les rapports de compression élevés (> 5:1), on utilise plusieurs étages avec refroidisseurs intermédiaires. Cela réduit la température du gaz et la puissance consommée.

> Astuce d'examen : La température de refoulement d'un compresseur à piston est donnée par la loi des gaz parfaits : T₂ = T₁ × (P₂/P₁)^((γ−1)/γ) pour une compression adiabatique. Pour l'air, γ = 1,4.

4.3 Compresseurs à vis

Le compresseur à vis utilise deux rotors hélicoïdaux (mâle et femelle) qui tournent en sens inverse dans un carter. Le gaz est piégé entre les lobes et comprimé progressivement.

Avantages :

Débit continu sans pulsation
Faible vibration
Longue durée de vie
Peut fonctionner en continu

Inconvénients :

Coût initial plus élevé
Nécessite une injection d'huile pour la lubrification et l'étanchéité (sauf version "sec")
Bruit important (nécessite un capot insonorisant)

4.4 Compresseurs centrifuges

Le compresseur centrifuge fonctionne comme une pompe centrifuge, mais pour les gaz. Le gaz est accéléré par la roue puis ralenti dans le diffuseur, convertissant la vitesse en pression.

Caractéristiques :

Débit élevé, pression modérée
Débit continu et régulier
Sensible au pompage (surge) : phénomène d'instabilité lorsque le débit descend sous un seuil critique, causant des inversions de débit violentes

Protection contre le pompage : Une vanne de recyclage (anti-pompage) maintient un débit minimal en retournant une partie du gaz vers l'aspiration.

4.5 Sécurité et réglementation

Code canadien de l'électricité, Chapitre V (C22.1-21) : Exigences pour les installations électriques dans les zones classées (emplacements dangereux). Les compresseurs d'air comprimé dans les zones où des gaz inflammables sont présents doivent utiliser des moteurs et composants électriques classés pour la zone appropriée.

CSA B149.1 (Code sur le gaz naturel et le propane) : S'applique aux compresseurs de gaz naturel et de propane. Les règles 6.14 à 6.22 couvrent l'installation des compresseurs, la ventilation, la détection de fuites et les dispositifs de sécurité.

Règles de sécurité générales :

Les soupapes de sûreté doivent être installées sur chaque étage de compression et tarées à la pression maximale de service.
Un pressostat haute pression doit arrêter le compresseur en cas de dépassement de pression.
Les conduites d'air comprimé doivent être identifiées par la couleur (généralement bleu ou gris) selon la norme CSA Z96 ou les conventions de l'usine.
Les réservoirs d'air comprimé doivent être inspectés périodiquement conformément aux exigences provinciales et aux normes CSA B51 (chaudières et appareils sous pression).

5. Systèmes hydrauliques

5.1 Principes de base — Loi de Pascal

La loi de Pascal stipule qu'une pression appliquée à un fluide incompressible dans un contenant fermé est transmise intégralement et également dans toutes les directions.

Application : Si une force F₁ est appliquée sur un piston de section A₁, la pression P = F₁/A₁ est transmise à un second piston de section A₂, produisant une force F₂ = P × A₂ = F₁ × (A₂/A₁).

Avantage mécanique : F₂ / F₁ = A₂ / A₁

> Astuce d'examen : Un vérin hydraulique avec un piston de 100 mm de diamètre et une pression de 10 MPa (100 bar) produit une force de :

> F = P × A = 10 000 000 Pa × π × (0,05 m)² = 10 000 000 × 0,00785 = 78 540 N ≈ 78,5 kN

5.2 Composants d'un système hydraulique

Pompe hydraulique : Généralement une pompe volumétrique (engrenages, palettes, pistons axiaux). Elle convertit l'énergie mécanique en énergie hydraulique (débit × pression).

Vérins (actionneurs linéaires) : Convertissent l'énergie hydraulique en mouvement linéaire. Types : simple effet (une seule chambre pressurisée), double effet (deux chambres).

Moteurs hydrauliques (actionneurs rotatifs) : Convertissent l'énergie hydraulique en mouvement rotatif. Types : engrenages, palettes, pistons axiaux et radiaux.

Vannes de contrôle directionnel : Dirigent le fluide vers les actionneurs. Désignées par le nombre de voies et de positions (ex. : 4/3 = 4 voies, 3 positions).

