Maçonnerie en brique résidentielle et commerciale
Guide d'étude Red Seal Practice avec schémas.
Maçonnerie en brique résidentielle et commerciale
Introduction au module
Ce chapitre couvre l'ensemble des connaissances requises pour l'examen Sceau rouge en maçonnerie, spécifiquement pour les ouvrages de brique dans les secteurs résidentiel et commercial léger. Vous y trouverez les principes de conception, les méthodes d'installation, les calculs de quantité, les exigences du Code national du bâtiment du Canada (CNBC) et les pièges classiques qui font échouer les candidats.
1. Propriétés et classification de la brique
1.1 Normes de référence
La brique d'argile cuite doit être conforme à la norme CSA A82.1 (Brique d'argile cuite — classification et spécifications). Cette norme classe les briques en trois grades selon leur résistance au gel et leur exposition :
| Grade | Résistance au gel | Usage typique |
|---|---|---|
| **Grade SW** (Severe Weathering) | Excellente — résiste à des cycles de gel-dégel intenses | Murs extérieurs, fondations, zones de gel sévère |
| **Grade MW** (Moderate Weathering) | Modérée — résiste à des cycles modérés | Murs intérieurs, cloisons, zones abritées |
| **Grade NW** (No Weathering) | Faible — ne résiste pas au gel | Intérieur uniquement, jamais en extérieur |
Règle d'examen : Pour tout mur extérieur au Canada, le grade SW est obligatoire. Le grade MW ne peut être utilisé que dans les murs intérieurs ou les murs extérieurs protégés en permanence (ex. : derrière un parement).
1.2 Dimensions et modules
La brique modulaire standard (CSA A82.1) a des dimensions nominales de 200 mm × 100 mm × 75 mm (longueur × largeur × hauteur), incluant le joint de 10 mm. Les dimensions réelles sont donc de 190 mm × 90 mm × 65 mm.
Le module de 100 mm est la base de tout calcul de quantité. Chaque brique occupe un volume nominal de 0,0015 m³ (200 × 100 × 75 mm = 1 500 000 mm³ = 0,0015 m³).
Formule de calcul de briques au mètre carré :
Pour un mur de 1 m² avec des joints de 10 mm :
Tableau des quantités par type de pose :
| Type de pose | Brique/m² (théorique) | Brique/m² (avec 5 % pertes) |
|---|---|---|
| Panneresse (courante) | 67 | 70 |
| Panneresse avec joints de 10 mm | 67 | 70 |
| Boutisse (tête) | 100 | 105 |
| Sur chant | 134 | 141 |
| Appareil anglais | 67 | 70 |
| Appareil flamand | 67 | 70 |
1.3 Absorption et résistance à la compression
La résistance à la compression minimale pour une brique de grade SW est de 20,7 MPa (3000 psi). Pour le grade MW, elle est de 17,2 MPa (2500 psi).
Le taux d'absorption (test CSA A82.2) ne doit pas dépasser :
Piège d'examen : Une brique très absorbante doit être mouillée avant la pose par temps chaud, sinon elle aspirera l'eau du mortier trop rapidement, causant une prise incomplète et une faible adhérence. Cependant, une brique saturée ne doit jamais être posée — elle glisserait sur le mortier.
2. Mortier et joints
2.1 Types de mortier (CSA A179)
La norme CSA A179 (Mortier et liaison pour la maçonnerie) définit quatre types de mortier, classés par résistance décroissante :
| Type | Proportion (ciment : chaux : sable) | Résistance à 28 jours (MPa) | Usage recommandé |
|---|---|---|---|
| **S** | 1 : 0,5 : 4,5 | 12,5 | Murs porteurs, zones sismiques, murs exposés aux vents violents |
| **N** | 1 : 1 : 6 | 7,5 | Murs extérieurs non porteurs, murs de façade |
| **O** | 1 : 2 : 9 | 5,0 | Murs intérieurs non porteurs, réparations |
| **M** | 1 : 0,25 : 3,5 | 17,5 | Ouvrages en contact avec le sol, fondations, murs de soutènement |
Règle d'examen : Pour un mur de brique extérieur résidentiel ou commercial léger, le type N est le plus courant. Le type S est requis pour les murs porteurs ou dans les régions à fort vent. Le type M est réservé aux ouvrages enterrés ou en contact avec le sol.
