Chapitre V

Moteurs diesel et systèmes d'alimentation en carburant

Guide d'étude Red Seal Practice avec schémas.

Moteurs diesel et systèmes d'alimentation en carburant

Introduction au moteur diesel

Le moteur diesel est un moteur à allumage par compression (auto-inflammation). Contrairement au moteur à essence (allumage commandé par bougie), l'air est comprimé à un taux volumétrique élevé (14:1 à 25:1), ce qui élève sa température au-delà du point d'auto-inflammation du carburant. Le carburant est ensuite injecté directement dans la chambre de combustion sous très haute pression (200 à 2 500 bars selon la génération du système).

Cycle diesel théorique (cycle de Beau de Rochas modifié) : compression adiabatique, combustion à pression constante, détente adiabatique, échappement à volume constant. En pratique, les moteurs modernes fonctionnent selon le cycle mixte (combustion partiellement à volume constant, partiellement à pression constante).

Différences fondamentales avec le moteur à essence

Cycle Diesel à quatre temps — Allumage par compression Cycle Diesel à quatre temps — Allumage par compression Principes fondamentaux du moteur Diesel (Red Seal) Adm. Éch. Injecteur 1. Admission Le piston descend, la soupape d'admission s'ouvre — l'air pur 2. Compression Le piston monte — l'air est comprimé à ~500 psi (35 bar) 3. Combustion Injection de carburant — allumage spontané (auto-inflammation) 4. Échappement Le piston remonte — les gaz brûlés sont expulsés Caractéristiques clés • Taux de compression : 14:1 à 25:1 • Allumage : par compression • Carburant : diesel n°2 • Injection : directe ou indirecte • Temp. d'auto-inflammation : ~210°C Rendement thermique Les moteurs Diesel offrent un meilleur rendement que les moteurs à essence (Ottomotor) Air (admission) Carburant / Combustion Schéma pédagogique — Formation interprovinciale Sceau rouge (Red Seal)
ParamètreMoteur dieselMoteur à essence
AllumageCompression (auto-inflammation)Bougie d'allumage
Taux de compression14:1 à 25:18:1 à 12:1
AdmissionAir seulMélange air/carburant
Régulation de puissanceQuantité de carburant injectéPapillon des gaz (quantité d'air)
Rendement thermique35 à 45 %25 à 30 %
CoupleÉlevé à bas régimeMaximum à régime moyen/élevé

Classification des moteurs diesel

Selon le cycle : 2 temps (rare en camion, utilisé en marine/groupe électrogène) ou 4 temps (standard en transport routier).
Selon l'injection : injection directe (ID) — chambre dans le piston, ou injection indirecte (IDI) — préchambre ou chambre de turbulence (technologie obsolète, plus rencontrée que sur moteurs anciens).
Selon la suralimentation : atmosphérique (naturellement aspiré), turbocompressé, turbocompressé avec refroidisseur d'air de suralimentation (charge air cooler / aftercooler).

Le carburant diesel

Propriétés physico-chimiques essentielles

Le carburant diesel (gazole) est un mélange d'hydrocarbures (C₁₀ à C₂₂) issu du raffinage du pétrole brut. Ses propriétés critiques pour le technicien :

Indice de cétane : mesure de la facilité d'auto-inflammation (analogue à l'indice d'octane pour l'essence, mais inversé). Norme canadienne : minimum 40 (généralement 42 à 50 pour le transport). Un indice trop bas provoque un délai d'allumage long, un cognement diesel et des difficultés de démarrage à froid.
Point d'écoulement (pour point) : température minimale à laquelle le carburant s'écoule encore. Au Canada, les carburants d'hiver sont formulés pour des points d'écoulement de -40 °C à -48 °C selon la région.
Point de trouble (cloud point) : température à laquelle les cristaux de paraffine commencent à se former. Le filtre à carburant se colmate à cette température.
Viscosité : affecte la lubrification de la pompe d'injection et l'atomisation. Trop faible = usure des pièces de précision ; trop élevée = mauvaise pulvérisation.
Teneur en soufre : le carburant diesel à très basse teneur en soufre (ULSD — Ultra Low Sulfur Diesel, ≤ 15 ppm) est obligatoire au Canada depuis 2006 pour les véhicules routiers (Règlement sur le soufre dans le carburant diesel, Environnement et Changement climatique Canada).