Vannes de contrôle de pression :

Limiteur de pression (soupape de sûreté) : protège le système contre les surpressions
Vanne de réduction de pression : maintient une pression réduite dans un circuit secondaire
Vanne de séquence : commande l'ordre des opérations

Vannes de contrôle de débit :

Vanne d'étranglement : réduit le débit en créant une restriction
Régulateur de débit : maintient un débit constant malgré les variations de charge

Accumulateur : Réservoir d'énergie hydraulique qui stocke le fluide sous pression. Types : à vessie, à piston, à membrane. Utilisé pour :

Compenser les fuites
Amortir les chocs
Fournir une réserve d'énergie en cas de panne de pompe
Maintenir la pression pendant les arrêts

Filtres : Protègent les composants contre la contamination. Positionnés dans le retour, la pression ou l'aspiration. La norme ISO 4406 classe la contamination par le nombre de particules par millilitre.

5.3 Calculs hydrauliques

Puissance hydraulique :

P_hyd = Q × ΔP

Où P_hyd = puissance (W), Q = débit (m³/s), ΔP = différence de pression (Pa).

Conversion pratique : P_hyd (kW) = Q (L/min) × ΔP (bar) / 600

Exemple : Une pompe délivre 50 L/min à 150 bar.

P_hyd = 50 × 150 / 600 = 12,5 kW

Puissance du moteur d'entraînement :

P_moteur = P_hyd / η_total

Où η_total = rendement de la pompe × rendement du moteur (typiquement 0,85 × 0,90 = 0,765).

Vitesse d'un vérin :

V = Q / A

Où V = vitesse du piston (m/s), Q = débit (m³/s), A = section effective du piston (m²).

Force d'un vérin double effet :

Extension : F = P × A_piston

Rétraction : F = P × (A_piston − A_tige)

5.4 Entretien et diagnostic des systèmes hydrauliques

Contamination : La cause principale de défaillance des systèmes hydrauliques (80 % des pannes). Sources : particules, eau, air, chaleur.

Analyse d'huile : L'échantillonnage régulier de l'huile permet de détecter :

La présence de particules métalliques (usure anormale)
L'oxydation de l'huile (température excessive)
La présence d'eau (condensation ou fuite de refroidisseur)

Symptômes courants et causes :

SymptômeCause probable
Bruit de cognementAir dans le système, cavitation à l'aspiration
Chauffage excessifHuile trop visqueuse, pression excessive, refroidisseur défectueux
Mouvement lent ou irrégulierFiltre obstrué, vanne d'étranglement sale, pompe usée
Chute de pressionFuite interne (vérin, vanne), soupape de sûreté tarée trop bas
Huile laiteuseContamination par l'eau

Procédure de purge de l'air : Ouvrir les purgeurs aux points hauts du circuit, faire fonctionner le système à basse pression, puis augmenter progressivement.


6. Systèmes pneumatiques

6.1 Différences entre hydraulique et pneumatique

CaractéristiqueHydrauliquePneumatique
FluideHuile (incompressible)Air (compressible)
Pression typique5 à 35 MPa (50 à 350 bar)0,4 à 1 MPa (4 à 10 bar)
ForceÉlevéeFaible à modérée
VitesseModéréeÉlevée
Précision de positionnementExcellenteFaible
CoûtÉlevéFaible
Risque de fuitePollutionSans danger (air)
Stockage d'énergieAccumulateurRéservoir d'air

6.2 Composants d'un système pneumatique

Compresseur : Généralement un compresseur à pistons ou à vis.

Sécheur d'air : Élimine l'humidité de l'air comprimé. Types : réfrigérateur, dessiccant, à membrane.

Filtre, régulateur, lubrificateur (FRL) : L'unité de conditionnement d'air typique :

Filtre : élimine les particules et l'eau condensée (purge manuelle ou automatique)
Régulateur : maintient une pression constante en aval
Lubrificateur : ajoute une fine brume d'huile à l'air pour lubrifier les composants

Vannes directionnelles : Commandent les vérins pneumatiques. Désignation par le nombre de voies et de positions (ex. : 5/2 = 5 voies, 2 positions).

Vérins pneumatiques : Simple effet (retour par ressort) ou double effet.

Échappement : L'air d'échappement doit être canalisé ou silencieux pour réduire le bruit.

6.3 Préparation de l'air comprimé

La qualité de l'air est essentielle. L'air comprimé contient :

De la vapeur d'eau (condensation dans les conduites)
Des particules (poussière, rouille)
De l'huile (si le compresseur est lubrifié)

Point de rosée : Température à laquelle la vapeur d'eau commence à se condenser. Pour les applications extérieures en climat canadien, le point de rosée doit être inférieur à la température ambiante minimale pour éviter le gel dans les conduites.