2.2 Consistance et temps de prise
Le mortier doit avoir une consistance de plasticité telle qu'il conserve sa forme lorsqu'on le presse en boule, mais s'écrase facilement entre les doigts. Le temps de prise initial est d'environ 2 à 4 heures à 20 °C.
Règles critiques :
2.3 Épaisseur des joints
| Type de joint | Épaisseur nominale | Tolérance |
|---|---|---|
| Joint horizontal (lit) | 10 mm | ± 3 mm |
| Joint vertical (tête) | 10 mm | ± 3 mm |
| Joint de mouvement | 15 à 20 mm | Variable selon conception |
Règle d'examen : Les joints verticaux doivent être pleins (remplis à 100 %). Un joint creux réduit la résistance au cisaillement de 50 % et permet l'infiltration d'eau.
2.4 Profils de joints
Le profil du joint affecte l'étanchéité et l'apparence :
| Profil | Caractéristique | Usage |
|---|---|---|
| **Creux (concave)** | Meilleure étanchéité, compacte le mortier | Extérieur — recommandé |
| **En V** | Bonne étanchéité, aspect décoratif | Extérieur ou intérieur |
| **Affleurant** | Surface plane, étanchéité moyenne | Intérieur uniquement |
| **Brossé** | Aspect rugueux, étanchéité faible | Intérieur décoratif |
| **En retrait** | Ombre portée, étanchéité faible | Intérieur uniquement |
Règle d'examen : Le joint creux est le seul profil acceptable pour les murs extérieurs exposés aux intempéries. Il doit être réalisé avec un outil rond (jointoyeur) lorsque le mortier est à consistance de pouce (empreinte du pouce sans collage).
3. Appareils et dispositions
3.1 Appareil courant (panneresse)
L'appareil courant (ou appareil en panneresse) est le plus utilisé : toutes les briques sont posées en longueur (panneresses), avec un chevauchement d'un quart de brique (50 mm) entre les lits successifs.
Règles de chevauchement :
3.2 Appareil anglais
L'appareil anglais alterne un lit de panneresses et un lit de boutisses. Il offre une meilleure résistance transversale et est utilisé pour les murs porteurs ou les murs de grande hauteur.
3.3 Appareil flamand
L'appareil flamand alterne panneresses et boutisses dans le même lit. Il est plus décoratif mais plus lent à exécuter. La résistance est légèrement inférieure à l'appareil anglais.
3.4 Appareil en boutisse
Toutes les briques sont posées en travers (boutisses). Utilisé pour les murs de 90 mm d'épaisseur (cloisons intérieures) ou les murs courbes.
3.5 Règles générales de pose
Règle du tiers : Aucun joint vertical ne doit être à moins de 50 mm (un quart de brique) d'un joint vertical du lit adjacent.
Règle des angles : Les angles doivent être montés en premier, avec un échelonnage de 3 à 5 lits d'avance sur le reste du mur. Chaque angle doit être vérifié avec un niveau à bulle dans les deux directions et une équerre pour les angles à 90°.
Règle d'alignement : Le mur doit être contrôlé avec un cordeau tendu entre les angles. La tolérance d'alignement est de ± 3 mm par 3 mètres de longueur.
4. Murs de brique résidentiels
4.1 Mur de brique non porteur (parement)
Le mur de brique non porteur est le plus courant en résidentiel. Il s'appuie sur la fondation et supporte uniquement son propre poids. Il est fixé au mur porteur (généralement en bois ou en bloc de béton) par des ancrages métalliques.