Normes canadiennes applicables

CAN/CGSB-3.517 : spécification du carburant diesel pour moteurs à allumage par compression (gazole de qualité transport).
CAN/CGSB-3.520 : carburant diesel à très basse teneur en soufre (ULSD).
CSA B149.1 : Code sur le gaz naturel et le propane — applicable uniquement si le véhicule est converti au gaz naturel comprimé (GNC) ou au propane. Pour les systèmes diesel, cette norme s'applique aux moteurs bi-carburant (diesel + gaz). Règle 6.24 : exigences pour les réservoirs de GNC montés sur véhicules.

Additifs et contaminants

Additifs : améliorateurs d'indice de cétane, détergents, antimousse, lubrifiants (compensation de la faible teneur en soufre), antigel (réducteurs de point d'écoulement), biocides (pour prévenir la croissance microbienne dans les réservoirs).
Contaminants courants : eau (provoque corrosion, rouille, croissance bactérienne, cavitation dans les injecteurs), particules (usure abrasive des injecteurs et pompes), microbactéries (boue noire qui colmate les filtres).

Procédure de contrôle de l'eau : purger le séparateur d'eau du filtre à carburant selon l'intervalle du fabricant (souvent indiqué par un témoin lumineux sur les véhicules récents). Utiliser un produit desséchant (type Kolor Kut) pour détecter la présence d'eau dans un échantillon.


Systèmes d'injection diesel

Injection mécanique conventionnelle

Pompe en ligne (in-line pump) : chaque cylindre possède son propre élément pompe (piston plongeur). Le débit est contrôlé par une crémaillère qui fait pivoter le piston pour modifier la course utile. Utilisée sur les moteurs plus anciens (Cummins N14, Detroit Diesel 60 séries anciennes).

Pompe distributrice (rotary pump) : un seul piston rotatif distribue le carburant à chaque injecteur via un distributeur rotatif. Exemples : Bosch VE, Stanadyne DB4. Contrôle du débit par électrovanne ou régulateur mécanique.

Injecteurs mécaniques : s'ouvrent lorsque la pression de carburant dépasse la pression de tarage du ressort (généralement 150 à 300 bars). Le pression d'ouverture se vérifie au banc d'essai d'injecteurs. Le jet doit avoir le bon angle de pulvérisation et une atomisation fine (brouillard).

Injection électronique (HEUI, EUI, Common Rail)

EUI (Electronic Unit Injector) : injecteur-pompe intégré, actionné par la came de l'arbre à cames. L'électronique (ECM) contrôle une électrovanne de régulation. Pression d'injection jusqu'à 2 000 bars. Utilisé sur Detroit Diesel Series 60, Cummins N14 (versions électroniques), Volvo.

HEUI (Hydraulically actuated Electronically controlled Unit Injector) : l'injecteur est actionné hydrauliquement par l'huile moteur à haute pression (jusqu'à 330 bars). L'ECM contrôle une électrovanne qui dirige l'huile vers un piston amplificateur. Pression d'injection jusqu'à 1 500 bars. Utilisé sur les moteurs Navistar (International) 7,3 L et 6,0 L.

Common Rail (rampe commune) : une pompe haute pression alimente une rampe commune (accumulateur) qui dessert tous les injecteurs. Chaque injecteur est commandé individuellement par l'ECM via une électrovanne ou un actionneur piézoélectrique. Pressions de 1 600 à 2 500 bars. Avantages : contrôle précis du moment, de la durée et de la pression d'injection, injections multiples (pré-injection, injection principale, post-injection).

Comparaison des systèmes

SystèmePression typiqueContrôleAvantagesInconvénients
Pompe en ligne200–400 barsMécaniqueRobuste, simpleRéglage manuel, émissions élevées
Pompe distributrice300–700 barsMécanique/électroniqueCompacte, économiqueLimite en pression
EUI1 200–2 000 barsÉlectroniqueHaute pression, précisionCoût élevé, usure de la came
HEUI1 000–1 500 barsÉlectroniqueIndépendant de la cameComplexité hydraulique
Common Rail1 600–2 500 barsÉlectroniqueFlexible, multi-injectionsSensible aux contaminants

Composants critiques et procédures

Filtre à carburant : remplacement selon l'intervalle du fabricant (souvent 25 000 à 40 000 km). Toujours amorcer le système après remplacement (pompe d'amorçage manuelle ou électrique). Ne jamais démarrer un moteur common rail sans avoir purgé l'air — risque de cavitation et de dommages à la pompe haute pression.

