Théorie de la réfrigération et principes des systèmes
Guide d'étude Red Seal Practice avec schémas.
Théorie de la réfrigération et principes des systèmes
Objectifs d'apprentissage
Ce chapitre couvre l'ensemble des notions théoriques et pratiques que tout compagnon réfrigérateur doit maîtriser pour réussir l'examen Sceau rouge. Vous y trouverez les principes fondamentaux de la thermodynamique appliqués à la réfrigération, les cycles de fonctionnement, les calculs de charge thermique, ainsi que les exigences réglementaires canadiennes pertinentes.
1. Principes fondamentaux de la thermodynamique
1.1 Les lois de la thermodynamique appliquées à la réfrigération
La réfrigération repose sur la première loi de la thermodynamique : l'énergie ne se crée ni ne se détruit, elle se transforme. Dans un système de réfrigération, l'énergie thermique est extraite d'un espace à réfrigérer et rejetée vers un espace à température plus élevée, grâce à un apport de travail mécanique (compresseur).
La deuxième loi de la thermodynamique stipule que la chaleur ne peut pas passer spontanément d'un corps froid à un corps chaud. C'est précisément pour contourner cette contrainte que le compresseur fournit le travail nécessaire au transfert de chaleur « à contre-courant » de la nature.
Concepts essentiels :
Chaleur sensible : chaleur qui provoque un changement de température sans changement d'état. Formule : Q = m × c × ΔT, où m est la masse (kg), c la chaleur massique (kJ/kg·°C) et ΔT la différence de température (°C).
Chaleur latente : chaleur absorbée ou libérée lors d'un changement d'état à température constante. Pour l'évaporation d'un réfrigérant, on parle de chaleur latente de vaporisation.
Enthalpie (h) : contenu thermique total d'une substance, exprimé en kJ/kg. C'est la propriété la plus utilisée dans les calculs de cycle frigorifique.
1.2 Unités et conversions essentielles
Paramètre
Unité SI
Unité impériale
Facteur de conversion
Pression
kPa
psig / psia
1 psi = 6,895 kPa
Température
°C
°F
°F = (°C × 9/5) + 32
Puissance frigorifique
kW
T.R. (tonne de réfrigération)
1 T.R. = 3,517 kW
Débit massique
kg/s
lb/min
1 lb = 0,454 kg
Énergie
kJ
BTU
1 BTU = 1,055 kJ
Piège fréquent : La tonne de réfrigération (T.R.) correspond à la quantité de chaleur nécessaire pour fondre une tonne courte (2000 lb) de glace en 24 heures, soit 12 000 BTU/h ou 3,517 kW. Ne confondez pas avec la tonne métrique (1000 kg).
1.3 Pression absolue vs pression relative
La pression absolue (psia ou kPa abs) inclut la pression atmosphérique (101,325 kPa au niveau de la mer). La pression relative (psig ou kPa) est mesurée par rapport à la pression atmosphérique.
Application pratique : Les tables de propriétés des réfrigérants utilisent la pression absolue. Lorsque vous lisez une pression au manifold (pression relative), vous devez ajouter la pression atmosphérique pour consulter les tables. À une altitude de 1500 m, la pression atmosphérique n'est plus que d'environ 84,5 kPa — une erreur de lecture peut fausser le diagnostic.
2. Le cycle de réfrigération à compression de vapeur
2.1 Les quatre composants principaux et leurs fonctions
Le cycle de réfrigération à compression de vapeur comporte quatre étapes distinctes :
25.Compression (compresseur) : Le réfrigérant à l'état de vapeur à basse pression et basse température est comprimé à haute pression et haute température. La compression est généralement adiabatique (sans échange de chaleur avec l'environnement), ce qui augmente l'enthalpie du réfrigérant.
26.Condensation (condenseur) : La vapeur surchauffée à haute pression cède sa chaleur au milieu de refroidissement (air ou eau). Le réfrigérant passe de l'état vapeur à l'état liquide en rejetant sa chaleur latente de condensation. Le liquide sort du condenseur légèrement sous-refroidi.
27.Détente (détendeur ou tube capillaire) : Le liquide à haute pression passe à travers un orifice de détente où sa pression chute brusquement. Une partie du liquide flash (environ 20 à 30 %) s'évapore instantanément, absorbant la chaleur nécessaire pour abaisser la température du mélange.