Exigences du CNBC (article 9.20.5.2) :
| Paramètre | Exigence |
|---|---|
| Épaisseur minimale | 90 mm (une brique) |
| Hauteur maximale au-dessus de la fondation | 3,6 m (sans support intermédiaire) |
| Distance maximale entre ancrages | 600 mm horizontalement, 400 mm verticalement |
| Chevauchement minimal des ancrages | 25 mm dans le mortier |
| Espace d'air entre le parement et le mur porteur | 25 mm minimum, 50 mm maximum |
Règle d'examen : Les ancrages doivent être en acier galvanisé ou en acier inoxydable et doivent être flexibles pour permettre les mouvements différentiels entre le parement de brique et le mur porteur en bois.
4.2 Mur de brique porteur
Pour les murs porteurs en brique (rares en résidentiel moderne), l'épaisseur minimale est de 140 mm (une brique et demie) pour un mur d'un étage, et 190 mm (deux briques) pour deux étages.
Exigences du CNBC (article 9.20.4.1) :
4.3 Larmier et solin
Le larmier (couronnement) est obligatoire en haut de tout mur de brique exposé aux intempéries. Il doit :
Le solin (membrane d'étanchéité) doit être installé :
Règle d'examen : Le solin doit avoir une pente vers l'extérieur et être muni de trous d'égouttement (weep holes) tous les 800 mm maximum, placés à la base du mur, juste au-dessus du solin.
5. Murs de brique commerciaux
5.1 Mur-cavity (mur à cavité)
Le mur-cavity est le système dominant en construction commerciale légère. Il comprend :
Exigences du CNBC (article 9.20.2.1 et 9.20.2.2) :
| Paramètre | Exigence |
|---|---|
| Largeur minimale de la cavité | 50 mm |
| Largeur maximale de la cavité | 150 mm (au-delà, nécessite des calculs structuraux) |
| Ancrages | Tous les 600 mm horizontalement, 400 mm verticalement |
| Isolation dans la cavité | Permise si l'espace d'air de 25 mm est maintenu |
| Solin à la base | Obligatoire, avec trous d'égouttement tous les 800 mm |
Règle d'examen : La cavité doit être propre — aucun mortier ne doit tomber dans la cavité pendant la pose. Le mortier tombé crée des ponts thermiques et des passages d'eau. Utilisez un planche à mortier ou un filet de protection dans la cavité.
5.2 Mur de brique armé
Dans les zones sismiques ou pour les murs de grande hauteur, la brique armée est utilisée. Des barres d'acier verticales et horizontales sont noyées dans les cavités remplies de mortier ou de coulis.
Exigences du CNBC (article 4.3.5.2) :
5.3 Joints de mouvement (dilatation)
Les joints de mouvement sont essentiels pour permettre la dilatation thermique et le retrait de la brique. La brique se dilate avec l'humidité et la chaleur — elle augmente de volume, contrairement au béton qui se rétracte.
Règles d'espacement (CNBC, article 9.20.4.4) :
| Type de mur | Espacement maximal des joints |
|---|---|
| Mur non armé | 12 m |
| Mur armé | 20 m |
| Mur avec renforts d'angle | 6 m aux angles |
| Mur avec ouvertures | Joints de chaque côté des ouvertures > 1,8 m |
Règle d'examen : Le joint de mouvement doit être vertical, de 15 à 20 mm de largeur, et rempli d'un mastic élastomère (scellant) compatible avec la maçonnerie. Il ne doit jamais être rempli de mortier.
6. Calculs de quantités
6.1 Calcul du nombre de briques
Formule générale :
Nombre de briques = (Surface du mur en m²) × (briques/m²) × (1 + % de pertes)
Exemple : Mur de 8 m × 3 m avec 2 fenêtres de 1,2 m × 1,5 m.
6.2 Calcul du mortier
Volume de mortier par m² de mur (joints de 10 mm) :
Règle pratique : Pour 1 000 briques, prévoir 0,25 m³ de mortier (250 L).