Pompe d'injection : vérifier la pression de transfert (pompe basse pression) qui doit être typiquement de 3 à 7 bars selon le système. Sur les systèmes common rail, la pompe haute pression (CP3, CP4) génère la pression de rampe — vérifier avec l'outil de diagnostic.

Injecteurs : test de retour de fuite (leak-off) — un retour excessif indique un injecteur usé. Sur les systèmes common rail, mesurer le retour de chaque injecteur dans des éprouvettes graduées ; un injecteur qui retourne plus de 30 % de plus que les autres est suspect.

Calcul de débit de carburant : débit (L/h) = consommation (L/100 km) × vitesse (km/h) ÷ 100. Exemple : un camion consomme 35 L/100 km à 90 km/h → débit = 35 × 90 ÷ 100 = 31,5 L/h.


Gestion électronique du moteur (ECM)

Capteurs et actionneurs

L'ECM (Engine Control Module) reçoit des signaux de capteurs et commande des actionneurs. Les capteurs essentiels :

Capteur de position du vilebrequin (CKP) : type inductif ou à effet Hall. Indispensable pour la synchronisation de l'injection. Une défaillance = pas de démarrage.
Capteur de position de l'arbre à cames (CMP) : identifie le cylindre en phase de compression. Nécessaire pour l'injection séquentielle.
Capteur de pression absolue du collecteur (MAP) : mesure la charge moteur. Utilisé pour calculer la masse d'air admise.
Capteur de température du liquide de refroidissement (ECT) : correction du calage d'injection et de la richesse à froid.
Capteur de température de l'air d'admission (IAT) : correction de la densité de l'air.
Capteur de pression de carburant (FRP) : sur common rail, mesure la pression dans la rampe. Boucle de rétroaction pour la régulation.
Capteur de débit d'air massique (MAF) : mesure la masse d'air réelle. Utilisé pour le calcul du débit de carburant et la régénération du DPF.
Capteur de pression différentielle du filtre à particules (DPF) : surveille le colmatage du filtre.

Stratégies de contrôle

Calage d'injection : avance à l'injection (en degrés de vilebrequin avant PMH). À froid, l'avance est augmentée pour réduire le délai d'allumage. À pleine charge, l'avance est optimisée pour le couple et les émissions.
Durée d'injection : détermine la quantité de carburant injecté. Exprimée en microsecondes (µs) ou en degrés de vilebrequin.
Injection pilote : petite injection (1 à 3 mm³) 10 à 30° avant l'injection principale. Réduit le bruit de combustion et les émissions de NOₓ.
Post-injection : injection après l'injection principale pour la régénération du DPF (augmentation de la température des gaz d'échappement).

Diagnostic et outils

Outil de diagnostic (ex. : Cummins INSITE, Detroit Diagnostic Link, Volvo Tech Tool) : lecture des codes de panne (DTC), données en direct (live data), tests d'actionneurs, procédures de régénération forcée.
Codes de panne : format standardisé SAE J1939 (SPN/FMI) ou J1587 (codes à 2 chiffres). Exemple : SPN 94 FMI 1 = pression de carburant basse — condition de circuit.
Oscilloscope : vérification des signaux de capteurs (CKP, CMP) — forme d'onde, amplitude, fréquence.

Systèmes d'air et de suralimentation

Turbocompresseur

Le turbocompresseur utilise l'énergie des gaz d'échappement pour comprimer l'air d'admission. Composants : turbine (côté chaud), compresseur (côté froid), arbre, roulements (à billes ou à paliers lisses), volute.

Paramètres de fonctionnement :

Pression de suralimentation (boost) : typiquement 0,5 à 2,5 bars (7 à 36 psi) selon le moteur. Mesurée au manomètre ou via le capteur MAP.
Vitesse de rotation : jusqu'à 150 000 à 200 000 tr/min.
Température des gaz d'échappement (EGT) : jusqu'à 700-800 °C en pleine charge. Un EGT excessif (> 750 °C soutenu) peut endommager la turbine et les soupapes.

Défaillances courantes : jeu axial ou radial excessif (usure des paliers), fuite d'huile (joints usés), contact roue/volute (casse), suie accumulée (déséquilibre).