Classes de qualité d'air (ISO 8573-1) : Définit les limites de particules, d'eau et d'huile. Exemple : Classe 1-4-1 = particules ≤ 0,1 µm, point de rosée ≤ −20 °C, huile ≤ 0,01 mg/m³.

6.4 Calculs pneumatiques

Consommation d'air d'un vérin :

Q = A × L × N × (P_atm + P_gauge) / P_atm

Où Q = débit d'air libre (m³/s), A = section du piston (m²), L = course (m), N = nombre de cycles par seconde, P_atm = pression atmosphérique (101,3 kPa), P_gauge = pression manométrique (kPa).

Force d'un vérin pneumatique :

F = P × A × η

Où η = rendement (typiquement 0,85 à 0,90 pour tenir compte de la friction des joints).

> Astuce d'examen : La force d'un vérin pneumatique est calculée avec la pression manométrique, pas la pression absolue. La pression atmosphérique s'annule des deux côtés du piston.


7. Codes, normes et réglementations canadiennes

7.1 Code canadien de l'électricité, Chapitre V (C22.1-21)

Ce code classe les emplacements dangereux où des atmosphères explosives peuvent être présentes. Les pompes et compresseurs installés dans ces zones doivent utiliser des moteurs électriques et des composants certifiés pour la classe et la division appropriées.

Classes et divisions :

Classe I : Gaz et vapeurs inflammables
Classe II : Poussières combustibles
Classe III : Fibres et particules volatiles
Division 1 : Présence normale ou fréquente
Division 2 : Présence anormale ou accidentelle

Zones (système alternatif) : Zone 0, 1, 2 pour les gaz (équivalent aux divisions).

7.2 CSA B51 — Chaudières et appareils sous pression

Cette norme couvre la conception, la fabrication et l'inspection des réservoirs sous pression, y compris les réservoirs d'air comprimé et les accumulateurs hydrauliques. Les exigences incluent :

Les soupapes de sûreté certifiées
Les plaques signalétiques avec la pression maximale de service
Les inspections périodiques par un inspecteur autorisé

7.3 CSA B149.1 — Code sur le gaz naturel et le propane

S'applique aux compresseurs de gaz naturel utilisés dans les stations de compression. Les règles clés :

Règle 6.14 : Emplacement des compresseurs (ventilation, distance des sources d'inflammation)
Règle 6.18 : Dispositifs de sécurité (soupapes, pressostats, détecteurs de gaz)
Règle 6.22 : Mise à la terre et liaison équipotentielle

7.4 Normes CSA pour les tuyauteries

CSA B137 : Tuyauteries en plastique (PVC, CPVC, PE, PEX) — utilisées pour les conduites d'eau et de fluides.

CSA Z662 : Réseaux de canalisations de pétrole et de gaz — s'applique aux pipelines et aux installations de pompage associées.


8. Procédures d'installation, d'alignement et de mise en service

8.1 Alignement des pompes et des moteurs

L'alignement correct de l'arbre de la pompe avec l'arbre du moteur est essentiel pour éviter les vibrations, l'usure prématurée des roulements et la défaillance des garnitures.

Méthodes d'alignement :

Règle à lames : méthode approximative, précision ± 0,1 mm
Comparateurs à cadran : méthode conventionnelle, précision ± 0,05 mm
Alignement laser : méthode moderne, précision ± 0,01 mm

Tolérances typiques (alignement parallèle et angulaire) :

Vitesse de rotationParallèle (mm)Angulaire (mm/100 mm)
< 1500 tr/min0,100,05
1500 – 3000 tr/min0,050,03
> 3000 tr/min0,030,02

Procédure :

281.Vérifier que les fondations sont solides et de niveau.
282.Fixer la pompe et le moteur sur leurs socles.
283.Aligner d'abord le parallélisme (décalage vertical et horizontal).
284.Aligner ensuite l'angulation (inclinaison des arbres).
285.Serrer les boulons et revérifier l'alignement (le serrage peut déplacer les composants).
286.Vérifier le jeu axial (end play) et le jeu radial des accouplements.

8.2 Accouplements

Les accouplements transmettent le couple entre l'arbre moteur et l'arbre de la pompe tout en compensant les légers défauts d'alignement.