28.Évaporation (évaporateur) : Le mélange liquide-vapeur à basse pression absorbe la chaleur du milieu à réfrigérer. Le réfrigérant s'évapore complètement et la vapeur est légèrement surchauffée avant de retourner au compresseur.
2.2 Le diagramme pression-enthalpie (P-h)
Le diagramme P-h est l'outil de référence pour analyser un cycle frigorifique. Il représente la pression (axe vertical) en fonction de l'enthalpie (axe horizontal). Les courbes caractéristiques délimitent les zones de liquide, de vapeur et de mélange liquide-vapeur.
Lecture du diagramme :
La courbe de saturation gauche représente le liquide saturé (titre x = 0)
La courbe de saturation droite représente la vapeur saturée (titre x = 1)
Entre ces deux courbes se trouve la zone de mélange (0 < x < 1)
Les lignes de température constante sont horizontales dans la zone de mélange (car la température est constante pendant le changement d'état à pression constante)
Les quatre processus sur le diagramme :
1→2 : Compression (ligne verticale vers le haut, légèrement inclinée vers la droite — l'entropie augmente légèrement)
2→3 : Condensation (ligne horizontale vers la gauche dans la zone de vapeur puis de mélange, jusqu'au liquide saturé)
3→4 : Détente (ligne verticale vers le bas — enthalpie constante, processus isenthalpique)
4→1 : Évaporation (ligne horizontale vers la droite dans la zone de mélange, jusqu'à la vapeur saturée ou légèrement surchauffée)
2.3 Calculs du cycle frigorifique
Coefficient de performance (COP) : Rapport entre l'effet frigorifique et le travail de compression.
COP = (h₁ − h₄) / (h₂ − h₁)
Où :
h₁ = enthalpie de la vapeur à l'entrée du compresseur (kJ/kg)
h₂ = enthalpie de la vapeur à la sortie du compresseur (kJ/kg)
h₄ = enthalpie du mélange à l'entrée de l'évaporateur (kJ/kg)
Effet frigorifique net (EFN) : Quantité de chaleur absorbée par kilogramme de réfrigérant dans l'évaporateur.
EFN = h₁ − h₄ (en kJ/kg)
Débit massique de réfrigérant :
ṁ = Q_évap / EFN (en kg/s)
Où Q_évap est la puissance frigorifique requise (en kW).
Puissance de compression :
W_comp = ṁ × (h₂ − h₁) (en kW)
Exemple de calcul : Un système fonctionne avec les enthalpies suivantes : h₁ = 405 kJ/kg, h₂ = 435 kJ/kg, h₄ = 250 kJ/kg. Le COP est de (405 − 250) / (435 − 405) = 155 / 30 = 5,17. Pour une puissance frigorifique de 10 kW, le débit massique est de 10 / 155 = 0,0645 kg/s et la puissance de compression de 0,0645 × 30 = 1,94 kW.
2.4 Surchauffe et sous-refroidissement
Surchauffe (superheat) : Différence entre la température réelle de la vapeur et sa température de saturation à la même pression. Mesurée à la sortie de l'évaporateur (ou à l'entrée du compresseur).
Surchauffe utile : mesurée dans l'évaporateur, elle garantit que le réfrigérant est complètement vaporisé avant de quitter l'évaporateur.
Surchauffe totale : mesurée à l'entrée du compresseur, elle inclut le gain de chaleur dans la ligne d'aspiration.
Valeur typique : 5 à 8 °C pour la surchauffe utile dans les systèmes à détendeur thermostatique.
Sous-refroidissement (subcooling) : Différence entre la température du liquide et sa température de saturation à la même pression, mesurée à la sortie du condenseur.
Valeur typique : 5 à 10 °C pour les systèmes à condenseur à air.
Un sous-refroidissement insuffisant indique un condenseur sous-dimensionné ou encrassé.
Un sous-refroidissement excessif peut indiquer une charge de réfrigérant trop élevée ou un condenseur surdimensionné.
Les réfrigérants sont classés selon la norme ANSI/ASHRAE 34 et identifiés par la lettre R suivie d'un numéro. La nomenclature suit des règles précises :
CFC (chlorofluorocarbures) : R-11, R-12 — complètement halogénés, destructeurs d'ozone, interdits au Canada depuis 1996.