Procédure de vérification : moteur arrêté, retirer le conduit d'admission et vérifier le jeu radial (pousser la roue perpendiculairement à l'axe) et axial (pousser le long de l'axe). Jeu radial typique : 0,3 à 0,8 mm ; jeu axial : 0,1 à 0,3 mm. Consulter les spécifications du fabricant.

Refroidisseur d'air de suralimentation (charge air cooler)

Refroidit l'air comprimé (qui s'échauffe à la compression) avant son admission. L'air plus dense = plus d'oxygène = plus de puissance et moins d'émissions. Perte de charge typique : 1 à 3 psi (0,07 à 0,2 bar). Vérifier l'étanchéité (test de pression à 10-15 psi avec un bouchon et un manomètre).

Soupape de décharge (wastegate) et géométrie variable

Wastegate : soupape qui contourne la turbine pour limiter la pression de suralimentation. Commandée par un actionneur pneumatique (contrôlé par l'ECM via une électrovanne) ou électronique.
Géométrie variable (VGT) : ailettes orientables autour de la turbine. À bas régime, les ailettes se ferment pour augmenter la vitesse des gaz ; à haut régime, elles s'ouvrent pour éviter la surpression. Contrôle par l'ECM via un actionneur électrique ou pneumatique. Un VGT encrassé provoque un manque de puissance et des codes de sur/sous-pression de suralimentation.

Circuit d'échappement et post-traitement

EGR (Exhaust Gas Recirculation) : recircule une partie des gaz d'échappement vers l'admission pour réduire la température de combustion et donc les NOₓ. Refroidisseur EGR, vanne EGR (contrôlée par l'ECM). Un EGR encrassé ou bloqué provoque une perte de puissance et des émissions excessives.
DPF (Diesel Particulate Filter) : filtre à particules qui capture la suie. Régénération passive (température d'échappement élevée) ou active (post-injection pour augmenter la température). Le DPF doit être remplacé ou nettoyé lorsque la pression différentielle dépasse la limite (typiquement 25 kPa à pleine charge).
SCR (Selective Catalytic Reduction) : injection d'urée (DEF — Diesel Exhaust Fluid, AUS 32) dans l'échappement pour réduire les NOₓ en azote et vapeur d'eau. Le DEF est une solution à 32,5 % d'urée dans l'eau déminéralisée. Le système SCR comprend : réservoir de DEF, pompe, injecteur, catalyseur SCR, capteurs de NOₓ. Le véhicule ne démarre pas si le réservoir de DEF est vide (selon la réglementation canadienne sur les émissions).

Système de lubrification

Rôle et spécifications

Le système de lubrification réduit le frottement, refroidit, nettoie, protège contre la corrosion et assure l'étanchéité. Le lubrifiant doit être choisi selon la classification API (American Petroleum Institute) et la viscosité SAE.

Classifications API pour moteurs diesel :

API CJ-4 : pour moteurs 2007 et plus récents (compatibles avec les systèmes de post-traitement).
API CK-4 : pour moteurs 2017 et plus récents, compatible avec les moteurs précédents.
API FA-4 : pour moteurs 2017 et plus récents, faible viscosité haute température (économie de carburant), non rétrocompatible.

Viscosité SAE : 15W-40 (standard), 10W-30 (climats froids), 5W-40 (très grands froids). Le premier chiffre indique la viscosité à froid, le second à chaud (100 °C).

Composants du circuit

Carter d'huile : capacité typique 15 à 40 L selon le moteur.
Pompe à huile : à engrenages ou à rotor. Débit typique : 50 à 150 L/min à régime nominal. Pression : 30 à 60 psi (2 à 4 bars) à chaud, 10 psi minimum au ralenti.
Filtre à huile : filtration pleine ou partielle. Bypass valve : s'ouvre si le filtre est colmaté (évite la privation d'huile).
Refroidisseur d'huile : à eau ou à air. Maintient la température d'huile entre 90 et 110 °C.
Soupape de décharge (pressure relief valve) : limite la pression maximale du circuit.

Procédures et calculs

Vérification du niveau : moteur arrêté, attendre 5 minutes après l'arrêt (pour que l'huile redescende au carter). Le niveau doit être entre les repères MIN et MAX de la jauge.

Intervalle de vidange : selon le fabricant (souvent 25 000 à 50 000 km pour les moteurs modernes avec analyse d'huile). L'analyse d'huile (spectrométrie) détecte l'usure des métaux (fer, cuivre, plomb) et les contaminants (suie, eau, glycol).