Types courants :

Rigide : aucune compensation, utilisé pour les arbres parfaitement alignés
Élastique (caoutchouc, spider) : compense les petits défauts d'alignement et absorbe les chocs
À denture : compense les défauts d'alignement et transmet des couples élevés
À membrane : compense les défauts d'alignement sans jeu, utilisé pour les hautes vitesses

8.3 Mise en service d'une pompe centrifuge

Procédure de démarrage :

296.Vérifier que la pompe est amorcée (corps rempli de liquide).
297.Ouvrir la vanne d'aspiration complètement.
298.Fermer la vanne de refoulement (démarrage à vanne fermée pour les pompes centrifuges).
299.Démarrer le moteur.
300.Ouvrir progressivement la vanne de refoulement jusqu'au débit désiré.
301.Vérifier la pression, le débit, les vibrations et la température des roulements.
302.Vérifier l'absence de fuites aux garnitures.

Procédure d'arrêt :

304.Fermer la vanne de refoulement.
305.Arrêter le moteur.
306.Fermer la vanne d'aspiration (si nécessaire, pour éviter le refoulement).

> Piège d'examen : Une pompe centrifuge doit démarrer vanne de refoulement fermée pour minimiser le couple de démarrage. Une pompe volumétrique doit démarrer vanne de refoulement ouverte pour éviter la surpression.

8.4 Mise en service d'un compresseur

Procédure :

310.Vérifier le niveau d'huile du compresseur.
311.Ouvrir la vanne de refoulement (ou la vanne de by-pass).
312.Démarrer le compresseur.
313.Laisser le compresseur atteindre sa vitesse nominale.
314.Fermer progressivement la vanne de by-pass et ouvrir la vanne de refoulement.
315.Vérifier la pression, la température, les vibrations et les fuites.
316.Vérifier le fonctionnement des dispositifs de sécurité (soupape, pressostat).

9. Diagnostic et dépannage

9.1 Pompes centrifuges — Symptômes et causes

SymptômeCauses possibles
Pas de débitPompe non amorcée, roue obstruée, sens de rotation inversé, vanne fermée
Débit insuffisantCavitation, roue partiellement obstruée, vitesse trop basse, usure de la roue
Pression insuffisanteUsure de la roue, vitesse trop basse, fuite interne, vanne de refoulement trop ouverte
Vibrations excessivesDésalignement, roue déséquilibrée, cavitation, roulements usés, résonance
Bruit anormalCavitation, roulement défectueux, contact roue-volute
Chauffage des roulementsMauvais alignement, lubrification insuffisante, surcharge, jeu excessif
Fuite à la garnitureGarniture usée, arbre rayé, pression de presse-étoupe incorrecte

9.2 Compresseurs — Symptômes et causes

SymptômeCauses possibles
Pression de refoulement trop basseFuite interne, clapets usés, vanne de by-pass ouverte, vitesse trop basse
Pression de refoulement trop hauteVanne de refoulement fermée, soupape de sûreté défectueuse
Température de refoulement excessiveRefroidisseur obstrué, rapport de compression trop élevé, lubrification insuffisante
Consommation d'huile excessiveSegments usés, jeu de piston excessif, niveau d'huile trop élevé
Bruit de cognementJeu de piston excessif, bielle usée, clapets défectueux
Compresseur ne démarre pasPanne électrique, pressostat bloqué, protection thermique déclenchée

9.3 Systèmes hydrauliques — Procédure de diagnostic

Approche systématique :

325.Vérifier les symptômes : bruit, chaleur, vitesse, pression, fuites.
326.Inspecter visuellement : niveau d'huile, fuites externes, filtres, flexibles.
327.Vérifier la pression : installer un manomètre aux points de test.
328.Vérifier le débit : utiliser un débitmètre ou chronométrer le mouvement d'un vérin.
329.Analyser l'huile : prélever un échantillon pour analyse de contamination.
330.Isoler le circuit : fermer les vannes pour tester les composants individuellement.

Test de fuite interne d'un vérin : Appliquer la pression sur un côté du vérin, fermer la vanne, et observer si le piston se déplace. Un déplacement indique une fuite interne par les joints.


10. Calculs pratiques et conversions

10.1 Conversions d'unités essentielles

GrandeurUnité SIUnité impérialeFacteur de conversion
Pression1 kPa0,145 psi1 psi = 6,895 kPa
Pression1 bar14,5 psi1 bar = 100 kPa
Débit1 L/min0,22 GPM imp.1 GPM imp. = 4,546 L/min
Débit1 m³/h3,67 GPM imp.1 m³/h = 16,67 L/min
Puissance1 kW1,34 hp1 hp = 0,746 kW
Température°C°F°F = (°C × 9/5) + 32

10.2 Puissance d'une pompe

Puissance hydraulique :

P_hyd (kW) = Q (m³/s) × HMT (m) × ρ (kg/m³) × g / 1000

Puissance au frein (absorbée par la pompe) :

P_br = P_hyd / η_pompe

Puissance du moteur :

P_moteur = P_br / η_moteur

Exemple : Une pompe délivre 0,05 m³/s (3000 L/min) avec une HMT de 40 m. ρ = 1000 kg/m³, η_pompe = 0,75, η_moteur = 0,90.