HCFC (hydrochlorofluorocarbures) : R-22, R-123 — contiennent du chlore mais moins destructeurs, en phase de retrait progressif.
HFC (hydrofluorocarbures) : R-134a, R-404A, R-410A — sans chlore, n'endommagent pas la couche d'ozone mais ont un PRP élevé.
HFO (hydrofluoro-oléfines) : R-1234yf, R-1234ze — faible PRP, nouvelle génération.
Potentiel de réchauffement planétaire (PRP) : Mesure relative de l'impact sur le réchauffement climatique par rapport au CO₂ (PRP = 1). Le R-134a a un PRP de 1430, le R-410A de 2088, le R-404A de 3922.
Potentiel de destruction de l'ozone (PDO) : Mesure relative de la destruction de la couche d'ozone par rapport au R-11 (PDO = 1). Les HFC et HFO ont un PDO de 0.
3.2 Exigences réglementaires canadiennes
Le Règlement sur les substances appauvrissant la couche d'ozone et les halocarbures (RSACOH) — pris en application de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement (1999) — encadre la gestion des réfrigérants au Canada.
Exigences clés :
Tout technicien manipulant des réfrigérants doit détenir une attestation de qualification délivrée par un organisme de formation accrédité.
Les fuites de réfrigérant doivent être réparées dans les délais prescrits selon le débit de fuite :
Systèmes de plus de 50 kg : réparation dans les 30 jours si la fuite dépasse 10 % par an
Systèmes de moins de 50 kg : réparation dans les 30 jours si la fuite dépasse 25 % par an
Les registres de maintenance doivent être conservés et tenus à jour.
La récupération des réfrigérants est obligatoire avant toute ouverture du circuit.
3.3 Mélanges de réfrigérants et glissement de température
Les mélanges zéotropiques (R-404A, R-410A, R-407C) présentent un glissement de température (temperature glide) : leur température de saturation varie à pression constante. Ce phénomène est dû à la différence de volatilité des composants.
Conséquences pratiques :
La pression de saturation ne correspond plus à une température unique mais à une plage de températures.
La température de rosée (vapeur saturée) diffère de la température de bulle (liquide saturé).
La charge doit être effectuée en phase liquide pour éviter de charger un mélange dont la composition a changé.
Les détendeurs thermostatiques doivent être sélectionnés pour les mélanges zéotropiques.
Mélanges azéotropiques (R-500, R-502) : se comportent comme un corps pur — pas de glissement, température de saturation constante à pression donnée.
4. Les composants du système
4.1 Les compresseurs
Compresseurs ouverts : Le moteur est externe, l'arbre traverse le carter via un presse-étoupe. Utilisés pour les grosses puissances (ammoniac).
Compresseurs semi-hermétiques : Le moteur et le compresseur sont dans le même carter, accessible (boulonné). Utilisés pour les puissances moyennes.
Compresseurs hermétiques : Le moteur et le compresseur sont scellés dans une enveloppe soudée. Utilisés pour les petites puissances (réfrigérateurs, congélateurs).
Types de compresseurs :
Alternatifs (pistons) : les plus courants, bon rendement, sensibles aux coups de liquide.
Rotatifs à palettes : compacts, utilisés dans le résidentiel.
Vis (screw) : débits importants, fonctionnement continu, utilisés en réfrigération industrielle.
Centrifuges : très grands débits, utilisés dans la climatisation de confort et le froid industriel.
Scroll (spiral) : silencieux, fiables, efficaces, de plus en plus répandus.
Rapport de compression : Rapport entre la pression absolue de refoulement et la pression absolue d'aspiration. Un rapport trop élevé (> 10:1) entraîne des températures de refoulement excessives et une baisse du rendement volumétrique.
4.2 Les condenseurs
Type
Principe
Avantages
Inconvénients
À air (convection naturelle)
Air circule naturellement
Simple, économique
Faible efficacité
À air (ventilé)
Ventilateur force l'air
Efficace, compact
Bruit, entretien des filtres
À eau (tube et calandre)
Eau circule dans les tubes
Très efficace
Consommation d'eau, traitement
Évaporatif
Eau pulvérisée sur le condenseur
Très efficace en climat sec
Entretien, risque de légionellose
Différence de température (DT) du condenseur : Écart entre la température de condensation et la température d'entrée d'air. Valeur typique : 10 à 15 °C pour les condenseurs à air.