6.3 Calcul du coulis (pour brique armée)
Volume de coulis = Volume de la cavité − Volume de la brique
Pour une cavité de 50 mm × 50 mm sur toute la hauteur d'un mur de 3 m avec des barres de 10 mm :
7. Contrôle de qualité et tolérances
7.1 Tolérances d'installation (CNBC, article 9.20.3.1)
| Paramètre | Tolérance |
|---|---|
| Verticalité (par 3 m de hauteur) | ± 6 mm |
| Verticalité (hauteur totale) | ± 12 mm |
| Horizontalité (par 3 m de longueur) | ± 6 mm |
| Alignement des joints | ± 3 mm |
| Épaisseur des joints | ± 3 mm |
| Planéité de la face (par 3 m) | ± 6 mm |
7.2 Tests et essais
Les essais suivants sont requis pour les ouvrages commerciaux :
| Essai | Norme | Fréquence |
|---|---|---|
| Résistance à la compression de la brique | CSA A82.2 | 1 lot par 50 000 briques |
| Absorption de la brique | CSA A82.2 | 1 lot par 50 000 briques |
| Résistance du mortier | CSA A179 | 1 série de 3 cubes par jour de pose |
| Résistance du coulis | CSA A179 | 1 série de 3 cylindres par jour de coulage |
7.3 Protection hivernale
Règles de pose par temps froid (CNBC, article 9.20.3.2) :
| Température | Exigence |
|---|---|
| 5 °C à 0 °C | Chauffer l'eau de gâchage à 60 °C maximum |
| 0 °C à −5 °C | Chauffer l'eau et le sable ; protéger le mur avec des bâches |
| −5 °C à −10 °C | Chauffer l'eau et le sable ; utiliser un abri chauffé |
| En dessous de −10 °C | Pose interdite sauf avec abri chauffé et briques réchauffées |
Règle d'examen : Le mortier ne doit jamais geler avant sa prise complète (48 heures). Un mortier gelé perd 50 % de sa résistance définitive. Les briques doivent être propres, sèches et sans glace avant la pose.
8. Sécurité et santé
8.1 Échafaudages
Les échafaudages doivent être conformes à la norme CSA S269.2 (Échafaudages). Exigences clés :
8.2 Silice cristalline
La poussière de brique contient de la silice cristalline, un cancérogène reconnu. Exigences de protection :
8.3 Levage et manutention
9. Pièges à éviter
Voici les erreurs les plus fréquentes lors de l'examen Sceau rouge :
10. Résumé
| Point clé | Valeur / Règle |
|---|---|
| Brique modulaire | 200 × 100 × 75 mm (nominal), 190 × 90 × 65 mm (réel) |
| Briques par m² | 67 (théorique), 70 (avec pertes) |
| Grade pour extérieur | SW obligatoire |
| Mortier pour façade | Type N (1 : 1 : 6) |
| Épaisseur des joints | 10 mm ± 3 mm |
| Chevauchement minimal | 50 mm (¼ de brique) |
| Espace d'air (cavity) | 25 à 50 mm (résidentiel), 50 à 150 mm (commercial) |
| Ancrages | 600 mm horizontalement, 400 mm verticalement |
| Trous d'égouttement | Tous les 800 mm maximum |
| Joints de mouvement | 15 à 20 mm, tous les 12 m maximum |
| Temps d'utilisation du mortier | 2,5 heures (1,5 h si > 30 °C) |
| Pose par temps froid | Interdite sous −10 °C sans abri chauffé |
| Tolérance de verticalité | ± 6 mm par 3 m |
Formules essentielles :
Règles d'or pour l'examen :
Ce chapitre couvre l'essentiel pour réussir la section résidentielle et commerciale de l'examen Sceau rouge. Révisez les tableaux de référence, mémorisez les valeurs clés, et entraînez-vous sur les calculs de quantités. Bonne préparation.
Prêt à tester ce chapitre ?
Entraînez-vous avec des questions conformes aux examens et des simulations chronométrées.
Commencer à pratiquer gratuitement