Calcul de consommation d'huile : consommation (L/1 000 km) = volume ajouté (L) ÷ distance parcourue (km) × 1 000. Une consommation supérieure à 0,5 L/1 000 km est anormale pour un moteur en bon état.


Système de refroidissement

Rôle et spécifications

Le système de refroidissement maintient la température du moteur dans la plage optimale (85 à 95 °C pour la plupart des moteurs diesel). Un moteur trop froid : usure accrue, consommation de carburant excessive, formation de suie. Un moteur trop chaud : détonation, dommages aux soupapes, fissuration de la culasse.

Composants : radiateur, thermostat, pompe à eau (centrifuge), ventilateur (mécanique, viscostatique, électrique ou hydraulique), vase d'expansion, durites, refroidisseur d'huile, refroidisseur EGR.

Liquide de refroidissement

Type : mélange 50/50 d'éthylène glycol (ou propylène glycol) et d'eau déminéralisée. Protection contre le gel jusqu'à -37 °C et contre l'ébullition jusqu'à 108 °C (avec bouchon de radiateur à 15 psi).
Normes : ASTM D3306 (éthylène glycol), ASTM D5216 (propylène glycol). Les liquides OAT (Organic Acid Technology) ont une durée de vie de 5 ans ou 600 000 km ; les liquides conventionnels (IAT) : 2 ans ou 100 000 km.
Additifs : inhibiteurs de corrosion (nitrites, molybdates, silicates), antigel, antimousse, anti-cavitation.

Vérification du point de congélation : réfractomètre (mesure l'indice de réfraction) ou hydromètre (densité). Un mélange 50/50 gèle à -37 °C ; un mélange 30/70 gèle à -16 °C.

Procédures

Test de pression du système : utiliser un testeur de pression (15 psi typique). Une chute de pression indique une fuite. Vérifier le bouchon du radiateur (maintient la pression) — test de pression d'ouverture.

Purge du système : ouvrir le robinet de purge du bloc moteur, vidanger le liquide, rincer à l'eau claire, refermer, remplir avec le mélange neuf, purger l'air (via le bouchon de purge ou en laissant le moteur tourner avec le bouchon du vase ouvert).

Thermostat : test de fonctionnement — immerger dans l'eau chaude avec un thermomètre. Le thermostat doit commencer à s'ouvrir à la température de début d'ouverture (ex. : 82 °C) et être complètement ouvert à la température de pleine ouverture (ex. : 95 °C).


Système de démarrage et de charge

Démarreur (motoréducteur)

Le démarreur est un moteur électrique à courant continu qui entraîne le volant moteur via un pignon. Puissance typique : 3 à 7 kW pour les moteurs diesel de camion.

Composants : moteur (inducteur, induit, balais), solénoïde (contacteur + électroaimant), pignon d'entraînement (Bendix ou à engagement positif), roue libre.

Procédure de diagnostic :

125.Vérifier la batterie (tension à vide ≥ 12,4 V ; sous charge ≥ 9,6 V pendant le démarrage).
126.Vérifier les connexions (cosses propres et serrées, chute de tension < 0,5 V au sol, < 0,3 V au positif).
127.Tension au solénoïde pendant le démarrage : ≥ 10,5 V.
128.Courant de démarrage : mesurer avec une pince ampèremétrique. Un courant excessif (> 1 000 A) indique un problème mécanique (moteur grippé, huile trop visqueuse) ou électrique (court-circuit dans l'induit).

Chute de tension : ΔV = I × R. Pour un câble de 2 m avec une résistance de 0,001 Ω/m et un courant de 800 A : ΔV = 800 × 0,002 = 1,6 V. Une chute supérieure à 0,5 V par connexion est excessive.

Alternateur

L'alternateur charge la batterie et alimente les systèmes électriques. Puissance typique : 100 à 200 A à 12 V (ou 24 V sur certains véhicules lourds).

Composants : rotor (bobinage excitateur), stator (3 phases), redresseur (pont de diodes), régulateur de tension (électronique), diode de charge (témoin).

Vérification :

Tension de charge : 13,8 à 14,5 V à 12 V (27,6 à 29 V à 24 V) à 2 000 tr/min.
Ondulation résiduelle : < 0,5 V crête-à-crête (mesurée à l'oscilloscope ou multimètre en AC).
Courant de charge : mesurer avec une pince ampèremétrique — doit être proche du courant nominal de l'alternateur après un démarrage à froid.