4.3 Les évaporateurs
Classification selon l'alimentation :
Détente directe : le réfrigérant se détend directement dans l'évaporateur.
Noyé (inondé) : l'évaporateur contient un réservoir de liquide, le réfrigérant est alimenté en continu.
Surchauffé (dry expansion) : le réfrigérant est complètement vaporisé avant la sortie.
Différence de température (DT) de l'évaporateur : Écart entre la température de l'air entrant et la température d'évaporation. Valeur typique : 8 à 12 °C pour les chambres froides, 5 à 8 °C pour les vitrines réfrigérées.
4.4 Les dispositifs de détente
Tube capillaire : Tube de faible diamètre (0,5 à 2 mm) et de longueur déterminée. Offre une résistance fixe au débit. Utilisé dans les petits systèmes (réfrigérateurs, congélateurs domestiques). Ne s'adapte pas aux variations de charge.
Détendeur thermostatique (TXV/EXV) : Maintient une surchauffe constante à la sortie de l'évaporateur. Composé d'un bulbe sensible, d'un diaphragme et d'un orifice. Le bulbe est fixé sur la ligne d'aspiration à la sortie de l'évaporateur.
Réglage du détendeur thermostatique :
La pression du bulbe (P_bulbe) s'oppose à la pression d'évaporation (P_évap) et à la pression du ressort (P_ressort).
Équilibre : P_bulbe = P_évap + P_ressort
En tournant la vis de réglage dans le sens horaire, on augmente la tension du ressort, ce qui augmente la surchauffe.
Surchauffe d'ouverture : surchauffe minimale à laquelle le détendeur commence à s'ouvrir. Valeur typique : 3 à 5 °C.
Détendeur électronique (EEV) : Piloté par un contrôleur électronique qui mesure la température et la pression à la sortie de l'évaporateur. Offre un contrôle précis de la surchauffe, s'adapte aux variations de charge.
Détendeur à flotteur : Utilisé dans les systèmes noyés. Le flotteur maintient un niveau de liquide constant dans l'évaporateur.
5. La charge thermique
5.1 Les composantes de la charge thermique
La charge thermique d'une chambre froide se calcule en additionnant toutes les sources de chaleur :
137.Transmission à travers les parois : Q = U × A × ΔT, où U est le coefficient de transfert thermique (W/m²·K), A la surface (m²) et ΔT la différence de température entre l'extérieur et l'intérieur (°C).
138.Infiltration d'air : due à l'ouverture des portes. Dépend du nombre d'ouvertures, de la différence de température et de l'humidité relative.
139.Produits entreposés : chaleur sensible (refroidissement des produits) + chaleur latente (congélation) + chaleur de respiration (pour les fruits et légumes).
141.Occupants : chaleur dégagée par les personnes (environ 250 W par personne en activité modérée).
142.Divers : chariots élévateurs, emballages, etc.
5.2 Calcul de la charge de transmission
Formule : Q = U × A × ΔT
Le coefficient U est l'inverse de la résistance thermique totale : U = 1 / R_total, où R_total = R_int + R_paroi + R_isolant + R_ext.
Exemple : Une chambre froide de 10 m × 8 m × 4 m (hauteur) est maintenue à −20 °C. Les murs extérieurs (surface totale de 144 m²) ont un coefficient U de 0,25 W/m²·K. La température extérieure est de 30 °C.
Marge de sécurité : 10 à 15 % ajoutés au total pour tenir compte des imprévus.
Facteur de simultanéité : tous les équipements ne fonctionnent pas en même temps à pleine charge.
Temps de fonctionnement du compresseur : le compresseur ne fonctionne pas en continu. Un système est dimensionné pour fonctionner environ 16 à 18 heures par jour, ce qui laisse une marge pour le dégivrage et l'entretien.
Puissance frigorifique requise = Charge thermique totale × (24 / heures de fonctionnement prévues)
6. Les normes et codes canadiens
6.1 Le Code canadien de l'électricité (CCE)
Le Code canadien de l'électricité, Première partie (CSA C22.1) s'applique à toutes les installations électriques au Canada. Les règles pertinentes pour les systèmes de réfrigération incluent :
Règle 8-200 : Calcul de la demande — les charges de moteurs doivent être calculées selon les tableaux 44 et 45.