P_hyd = 0,05 × 40 × 1000 × 9,81 / 1000 = 19,62 kW

P_br = 19,62 / 0,75 = 26,16 kW

P_moteur = 26,16 / 0,90 = 29,07 kW

10.3 Couple et vitesse

Puissance mécanique :

P (W) = T (N·m) × ω (rad/s)

Où ω = 2 × π × N / 60 (N en tr/min).

Conversion pratique : P (kW) = T (N·m) × N (tr/min) / 9550


Pièges à éviter

354.Confondre NPSHa et NPSHr : La NPSHa est calculée à partir de l'installation ; la NPSHr est fournie par le fabricant. La cavitation se produit si NPSHa < NPSHr.
355.Oublier que la puissance varie au cube de la vitesse : Une augmentation de 20 % de la vitesse augmente la puissance de 72,8 % (1,2³ = 1,728). Vérifiez toujours la puissance du moteur avant d'augmenter la vitesse d'une pompe.
356.Démarrer une pompe volumétrique vanne fermée : Cela crée une surpression instantanée qui peut endommager la pompe ou la tuyauterie. Les pompes volumétriques doivent démarrer vanne ouverte ou avec un by-pass.
357.Utiliser la pression absolue au lieu de la pression manométrique : Dans les calculs de force des vérins pneumatiques et hydrauliques, utilisez la pression manométrique. Dans les calculs de NPSH et de compression de gaz, utilisez la pression absolue.
358.Ignorer le rendement volumétrique des compresseurs : Le débit réel est toujours inférieur au débit théorique à cause du jeu nuisible, des fuites et du réchauffement du gaz.
359.Négliger la purge de l'air dans les systèmes hydrauliques : L'air dans un système hydraulique cause des mouvements irréguliers, du bruit et peut endommager les pompes par cavitation.
360.Confondre les pompes en série et en parallèle : En série, les HMT s'additionnent (même débit). En parallèle, les débits s'additionnent (même HMT).
361.Oublier le sens de rotation : Une pompe centrifuge qui tourne à l'envers ne délivre qu'environ 30 à 50 % de son débit nominal et peut surchauffer. Vérifiez toujours le sens de rotation avant le couplage définitif.
362.Ne pas vérifier l'alignement après le serrage des boulons : Le serrage des boulons de fondation peut déplacer la pompe ou le moteur. Toujours revérifier l'alignement après le serrage final.
363.Utiliser des flexibles hydrauliques non certifiés : Les flexibles doivent être conformes aux normes SAE ou ISO et avoir une pression de service supérieure à la pression maximale du système.

Résumé

Les points essentiels à retenir pour l'examen Sceau rouge :

Pompes centrifuges : débit variable, HMT limitée, démarrage vanne fermée, nécessitent un amorçage, sensibles à la cavitation (NPSHa > NPSHr).
Pompes volumétriques : débit constant, pression élevée, démarrage vanne ouverte, ne nécessitent pas d'amorçage (elles aspirent).
Lois de similitude : Q ∝ N, H ∝ N², P ∝ N³.
Compresseurs : le rapport de compression, le rendement volumétrique et la température de refoulement sont les paramètres clés. La compression multi-étages avec refroidissement intermédiaire réduit la puissance.
Systèmes hydrauliques : loi de Pascal, puissance hydraulique P = Q × ΔP, contamination = cause principale de pannes.
Systèmes pneumatiques : pression limitée (4 à 10 bar), l'air doit être filtré, séché et lubrifié.
Alignement : tolérance plus stricte à haute vitesse ; l'alignement laser offre la meilleure précision.
Codes : CCE Chapitre V pour les emplacements dangereux, CSA B51 pour les réservoirs sous pression, CSA B149.1 pour le gaz naturel.
Diagnostic : toujours procéder du plus simple au plus complexe : visuel, pression, débit, puis analyse d'huile.

La maîtrise de ces concepts, combinée à la pratique des calculs et à la connaissance des normes canadiennes, vous préparera efficacement aux questions de l'examen. Bonne préparation !

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