Régulateur de tension : maintient la tension constante (compensation de température : diminution de la tension de charge à température élevée de la batterie).

Batteries

Les camions utilisent des batteries au plomb-acide (inondées, AGM ou gel) ou lithium-ion (de plus en plus). Tension nominale : 12 V (souvent 2 ou 3 batteries en parallèle pour la capacité, ou en série pour 24 V).

Capacité : exprimée en ampères-heures (Ah) ou en ampères de démarrage à froid (CCA — Cold Cranking Amps). Un camion diesel nécessite typiquement 800 à 1 500 CCA au total.

Test de charge : un testeur de conductance (type Midtronics) mesure la conductance interne de la batterie. Une batterie en bon état doit avoir une conductance ≥ 70 % de sa valeur nominale.


Résumé

Le moteur diesel fonctionne par auto-inflammation : l'air comprimé (14:1 à 25:1) atteint une température suffisante pour enflammer le carburant injecté.
Le carburant diesel est caractérisé par son indice de cétane (≥ 40), son point d'écoulement (adapté au climat canadien) et sa teneur en soufre (≤ 15 ppm, ULSD).
Les systèmes d'injection évoluent du mécanique (pompe en ligne, distributrice) vers l'électronique (EUI, HEUI, Common Rail) avec des pressions atteignant 2 500 bars.
L'ECM contrôle l'injection via des capteurs (CKP, MAP, ECT, FRP) et des actionneurs ; le diagnostic se fait par codes DTC (SAE J1939) et données en direct.
La suralimentation (turbocompresseur, VGT) augmente la puissance ; le post-traitement (EGR, DPF, SCR) réduit les émissions — chaque composant a ses procédures de vérification spécifiques.
La lubrification exige des huiles conformes aux classifications API (CJ-4, CK-4) avec une viscosité adaptée au climat (15W-40 standard).
Le refroidissement maintient le moteur entre 85 et 95 °C ; le liquide 50/50 protège jusqu'à -37 °C.
Le démarrage et la charge dépendent de batteries en bon état (CCA suffisant), de connexions propres (chute de tension < 0,5 V) et d'un alternateur produisant 13,8 à 14,5 V.

Pièges à éviter

154.Confondre indice de cétane et indice d'octane : le cétane mesure la facilité d'auto-inflammation (diesel), l'octane mesure la résistance à l'auto-inflammation (essence). Un moteur diesel nécessite un indice de cétane ÉLEVÉ, un moteur à essence un indice d'octane ÉLEVÉ.
155.Négliger l'amorçage du circuit de carburant après un remplacement de filtre : sur un common rail, démarrer sans purger peut endommager la pompe haute pression par cavitation.
156.Confondre les pressions : la pression de rampe (common rail) est de 1 600 à 2 500 bars, la pression de transfert (basse pression) de 3 à 7 bars. Ne pas appliquer les mêmes valeurs de test.
157.Oublier la compensation de température du régulateur : un alternateur qui charge à 14,5 V en hiver peut surcharger la batterie en été — le régulateur doit réduire la tension à température élevée.
158.Utiliser une huile non conforme à la classification API : une huile API CJ-4 dans un moteur nécessitant CK-4 peut endommager le système de post-traitement (empoisonnement du catalyseur SCR).
159.Ne pas vérifier le jeu du turbocompresseur avant de condamner l'ECM : un jeu excessif provoque des codes de suralimentation qui ne sont pas des défauts électroniques.
160.Ignorer la pression différentielle du DPF : un DPF colmaté (ΔP > 25 kPa) provoque une perte de puissance et une surchauffe — le remplacer ou le nettoyer avant de chercher d'autres causes.
161.Confondre les normes : le Code canadien de l'électricité (Chapitre V) s'applique aux installations électriques fixes ; pour les véhicules, c'est la norme CSA B149.1 (gaz) ou les spécifications CGSB (carburants) qui s'appliquent.
162.Oublier la purge d'air du circuit de refroidissement : une poche d'air provoque une surchauffe locale et une fausse lecture de température — toujours purger après une vidange.
163.Négliger la chute de tension au sol : un câble de masse corrodé peut empêcher le démarrage même avec une batterie chargée — mesurer la chute de tension sous charge, pas à vide.

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