Règle 26-250 : Protection des circuits de moteurs — chaque moteur doit être protégé contre les surintensités.
Règle 26-252 : Protection contre les surcharges des moteurs.
Règle 28-600 : Sectionnement et protection des appareils de réfrigération et de climatisation.
Exigence clé : Tout équipement de réfrigération doit avoir un moyen de sectionnement accessible qui coupe tous les conducteurs non mis à la terre.
6.2 Le Code CSA B52
La norme CSA B52 — Code mécanique de la réfrigération établit les exigences de sécurité pour la conception, l'installation et l'exploitation des systèmes de réfrigération. Points essentiels :
Classification des systèmes selon le type de réfrigérant et l'emplacement (catégories A1, A2, A3, B1, B2, B3 selon la toxicité et l'inflammabilité).
Limites de charge de réfrigérant selon la classification de l'occupation.
Exigences de ventilation pour les salles des machines.
Dispositifs de sécurité obligatoires : soupapes de sûreté, pressostats, fusibles thermiques.
6.3 Le Code CSA B149.1
Le CSA B149.1 — Code canadien sur le gaz naturel et le propane s'applique aux systèmes utilisant des réfrigérants inflammables comme le propane (R-290) ou l'isobutane (R-600a). Exigences :
Limites de charge pour les espaces occupés.
Ventilation requise.
Équipement électrique certifié pour atmosphères inflammables (Classe I, Division 2).
6.4 La norme ASHRAE 15
La norme ANSI/ASHRAE 15 — Safety Standard for Refrigeration Systems est adoptée par référence dans plusieurs codes canadiens. Elle établit :
Les concentrations maximales admissibles de réfrigérant en cas de fuite.
Les exigences de ventilation mécanique pour les salles des machines.
Les dispositifs de protection contre les surpressions.
7. Diagnostic et dépannage
7.1 Les symptômes courants et leurs causes
Symptôme
Causes possibles
Vérifications
Refroidissement insuffisant
Charge de réfrigérant faible, détendeur mal réglé, condenseur encrassé, évaporateur givré
Coup de liquide, huile insuffisante, roulements usés
Surchauffe, niveau d'huile, ampérage
Givrage excessif de l'évaporateur
Détendeur ouvert trop grand, dégivrage défectueux, porte qui reste ouverte
Surchauffe, cycle de dégivrage, joint de porte
7.2 La méthode de diagnostic systématique
183.Relever les paramètres : pressions d'aspiration et de refoulement, températures (air entrant/sortant, lignes), ampérage du compresseur, tensions.
184.Calculer les écarts : surchauffe, sous-refroidissement, DT évaporateur, DT condenseur.
185.Comparer aux valeurs de conception : consulter les données du fabricant.
186.Analyser les tendances : un seul relevé ne suffit pas — il faut observer l'évolution dans le temps.
187.Vérifier les causes secondaires : encrassement, obstructions, problèmes électriques.
7.3 Les pièges du diagnostic
Surchauffe élevée + basse pression d'aspiration : indique un manque de réfrigérant OU un détendeur sous-alimenté (obstruction, bulbe déchargé, orifice trop petit).
Surchauffe faible + basse pression d'aspiration : indique un détendeur ouvert trop grand OU un évaporateur noyé (surchauffe insuffisante).
Surchauffe élevée + pression d'aspiration normale : indique une charge de réfrigérant correcte mais une charge thermique excessive (portes ouvertes, produits chauds, ventilateurs défectueux).
Sous-refroidissement faible + haute pression de condensation : indique un condenseur encrassé ou un ventilateur défectueux.
Sous-refroidissement élevé + haute pression de condensation : indique une charge de réfrigérant excessive.
8. Pièges à éviter
196.Confondre pression relative et pression absolue : toujours convertir avant d'utiliser les tables de propriétés des réfrigérants.
197.Négliger le glissement de température des mélanges zéotropiques : la température de saturation n'est pas unique — utiliser la température de rosée pour la surchauffe et la température de bulle pour le sous-refroidissement.
198.Charger un mélange zéotropique en phase vapeur : cela modifie la composition du réfrigérant dans le système. Toujours charger en phase liquide.
199.Oublier la marge de sécurité dans les calculs de charge thermique : un système sous-dimensionné ne pourra jamais atteindre la température requise.
200.Ignorer les exigences du RSACOH : la récupération des réfrigérants est obligatoire avant toute ouverture du circuit, quel que soit le type de réfrigérant.
201.Confondre les valeurs typiques de surchauffe et de sous-refroidissement : la surchauffe se mesure à l'évaporateur (5 à 8 °C), le sous-refroidissement au condenseur (5 à 10 °C).
202.Ne pas vérifier le rapport de compression : un rapport trop élevé peut endommager le compresseur — vérifier les limites du fabricant.
203.Oublier le facteur d'altitude : les pressions atmosphériques plus faibles en altitude modifient les lectures de pression relative et les performances du système.
204.Utiliser le mauvais tableau de conversion : 1 T.R. = 3,517 kW = 12 000 BTU/h — ne pas confondre avec les unités de puissance électrique.
205.Négliger les exigences du CCE pour les circuits de moteurs : les règles 26-250 et 28-600 imposent des protections spécifiques — les connaître par cœur.
Résumé
La réfrigération repose sur les deux premières lois de la thermodynamique : le transfert de chaleur du froid vers le chaud nécessite un apport de travail (compresseur).
Le cycle à compression de vapeur comprend quatre étapes : compression, condensation, détente, évaporation. Chaque étape se visualise sur le diagramme P-h.
Le COP mesure l'efficacité du cycle : COP = (h₁ − h₄) / (h₂ − h₁). Un COP élevé signifie une meilleure efficacité énergétique.
La surchauffe (5 à 8 °C) garantit que le réfrigérant est complètement vaporisé ; le sous-refroidissement (5 à 10 °C) garantit que le liquide arrive au détendeur sans flash gazeux.
Les réfrigérants sont classés selon leur PDO et leur PRP. Le Canada réglemente leur utilisation via le RSACOH et exige des attestations de qualification.
Les mélanges zéotropiques présentent un glissement de température — la charge doit se faire en phase liquide.
La charge thermique comprend six composantes : transmission, infiltration, produits, équipements, occupants, divers. Une marge de 10 à 15 % est ajoutée.
Le diagnostic repose sur la comparaison systématique des paramètres mesurés (pressions, températures, surchauffe, sous-refroidissement) avec les valeurs de conception.
Questions de révision
219.Un système de réfrigération a un COP de 4,5 et une puissance frigorifique de 15 kW. Quelle est la puissance électrique absorbée par le compresseur ?
Réponse : W = Q / COP = 15 / 4,5 = 3,33 kW
221.Un détendeur thermostatique est réglé pour une surchauffe de 6 °C. La pression d'aspiration correspond à une température de saturation de −15 °C. Quelle température doit indiquer le thermomètre sur la ligne d'aspiration à la sortie de l'évaporateur ?
Réponse : T = −15 + 6 = −9 °C
223.Un condenseur à air a une température de condensation de 40 °C et une température d'air entrant de 25 °C. Quelle est la DT du condenseur ?
Réponse : DT = 40 − 25 = 15 °C
225.Un système au R-134a a une pression de refoulement de 1200 kPa (relatif). Quelle est la température de condensation approximative ? (Utiliser les tables : à 1200 kPa abs = 1301 kPa, T_sat ≈ 50 °C)
226.Une chambre froide de 200 m² de surface totale de parois (U = 0,3 W/m²·K) est maintenue à 2 °C. La température extérieure est de 28 °C. Quelle est la charge de transmission ?
CSA C22.1 — Code canadien de l'électricité, Première partie (règles 8-200, 26-250, 28-600)
CSA B52 — Code mécanique de la réfrigération
CSA B149.1 — Code canadien sur le gaz naturel et le propane
ANSI/ASHRAE 15 — Safety Standard for Refrigeration Systems
ANSI/ASHRAE 34 — Designation and Safety Classification of Refrigerants
Règlement sur les substances appauvrissant la couche d'ozone et les halocarbures (RSACOH) — Loi canadienne sur la protection de l'environnement (1999)
Ce chapitre constitue la base théorique essentielle pour l'examen Sceau rouge. Assurez-vous de maîtriser les calculs du cycle, les valeurs typiques de fonctionnement et les exigences réglementaires avant de passer aux chapitres suivants sur les systèmes spécifiques et les techniques d'installation.